L’Etat algérien au banc des accusés

L’Etat algérien au banc des accusés

Algeria Interface, Paris, 23 mars
Le procés de trois algériens accusés de terrorisme met dans l’embarras le gouvernement britannique.

Trois algériens, accusés de terrorisme, ont été déclarés non-coupables par la justice britannique à la suite d’un procès-fleuve de trois ans, selon le journal The Guardian du 21 mars. Ce verdict a été a été motivé par le refus d’un informateur des services de renseignements britanniques de déposer devant la cour. Celui-ci a affirmé craindre pour sa vie depuis que des documents confidentiels, lus durant le procés, ont révélé que les autorités algériennes commettaient des atrocités contre des civils.

Les trois inculpés ont été arrêtés en possession de matériel pouvant servir à préparer des engins explosifs ainsi que des équipements radio. Leur arrestation serait intervenue à la suite de contacts entre les autorités algériennes et l’ambassade britannique à Alger.

Les avocats de la défense ont affirmé que le matériel en question était destiné à un usage de « légitime défense » contre les agissements des forces de sécurité algériennes. Devant le refus répété de la source du service d’espionnage anglais, le MI5, de déposer, le ministère public a tenté, par le biais du bureau de l’immigration, de trouver un dissident algérien qui plaiderait en faveur des thèses de la défense. Le ministère public britannique a soutenu que rien ne permettait d’imputer aux autorités algériennes des atrocités contre des civils, soutenant ainsi les positions officielles du gouvernement britannique.

Or des documents secrets émanant de ministères britanniques et qui s’appuient sur des rapports des services de renseignements britanniques et américains attestent le contraire. Communiqués à la cour sur ordre du juge, ils font état d’actes de terrorisme perpétrés par les forces de sécurité algériennes. Il est apparu, en outre, que des ministres – notamment Jack Straw, ministre de l’Intérieur, et Robin Cook, ministre des Affaires Etrangères – ont cherché à dissimuler l’existence des documents en question pour éviter toute interpellation de la presse ou d’organisation non-gouvernementales.

L’un des rapports révèle par exemple que les autorités britanniques estimaient que la violence en Algérie « n’était pas le fait des seuls islamistes armés et que l’Etat pouvait s’adonner a des actes terroristes ainsi qu’à des manipulations ». On apprend également que la sécurité militaire algérienne « n’aurait pas de scrupules à tuer des civils innocents ». Selon un autre document, rien ne permettait d’attribuer à des Islamistes les attentats à la bombe commis à Paris en 1995, alors que l’un des attentats remontant à cette époque aurait pu être « commandité par le gouvernement algérien ».

 

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