Le rapporteur spécial de l’ONU chargé de la liberté de culte à Alger

Droits de l’homme en Algérie

Le rapport sera présenté à l’AG de l’ONU en mars prochain

Par Hamidou B., Le Jeune Indépendant, 28 septembre 2002

Dans un point de presse tenu mercredi dernier au siège des Nations unies à Alger, Abdelfattah Amor, le rapporteur spécial de l’ONU chargé de la liberté de culte, a indiqué qu’il présentera le rapport de son travail, entamé le 16 septembre dernier, à la commission des droits de l’homme en mars prochain. Tout en qualifiant d’«importante» cette visite, l’invité du gouvernement algérien a souhaité qu’il y en ait d’autres de ce genre. Pour le Tunisien, cette approchè des autorités algériennes concernant le dossier des droits de l’homme est encourageante. «L’Algérie ne l’a pas fait par le passé», précisera-t-il. «C’est de bon augure», affirmera-t-il dans ce contexte. Le rapporteur spécial de l’ONU s’est dit très satisfait d’avoir accompli sa mission en toute liberté. «Je n’ai rencontré aucun obstacle», assurera-t-il. Abdelfattah Amor a tenu à souligner qu’il a rencontré les gens inscrits sur son calepin, des gens de la société civile, des personnalités politiques, des gens de culte, des protestants, des catholiques… A-t-il rencontré Abassi Madani, le numéro un du FIS dissous ? A-t-il rencontré Ali Benhadj, le numéro deux du même parti ? A-t-il rencontré d’autres dirigeants de cette tendance ? Sur ces questions, l’invité du gouvernement algérien a eu cette réponse : «N’attendez pas de moi que je vous dise les noms des gens que j’ai rencontrés, que ce soit ceux de la tendance islamiste ou celle des ONG.»

Il adoptera le même langage concernant le rapport sur les droits de l’homme en Algérie. «Ce serait, dira-t-il, injuste de porter des appréciations avant de rédiger le rapport.» Abdelfattah Amor a indiqué au cours de ce point de presse qu’il a eu des entretiens avec le chef du gouvernement, le ministre des Affaires étrangères, le ministre de la Justice et le ministre des Affaires religieuses et des Wakf. Le rapporteur spécial de l’ONU a expliqué, par ailleurs, que l’Algérie a retenu l’attention de la commission des droits de l’homme par le fait qu’elle traverse une crise, mais, dira-t-il, ceci est valable pour tous les autres pays. L’invité d’Alger précisera dans ce même registre qu’il aura à étudier les informations recueillies à Alger et si l’Algérie respecte les conventions internationales sur les droits de l’homme. H. B.