Algérie : Pression sur les ressources et stratégie de développement

Algérie : Pression sur les ressources et stratégie de développement (1re partie)

El Watan, 17 septembre 2016

État des lieux

L’équation du développement

La chute du prix du pétrole et son installation dans la durée ont fini par affecter les grands équilibres économiques du pays, aggravant les déficits budgétaires (-30 milliards USD prévus pour 2016), induisant des tensions sur la trésorerie et impliquant des restrictions drastiques, tant dans les importations, qu’en matière de projets, notamment les infrastructures (gel pour certains, différé pour d’autres,….).

Ainsi, après les années fastes, soutenues par un prix du pétrole au sommet, et une politique volontariste de redistribution et de rattrapage, d’essence légitime (logements, infrastructures diverses), qui ont permis de doper la commande publique, l’Algérie a très vite été rattrapée par la dure réalité des chiffres, confirmant ainsi sa dépendance totale aux fluctuations des prix des produits pétroliers. Il apparaît manifestement qu’il manquait à l’équation de la croissance, tirée par la commande publique et la consommation, les investissements productifs, lieu de création de richesses et de développement pérenne.

Cette incapacité à produire par nous-mêmes dans des conditions compétitives (les experts situent à un maximum de 15% le taux d’intégration pour les entreprises les plus performantes) et à attirer les IDE, a naturellement conduit à externaliser une grande part de la valeur ajoutée indispensable, réduisant ainsi l’impact bénéfique normalement attendu de l’extraordinaire effort d’investissement public, et de redistributions diverses (soutien des prix, augmentation des salaires, emplois notamment dans l’administration, …), qui, dès lors profitent aux pays fournisseurs des biens et services.

Dans les pays industriels, le levier de la consommation est utilisé pour exciter la demande et booster la production industrielle, synonyme d’emplois, de collecte d’impôts, d’équilibre social et de croissance. Chez nous, force et de constater que cette politique de redistribution, même si elle a permis des avancées réelles (logements, infrastructures socio-éducatives, soutien des prix des produits de première nécessité, relèvement des salaires, …) n’en a pas moins devant l’absence d’une offre locale concrète, conduit naturellement à faire exploser le poste des importations, à créer des habitudes de consommation de pays riches, et plus grave encore, l’acte d’importer étant plus aisé et plus rémunérateur que celui d’investir, amené nombre de promoteurs, et parmi eux les plus irréductibles, à s’inscrire dans ce mouvement, qui pour survivre, qui pour tirer profit et émarger à cette manne providentielle.

La politique généralisée de subvention des prix d’un certain nombre de produits dits de première nécessité (huile, sucre, farine,…) de ceux de l’électricité, du gaz, de l’essence et du gasoil, n’est pas en reste, puisque au lieu d’en faire bénéficier exclusivement les couches défavorisées, c’est à un système généralisé auquel on a assisté, contribuant mécaniquement à booster la consommation, à alimenter les pays limitrophes dans le cadre de la contrebande, et attribuer des subventions indirectes à l’industrie, alors qu’il s’agit de produits provenant exclusivement de l’importation payés en devises.

Il est urgent de revoir ce système pour diriger ces subventions exclusivement vers les couches nécessiteuses, comme il est urgent de revoir les prix des produits énergétiques comme l’ont fait certains pays du Golfe, et de définir des normes visant l’économie d’énergie pour ce qui est des appareillages domestiques et industriels, qu’ils soient importés ou produits localement. Il est à espérer que ces difficultés puissent constituer pour les autorités un signal fort permettant un retour à l’orthodoxie, le lancement de réformes de fond, dans le sens de la rigueur de gestion, de l’efficacité et surtout la bonne gouvernance (accountability).

Absence de plan préétabli …. Hésitations

Face au déclin des prix du pétrole, les réactions des autorités, lorsqu’elles ne sont pas contradictoires, au moins pour ce qui est du recours ou non à l’endettement extérieur et de nos capacités de résilience compte tenu des réserves disponibles montrent pour le moins une approximation au niveau de l’analyse, certains confiants en une remontée rapide des cours, et d’autres estimant que le niveau des réserves de change permettra de surmonter le choc.

Sachant notre économie totalement dépendante du prix du pétrole et du gaz, il est anormal qu’il n’y ait pas de plans B, C, D,…. Préétablis, définissant les arbitrages, les restrictions, les actions à mettre en œuvre, les axes prioritaires, et ce, en tenant compte de la variable «volatilité des prix du pétrole et du gaz», et éviter de donner l’air de subir, au lieu d’être dans l’action, dans la dynamique et l’analyse prospective.

Pour un Observatoire de l’économie

Il faut que quelque part au plus haut sommet de l’Etat il puisse exister une structure de veille prospective, un genre d’observatoire de l’économie, capable de prévisions et d’orientations stratégiques.
Un organisme rassemblant des compétences reconnues et disposant de capacités d’analyse et d’interprétation des événements, faits et tendances économiques, politiques et géostratégiques, capables de formuler des recommandations en matière de politique économique
(ex : Council of Economic Advisers aux USA).

Cet organe pourrait créer des passerelles avec tout ce que compte notre pays de cercles de qualité, de think tank et autres collèges d’experts. La situation internationale fortement perturbée, l’activation des grandes puissances particulièrement dans les pays ‘’sources’’, l’émergence sur la scène internationale de nouveaux acteurs, montrent qu’un nouvel ordre est en cours de construction, perspective qui appelle des pays comme le nôtre à faire les bonnes lectures, les bons décryptages, les bons positionnements, si l’on veut continuer à maîtriser l’essentiel de notre destin en tant qu’Etat-Nation souverain.

De l’endettement extérieur

Ce retournement sur le plan des ressources est l’occasion pour de nombreux spécialistes de se prononcer sur l’alternative des crédits extérieurs, pour participer au financement de l’économie nationale.

A l’évidence, le financement intégral de l’économie par des ressources internes, notamment budgétaires, a montré ses limites, conduisant à orienter la réflexion, en sus de la mobilisation de l’épargne non bancarisée, vers d’autres sources de financement, notamment extérieures (IDE, crédits multilatéraux, de la BAD, crédits bilatéraux, crédits interbancaires, crédits concessionnaires …). Les grands agrégats le montrent, l’Algérie n’aura pas d’autres choix et sera contrainte inexorablement de recourir à l’endettement extérieur, pour soutenir son économie.

A ce titre, des joutes régulières et des débats ont cours entre ceux qui prônent cette voie pour financer des projets matures et bancables, au sens orthodoxe du terme, ceux qui pensent que l’Algérie a encore des réserves suffisantes, et ceux plus extrêmes, qui crient à l’ingérence étrangère sur notre politique économique

Il faut savoir néanmoins que ce qui a conduit l’Algérie au FMI est le recours non mesuré à l’endettement extérieur pour des projets insuffisamment maturés ; l’Algérie a eu recours au milieu des années 1980, à des crédits d’une maturité comprise entre 18 et 36 mois pour financer du consommable (produits agro-alimentaires, médicaments, …), ce qui à la limite peut s’expliquer dans les cas d’urgence (catastrophe, épidémie, …) mais ne peut en aucun cas constituer une alternative durable.

Ces financements ont participé à l’aggravation de l’endettement extérieur de l’Algérie, à l’accroissement des coûts de financement, à l’aggravation de la perception du risque Algérie, et tout naturellement au FMI. En réalité, la décision de recourir à l’endettement extérieur semble déjà actée, puisque :

– Le port centre de Cherchell est prévu d’être financé par l’Exim Bank China ;
– Des discussions sont en cours avec la BAD (Banque Africaine) ;
– Sonatrach et Sonelgaz annoncent le recours à l’endettement extérieur pour soutenir leurs projets de développement.

L’Algerixit des marchés

Cette politique des «petits pas» marque la volonté des pouvoirs publics, probablement sous la pression sur les finances, de progressivement revenir sur les marchés, afin de mobiliser les financements nécessaires à l’économie, après les années fastes qui l’ont conduit à son retrait volontaire de près d’une décennie des marchés financiers extérieurs.

Cet «Algerixit» des marchés et de l’endettement, certainement mû par la crainte d’un retour aux effets du PAS (Pacte d’ajustement structurel), (licenciements, fermetures d’usines, dévaluation, …), ce qui explique les positions exposées vis-à-vis de l’endettement extérieur, s’il a quelques vertus en permettant à l’Algérie d’afficher une dette proche de zéro (environ 4 milliards USD) et de rétablir ses grands équilibres (ratios dettes), d’avoir les mains libres au plan économique et social, n’en a pas moins traduit des effets pervers, dont le retrait des marchés, c’est-à-dire des contacts internationaux indispensables, et des réseaux des banques internationales qui permettent de «coller» au marché, construire et tisser des relations, surtout qu’au plan international la période 2008/2009 à nos jours a été marquée par des bouleversements politiques, économiques et financiers majeurs (crises multiples, …), qui ont générés une récession économique mondiale (USA, Europe, BRICS, Chine,…).

Du paiement par lettres de crédit

Ainsi le recours exclusif au paiement par lettres de crédit(LC), de toute importation durant toutes ces années a pratiquement réduit les départements de l’international des banques, à la gestion mécanique et quasi-exclusive des LC, au détriment de tous les autres métiers de la banque (financement extérieur, relations internationales, négociations, …), non sollicités.

Il est à se poser la question de savoir si cela, ajouté aux nombreux départs à la retraite, il existe encore au niveau des banques et des entreprises une expertise avérée pour négocier et traiter des dossiers de financement, développer un réseau et tisser des relations indispensables.

Cette situation est de plus impactée par les orientations visant à diriger l’ouverture des LC vers des banques affiliées aux banques algériennes (BIA, BACE, BAMIC, UBAF, …). Il y a certainement à la base une bonne intention à de telles décisions, à savoir, le souci d’éviter de retomber dans les travées de l’endettement et celui de permettre à ces filiales ou à ces banques dont l’Algérie détient des participations de tirer profit des formidables flux induits par les importations algériennes, avec la perspective d’engranger en retour des dividendes.

Néanmoins une telle démarche a fini avec le temps par réduire le champ d’action ainsi que les relations internationales des banques et donc leur réseau, à un tête-à-tête quasi exclusif avec les quelques filiales à l’étranger. Ceci est dommageable car l’orientation des flux vers une banque consiste dans les faits à lui octroyer du chiffre d’affaires, ce qui en contrepartie lui ouvre l’accès à un réseau de correspondants plus vaste, des relations intenses, de la formation, du service, de meilleures conditions en termes de commissions et facilités, de l’accompagnement, des lignes de crédits, de l’information, l’accès aux réseaux…

La politique monétaire

Ces quelques rappels en matière de relations internationales et de financement extérieur au niveau des banques et des grandes entreprises, valent aussi en matière de gestion de la trésorerie des banques, particulièrement la Banque d’Algérie, qui dispose par le biais du refinancement bancaire d’un formidable levier d’orientation de la politique monétaire, au service du développement économique du pays.

Occulté depuis 2003, en raison de l’opulente aisance des banques à flot de trésorerie, et pour cause d’excédents du budget de l’Etat tirés d’une fiscalité pétrolière à son zénith, la Banque d’Algérie doit, dans la situation présente réactiver les nombreux mécanismes d’encadrement et de régulation dont elle dispose pour orienter, soutenir et agir sur l’activité économique :

– Taux de réserves ;
– Intervention sur le marché interbancaire ;
– Taux de refinancement ;
– Encadrement du crédit ;
– Politique de change, Convertibilité du DA ?

Les instruments de couverture de change

Enfin le recours à l’endettement extérieur doit être accompagné par la mise en place des outils de marché, ce qui permettra de couvrir les opérateurs par rapport au risque de change, tout au moins dans une première étape pour les financements relatifs aux équipements de production et aux intrants de production (matières premières, pièces détachées,…).

Investissements Directs Etrangers(IDE)

Un investissement constituant un engagement à terme, il est indispensable pour l’investisseur d’avoir une visibilité en conséquence pour ce qui est des Lois et règlements régissant le marché dans lequel il se projette. Un investisseur sait prendre en compte un risque politique et il peut faire avec, mais à aucun moment il ne peut se risquer dans un marché dont la régulation est sans cesse changeante, et donc sur laquelle, il n’a pas ou peu de visibilité à moyen terme. Les IDE étant l’un des leviers sur lequel viennent s’appuyer tous les pays pour accompagner leur développement, accéder à la technologie, créer de l’emploi et donner une image du pays attractive et stable, il est indispensable de veiller à adapter la réglementation en conséquence.

De l’emergence du capital prive

Depuis l’indépendance du pays jusqu’au début des années 1980, un accent exclusif a été porté au développement du secteur public de production de biens et services, omniprésent dans la sphère économique et sociale ; le secteur privé étant alors à peine toléré.
Cette option du « tout secteur public » ressortant de la politique socialiste prônée alors par les autorités politiques du pays est traduite par les nombreux plans de développement qui ont vu l’érection de nombreuses sociétés nationales, et autres organismes publics. La crise économique de 1985 a montré les limites d’une telle option, largement confirmée par l’effondrement de l’ex URSS et ses satellites ainsi que par l’arrimage de la Chine à l’économie libérale.

Tout ceci marque la fin d’une époque et l’émergence hégémonique du système libéral porté par les USA. Les années 1990 et 2000 ont vu en Algérie l’émergence d’entrepreneurs et d’hommes d’affaires qui ont su «tirer» profit de l’ouverture du marché, pour créer des activités, constituer des niches, s’incruster dans le domaine de l’importation, construire des affaires prospères et pour bon nombre accumuler un capital non négligeable se comptant en dizaines, en centaines de millions USD, voire en Milliards USD pour certains..

Portés par une commande publique sans précédent, un pouvoir d’achat croissant, et un besoin avide de consommer sans égal, après des années de crise et de frustrations multiples, des facilités d’accès à l’importation, des crédits à la consommation, ces hommes d’affaires ont fait montre de capacités d’adaptation et pour certains de génie, écumant les marchés sources de l’Asie, de l’Europe et du Moyen Orient, à la recherche des meilleures affaires aux meilleurs prix.

Aujourd’hui installée et totalement décomplexée, cette race d’hommes d’affaires qui fait partie du paysage économique en tant qu’acteur majeur, semble consciente de représenter une force non négligeable, celle de l’argent, et s’est naturellement investie dans la politique à travers les associations patronales, la participation dans les Institutions de l’Etat (APN, Sénat, APC, les partis politiques, les associations sportives), la société civile, les médias (radios, journaux, télévision,…), ce qui lui permet de constituer des lobbies forts, capables d’influer sur la vie économique, sociale et politique du pays et de porter un discours. Dès lors on assiste petit à petit au partage du pouvoir entre le politique et le monde de l’entreprise, ce dernier venant peser de plus en plus sur les décisions et options économiques, politiques et sociales.

Certains observateurs de la scène algérienne, y voient un danger de concussion de l’argent et de la politique, cependant que d’autres viennent à penser qu’il s’agit peut-être d’une voie pouvant permettre une transition et la voie vers la normalisation, vers un système moderne démocratique à terme. Peut-être que le consensus qui n’a pas pu être réalisé par la voie politique pourrait l’être par la voie économique (ce qui est bon pour l’entreprise est bon pour le pays), ou à tout le moins y aider.

Il est du reste à se poser la question de savoir si ce scénario répond à un modèle tracé ou s’il s’agit d’un processus normal, qui fait que après avoir réussi dans les affaires, il est logique comme c’est le cas dans les démocraties occidentales, de vouloir se lancer en politique pour participer à la vie de la cité, et pourquoi pas mettre son expertise au service du développement et du progrès commun.

«New Deal»

Dans tous les cas il y a aujourd’hui une chance historique à saisir, celle de permettre aux principaux protagonistes de faire leur mue et de moraliser les pratiques du secteur économique, d’arrimer progressivement l’informel à l’économie réelle du pays, laquelle comme tout un chacun le sait dispose de capitaux autrement significatifs et dont notre pays a grand besoin, et d’aller progressivement vers plus d’intégration de manière à densifier le tissu industriel (notamment la sous-traitance), ce qui conduira à la création d’emplois.

En effet de par leur position d’acteurs privilégiés influents, de manière directe, ils ne pourront plus se défausser sur l’Etat et doivent de ce fait agir avec les services de l’Etat concernés pour faire évoluer les Lois dans le sens de la libération des énergies et des initiatives au bénéfice d’une économie nationale plus efficace, plus efficiente, moderne, compétitive, pérenne, et construire une espèce de ‘’NEW DEAL’’ algérien.

La déclaration de JFK à son discours inaugural du 20/01/1961 ‘’Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, demandez-vous, ce que vous pouvez faire pour votre pays’’, est d’actualité pour le capital privé algérien, qui s’est développé à l’ombre de l’Etat, et qui participe aujourd’hui aux grandes décisions, d’agir de manière à impulser un mouvement mobilisateur à même de créer la confiance, déverrouiller le système, donner plus de sécurité et de transparence à l’activité économique, de poser un véritable cadre et de mettre en mouvement les importantes réserves financières « informelles » au service du développement du pays, qui en a aujourd’hui grand besoin.

Une telle démarche salvatrice est de nature à favoriser l’investissement national, et présenter une attractivité certaine pour les IDE, ce qui malheureusement fait défaut aujourd’hui. De la même manière, le secteur économique principal récipiendaire des ressources humaines, par les universités, les écoles de formation, les lycées, … doit compte tenu de son expérience et vécu sur le terrain, s’impliquer et s’engager d’avantage avec les autorités concernées pour accélérer les réformes et adopter le contenu des programmes de formation du primaire jusqu’à l’université aux besoins réels de l’économie.

Cet engagement est d’autant fondamental que la ressource humaine est le levier principal d’un développement économique pérenne.
Outre les contenus des programmes qu’il faut revisiter, le secteur économique doit résolument s’engager à l’intégration des nouveaux diplômés y compris sous la forme de service civil rémunéré, de manière à permettre à ces derniers d’acquérir une première expérience professionnelle indispensable à leur intégration dans le monde du travail.

Secteur public économique

La situation du Secteur Public Economique doit sérieusement être posée, car en dépit de son fort potentiel économique, et de la concentration de moyens financiers énormes, il contribue faiblement à la croissance. Les Finances Publiques étant aujourd’hui ce qu’elles sont, il parait peu évident de continuer à ‘’perfuser’’ à coups de Milliards DA, et d’aides diverses, des entreprise qui ne présentent pas de perspectives d’équilibre. Il faudrait prospecter d’autres solutions, dans le cadre de la privatisation, et de l’ouverture au capital privé local et international.

Décentralisation économique

Créer des entités économiques viables à l’échelle du pays en tenant compte des spécificités économiques locales et régionales et surtout viser à rapprocher les centres de décisions économiques des populations et agglomérations concernées.
La création de pôles économiquement complémentaires, dotées de moyens de régulations adaptés, est de nature à contribuer à débureaucratiser et fluidifier les actes de gestion au bénéfice des entreprises créatrices de richesses.
Dans le même cadre, il est important d’aller plus loin dans les réformes engagées par l’Administration, par l’introduction d’outils modernes de gestion, facilitant la vie des entreprises et des citoyens. (A suivre)
Abdenour Kashi

 

Algérie : Pression sur les ressources et stratégie de développement (2e partie et fin)

Par Abdenour Kashi, El Watan, 18 septembre 2016

3e cycle intelligence économique (Ecole de guerre économique, Paris), Consultant international

De la stratégie de développement : Exemple de l’Inde

Il n’est pas inintéressant de tirer inspiration des expériences réussies de certains pays, à l’exemple de l’Inde, dont les grandes réformes lancées en 1991 ont priorisé des secteurs d’activités déterminés : les services (informatique, les services aux entreprises, les technologies innovantes) et l’industrie pharmaceutique, secteurs qui ont servi de locomotive à la croissance indienne.

Ainsi l’Inde, qui a longtemps représenté le «back office» du monde, a tiré profit de la forte élasticité de la demande d’externalisation à l’échelle mondiale des services par les entreprises, pour progressivement venir occuper aujourd’hui la première place en termes de recherche et développement (services informatiques, logiciels…), devant l’Irlande et les Etats-Unis. Dans le domaine de la production pharmaceutique, ces quelques chiffres permettent d’appréhender le niveau de développement atteint : 500 firmes, 10 000 unités de production, 4,2 millions d’emplois, 32 milliards de dollars de production en 2014 (45 milliards de dollars prévus en 2020), dont 50% à l’export (70% vers l’UE, 25% les USA), 75 Sites agréés par l’USFDA (Food & Drug Administration).

L’Inde est devenue le leader mondial du générique, en dépit des attaques dont elle est régulièrement l’objet par les géants mondiaux du médicament. L’essor de ces deux secteurs à forte valeur ajoutée et à fort potentiel d’emploi a naturellement orienté les vocations et les formations : 2,5 millions de diplômés par an dont 150 000 ingénieurs.

Il est par ailleurs important de signaler le rôle de la diaspora indienne, qui bénéficie d’un statut particulier qui permet aujourd’hui aux NRI (Non Resident Indians) et aux PIO (People of Indian Origin) hautement qualifiés de revenir en Inde, de créer ou de participer à la création de start-ups dans les domaines de l’informatique, des nouvelles technologies… A titre d’exemple, la Silicon Valley, qui compte 40 000 NRI et/ou PIO, est régulièrement visitée par le Premier ministre indien.

Pour une stratégie concurrentielle

Il ne s’agit pas de calquer tel quel le modèle indien ou un tout autre modèle, mais plutôt de s’en inspirer pour identifier des filières porteuses, présentant des avantages comparatifs majeurs et à fort potentiel de développement, pouvant constituer une locomotive à l’essor de notre économie. Nous pensons à ce titre que les préoccupations de sécurité alimentaire, de substitution à l’importation, de diversification énergétique (énergies renouvelables), de NTIC et de tourisme sont des pistes à privilégier, en sus de celles, pétrolières et gazières, qui doivent être prioritaires et optimisées par une plus grande intégration pour soutenir le développement des autres secteurs susmentionnés.
Les ressources en gaz conventionnel (prouvées et restant à découvrir) et les ressources en gaz non conventionnel de l’Algérie (comme estimées par différentes institutions de réputation mondiale) peuvent constituer un formidable levier de développement et de diversification économique. Les pays européens sont aujourd’hui totalement dépendants des livraisons de gaz russe, qui en assurent plus de 35% des besoins à travers les gazoducs Southstream et Northstream dont on prévoit le doublement.

Le retour à une sorte de guerre froide suite au conflit en Ukraine, à la guerre en Syrie et au déploiement des forces de l’OTAN en Europe de l’Est ont alimenté la résurgence de nationalismes exacerbés en Russie et dans d’autres pays, constituant ainsi des éléments d’inquiétude pour les pays européens qui pourraient, en cas de propagation de la crise aujourd’hui ouverte, risquer de subir des restrictions, voire la suppression de la livraison de gaz par la Russie (surtout depuis le rapprochement Russie-Turquie-Iran pour probablement créer un axe stratégique influent sur le plan énergétique et géostratégique). Pour conjurer cette crainte et en attendant le développement des technologies en matière d’énergie renouvelables, les pays européens souhaitent, au moins sur une période de 20 à 30 années, disposer d’une source d’approvisionnement complémentaire sûre, qu’ils pensent trouver en Algérie.

S’agissant d’un problème de sécurité d’approvisionnement stratégique, les pays européens seraient disposés, en contrepartie de cette assurance d’approvisionnement, à accompagner dans le ou les pays sources – en l’occurrence l’Algérie – dans des programmes de développement industriel, sous la forme d’un plan d’investissement massif dans le cadre d’un partenariat gagnant/gagnant de diversification économique incluant le développement de l’énergie solaire.

Ce partenariat stratégique – permettant pour l’un d’assurer ses approvisionnements en gaz et, pour l’autre, de s’assurer un accompagnement en développement – est parfaitement réalisable car les deux parties sont dans un système gagnant sur différents plans : sécurité énergétique et régulation de l’immigration vers l’Europe et développement et stabilisation de l’Algérie et du Maghreb.

Nous avons, dans notre précédente contribution publiée le 16 avril 2016 par El Watan, fait ressortir certains retards et autres déficiences dans le renouvellement des réserves de gaz et de pétrole et les difficultés de notre pays à renouveler des contrats sur le long terme, et ce, en raison notamment :

– de la non-attractivité du dispositif contractuel et fiscal actuel, qui n’a pas permis d’attirer les investissements étrangers ; notamment depuis 2005 à ce jour, comme le confirme le peu d’engouement pour les appels d’offres lancés par Alnaft, dont les raisons essentielles résident dans le cadre contractuel moins attrayant que l’ancien PSC (contrat de partage de production) et surtout les lourdeurs bureaucratiques au plan opérationnel, qui entrainent des délais excessifs dans la mise en exploitation des découvertes ;

– des problèmes de ressources humaines (formation inadaptée),et de non-maitrise des technologies updatées dans le domaine de l’exploration, du développement et de l’exploitation, notamment l’Enhanced Oil Recovery (technique de récupération tertiaire) dans les grands gisements de Hassi Messaoud et Hassi R’mel.

Par contre, de par l’immensité de ses réserves en gaz non conventionnel, l’Algérie dispose de perspectives sérieuses pour répondre à l’attente des pays européens, en complément de celles conventionnelles, bien sûr à la condition d’en maîtriser les techniques et les effets sur l’environnement.

En l’état actuel de nos réserves en gaz conventionnel à optimiser et à renouveler dans le cadre du partenariat avec les firmes étrangères, il est parfaitement possible de conclure des contrats à long terme (LT) avec en complément dans les 10 années la production de gaz non conventionnel.

Ces 10 années seraient mises à profit pour développer en partenariat avec les pays maîtrisant la technologie (Etats-Unis, Europe, Chine…) le gaz de schiste aux meilleures conditions d’exploitation et de sécurité pour les populations et l’environnement. Il s’agit en fait de conclure un véritable pacte avec l’Europe, à l’image de ce qu’a été l’accord entre les USA et le royaume d’Arabie Saoudite dans les années 1940, mais avec à la clé non pas la protection militaire, mais le développement du pays par des investissements massifs, le transfert de technologie, la diversification économique, l’industrie, l’agriculture, les énergies renouvelables, les nouvelles technologies… surtout que les infrastructures de transport (pipes existants) sont aujourd’hui utilisées à 50% de leurs capacités, ce qui au demeurant permet d’optimiser l’existant et d’éviter d’alourdir l’investissement futur dans de nouveaux pipes.

Les mêmes capacités excédentaires de production et de transport existent également dans le domaine du gaz naturel liquéfié (GNL).
Un tel pacte est d’autant plus souhaité par l’Europe qu’il n’y a pas d’autre alternative que d’aider au développement dans les pays d’origine pour contenir et confiner dans le sud de la Méditerranée, l’incroyable flux migratoire en provenance d’Afrique, qui constitue un phénomène de déstabilisation et de sécurité pour l’Europe. Tout le monde a vu le prix que l’Europe a accepté de payer à la Turquie (6 milliards, en plus de facilités de visas pour les Turcs).

Nous avons conscience que ce type d’idées fera se révolter plus d’un dans la mesure où l’exploitation des énergies non conventionnelles (le schiste) est, dans les conditions actuelles, assimilée à la pollution de l’environnement, à l’utilisation irrationnelle de l’eau, denrée rare dans notre pays. Néanmoins, quelles solutions alternatives avons-nous entre les mains, en dehors des hydrocarbures pour réunir les conditions financières indispensables au développement du pays ? Quelle est la priorité aujourd’hui ?

Dans tous les cas, un tel accord stratégique avec l’Europe est de nature à repositionner notre pays à l’international, dans ce qui apparaît comme un nouvel ordre mondial, une espèce de division internationale du travail.

Le tourisme, un allié occulté

Alors que le tourisme représente en moyenne 9% du PIB à l’échelle mondiale et en moyenne 7,3% dans les pays voisins (jusqu’en 2013), on ne peut continuer de se satisfaire de la peu glorieuse 124e place sur 184 pays examinés et une participation au PIB d’à peine 3,5% (source : Organisation mondiale du tourisme) – le ministre du Tourisme ayant indiqué un taux beaucoup moins reluisant de 1,5%. Il faut savoir que 5 à 6 points de PIB en plus représentent entre 8 et 10 milliards de dollars de plus dans la «cagnotte».

Il y a manifestement un problème de politique du tourisme en Algérie, et là on ne peut pas évoquer un quelconque problème insurmontable de transfert de «technologie». Il y a à l’évidence un véritable problème de vision en matière de politique de tourisme dans notre pays, qui n’est certes pas né aujourd’hui, mais qui continue à perdurer.

Le levier des avantages CNI/ANDI

Les secteurs à identifier comme levier économique doivent faire l’objet d’une attention particulière des pouvoirs publics et concentrer toutes les aides (foncières, fiscales, bonification de crédit…) de manière à leur assurer toutes les chances de succès.

L’Etat régulateur et facilitateur

Ainsi, tout en ne revenant pas sur l’acte d’investir qui doit rester de la compétence et de la décision des promoteurs, il est primordial que l’Etat puisse disposer de leviers nécessaires lui permettant, sans interdire d’informer, de mettre à la disposition des opérateurs des «data» fiables et à jour, d’orienter et encourager les investissements, non pas par des décisions administratives mais par la modulation des avantages accordés. Un tel dispositif éviterait la création de «bulles» et la déperdition de ressources, comme cela a pu être le cas pour les investissements dans les minoteries dans les années 1990 ou la pêche.
L’Etat doit jouer un rôle de régulateur et de facilitateur des investissements dans les différents secteurs économiques ciblés.

Reconnecter la formation avec les besoins du monde du travail

La seule définition de filières prioritaires à encourager sera de peu d’effet si, dans le même temps, il n’est pas mis en place un accompagnement en matière de formation professionnelle dans le domaine de la maîtrise et de l’exécution.
Aujourd’hui, force est de constater que notre système d’éducation, du fait de sa déconnexion totale du monde du travail, continue à former des cohortes de «diplômés» qui viennent grossir les rangs des chômeurs universitaires sans aucune perspective.
Que sont devenus tous les instituts de technologie développés durant les années 1970 ?

Promouvoir et valoriser les métiers scientifiques, techniques, la maîtrise

Un travail immense de valorisation et de promotion des matières scientifiques et techniques est à entreprendre, si l’on veut rééquilibrer la situation, recréer la «valeur travail» et s’arrimer à l’économie réelle. A défaut, on continuera à «importer» des maçons, des coffreurs, des ouvriers qualifiés, des ouvriers spécialisés, des soudeurs, des électriciens… alors que le formidable programme de construction aurait dû inciter des vocations.

Diaspora

Comme cela se pratique dans de nombreux pays qui ont su, par une politique adaptée, intégrer l’immense réservoir en capitaux, en savoir-faire et en dynamisme (Inde, Chine…) de leur diaspora, il est urgent de réfléchir sérieusement à la manière de créer les conditions indispensables qui permettraient d’utiliser ce formidable vivier au bénéfice du développement économique de notre pays, comme cela a pu être réalisé durant la Guerre de Libération nationale ou leur contribution fut d’un apport non négligeable.

DES PISTES DE FINANCEMENT

Captation de la plus-value foncière

Les pouvoirs publics ont réalisé ces dernières années d’importantes infrastructures, notamment dans le domaine des transports qui améliorent à l’évidence les flux des personnes et des marchandises, facilitent la vie des citoyens et participent à la modernisation et au développement économique et social du pays. L’aisance de trésorerie aidant a amené les pouvoirs publics à financer ces projets sur le budget de l’Etat.

La chute des prix du pétrole depuis 2014 a amené les autorités à revoir la «voilure» et à retirer ou tout au moins retarder certains projets. Cette situation devrait orienter la réflexion vers d’autres formes de financement pour ce type de projets, et sortir au moins en partie du recours au budget de l’Etat, tributaire du cours du pétrole.

Le système de financement par captation de la plus-value foncière, utilisé à travers le monde (Japon, Hong-Kong, Singapour, Canada, Angleterre, Allemagne…) pour financer les infrastructures de transport peut, pour autant qu’il soit étudié et mis en œuvre, répondre en partie à cette préoccupation. En reliant certaines localités à l’origine enclavées et difficiles d’accès, ces moyens de transport contribuent grandement à donner de la valeur ajoutée à des terrains proches des gares desservies.
L’idée consiste à octroyer aux promoteurs, financiers et exploitants de ce type de projet, les terrains situés dans un rayon à déterminer autour des gares, lesquels serviront à la construction d’ensembles immobiliers, de parkings, de centres commerciaux, de zones d’activité…, selon bien entendu un cahier des charges à négocier, sur lesquels ils se feront rémunérer.

Ce système permet donc :

– d’assurer le financement de projets ;
– la réalisation des infrastructures socioéconomiques indispensables ;
– le lancement de projets retirés faute de financements.
Les projets de réalisation de la baie d’Alger, la construction des marinas, le développement de zones (à l’image du projet Dounia), la réalisation de nombreuses infrastructures pourraient s’inscrire dans ce mode de financement (métro, tramway, gares, aéroports…).
Dans les autres pays, la rénovation et la construction des gares est réalisée sous cette forme, les financiers se faisant rémunérer sur les revenus locatifs tirés des boutiques et autres commerces réalisés ou rénovés dans un cadre concessionnel à définir.

Partenariat public-privé

Compte tenu des restrictions budgétaires, il est aujourd’hui fondamental de viser des associations sous la forme du partenariat public-privé (PPP) pour la réalisation, l’exploitation et l’entretien des infrastructures coûteuses réalisées (ex. : autoroute Est-Ouest) ; à défaut, il sera difficile de les préserver, surtout que certaines infrastructures présentent au début même de leur exploitation des défauts et imperfections.
Dans nombre de pays, le recours à la formule de partenariat PPP est généralisé, y compris lorsqu’il s’agit de la réalisation, de l’exploitation et de l’entretien des hôpitaux et autres infrastructures socioéconomiques.
A défaut de trouver des alternatives au financement, il sera difficile de préserver en état de fonctionnement des infrastructures, pour la réalisation desquelles l’Etat a consenti d’énormes sacrifices.

Leasing opérationnel

Ce mode de financement est très courant dans de nombreux domaines, parmi lesquels le marché des aéronefs. Il permet, entre autres les avantages principaux :
– le financement hors bilan, qui n’alourdit pas les engagements et donc la structure financière (pas d’amortissements, pas de valeur résiduelle) ;
– le fait de s’engager sur des durées déterminées (7 à 8 années), permet de disposer en permanence d’une flotte jeune, synonyme de qualité de service, de fiabilité et de sécurité.
Il faut sortir de la vision dépassée qui considère les avions comme un élément de patrimoine qui, à travers leur acquisition, renforce ce sentiment de propriété, alors qu’il ne s’agit en fait que d’outils opérationnels. Aujourd’hui, à l’exception notable de la compagnie Lufthansa, qui s’accroche à cette option patrimoniale traditionnelle – qui s’explique par ses capacités reconnues en matière de management, de prévention, de maintenance et d’entretien –, plus de 50% des flottes à l’international sont bâties sur la base du leasing opérationnel.

Convertibilité du dinar

Tout le monde a constaté l’attrait mitigé des dernières opérations d’emprunts obligataires, lancées, dans le but de collecter l’épargne hors des circuits bancaires, surtout l’informel (estimée selon les experts à 40 milliards de dollars).
Considérant l’importance de cette manne indispensable à la relance de l’économie dans cette période de crise, ne serait-il pas judicieux de prospecter les voies d’optimisation de ce type d’opération en introduisant comme avantage complémentaire le remboursement en dinars convertibles au profit des souscripteurs ?

Rachat d’entreprises

En dehors des financements classiques de l’investissement – encore que les conditions exigées soient parfois disproportionnées par rapport aux risques encourus – il n’y a pratiquement pas de banque en Algérie acceptant de traiter du financement du rachat d’actions.Cette situation est pénalisante en ce sens qu’elle ne facilite pas :

– l’acquisition des actions des entreprises ;
– le renforcement par un apport en industrie non quantifiable en management ;
– oblige le candidat acquéreur à mobiliser ses fonds dans le rachat des actions, au lieu de les réserver au financement du développement ;
– réduit les alternatives dans le cadre des privatisations ;
– empêche le recours à des reprises selon les techniques LBO, MBO, BIBO… autant de formules d’acquisition largement usitées par ailleurs pour sauver ou relancer de nombreuses entreprises, par le biais du management seul, ou en association avec d’autres partenaires.
Une intervention des banques dans le financement du rachat des actions d’entreprises, au côté des autres financements classiques est de nature à véritablement dynamiser les opérations en portefeuille.

Enfin, en dépit des difficultés générées par la crise et des défis multiformes qui se présentent à notre pays, la résilience de l’âme algérienne, maintes fois démontrée par le passé, à la fois dans sa résistance à l’oppression coloniale et aux tentatives de déstabilisation orchestrées par les courants obscurantistes, nous donne des raisons de continuer à croire et à rester optimistes dans l’avenir, à la condition de définir une stratégie et un cap qui tiennent compte des aspects suivants :

– stratégie de développement économique claire (voir supra), non pas selon les modèles ancrés dans la rente et le gaspillage de certains pays pétroliers, mais au contraire à l’image de pays tel que la Norvège qui a réussi un développement harmonieux, tout en préservant des ressources pour les générations futures ;
– une gouvernance et «accountability» de l’ensemble des institutions en charge ;
– la libération des énergies et initiatives privées (PME, PMI, microentreprises…), tout en veillant à préserver les fondamentaux sociaux des citoyens (éducation, santé…).

Abdenour Kashi