Lakhdaria, 1994: arrestations et exécutions sommaires

Témoignage de citoyens de Lakhdaria

Mai 1994

Comment peut-on appeler un état qui bafoue la dignité humaine, qui bâillonne les libertés et réprime sauvagement les enfants de son peuple, Les atrocités vécues dépassent tout entendement. après les arrestations arbitraires et la torture institutionnalisée voila que nous assistons maintenant aux exécutions sommaires collectives. Nous assistons depuis le début du mois de mars a de véritable boucherie collectives, d’une sauvagerie indescriptible dont sont victimes d’innocent citoyens, Kidnappés de nuit de leur domiciles par des militaires et arrachés aux leurs pour toujours.

Notre conscience nous interpelle en tant que citoyens de ce pays ensanglanté, pour apporter notre modeste témoignage sur ce qu’a vécu récemment notre ville Lakhdaria comme atrocités de la part de l’armée. que s’est-il passé?

A la mi-mai et durant une semaine débuta une campagne d’arrestations de citoyens a vaste échelle, sans distinction d’age ni de couche sociale. Ce qui est étrange c’est que majorité des citoyens arrêtés n’avaient aucune relation ni de prêt ni de lion avec les mouvement islamique.

C’est ainsi que le lundi 23 mai 1994, on découvrit deux cadavres totalement nus et exposés dans la rue de la gare qui est l’une des rues principale de la ville. Nous pûmes les identifier comme étant Kadi Farid, Et Azergui Fatah, age de 24 ans, commerçant.

Cette découverte secoua les habitants de Lakhdaria et la rumeur de l’assassinat collectif des citoyens arrêtés a la mi-mai circula comme une traînée de poudre. L’angoisse s’empara des familles concernées. Des citoyens se mirent a courir dans tous les sens a la recherche de cadavres. Le spectacle etait apocalyptique. On criait de partout. des cadavres commencer a apparaître un peu partout dans la ville.

C’est ainsi que six (6) cadavres furent découverts dans un champs situé a la sortie de la ville. Ils avaient des membres coupés et le visage défiguré. C’etait un véritable magma de chair et de sang.

Trois cadavres décomposés ont été rejetés par l’oued de Lakhdaria et ont été récupérés par les agent de la protection civile et dirigés vers l’hôpital. Ces cadavres n’ont pas pu être identifies par les familles du fait de la décomposition avancée.

Deux autres cadavres furent découvert dans la décharge publique de la ville. Ils etaient tous deux égorgés.

Le spectacle était effroyable. Des cadavres étaient régulièrement découverts a chaque coin de rue. Aucun quartier n’etait épargné. Il s’agissait d’un véritable plan diabolique planifie par les service spéciaux. Des cadavres sont éparpillés aux quatre coins de la ville pour instaurer un véritable climat de terreur au sien de la population.

Plus de 30 cadavres furent découverts en une matinée. Le chiffre peut être plus important car le nombre des arrestation est de loin plus important. Que sont-ils devenus, les autres? Ont ils été assassinés et jetés dans les villages avoisinants ou sont ils encore vivants?

Parmi les cadavres identifies, il y avait :

Les freres Braiti

Boudjema Abdelwahab, père de 2 enfants et employé dans une société.

Messaoudi Mohmed, taxieur et père de 16 enfants.

Moutadjer, 75 ans, commerçant

Les frères Bairi de la cité Hamana

Djamel Mekhazni, étudiant.

Et la liste reste ouverte…..

Ainsi est la triste réalité qu’a vécu notre ville de Lakhdaria durant la sinistre journée de 12 mai 1994. Ces assassins et charognards, responsable de cette horrible boucherie n’ont ni foi ni conscience. Comment parler de valeurs humanitaires aujourd’hui en Algérie quand des militaires qui sensé assurer la sécurité du citoyen et l’intégrité du territoire, égorge un vieillard de 75 ans, vieillard a qui les même militaires avait deux mois auparavant tué son fils? Et de quelle manière il a été exécuté!!!

Son thorax et son visage ont été horriblement brûlés. Sa vielle épouse n’a pu l’identifier que grâce à un grain de beauté au niveau de sa nuque. Comment peut-on expliquer ces comportements inhumain et bestiaux.

Quelle sera la réaction d’une mère qui a perdus deux fils, sauvagement assassinés par la horde militaire. On ne pourrait faire cela a son pire ennemi.

Telle est la situation dramatique de Lakhdaria et de l’Algérie toute entière. Terreur et sauvagerie sont les seul moyens qui restent a la dictature sanguinaire pour pouvoir se maintenir.

Dans quel univers somme-nous? Le citoyen ne sait plus a son réveil s’il est vivant dans une cellule ou mort dans un tombeau!!!

Ce témoignage est porté a la connaissance de l’opinion publique pour l’histoire, sur les crimes commis par la junte qui a tout perdu…tout de sa sinistre existence en pensant préserver le pouvoir au prix de milliers de victimes.

L’Histoire demain jugera!!

Témoignage adressé le 27 juin 1994
Au comité Algérien des militants libres
de la dignité humaine et des droits de l’homme

Livre Blanc sur la Répression en Algérie (1991-1994); Editions Hoggar: www.hooggarbooks.org

 

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