Appel des lords aux observateurs onusiens

DROITS DE L’HOMME

Appel des lords aux observateurs onusiens

Par Ali Benyahia, El Watan 17septembre 2002

Les parlementaires britanniques en visite de travail en Algérie dressent un constat critique sur la situation des droits de l’homme en Algérie. Selon eux, il est nécessaire que des observateurs onusiens viennent à Alger pour faire un état des lieux détaillé sur la question des droits de l’homme.

Au cours d’une conférence de presse tenue hier à la résidence El Mithak, les quatre membres de la Chambre des lords «suggèrent qu’il y ait des observateurs directs des Nations unies pour qu’ils fassent des rapports sur ce qui se passe en Algérie». La délégation des lords britanniques, composée de Ahmed Nazir, baron de Rothertham, la baronne Howells of Saint David et Rea John Nicholas, baron d’Esktate, a, à l’issue de sa visite en Algérie, relevé que la situation des droits de l’homme est loin d’être reluisante. La délégation a eu à rencontrer les sénateurs algériens, des ONG des droits de l’homme, et des hommes d’affaires. Ils affirment ainsi avoir invité les sénateurs algériens à se rendre au Royaume-Uni. Aussi ont-ils fait appel «au jumelage» entre la ville d’Oran et une ville britannique qu’ils disent n’avoir pas encore identifiée. Ces parlementaires, qui se rendent ainsi pour la première fois en Algérie, ont relevé que «les grands problèmes, ce sont les droits de l’homme et la sécurité qui n’est pas encore garantie». «L’Algérie devrait demander la venue des observateurs, et je suis convaincu que ces rapporteurs ne vont pas la condamner», a-t-il souligné avant d’ajouter : «Cependant, les rapporteurs pouvaient apporter leur aide et transformer les droits en Algérie aux normes internationales.» Les parlementaires britanniques ont appelé toutefois à l’amélioration des relations entre les deux pays. «Nous focalisons notre relation sur le business et les affaires économiques», a lancé Ahmed Nazir. Mais «l’image de l’Algérie a été déformée», a-t-il annoncé. Tout en exprimant leur volonté de nouer des relations économiques et commerciales plus poussées avec notre pays, ils ne manqueront pas d’affirmer les plus grandes inquiétudes des hommes d’affaires britanniques sur les problèmes de bureaucratie et de la situation sécuritaire. Et pour mieux illustrer la situation fragilisante du pays, ils diront que «la situation en Kabylie est préoccupante». Les lords ont même affirmé avoir été empêchés de se rendre dans cette région du pays parce que, selon eux, on leur a fait comprendre que la situation sécuritaire ne le permet pas. Ils affirment à ce propos que «l’impunité» des corps de sécurité a été à l’origine de la situation actuelle en Kabylie.