Signature du protocole optionnel contre la torture : L’Algérie s’abstient

Signature du protocole optionnel contre la torture

L’Algérie s’abstient

Par Nabila K., Jeune Indépendant, 21 décembre 2002

L’Algérie s’est abstenue jeudi dernier de signer le protocole optionnel de la convention de l’ONU contre la torture approuvée mercredi dernier par 127 voix, 4 contre et 42 abstentions, selon le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Aucune raison n’a été livrée jusqu’à présent par les autorités algériennes quant à leur abstention à signer ce type de protocole entré en vigueur en 1984, et dont le texte a été proposé par le Costa-Rica et la Suisse.

Parmi les pays qui se sont également abstenus à ce genre d’initiative figurent la Chine, Cuba, l’Arabie saoudite, le Vietnam et la Libye. Ledit protocole devra être, précisons-le, ouvert à la ratification des Etats dès janvier 2003, et il entrera en vigueur avec la 20e ratification.

Depuis son investiture à la tête de la nation, Abdelaziz Bouteflika n’a pas trouvé

d’inconvénient à ce que des organisations non gouvernementales viennent visiter nos prisons, considérant l’Algérie comme une maison de verre qui n’a rien à cacher. Ainsi, la première visite du CICR en Algérie remonte à 1999 où il a dressé un constat inquiétant de la situation carcérale : surpeuplement, insuffisance de loisirs culturels et sportifs et insuffisance de la ration alimentaire.

En juillet 2000, probablement en prévision de la troisième visite du CICR, le président Bouteflika prenait une série de «mesures d’urgence» en réaction à la multiplication des mises en garde contre la dégradation des conditions carcérales. La dernière visite des délégués du CICR a eu lieu du 16 mars au 24 avril derniers. Le comité avait fait part de son souhait de voir développer «son dialogue avec toutes les autorités concernées par la détention en vue d’assurer la protection, dès leur arrestation, de toutes les personnes privées de liberté».

Le Comité international de la Croix-Rouge, qui a salué chaleureusement cette initiative, estime que l’adoption de ce type de protocole témoigne d’un «consensus croissant» parmi les Etats membres, que «quelque chose peut et doit être faite» contre tout type de torture.

Le protocole, faut-il le préciser, instaure des visites régulières des personnes emprisonnées par un comité international d’experts et des mécanismes nationaux indépendants visant à améliorer les conditions de détention et à prévenir tout traitement inhumain, cruel et dégradant.

Il y a lieu de noter toutefois que les pays qui se sont carrément opposés à cette initiative sont les Etats-Unis, les îles Marshall, Palau et le Nigeria. Israël, quant à lui, qui avait voté contre ce texte lors de sa discussion en commission le 8 novembre dernier, a finalement voté pour, selon le registre des votes tenu par l’ONU.

Pour sa part, l’Union européenne s’est félicitée vivement de l’adoption générale des Nations unies dudit protocole. N. K.