L’expulsion des Algériens de Séville continue

Près de 300 personnes sont attendues

L’expulsion des Algériens de Séville continue

Le Quotidien d’Oran, 28 août 2002

L’expulsion des Algériens sans papiers se poursuit toujours. 92 jeunes sont déjà arrivés, en l’espace d’une semaine, à Oran. Il ressort que ces expulsés sont originaires des régions de Mohammadia, El-Eulma, Oran, Chlef et Boumerdès.

Ces derniers résidaient pour la plupart dans les villes intérieures d’Espagne, à savoir Séville, Murcia et Holuega, ainsi que d’autres régions du sud. Embarqués à bord des car-ferries qui assurent les liaisons maritimes Alicante-Oran, les expulsés sont reconduits, une fois arrivés, vers le siège de la sûreté de la wilaya d’Oran, où un PV leur est établi, en plus de la procédure habituelle des vérifications d’identité, au cas où les concernés seraient recherchés.

Pour la journée du 24 août, l’on signale l’arrivée de huit Algériens à Oran. Les chiffres fournis par les autorités espagnoles avaient annoncé l’arrivée de quelque 300 sans-papiers en l’espace de 20 jours. Les arrivées se poursuivront donc jusqu’en début septembre.

Au niveau de la sûreté de la wilaya d’Oran, des instructions ont été données pour une bonne prise en charge des expulsés algériens. Ils sont libérés une fois les formalités achevées, précise-t-on. Leur traitement est différent de celui des clandestins du fait que la majorité d’entre eux se trouve en possession de passeports et de documents légaux. Ils ne sont pas clandestins vis-à-vis de la loi algérienne. Autrement dit, ces expulsés ont transité par le port avec des visas et des passeports. Pour la police espagnole, les concernés sont considérés comme clandestins et sans papiers du fait qu’ils ne sont pas en possession de cartes de séjour. Ils sont expulsés par vagues et rentrent chez eux une fois les procédures de police accomplies.

Ces clandestins, qui ont été évacués de l’université Pablo Olavidé de Séville, ne résidaient pas tous en Espagne. Certains sont venus de France, de Belgique, voire même d’Italie et d’Allemagne dans le but de régulariser leur situation en Espagne. «Nous avons été contactés par des amis qui nous ont demandé de nous déplacer à Séville pour régulariser notre situation. Cependant, une fois à l’université de Séville, les choses ont pris une autre tournure, avancent certains expulsés. «Nous avons été évacués vers un camp de transit où nous avons été identifiés par les services de la police espagnole et la décision d’expulsion prononcée à l’encontre de tous les irréguliers a été appliquée à la lettre», précisent les concernés, qui sont arrivés en bonne santé à Oran.

Pour rappel, dans une affaire similaire, 150 immigrés algériens ont observé une grève de la faim, au courant du mois de mars dernier, à Melilla, après que les autorités espagnoles eurent décidé leur expulsion. Le représentant du gouvernement de Melilla, Arthur Esteban, avait rappelé que les immigrants clandestins étaient déjà au courant des mesures prises par le gouvernement. «Ceux qui étaient en situation irrégulière n’avaient qu’à retourner chez eux pour qu’ils puissent revenir légalement en Espagne, sinon ils seront expulsés et interdits de séjour en Europe pour une durée de trois ans», avait-il déclaré. Rappelons que les manifestants voulaient quitter le centre de transit temporaire des immigrants (CETI) pour accéder au nord de la péninsule ibérique.

K. Assia