Rencontre de la CNCPPDH avec les représentants des familles de disparus

Rencontre de la CNCPPDH avec les représentants des familles de disparus

Une nouvelle association pour définir le statut du disparu

Par Amel Hadjab, Le Jeune Indépendant, 15 juin 2002

La Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l’homme (CNCPPDH) a réuni, pour la première fois, les représentants des familles de disparus des wilayas d’Alger, Oran et de Constantine.

Cette réunion, tenue jeudi au siège de la CNCPPDH, s’inscrit dans la perspective des indemnisations annoncées depuis plus d’un mois par le président de la commission, M. Mohamed Ksentini. Lesdits dédommagements, présentés comme une aide sociale, seraient un témoignage de solidarité pour cette frange de la société. Les discussions ont abouti à une proposition, faite par les représentants des familles de disparus et portant la création d’une nouvelle association. Celle-ci aura pour mission d’étudier, en collaboration avec la CNCPPDH, les dossiers des disparus, dont «il faudrait d’abord définir le statut».

En attendant la prochaine rencontre qui réunira prochainement les deux parties, les débats risquent de durer longtemps avant que la commission ne parvienne à fixer la nomenclature desdites indemnisations, à cause des multiples ambiguïtés qui entourent ce dossier épineux. 4 624 dossiers sont annoncés par M. Ksentini, qui affirme qu’aucun effort ne sera épargné pour la défense de cette «juste cause». Les ONG ont, de leur côté, avancé le chiffre de 10 000 dossiers alors que les représentants des familles de disparus parlent de 7 200. D’autre part, les représentants de ces familles n’ont ni refusé ni accepté cette proposition et préfèrent se prononcer après consultation des familles. Celles-ci tiennent toujours à ce que les autorités reconnaissent officiellement la disparition de leurs enfants. A. H.

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Droits de l’Homme

Farouk Ksentini ouvre le dossier des disparus

Zine Cherfaoui; Le Quotidien d’Oran, 15 juin 2002

La Commission nationale consultative de défense et de promotion des droits de l’Homme (CNCDPDH), créée dans le courant de l’année 2001, en remplacement de l’Observatoire national des droits de l’Homme (ONDH), vient d’ouvrir l’épineux dossier des disparus.

Selon une information, rapportée jeudi dernier par l’APS, qui cite un membre de cette commission, le président de la CNCDPDH, Mustapha Farouk Ksentini, a eu une première série d’entretiens avec des familles de disparus d’Alger, d’Oran et de Constantine, dans la perspective d’arrêter une démarche pour traiter la question des disparus. A l’issue de leur rencontre avec M. Ksentini, les familles de disparus se sont déclarées «prêtes à coopérer avec la CNCDPDH pour l’examen des dossiers de disparus», ajoute la dépêche de l’APS.

Par ailleurs, l’information répercutée par l’Agence algérienne de presse (APS) indique que cette réunion de travail a été consacrée à «la définition du mot «disparu» et sa classification par rapport à l’existence de plusieurs catégories de disparus et à l’examen des méthodes pour bien mener les investigations».

La dépêche de l’APS ne précise pas si, parmi les personnes reçues par Mustapha Farouk Ksentini, figurent des membres de l’Association nationale des familles de disparus (ANFD) et de SOS-Disparus. L’agence de presse laisse entendre que les familles de disparus, reçues jeudi par Ksentini, voudraient se doter d’un nouveau cadre organisationnel. Ces dernières, est-il encore indiqué, se sont renseignées sur la mise en place d’un système d’indemnisation au profit des familles de disparus. Ce système, qui entre dans le cadre des aides sociales, a déjà été évoqué par M. Farouk Ksentini, mentionne-t-on. L’on indique aussi que les deux parties ont prévu de tenir, ultérieurement, une autre rencontre.

Pour rappel, les deux organisations de familles de disparus, SOS et ANFD, ont toujours refusé le principe des indemnités et exigent toujours la vérité sur leurs enfants. Les familles de disparus, citées par l’APS, ne paraissent pas faire partie de ces deux organisations, les plus actives sur le plan national.

De nombreux observateurs ont perçu, dans la création de la CNCDPDH, une tentative du Pouvoir de trouver des réponses «acceptables» au problème des disparus qui, très souvent, a valu à l’Algérie d’être classée, en bonne place, au «hit-parade» des pays non respectueux du droit. Des réponses que l’ONDH n’était pas parvenue à donner aux ONG de défense des droits de l’Homme. Il est à signaler, qu’en avril 1997, les organisations des droits de l’Homme avaient estimé le nombre de personnes disparues depuis 1992, suite à des enlèvements ou à des arrestations par les forces de sécurité, à plus de quatre mille.