Pourquoi massacrer votre Nation

Pourquoi massacrer votre Nation ?

Michael Willis, depuis Rabat, recherche les motifs de l’impitoyable assassinat de civils algériens.

 » 7 ans, c’est assez ! Les chefs, c’est assez !  » C’était le cri des Algériens lors de l’avènement de l’indépendance de leur pays après une lutte amère et sanglante à la fin de 1962, les laissant en grand nombre entre des factions rivales du mouvement nationaliste lors du départ des français. Au début de sa 7eme amère et sanglante année de conflit, qui cette fois concerne la Nation seule. la volonté de stopper les tueries est sans doute plus forte qu’il y’a 36 ans. Les massacres de civils dans les derniers 14 mois, culminant dans le carnage d’environ 1000 personnes dans ces derniers 10 jours, plus de 55 tués vendredi dernier, font ressortir une bonne partie des sombres secrets de la sale et obscure guerre d’Algérie. Quand les généraux ont invalidé les élections démocratiques, il y’a 6 ans, il y’a eu un évident soulagement dans les capitales occidentales devant l’écrasement de la victoire du FIS qui évita la possibilité d’un régime radical islamiste sur les rivages de la Méditerrannée. Pour le monde extérieur, le conflit en Algérie concerne un régime laïc face à un mouvement islamiste qui a pris des mesures extrêmement violentes pour obtenir ce qui a résulté des élections…

Un diplomate algérien, qui a fui pour l’Angleterre, exprimait sa peur croissante de voir l’Algérie tomber aux mains du GIA à un memebre des services secrets du pays. Il lui répondit; »Ne t’inquiètes pas. En fait, c’est nous qui en contrôlons la majeure partie. » De tels soupçons d’une officielle complicité dans les violences supposées commises par les islamistes se trouvent dérrière plusieurs ambiguités de cette saugrenue liste de massacres.

  • Si ce sont les islamistes qui ont fait tous ces massacres, pourquoi ont-ils opèré d’une façon aussi accablante dans des régions qui les ont longtemps aidé ?
  • Pourquoi, malgré la lourde présence des forces de sécurité, les massacres n’ont-ils pas été evités ou interrompus ?
  • Pourquoi, malgré la fréquence des massacres, personne n’a jamais été attrapé par les autorités ?
  • Pourquoi un gouvernement voudrait massacrer sa propre Nation d’une façon si horrible et en public ? Quelle fin cela peut-il servir ?

Il est de plus en plus clair que les massacres sont le résultat du toujours plus complexe et morcellé conflit en Algérie. L’émergence de différents et opposés groupes islamistes et la création d’ordre de bataille armé par le gouvrnement, les milices, ont augmenté les possibilités de manipuler les gens miséreux utilisant ces groupes armés pour leurs propres fins. Ces individus proviennnent des services de sécurité et des strates supérieures du régime. Ils ont utilisé le conflit contre leurs rivaux afin de servir leurs intérêts politiques et matériels. Les meurtres des rivaux politiques et de journalistes critiques peuvent aisément être reprochés aux islamistes. Des tueries et des bombardements ne discrèditent pas seulement les islamistes mais peuvent aussi contrarier et distraire l’initiative politique rivale. L’abandon des régions compagnardes à cause de la menace de nouveaux massacres permet à certains de contrôler et de bénéficier, grâce à cet abandon, de préçieuses terres. La continuité d’un certain niveau de violence évite un examan minitieux, en particulier de la part de l’étranger, de toute une série d’intérêts finançiers louches que, sans nul doute, beaucoup gèrent au pouvoir. On ne peut pas dire que seul le régime est responsable des violences. Mais maintenir que le conflit est simplement entre un régime laïc pro-occidental et un mouvement islamiste monolithique et pathologique est aussi loin de la vérité. Le mode extérieur a, jusqu’à maintenat, laissé toutes initiatives en Algérie aux soins de son ancien colonisateur. Mais les relations entre la France et l’Algérie tout comme ce conflit, est une affaire compliquée et une partie intégrante de la crise algérienne. La présence de presque un million d’Algériens en France se fait sentir. Les bombes à Paris entre 1995 et 1996, tout en soupçonnant plus le régime algérien que les islamistes, étaient un souvenir puissant que les éléments en Algérie perçoivent toujours la France comme une partie de l’équation politique. Si la France se retire, la porte s’ouvre pour l’Angleterre, pour prendre l’initiative en son nom de président de l’Union Européenne. Le refus d’enquêtes internationales sur les massacres ne peuvent empêcher une attitude critique. Les partis d’opposition, unis par un ardent refus du régime, nécessitent des encouragements. Le FIS, lors de sa victoire aux élections nationales annulées en 1992 par le coup d’Etat, le suggéra. Le parti a un large appui populaire et une direction en exil, il condamne la violence contre les civils…

 

retour