Algérie: Chronologie d’une tragédie cachée ( 11 janvier 1992 – 11 janvier 2002 )

 L’Algérie 10 ans après le putsch     Les droits humains: Un bilan désastreux 

Chronologie d’une tragédie cachée

( 11 janvier 1992 – 11 janvier 2002 )

Salah-Eddine Sidhoum, publiée par Algeria-Watch, 11 janvier 2002

Cette chronologie, loin d’être exhaustive, a été rédigée sur la base d’informations de la presse nationale et internationale, des agences de presse, des témoignages de citoyens et de faits vécus par l’auteur. Elle retrace jour après jour la tragique guerre imposée à la population par les putschistes du 11 janvier 1992 avec son lot de morts, de blessés, de souffrances et de destructions. Notre intention n’est pas de dresser une indécente comptabilité macabre mais de simplement montrer à l’opinion publique qu’une véritable guerre se déroule en Algérie, guerre que les factieux auraient voulu – par une politique de désinformation et de manipulation – mener à huis-clos et cacher au monde.

1992 1993 1994 1995 1996 1997
(jan-juin)
1997
(juil-déc)
1998
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2002

1994

 

1er janvier 1994 : La presse rapporte la mort par balles de deux citoyens algériens à Climat de France (Alger).

4 janvier 1994 : L’organisation américaine Human Rights Watch publie un rapport sur la détérioration des droits de l’homme en Algérie et déplore le silence de la France devant les excès de la répression. Elle appelle les créanciers de l’Algérie à établir un lien entre leur assistance et des progrès dans le retour à la démocratie et la fin des atteintes aux droits de l’homme.

Trois membres de la commission nationale du « dialogue » et à leur tête le docteur Khatib Youcef se rendent au camp de concentration de Oued En-Namous pour proposer aux déportés de désigner une délégation qui siégerait à la « conférence nationale du consensus » au nom du FIS en échange de leur libération. Refus catégorique des déportés. (Témoignage recueilli auprès d’un déporté libéré).

5 janvier 1994 : Accrochage entre la police et un groupe armé près de la Grande Poste, à Alger Centre.

6 janvier 1994: Manifestation à Sidi Aich (Béjaïa) contre le « terrorisme ».

9 janvier 1994 : La presse rapporte la mort de quatre citoyens algériens qualifiés de « terroristes » au centre et à l’est du pays.

11 janvier 1994 : Des citoyens rescapés de la mort signalent que l’ancienne coopérative agricole COPAWI de Lakhdaria (Bouira) a été transformée en centre de torture par la sécurité militaire. De nombreux citoyens auraient été sauvagement torturés avant d’être exécutés.

Embuscade meurtrière sur la route de Tissemsilt : Le wali de la région et 18 de ses accompagnateurs dont des gendarmes sont tués.

Violent accrochage entre policiers et un groupe armé à la Cité Jolie Vue de Kouba (Alger).

15 janvier 1994 : Ratissage à Larbaâ (Blida). Dix jeunes citoyens sont arrêtés et exécutés devant leurs domiciles respectifs.

Attaque par des maquisards de la caserne militaire de Telaghmet (Sidi Bel Abbés) : près de soixante morts.

16 janvier 1994: La mosquée de Jolie Vue située à Kouba (Alger) est prise d’assaut par les militaires qui tirent sur des fidèles. On dénombrerait des morts et des blessés. La presse privée parlera de découverte d’armes.

Une employée française du consulat de France est tuée à la place des Martyrs d’Alger.

Dans la wilaya de Blida, les groupes armés interdisent la vente de journaux. Les salons de coiffure pour dames sont sommés de fermer. Des rumeurs font état de l’instauration d’un couvre-feu par les groupes armés. Psychose dans la région.

Intervention à la télévision du général en retraite, Liamine Zeroual, « ministre » de la défense.

19 janvier 1994 : 780 citoyens déportés dans les camps du sud au lendemain du coup d’Etat libérés.

22 janvier 1994: Le MCB (commissions nationales, proches du FFS) appelle à une grève générale pour le 25 janvier, jour de l’ouverture de la « Conférence nationale du consensus » pour la reconnaissance de la langue tamazight et pour le respect inconditionnel des libertés démocratiques et des droits de l’homme.

23 janvier 1994 : une patrouille militaire fait irruption à 21 heures dans un dortoir d’un chantier de travaux publics de Boudouaou (Boumerdés) et tire sur ses occupants. Quatre ouvriers sont tués sur le coup. Plusieurs blessés. (Témoignage d’un rescapé, grièvement blessé traité à l’hôpital Selim Zmirli d’El Harrach).

Découverte du cadavre du malheureux Bouslimani, président d’une association caritative. Il est à rappeler que deux organisations avaient revendiqué le rapt : l’OJAL et le « GIA ». Ces deux dernières ont un dénominateur commun : elles sont liées à la même officine.

24 janvier 1994 : Suite à une enquête sur le terrain, l’envoyé spécial du New York Times, Chris Hedges publie un article dans lequel il parle de dizaines de citoyens, sympathisants islamiques, exécutés sommairement par les escadrons de la mort, branche de la Sécurité militaire. Il parle d’exécutions sommaires à Kouba et Saoula ainsi que de la découverte le 17 novembre de dix cadavres sur la route de Bordj El Kiffan, tués en représailles à la mort de policiers au même endroit.

25 janvier 1994 : Ouverture de la Conférence nationale dite du Consensus, en l’absence des principales formations politiques. Bouteflika refuse la présidence de l’Etat.

26 janvier 1994: Le président de la Cour de Djelfa tué par des hommes armés.

31 janvier 1994: La « conférence nationale du consensus » se termine comme l’ont voulu les « janviéristes » : le général en retraite Liamine Zeroual, « ministre » de la Défense est parachuté « président » d’Etat par le HCS (Haut Conseil de Sécurité), organe consultatif. Le processus de légitimation du coup d’Etat est en route.

Près de 40 civils et 63 islamistes tués durant le mois de janvier selon un décompte de presse.

Février 1994 : : L’organisation des jeunes algériens libres (OJAL), branche de la police politique adresse à des intellectuels musulmans algériens des lettres de menace de mort.

Seize magistrats, exerçant à Alger sont relevés de leurs fonctions pour avoir refusé de siéger dans les tribunaux d’exception (cours spéciales)

1er février 1994 : Dans une lettre adressée au président du Sommet européen des ministres des Affaires Etrangères de Bruxelles, Human Rights Watch demande que l’aide économique apportée par l’Union Européenne à l’Algérie soit conditionnée par le respect des droits de l’homme par le pouvoir militaire d’Alger.

Un journaliste travaillant pour la chaîne américaine ABC news, Olivier Quemener, tué à la Casbah d’Alger. Un confrère australien blessé.

2 février 1994: Anouar Haddam, chef de la délégation parlementaire du FIS en exil appelle à l’arrêt des assassinats d’algériens et d’étrangers non impliqués dans des opérations de sécurité.

5 février 1994 : Le chef de la daïra d’Ould Mimoun (Sidi Bel Abbés) tué par des hommes armés.

Véritable campagne d’incendies de camions de sociétés nationales par les groupes armés sur les routes des wilayas de Blida, Médéa et Tipaza.

6 février 1994: Dans un communiqué, le « GIA » annonce l’exécution de 70 éléments du MIA (mouvement islamique armé). Début de la campagne de manipulations et d’intox. Le quotidien londonien El Hayat, se transformera en caisse de résonance du « GIA » en publiant tous ses communiqués.

8 février 1994 : Dans une lettre adressée Au général Zeroual désigné par l’armée comme « président de l’Etat », Amnesty International lui demande de restaurer et de garantir les Droits de l’homme en Algérie.

11 février 1994: un journaliste de la presse privée, signant sous le pseudonyme de Rachid Drif est blessé par balles par des militaires à un barrage à Alger.

14 février 1994: Un réalisateur d’émissions de variétés à la radiotélévision, Aziz Smati grièvement blessé par balles à Alger Centre. Atteint au rachis, il restera paraplégique.

21 février 1994 : Des lettres signées du « GIA » sont adressées aux fonctionnaires du tribunal de Berrouaghia exigeant leur démission sous peine d’exécution. Les islamistes de la région démentent cette information et attirent l’attention de la population sur l’apparition de « militaires déguisés en islamistes » et de faux communiqués.

Un français, Joaquim Grau, dit Vincent, propriétaire de la librairie des « Beaux arts » de la rue Didouche Mourad tué par balles par des hommes armés qui réussiront à prendre la fuite. .

22 février 1994: Après les négociations secrètes entamées entre le général Zeroual et les Chouyoukhs du FIS à la prison de Blida, Boukhamkham et Djeddi, sont libérés. Omar Abdelkader et Noureddine Chigara refusent cette libération conditionnelle.

23 février 1994: Accrochage entre militaires et un groupe armé à Benzerga (Alger) : 7 morts dont quatre militaires.

24 février 1994: Mort de Tewfik Hattab, chef présumé des groupes armés de Boumerdés lors d’une opération militaire selon El Watan.

26 février 1994: 10 membres d’un groupe armé tués dans la banlieue d’Alger. Il s’agirait du groupe dirigé par un certain Mourad Si Ahmed, dit Djaffar El Afghani, chef présumé du « GIA ».

28 février 1994: Une lycéenne de 17 ans, Katia Bengana est tuée par balle à Meftah pour « avoir refusé de porter le hidjab » selon la version officielle. Attentat amplement médiatisé en Algérie et en France. Quelques mois plus tard, et lors d’un meeting des éradicateurs outre Méditerranée, une oratrice se disant être l’amie de la défunte révélera qu’il s’agissait d’un drame passionnel n’ayant rien à voir avec les islamistes et le hidjab. Stupeur dans la salle.

Détournement d’un avion des lignes intérieures d’Air Algérie (Oran-Annaba) sur Alicante (Espagne) par trois policiers qui voulaient fuir la sale guerre. Ils se rendent aux autorités espagnoles. L’un d’eux sera retrouvé avant son procès, pendu dans sa cellule en Espagne.

Près de 57 civils et 113 islamistes tués durant le mois de février selon un décompte de presse.

1er mars 1994: Hiréche, journaliste de la télévision est tué par balles dans son quartier aux Eucalyptus (Alger). Ses amis s’interrogent sur les véritables auteurs de ce crime.

5 mars 1994: Asselah, Directeur de l’Ecole des Beaux Arts d’Alger et son fils, étudiant, tués par des hommes armés dans l’enceinte de l’Ecole.

Benaouda, journaliste à la télévision, grièvement blessé par balles lors d’un attentat à Alger.

7 mars 1994 : 107 déportés des camps de concentration du sud sont libérés.

Un groupe armé, le FIDA revendique l’assassinat d’Asselah, directeur des beaux Arts d’Alger.

8 mars 1994: La ville de Blida est quadrillée par des parachutistes. Des centaines de citoyens seront arrêtés. Beaucoup d’entre eux seront retrouvés décapités sur les routes.

10 mars 1994: Abdelkader Alloula, homme de théâtre, est tué à Oran. Le pouvoir n’hésite pas à donner le nom et l’adresse de « l’auteur » présumé de l’attentat à travers les écrans de la télévision. De nombreux citoyens oranais, connaissant ce citoyen, réfutent cette accusation et sont scandalisés par ces méthodes odieuses de dénonciations calomnieuses constituant de véritables appels au meurtre.

Spectaculaire évasion de 1200 prisonniers du bagne de Tazoult (ex-Lambèse). D’ex-officiers qui fuiront cette sale guerre parleront de véritable machination orchestrée par les « services » à la fois pour liquider les islamistes et infiltrer les maquis.

Le train Alger-Oran est intercepté en cette veille d’Aïd dans la région de Chlef par des hommes armés. Il est partiellement incendié.

12 mars 1994: Un communiqué du « GIA » affiché sur les murs de la ville de Berrouaghia instaure un couvre-feu à 21 heures. Il s’agirait d’un faux communiqué pour permettre une vaste campagne d’arrestations et d’exécutions sommaires. Cette manœuvre constitue l’une des premières actions psychologiques des escadrons de la mort déguisés en islamistes pour terroriser la population et discréditer les islamistes selon de nombreux témoins de la ville.

Hassan Benaouda, journaliste à la télévision nationale succombe à ses blessures. Il avait été victime d’un attentat le 5 mars.

13 mars 1994: A la veille de l’Aïd El Fitr, une vaste opération d’arrestations est entreprise par les militaires dans la ville de Berrouaghia. Plus de 170 citoyens sont arrêtés. Quarante cadavres seront retrouvés quelques jours plus tard aux quatre coins de la ville selon de nombreux témoignages concordants.

Une vaste opération de ratissage est menée par l’armée dans la région de Batna suite à l’évasion de Tazoult. Les montagnes environnantes sont intensément bombardées provoquant d’importants incendies. On parle d’une centaine de citoyens tués.

16 mars 1994 : Lors de l’enterrement du dramaturge Abdelkader Alloula à Oran, Rédha Malek, « chef du gouvernement » déclare lors de l’oraison funèbre que désormais « la peur doit changer de camp ». Les citoyens algériens connaîtront sa triste signification par la suite.

Un certain Sayah Attia, présenté comme chef du « GIA » est tué dans la région de Médéa.

18 mars 1994: Un communiqué du « GIA » annonce la désignation d’Ahmed Abou Abdallah, de son vrai nom Chérif Gousmi comme nouvel « émir » de cette organisation.

19 mars 1994: L’OJAL (branche de la police politique) publie un communiqué dans lequel elle menace de tuer 20 femmes en hidjab pour une femme tuée par les islamistes.

Les « janviéristes » adressent, via leur presse attitrée et leurs porte-plumes dévoués, un avertissement au général Zeroual quant à son « dialogue sans exclusive ». Des rumeurs (ou fuites ?) faisaient état de contacts entre Zeroual et les responsables du FIS incarcérés à la prison militaire de Blida.

21 mars 1994 : Première mort virtuelle annoncée par le quotidien privé El Watan d’un certain Antar Zouabri, présenté comme l’un des responsables du « GIA ».

Du 19 au 22 mars 1994 : 132 cadavres de jeunes algériens arrêtés dans des rafles nocturnes et des ratissages sont retrouvés éparpillés dans les rues des quartiers populaires de Blida. C’est la traduction pratique du concept « la peur doit changer de camp ».

19 mars 1994 : Le citoyen Kouider Mellal demeurant à El Attaf, arrêté par la gendarmerie quinze jours plus tôt est découvert mort, criblé de balles près de son domicile.

Un communiqué du « GIA » instaure le couvre-feu à 16 heures à Blida. La ville est paralysée. Les barrages des militaires et policiers ont disparu.

20 citoyens arrêtés lors d’une rafle dans les quartiers de Ouled El Foddha (Ain Defla) sont retrouvés morts et mutilés dans les rues de la ville.

20 mars 1994 : Des parachutistes procèdent à une importante rafle de jeunes citoyens dans les quartiers de Blida et ce, suite à la mort de six policiers. Le lendemain 14 jeunes seront retrouvés morts, criblés de balles dans les rues de Blida.

Le quotidien El Khabar annonce la mort de Djamel Zitouni, chef du « GIA » de la région de Saoula (Alger).

21 mars 1994 : Un commando armé attaque le siège de l’hebdomadaire L’Hebdo Libéré appartenant à Mohamed Mgueddem, ancien « directeur » de l’information de la présidence, du temps de Chadli : 2 morts. Des journalistes parlent d’expédition punitive (ce que l’hebdo appelle régulièrement « l’axe négatif » de l’armée).

Mardi 22 mars 1994 : Dans un communiqué, Amnesty International s’inquiète de l’intensification des actes de violence en Algérie. Elle signale la mort de près de 200 citoyens, exécutés sommairement, suite à un important ratissage déclenché en représailles de l’évasion des prisonniers politiques du bagne de Tazoult.

Dix citoyens, appelés du service national sont tués durant la semaine écoulée, à Sidi Bel Abbés.

Quelques centaines de personnes se regroupent devant L’ONDH, à Alger à l’appel de certains groupuscules éradicateurs pour dénoncer le « terrorisme » et la « violence ».

Deux français (Roger-Michel Drouaire et son fils Pascal Valéry) sont tués à Birkhadem (Alger).

23 mars 1994 : Le colonel Salim Saadi, « ministre » de l’intérieur annonce dans un discours à Blida où quatorze citoyens arrêtés lors des ratissages venaient d’être découverts égorgés, deux mesures extrêmement graves : la création de milices et le rappel éventuel de réservistes.

26 mars 1994 : Sept citoyens (cinq gendarmes, un policier et un civil) sont tués à Blida.

Le général Betchine, ancien chef de la sécurité militaire, nommé conseiller de Zeroual.

28 mars 1994 : En représailles à la mort de gendarmes et de policiers, des forces spéciales venu de Biskra font irruption dans une cité de Blida arrêtant onze citoyens qui seront retrouvés égorgés quelques heures plus tard, selon le témoignage d’habitants. Un climat de terreur règne dans la ville.

Quatre citoyens de Saoula (Tipaza) sont exécutés sommairement par des hommes armés en tenue de gendarmes et jetés dans la rue.

Belkacem Touati, fonctionnaire au ministère des Affaires Etrangères, tué par un groupe armé dans la périphérie d’Alger.

29 mars 1994 : Deux jeunes lycéennes en hidjab sont mitraillées devant un arrêt de bus à Boudouaou (Boumerdés) par des éléments de la sécurité militaire (OJAL). Aucune réaction médiatique n’est signalée contrairement à la mort de la lycéenne de Meftah.

30 mars 1994 : Zeroual annonce avoir rencontré les responsables du FIS à la prison militaire de Blida.

Les tribunaux d’exception d’Alger et d’Oran prononcent treize condamnations à mort dont onze par contumace.

31 mars 1994: Près de 59 civils et 357 islamistes tués durant le mois de mars selon un décompte de presse.

Une quarantaine de membres des services de sécurité tués durant les trois premiers mois de 1994.

3 avril 1994 : Hadjeb Rachid, chef de daïra est tué à Sétif.

4 avril 1994 : Ratissage dans une cité de la ville de Larbaâ (Blida). Huit citoyens sont arrêtés et exécutés.

6 avril 1994 : La presse privée d’Alger rapporte qu’une réunion a regroupé les services secrets algériens avec l’ambassadeur de France en Algérie et les responsables des principaux médias.

10 avril 1994 : Importante opération de ratissage dans la ville de Dellys avec la participation des forces spéciales, des blindés et d’hélicoptères. Cette opération durera plusieurs jours. Des centaines de citoyens seront arrêtés. De nombreux cadavres seront retrouvés par la suite, jonchant les routes.

Des aventuriers politiques appellent à la création de milices.

11 avril 1994 : Cinq citoyens sont ramenés vers minuit par des hommes armés cagoulés sur la place de Aïn Naâdja (Alger), face à la gendarmerie. Ils seront froidement abattus par balles en représailles à la mort d’un colonel, tué le matin de la même journée dans ce quartier et seront laissés ainsi gisant dans des mares de sang. Malgré l’appel des habitants à la gendarmerie et aux pompiers, personne ne viendra. Le lendemain, les habitants découvriront les cinq cadavres avec des écriteaux sur leur thorax : « c’est le sort réservé à ceux qui aident les terroristes ».

Rédha Malek, « chef du gouvernement » est limogé par l’armée suite à sa violente campagne éradicatrice. Il est remplacé par un technocrate, Mokdad Sifi.

12 avril 1994 : Ouverture du procès Harik Noureddine et de ses compagnons devant le tribunal d’exception d’Alger. Quatre d’entre eux, dont Harik, seront condamnés à la peine capitale et tués au cours du carnage de Serkadji (21-22 février 1995).

13 avril 1994 : Neuf élèves d’un centre de formation professionnelle d’El Oued et leur professeur arrêtés par les services de sécurité le 12 mars sont découverts morts et jetés dans un fossé. La police informe les parents qu’ils avaient été libérés et qu’ils auraient été assassinés par des « terroristes ». Le quotidien Liberté publie une liste de dix « terroristes » abattus à….Annaba pour tentative de sabotage du complexe sidérurgique d’El Hadjar. Cette liste correspondait à celle des élèves et de leur professeur.

Vaste opération de ratissage de l’armée dans le quartier populaire de Benzerga (banlieue Est d’Alger) : de nombreuses arrestations seront opérées parmi les citoyens. Onze cadavres seront retrouvés égorgés et criblés de balles dans l’oued.

Le wali de Bouira blessé par balles lors d’un attentat.

15 avril 1994 : Quatre prisonniers politiques (Rabah Benchiha, Ali Berrached, Rabah Amiri et Malek Bentouati) sont extraits de leurs cellules de la caserne de Dellys (Boumerdés), exécutés sommairement à quelques kilomètres de la sortie de la ville et abandonnés sur la route (témoignage d’un rescapé).

18 avril 1994: le DEC (maire désigné) de l’Arbaatache (Boumerdés) tué par un groupe armé.

25 avril 1994 : Embuscade à 25 Km de Ténès. Seize militaires sont tués et vingt autres sont blessés.

26 avril 1994 : Six cadavres de citoyens enlevés par les services de sécurité, selon les témoignages des familles, sont retrouvés jetés dans les rues de Constantine, près de la cité Emir Abdelkader. Il s’agit des citoyens : Bensihamdi Salim, Merouani Mohamed, Benlahrèche Yacine, Kerboua Badreddine, Bensassi Said et Bensassi Brahim.

28 avril 1994 : Important ratissage dans la région de Ténès (Taoughrit, Ouled Boudoua, Sidi Moussa). Arrestation de plus de deux cent citoyens. Cent soixante treize cadavres seront retrouvés le 4 mai éparpillés dans la même région.

29 avril 1994 : 65 fidèles sont enlevés de la Mosquée de Taoughrit (Ténès) suite à un ratissage. Ils seront retrouvés morts après d’affreuses mutilations.

Près de 196 islamistes tués au cours du mois d’avril selon un décompte de presse.

3 mai 1994 : Makhlouf Mohamed, lieutenant-colonel est tué par des hommes armés à Sidi Moussa (Alger).

4 mai 1994 : Un brigadier de police du nom de Farah est tué à Bab El Oued (Alger) par des hommes armés.

8 mai 1994 : Frère Henri Vergés et Sœur Paul Hélène Saint Raymond, deux religieux travaillant à la bibliothèque des lycéens de Bencheneb sont tués sur les hauteurs de la Casbah d’Alger). Emotion et indignation au sein de la population du quartier. L’instance exécutive du FIS et sa délégation parlementaire dénoncent ces crimes crapuleux. Certains partis exploitent cette mort atroce et en font un fond de commerce politique.

Une marche pour la paix et la réconciliation initiée par le FLN et Hamas, regroupe 30 000 personnes à Alger. Les éradicateurs parlent d’échec.

12 mai 1994 : La ligue algérienne de défense des droits de l’homme interpelle le pouvoir et lui demande quel sort il a réservé aux nombreux algériens arrêtés depuis des semaines sans être présentés à la justice et dont les parents et amis sont sans nouvelles. Elle appelle à la création d’une commission nationale autonome de sauvegarde des droits de l’homme.

Une dizaine de cadavres de citoyens décapités et mutilés sont retrouvés à Haouch El Mekhfi (Réghaia).

14 mai 1994: La LADDH dénonce les graves violations des droits de l’homme en Algérie.

18 mai 1994: Embuscade à Jijel contre un bus : 11 militaires et 3 russes tués.

22 mai 1994: Ratissage dans la ville de Lakhdaria (Bouira). Quarante trois citoyens seront arrêtés. Leurs cadavres mutilés et brûlés seront retrouvés éparpillés dans l’oued et près de la voie ferrée de la ville.

31 mai 1994: Le recteur de l’Université de Bab Ezzouar, Salah Djébaïli, est tué dans le parking de l’enceinte universitaire.

169 islamistes tués durant le mois de juin selon un décompte de presse.

Juin 1994 : Création de la première milice dans la wilaya de Bouira, au village de Bouderbala dirigée par un commerçant issu de la nomenklatura locale, un certain Ammi Mekhfi Zidane, âgé de 60 ans. Cette milice encadrée par l’armée est l’objet d’une importante médiatisation par les services de l’action psychologique qui n’hésiteront pas à « arranger » un long reportage d’une équipe de la première chaîne française TF1 qui séjournera quinze jours avec les miliciens. Le quotidien Le Matin consacrera un long reportage à ce milicien sexagénaire et à sa bande armée et qui deviendra en 1997…… « député ». Un journaliste de l’hebdomadaire La Nation le qualifiera de Tartarin de Palestro.

1er juin 1994 : Une bombe explose au passage de blindés de l’armée à Cherarba (El Harrach). De nombreux morts et blessés sont déplorés selon de nombreux témoignages.

2 juin 1994 : Ratissage des forces spéciales à Cherarba (El Harrach). Arrestation de plus de quarante citoyens. Huit d’entre eux seront exécutés puis jetés dans la rue en représailles à l’embuscade de la veille.

3 juin 1994 : Le Professeur Fouad Bouchelaghem, enseignant de physique à l’université de Blida, est kidnappé à son domicile par des éléments de la police politique. Son corps, criblé de balles a été retrouvé en septembre à la morgue de Bologhine où il fut déposé par la police le 21 juillet selon le registre de cette morgue.

6 juin 1994 : Un directeur de douane du nom de Missoum Abdallah est tué à Dergana (banlieue Est d’Alger).

7 juin 1994 : Arrêté confidentiel adressé aux directeurs de la presse par le ministère de l’Intérieur relatif au traitement de l’information sécuritaire.

Ferhat Cherkit, journaliste au quotidien public El Moudjahid tué à Alger.

8 juin 1994: Explosion d’une camionnette piégée dans le parking d’un hôtel des Eucalyptus (El Harrach) : trois morts et cinq blessés.

Explosion d’une bombe devant le central téléphonique d’El Harrach (Alger). Dégâts matériels importants.

15 juin 1994 : Dans une lettre adressée de la prison militaire de Blida, Ali Benhadj appelle le général Zeroual à un débat télévisé contradictoire « afin qu’éclate la vérité ».

18 juin 1994 : Me Youcef Fathallah, notaire et président de la Ligue algérienne des droits de l’homme est tué dans son cabinet à Alger. Il avait auparavant condamné l’ouverture des camps de concentration de l’extrême sud dans une réunion internationale tenue à Berlin et participé à la marche pour la réconciliation nationale du 8 mai de la même année. Il avait aussi émis des réserves, en tant que membre de la commission d’enquête sur la mort de Boudiaf, sur les « conclusions de ce rapport ».

Dimanche 19 juin 1994 : Le professeur Moulay, mathématicien et Doyen de l’institut de mathématiques de l’Université de Bab Ezzouar (Alger) est kidnappé sur l’autoroute d’El Harrach avec ses deux enfants en bas âge, par la police politique. Il sera séquestré durant 30 jours au commissariat central d’Alger et affreusement torturé, avant d’être incarcéré durant trois ans à la prison d’El Harrach.

Le docteur Taleb Abderrahmane est tué à son domicile à Khemis El Khechna (Boumerdés) par des militaires. Il venait de sortir de la prison d’El Harrach où il avait été détenu durant six mois pour délit d’opinion.

21 juin 1994: la télévision diffuse un numéro « vert » pour dénoncer les « terroristes ».

Un militant du mouvement Nahda est tué à Constantine par des hommes armés qui réussiront à prendre la fuite.

26 juin 1994 : Le dernier camp de concentration encore ouvert est celui de Aïn M’guel. Il comporte 641 déportés.

29 juin 1994 : Une bombe explose près de l’hôpital Mustapha au passage d’une marche organisée par le RCD à l’occasion du 2e anniversaire de la mort de Boudiaf : trois citoyens sont tués. Le responsable de ce parti accuse la « maffia polico-financière » de vouloir l’assassiner.

133 islamistes tués durant le mois de juin selon un décompte de presse.

Juillet 1994 : Les forêts de l’Akfadou, de Sidi Al Bounab et de Béjaïa en Kabylie sont bombardées pour débusquer les maquisards. Des dizaines de milliers d’hectares sont brûlés.

4 juillet 1994 : Six citoyens Algériens ont été condamnés à mort et trois à perpétuité par le tribunal d’exception d’Alger pour activités subversives. Les condamnés à mort sont : Djillali Belkacem, Bendebagh Abdelghani, Chira Tewfik, Diyoune Ahmed, Samet Mohamed et Kebache Mustapha.

5 juillet 1994 : Un capitaine d’aviation du nom de Yamani attaque avec son hélicoptère, la base d’aviation de Aïn Arnat (Sétif), détruisant des hélicoptères au sol et un bâtiment et s’enfuit avec son appareil qui sera retrouvé dans la région de Skikda. L’officier se serait réfugié à l’étranger.

7 juillet 1994 : Sept marins italiens sont sauvagement égorgés dans leur bateau, le Lucina, accosté au port de Djendjen et ce, à la veille de la réunion du G7 ….en Italie (Naples). Le responsable de l’Instance exécutive du FIS à l’étranger dénonce cet acte barbare et adresse une lettre de condoléances au président de la République italienne.

11 juillet 1994 : Quatre personnes dont deux croates et deux cadres de Cosider (dont feu Mahi Saïd) sont tués au restaurant El Kosseira situé au parc zoologique de Ben Aknoun par des hommes armés qui font exploser à leur départ une voiture piégée dans le parking du restaurant. Un véritable travail de professionnels selon les témoins en place. La presse mettra cet attentat sur le compte du « GIA ». Cinq années après ce crime, l’épouse de feu Mahi Saïd accusera un directeur de Cosider d’être le commanditaire du crime de son mari dans le cadre de la mafia du rond à béton.

Le directeur de l’école vétérinaire d’El Harrach est tué par balles à Alger.

Un bus transportant des coopérants techniques étrangers est arrêté par des hommes armés au tunnel de Oued Ouchaïeh à Alger, à une centaine de mètres d’un imposant barrage policier. Cinq personnes (quatre russes et un roumain) sont tuées.

Le « ministre » de l’Intérieur échappe à un attentat en sortant du palais du gouvernement.

12 juillet 1994: Une correctrice du quotidien Le Soir d’Algérie égorgée.

14 juillet 1994: Le maire de la localité de Mers El Hadjadj (Oran) tué par un groupe armé.

16 juillet 1994 : Vaste opération de ratissage dans la région de Khemis El Khechna (Boumerdés) à la recherche de deux diplomates arabes portés disparus. Ils seront retrouvés quelques jours plus tard sains et saufs. Leur éphémère « disparition » restera une énigme.

18 juillet 1994 : Trois policiers sont tués à la place du 1er mai d’Alger.

Vaste opération de délestage des citoyens de leurs cartes d’identité par des groupes armés. Cette opération touche plus particulièrement la région de la Mitidja.

A la même période des centaines d’écoles des villages connus pour leurs sympathies islamiques sont incendiées par le « GIA ». Beaucoup de citoyens commencent à s’interroger sur ces pratiques douteuses des groupes armés. Pourquoi s’attaquer à la population, aux écoles des villages déshérités et aux usines ? Que cache cette stratégie du pire ?

21 juillet 1994 : Arrestation de 16 citoyens de Ras El Oued par des militaires. Les corps de 15 d’entre eux sont retrouvés dans une forêt environnante le lendemain. La version officielle des autorités est qu’ils auraient été assassinés par des « terroristes ».

Un journaliste de l’APS tué à Bou Saada.

Le Département d’Etat américain demande à ses ressortissants de ne plus se rendre en Algérie.

29 juillet 1994 : La police politique présente à la télévision, un citoyen nommé Derriche Omar, faisant fonction de gardien au port de Djendjen, passant aux « aveux ». Le regard hagard, le visage tuméfié, il raconte comment s’était déroulé l’attentat contre les 7 malheureux marins italiens au port de Djendjen, le 7 juillet dernier. Grossier montage.

31 juillet 1994 : Apparition de la première milice armée en Kabylie, au village Igoudjal, dans la région d’Azzeffoun qui s’accroche à un groupe de maquisards.

Des « sources sécuritaires » rapportent l' »exécution » d’un certain Abdelkader Hattab, chef présumé du « GIA » de l’est d’Alger, de son épouse et de 9 autres membres du groupe. Officiellement, il s’agirait de rivalités en groupes armés. La manipulation se poursuit.

Les chancelleries occidentales parlent de 30 000 morts depuis le coup d’Etat du 11 janvier 1992.

103 islamistes tués durant le mois de juillet selon un décompte de presse.

3 août 1994 : Cinq citoyens français (trois gendarmes et deux employés d’ambassade) sont tués à la Cité Aïn Allah à Dely Ibrahim (Alger). Visite-éclair à Alger des ministres français de la Défense et des Affaires Etrangères.

4 août 1994 : Ratissage à Ameur El Aïn (Tipaza). Arrestation de quatre jeunes citoyens. Les corps de trois d’entre eux seront rejetés par les vagues à la plage de Fouka Marine quelques jours plus tard.

Le gouvernement belge invite ses ressortissants à quitter l’Algérie.

5 août 1994: Dans un communiqué adressé au quotidien londonien El Hayat, le « GIA » revendique l’assassinat des 5 français de la cité Ain El Allah de Dély Ibrahim (Alger). Le « GIA » menace de mort les enseignants qui reprendraient le chemin des établissements scolaires à la rentrée de septembre.

6 août 1994: Le directeur de l’Institut d’agronomie de Blida est tué dans son bureau.

3 gardiens de la prison de Tazoult (Batna) sont tués par un groupe armé.

13 août 1994: Un important ratissage est effectué par des parachutistes à Sahel, commune de Bourkika (Tipaza). Plusieurs citoyens sont arrêtés. Onze cadavres sont retrouvés le lendemain, criblés de balles.

14 août 1994: Un directeur de magazine (Horoscope) est kidnappé par des éléments de l’AIS à la place du 1er mai à Alger puis libéré le lendemain.

D’immenses feux de forêts sont provoqués en Kabylie par les bombardements.

15 août 1994: Deux ressortissants chinois tués à El Harrach (Alger).

16 août 1994: Vingt citoyens sont arrêtés à Chérarba (El Harrach) et exécutés sommairement par des parachutistes et ce en représailles à la mort de militaires lors d’une embuscade dans ce quartier.

La campagne d’incendies d’écoles se poursuit, plus particulièrement dans la Mitidja. Des dizaines d’écoles des quartiers pauvres et des villages déshérités sont détruites. Au même moment apparaît un communiqué du « GIA » appelant au boycott de l’école !! Le quotidien El Hayat est mis à contribution par cette organisation criminelle pour diffuser ses « communiqués ».

20 août 1994: Scènes d’horreur à Constantine et sa périphérie, en cette journée considérée comme fête du moudjahid. Plus de 200 cadavres jonchent les rues et routes de Constantine et de ses environs (Khroub, Ain Smara, Ain Abid, Didouche Mourad, Hamma Bouziane, Beni Hamidène, El Baaraouia…). Il s’agirait selon les témoignages de citoyens, de personnes exécutées sommairement après les rafles de la semaine écoulée.

Plusieurs cadavres sont retrouvés à la décharge publique du 4e Km de Constantine. Il s’agirait, selon les témoignages des familles de citoyens enlevés par les services de sécurité. Parmi les citoyens identifiés : Messiad Belkacem, Semira Nadir et Euchi Fayçal.

22 août 1994 : Trois membres présumés d’un groupe armé tués à Batna.

23 août 1994: Rabah Stambouli, enseignant à l’université et sympathisant du RCD est tué à Tizi Ouzou.

Les forêts de Kabylie et de Lakhdaria, bombardées, continuent de brûler. Les observateurs estiment la superficie totale perdue sur tout le territoire national à 240 000 hectares. Un crime écologique au nom de la lutte anti-terroriste !

24 août 1994 : un communiqué signé du « GIA » annonce la formation du premier gouvernement du Califat avec comme chef du gouvernement, Cheikh Mohamed Saïd et comme capitale ….Médéa ! Une tragi-comédie. Les « ministres » impliqués dénoncent cette grossière supercherie des « services ».

Kaci Abdallah Mohamed, membre du CNT est tué dans des conditions mystérieuses près de son domicile à Bordj El Kiffan. Des rumeurs font état de son implication dans l’assassinat de Khalef Abdallah, alias Kasdi Merbah, ex-chef de la police politique (SM).

28 août 1994 : Dans un article publié par le quotidien El Watan, le général en retraite Rachid Benyellès appelle à un dialogue sérieux et serein sans exclusion d’aucune partie de la société algérienne pour mettre un terme à cette guerre en avertissant : » le chaos s’étend à un rythme accéléré et risque, à très court terme, de conduire à une situation que plus personne ne pourra maîtriser, ni le pouvoir, ni les leaders islamistes aussi prestigieux soient-ils. Nous risquons les effets conjugués de l’éclatement politique de l’Afghanistan et de la famine de Somalie. Ce dialogue est celui de la dernière chance. Un autre échec risque d’accentuer le désespoir, de radicaliser les antagonismes et de relancer l’engrenage d’une violence qui nous emportera dans une tourmente qui, elle, ne fera aucune distinction entre les appartenances régionale, culturelle, politique et idéologique de chacun ». Il ne sera pas écouté.

Appel du MCB (tendance RCD) à un boycott de l’année scolaire « jusqu’à l’introduction de tamazight à l’école ».

1er septembre 1994 : La presse nationale annonce la mort de 25 citoyens algériens qualifiés de « terroristes » à Boufarik, El Harrach, Jijel, Boumerdés, Skikda, Médéa, Bouira, Tizi-Ouzou et Chlef.

Lettre d’Abassi Madani à Zeroual, traçant les grandes lignes politiques en vue d’un dialogue sérieux.

2 septembre 1994 : Cinq citoyens sont kidnappés puis brûlés vifs par des hommes armés en tenue militaire et circulant à bord de camions militaires à Aïn Defla.

La Suisse retire son personnel d’ambassade.

Un magistrat est tué à Chlef.

3 septembre 1994 : la presse privée annonce la mort de 41 citoyens qualifiés de « terroristes » en divers endroits du territoire.

5 septembre 1994 : Le docteur Salah-Eddine Sidhoum, militant des droits de l’homme adresse une lettre ouverte au général Zeroual portant sur cinquante trois cas concrets de tortures et d’exécutions sommaires pour attirer son attention sur les atteintes gravissimes aux droits de l’homme. En réponse à cette lettre, il sera inculpé pour « soutien aux terroristes ».

7 septembre 1994 : Mr Mehri, secrétaire général du FLN parle de 10 000 morts et de 70 milliards de dinars de dégâts en deux ans de guerre dans un document remis aux participants du « dialogue » initié par la présidence de l’Etat.

Sept citoyens, demeurant à la cité Daksi (Constantine) soupçonnés de sympathies islamiques, sont enlevés par des civils armés puis exécutés.

La compagnie Swissair suspend ses vols vers l’Algérie.

11 septembre 1994 : Un membre présumé d’un groupe armé tué dans la banlieue d’Alger. Il est présenté officiellement comme l’un des auteurs de l’assassinat de Salah Djebaili, recteur de l’université de Bab Ezzouar (Alger).

Un membre présumé d’un groupe armé, « évadé de Tazoult » selon la presse, tué à Constantine.

13 septembre 1994 : Transfert de Abassi Madani et de Ali Benhadj de la prison de Blida vers une résidence de la capitale.
Panique dans les Etats-majors des « démocrates républicains » et de la presse éradicatrice:
Saïd Sadi :  » Reddition nationale devant l’intégrisme ».
Rédha Malek : « La République est en danger de mort ».
Liberté : « Qui a décidé aujourd’hui et au nom de qui, de décréter la paix ? »
Le Matin prédit de « véritables pogroms si ce processus de dialogue n’est pas stoppé. »
L’appel au boycott de l’année scolaire en Kabylie est largement suivi.

14 septembre 1994 : un militant du RCD, Mohand Aouchetta est tué Azazga (Kabylie).

15 septembre 1994 : Sept cadavres sont jetés sur la route Cid M’Cid de Constantine, près de la grotte Mimoun. Ils avaient été arrêtés auparavant par la sécurité militaire lors d’une rafle dans la ville. Les corps identifiés sont ceux de Boudraa Mouloud, Boudraa Aziz, Boulenouar Mourad, Kemnouala Boudjemaâ, Cheribet Youcef, Cheribet Said et Cheribet Nabil.

16 septembre 1994 : Le quotidien français Le Monde publie le témoignage d’un officier de la Sécurité Militaire réfugié en France sur la sale guerre et la répression en Algérie.

Attentat contre trois militants du Hamas à Constantine : un mort et deux blessés dont Abou Djar Soltani.

Un lycée incendié à Médéa par un groupe armé.

17 septembre 1994 : dans un faux communiqué diffusé par El Hayat de Londres, le « GIA » s’oppose au dialogue. Il est sur la même longueur d’ondes que les éradicateurs.

19 septembre 1994 : Des édifices publics (tribunal, semoulerie, poste, caisse de sécurité sociale, marché) de la ville de Tablat (Médéa) brûlés par un groupe armé.

20 septembre 1994 : Abdelkader Merbah, président du MAJD-bis et « député » désigné au Conseil National de Transition (CNT) est condamné à deux mois de prison ferme par le tribunal correctionnel de Bir Mourad Rais (Alger) pour voie de fait contre la famille de feu Abdallah Khalef (Kasdi Merbah). Il continue de siéger à l’assemblée d’enregistrement et à légiférer au nom du peuple.

22 septembre 1994 : La presse annonce qu’à ce jour 120 écoles ont été brûlées dans la wilaya de Chlef.

Un certain Ali Kouider Benyahia, présenté par la presse comme « fils de harki »,  » chef du GIA » et responsable de l’attentat meurtrier du wali de Tissemsilt et de son escorte), tué près d’Ain Defla.

Le quotidien El Watan dans un article téléguidé par les officines annonce que le Dr. Sidhoum et un groupe de professeurs d’université et de médecins seraient recherchés par la police pour « activités subversives ». C’est une forme de réponse à sa lettre ouverte à Zeroual sur l’institutionnalisation de la torture et les exécutions sommaires. Il en informe les organisations internationales et les journalistes de la presse étrangère. Le quotidien, fort de ses « appuis » refuse de publier le droit de réponse du chirurgien. Une plainte pour dénonciation calomnieuse est déposée auprès du tribunal.

24 septembre 1994 : Un bus est arrêté à un barrage de militaires à Saoula (Tipaza) à 7h30. Trois jeunes citoyens sont descendus par des militaires et exécutés devant les autres voyageurs.

25 septembre 1994 : Le chanteur Matoub Lounès est kidnappé près de Taourirt Moussa à 35 km de la ville de Tizi-Ouzou par un groupe armé. Le MCB tendance RCD menace de déclencher une guerre totale contre les islamistes si le chanteur n’est pas libéré avant le 28 septembre, ultimatum qui sera annulé quelques jours plus tard. La sagesse de la population et la maturité du FFS dans la région ont fait capoter ce kidnapping. Certains militants de la région parleront par la suite de plan concocté par un clan du pouvoir avec la complicité des activistes de la région.

26 septembre 1994 : Des informations non confirmées font état de l’exécution de quatre-vingt-cinq citoyens par des parachutistes à Annaba en représailles à la mort d’un capitaine de l’armée et de sa fille. La presse internationale reprend ces informations.

Abderrahmane Fardeheb, universitaire et militant du PAGS est tué à Oran.

Un journaliste de l’APS est tué à Alger.

Chérif Gousmi, présenté comme chef du « GIA » est tué dans la région de Saoula (Alger).

27 septembre 1994 : un magistrat tué à Médéa par un groupe armé.

29 septembre 1994: Cheb Hasni, chanteur de rai est tué à Oran.

Rumeurs folles à Alger faisant état de la fuite du général Lamari à Paris. Les milieux éradicateurs sont désorientés.

30 septembre 1994: 200 islamistes tués durant le mois de septembre selon un décompte de presse.

1er octobre 1994 : Des policiers en civil font irruption à l’intérieur de la Mosquée Fodil Ouartilani (Hussein-Dey) en pleine prière du soir (El Icha) et sortent un citoyen (Hadj Omar Ahcène) qu’ils exécutent sur le trottoir devant des fidèles médusés.

2 octobre 1994: Plusieurs milliers de manifestants dans les rues de Tizi-Ouzou à l’appel du MCB (tendance RCD) pour exiger la libération de Matoub Lounès.

5 octobre 1994 : Ali Tihanouti, responsable du club sportif de Bordj Ménaïel (Boumerdés) est tué dans cette ville par des hommes armés qui réussiront à prendre la fuite. .

12 octobre 1994 : Cinq véhicules piégés explosent à Alger (faculté centrale, ministère de la justice, Kouba, cité universitaire.).

Le directeur de la firme Daewoo Algérie est tué à Bordj El Kiffan par un groupe armé.

Lahcène Bensaadallah, vice-président de l’association caritative El Ihsane Oual Irshad est tué à Alger.

15 octobre 1994 : Le quotidien El Watan publie une fausse information relevée d’une dépêche de l’AFP annonçant l’assassinat d’une pédiatre à Bougara (Blida) par des « intégristes ». Le mari indigné, démentira l’information le lendemain.

Après les campagnes de délestage des cartes d’identité et d’incendies d’écoles, le « GIA » déclenche une nouvelle campagne : celle des viols et du zaouadj El Moutaa (mariage de jouissance). Les citoyens déboussolés ne savent plus qui fait quoi. La manipulation ne connaît plus de limites dans un pays à feu et à sang.

Violent accrochage à Benzerga (Alger) entre militaires et un groupe armé réfugié dans une villa. Cette dernière est détruite au lance-roquettes : 6 morts.

16 octobre 1994 : El Watan publie un article sur les femmes violées par les « groupes armés ».

Le Directeur général de la société nationale du sucre, Maddi Mohamed, est découvert égorgé à Khemis Miliana (Ain Defla).

Le lieutenant-colonel Abdelillah Kara Slimane est tué près de son domicile à Alger, par quatre hommes armés. Ce brillant officier, universitaire, ingénieur en télécommunications était connu pour être un homme très pieux, compétent et intègre. La question se pose encore de savoir qui sont les commanditaires de ces crimes ?

17 octobre 1994 : Rédha Aslaoui, dentiste à Bab Azzoun (Alger) est tué près de son cabinet par des jeunes qui réussiront à prendre la fuite.

19 octobre 1994 : Farrah Ziane, journaliste à Révolution Africaine est tué par balles près de Blida.

21 octobre 1994 : Le directeur de l’institut islamique de Batna tué par des hommes armés.

22 octobre 1994: Le procureur de la République de Tigzirt (Tizi-Ouzou) est tué par un groupe armé.

24 octobre 1994 : Deux religieuses espagnoles de l’Ordre des Augustines, Esther Paniaqua et Caridad Maria sont tuées à proximité de leur chapelle de la rue Duplexe, à Bab El Oued. Emotion dans les milieux populaires. Ce crime odieux est encore une fois imputé aux « islamistes ». L’instance exécutive et la délégation parlementaire du FIS dénoncent cet acte odieux.

29 octobre 1994 : Le correspondant du quotidien gouvernemental Horizons à Mascara est kidnappé durant la nuit par des individus armés à Hacine, village situé près de Mascara. Ce citoyen, dont le domicile avait été détruit par le tremblement de terre qui avait secoué la région au mois d’août de la même année, se trouvait sous une tente lors du kidnapping.

31 octobre 1994 : Importante opération militaire dans la région de Aïn El Hammam (Tizi-Ouzou). Des hélicoptères bombardent les maquis environnants provoquant de nombreux incendies.

Le général Mohamed Lamari est promu général major. Le pays est à feu et à sang ! 40 000 morts à la veille du 40e anniversaire du déclenchement de la guerre de libération.

Le général Liamine Zeroual annonce, dans un funeste discours, l’échec du « dialogue » avec les partis d’opposition. Il annonce des « élections » présidentielles « avant la fin de l’année 1995 ». La fuite en avant continue.

253 islamistes tués durant le mois d’octobre selon un décompte de presse.

1er novembre 1994 : Le quotidien privé El Watan annonce que des têtes de « terroristes » sont mises à prix. Dans un article haut en couleurs, il signale que « cette décision a été prise dernièrement en haut lieu. Il s’agit d’un nouvel élément de la stratégie de lutte contre le terrorisme et la subversion. Des sommes d’argent, parfois colossales, ont été mobilisées pour cette opération déjà mise en application dans les pays comme les Etats-Unis, l’Espagne, l’Allemagne et l’Italie. Le but est de ramener la population à plus grande contribution dans la dénonciation des groupes armés, surtout ceux agissant en milieux urbains. Ainsi les forces de sécurité, ont, apprend-on, établi une liste de soixante noms d’émirs des groupes armés, qu’ils soient affiliés au GIA ou à l’AIS. Chaque prime est proportionnelle à la compromission de l’individu recherché dans les activités terroristes. La plus importante, évaluée à 300 millions de centimes, serait celle prévue pour ceux pouvant rapporter des informations permettant la localisation et l’arrestation ou la mise hors d’état de nuire de Saïd Mekhloufi, l’un des principaux chefs des groupes terroristes. (…) Cette nouvelle stratégie qui vise l’accès au renseignement risque de porter des fruits puisqu’à travers les témoignages des terroristes, il en ressort la cupidité de ceux qui occupent les maquis ».

Le même jour le quotidien privé Liberté annonçait que « plus de 263 terroristes avaient été abattus depuis jeudi « !

Dans un communiqué adressé aux agences de presse, vingt cinq intellectuels musulmans algériens, lancent un appel à l’opinion publique internationale pour attirer encore une fois son attention sur l’institutionnalisation des exécutions sommaires et sur la recrudescence des « disparitions » de citoyens depuis le mois d’octobre 1994. En ces temps de lâcheté érigée en vertu, cet appel est considéré aux yeux de nombreux « intellectuels » comme un acte de folie.

Une bombe explose au cimetière de Sidi Ali (Mostaganem) lors du recueillement à la mémoire des martyrs à l’occasion de l’anniversaire du déclenchement de la guerre de libération nationale. Cinq enfants sont tués et 17 autres blessés. Scènes d’horreur d’enfants mutilés transmises par les cameras de la télévision qui étaient sur place dans ce village.

L’armée donne l’assaut dans un immeuble de la capitale (Telemly) dont un des appartements était occupé par un groupe armé : Quatre citoyens qualifiés de « terroristes » dont une femme sont tués. Le colonel Hadj Chérif Djelloul, commandant du secteur d’Alger est tué par une femme au cours de l’accrochage.

Un français demeurant à Bouira, J.F Marquette est retrouvé assassiné.

2 novembre 1994 : L’APS annonce la mort de vingt-deux citoyens qualifiés de « terroristes » en divers endroits du territoire national dont douze à Batna.

Au lendemain du 40e anniversaire du déclenchement de la guerre de libération nationale, le général Massu (tortionnaire en chef durant la bataille d’Alger), dans un article publié dans le quotidien français Le Monde, exhorte le gouvernement de son pays à accélérer la livraison des hélicoptères anti-guérilla aux généraux factieux d’Alger. Tout un symbole.

3 novembre 1994 : Trente six citoyens sont arrêtés et exécutés par la sécurité militaire à Sidi Ali (Mostaganem). Certains d’entre eux seront brûlés. C’est le cas d’un chirurgien-dentiste et d’un avocat. La presse privée, quant à elle parlera d’une trentaine d’arrestations et de la mort d’un médecin, « impliqué » dans l’attentat de Sidi Ali.

4 novembre 1994 : L’APS annonce que vingt citoyens algériens qualifiés de « terroristes » ont été tués dans la région de Hamza (commune d’El Aouana. Jijel).

Aux Eucalyptus (El Harrach), des militaires prennent d’assaut une villa au lance-roquettes : sept citoyens qualifiés de « terroristes » sont tués.

5 novembre 1994 : Quatorze citoyens sont arrêtés lors d’un ratissage à Berrouaghia. Leurs cadavres sont retrouvés jonchant la route le 8 novembre.

La presse fait état de l’identification et de la mort lors d’un accrochage, du responsable de l’attentat de Sidi Ali (Mostaghanem). Il s’agirait d’un chirurgien dentiste. Des témoignages parvenus par la suite de citoyens de la localité nous apprendront qu’une vaste rafle avait été effectuée par la sécurité militaire au lendemain de l’odieux attentat dans les milieux islamistes de la région et que de nombreux citoyens arrêtés seront retrouvés morts dans la décharge publique du village dont le chirurgien dentiste (Chenafa Mohamed). Parmi les citoyens exécutés sommairement figureraient : Chenafa Mohamed (dentiste), Chenafa Djilali (avocat), Azzouz Redouane (fonctionnaire), Benmeliani Mustapha (commerçant), Bouabsa Mohamed (boulanger), Seghier Noureddine (fonctionnaire) et Ziane Rachid (fonctionnaire).

Un militant du PAGS est tué à Bachdjarah (Alger).

6 novembre 1994 : La presse privée annonce que 250 citoyens algériens qualifiés de « terroristes » ont été tués durant le mois d’octobre.

8 novembre 1994 : 14 cadavres de citoyens arrêtés au cours de ratissages militaires, jonchent les routes de la périphérie de Berrouaghia (Médéa).

Une vingtaine de cadavres sont découverts à l’aube dans la ville de Boufarik (Blida). Certains sont décapités.

9 novembre 1994 : Sept cadavres de citoyens arrêtés la veille sont retrouvés à El Biar (Alger).

10 novembre 1994 : Mr Zineddine Larbi, fonctionnaire au ministère des affaires religieuses est kidnappé aux environs de 20h par quatre civils armés près de son domicile à la Casbah d’Alger.

Cinq jeunes citoyens du quartier El Hayat du Gué de Constantine (Alger) seront arrêtés et exécutés sommairement en représailles à la mort d’un policier de la cité.

Vingt cinq cadavres sont découverts à la sortie nord de la ville de Boufarik (Blida) .

11 novembre 1994 : La chaîne de télévision anglaise BBC diffuse un reportage sur la dramatique situation en Algérie réalisé par son envoyé spécial Phil Reeds. La torture et les exécutions sommaires perpétrées par les agents de l’Etat y sont dénoncées.

54 cadavres sont découverts à l’aube dans les rues de Blida. Ce sont de jeunes citoyens arrêtés lors de rafles dans cette ville.

13 novembre 1994 : Douze cadavres de citoyens arrêtés auparavant sont découverts disséminés dans les rues de Béni Mered (Blida), mutilés et criblés de balles.

Carnage à la prison de Berrouaghia suite à un mouvement de protestation des prisonniers politiques sur les conditions inhumaines de détention. Officiellement huit détenus seraient morts. Le chiffre provisoire donné par les familles est de 49 morts.

Détournement d’un avion des lignes intérieures (Alger-Ouargla) sur Palma (Espagne) par trois jeunes algériens qui seraient des policiers. Il s’agit de Merzak Benachour, 24 ans, Madjid Arab, 28 ans et Mohamed Nedjar, 26 ans. Ils seront condamnés par la suite par la justice espagnole à 10 années de prison.

Deux jeunes filles, Bouhadja Zoulikha et Saïda sont kidnappées au douar Sidi M’Hamed à Birtouta (Blida) par des hommes armés et assassinées après avoir été violées et atrocement mutilées. Cette famille avait des frères qui avaient rejoint le maquis. Cet odieux crime est officiellement imputé au « GIA » et une large campagne médiatique est entretenue pour « sensibiliser » la population. Leur mère sera retrouvée égorgée quelques jours plus tard.

16 novembre 1994 : Des maquisards attaquent un groupe de miliciens au village de Sidi Abdallah (Mahelma – Tipaza). Dix miliciens sont tués.

21 novembre 1994 : Réunion de plusieurs partis et personnalités algériennes à Rome, sous l’égide de la Communauté de San’ Egidio pour discuter de la situation en Algérie.

22 novembre 1994 : Le domicile de Mr Ichalalen Abderrahmane (arrêté le 19 novembre) sis à Zeghara (Bologhine. Alger) est dynamité par les services de sécurité.

30 novembre 1994 : Cinq citoyens dont deux journalistes sont sauvagement égorgés par une bande criminelle se faisant passer pour des « islamistes » dans une cité populaire de Boufarik (Blida), selon des témoins parents des victimes. Une station d’essence est saccagée et brûlée.

Mobilisation des plumes éradicatrices pour dénoncer la réunion de Rome.

391 islamistes tués durant le mois de novembre selon un décompte de presse.

3 décembre 1994 : Saïd Mekbel, journaliste au quotidien privé Le Matin est tué dans un restaurant à Hussein-Dey (Alger).

5 décembre 1994 : Des militaires donnent l’assaut au lance-roquettes à une habitation de Oued Ouchayah (Alger) où se seraient retranchés des « terroristes ». Dix citoyens sont tués.

7 décembre 1994 : Le quotidien privé El Watan annonce que vingt et un citoyens algériens qualifiés de « terroristes » ont été neutralisés.

Des bus de voyageurs sont brûlés dans les gorges de Lakhdaria (Bouira). Pas de victimes. La route est pratiquement coupée durant toute la journée.

8 décembre 1994 : Vingt quatre cadavres de jeunes citoyens arrêtés lors des ratissages sont découverts dans les rues de Blida.

Des hommes armés circulant à bord d’une voiture banalisée tirent sur des lycéennes à l’entrée de leur établissement à Boufarik : une lycéenne tuée et quatre autres blessées. Des bandes armées font la loi dans la ville au vu et au su des autorités. Beaucoup d’observateurs s’interrogent sur cette « inertie » à réagir. D’autres localités comme Bougara (Blida) et Baraki (Alger) vivent le même calvaire.

11 décembre 1994 : Trente sept cadavres de citoyens sont découverts à Blida, dont certains affreusement mutilés.

14 décembre 1994 : De nombreux pylônes électriques (treize selon la presse) sont détruits dans la périphérie d’Alger. La capitale et sa banlieue sont sérieusement perturbées par des coupures de courant électrique durant quatre semaines.

15 décembre 1994 : Des bombes explosent au dépôt des Galeries Algériennes de la Côte Rouge d’Hussein-Dey. Un gigantesque incendie ravage les lieux.

17 décembre 1994 : Aziz Belkacem, membre du PAGS est tué à Alger par des individus armés qui réussiront à prendre la fuite.

Diffusion par Canal + d’un documentaire de la BBC réalisé par Phil Reeds sur la tragédie. Premières images des maquis islamistes.

18 décembre 1994 : Le quotidien francophone l’Opinion est suspendu durant 40 jours pour avoir publié un projet de loi électorale.

L’APS annonce la mort de seize citoyens qualifiés de « terroristes », tués par les forces de sécurité dans plusieurs régions du pays.

Trois tueurs de la sinistre SM font irruption au domicile du Dr. Salah-Eddine Sidhoum à Alger. Munis de pistolets automatiques, ils terroriseront, après avoir constaté son absence, durant près d’une demi-heure sa vieille tante grabataire âgée de 79 ans avant de prendre la fuite à bord d’une golf blanche.

19 décembre 1994 : Dans une lettre ouverte adressée au général Zeroual, l’organisation américaine des droits de l’homme (Human Rights Watch) s’inquiète du sort du docteur Salah-Eddine Sidhoum, chirurgien et militant des droits de l’homme qui venait d’échapper la veille à une tentative d’assassinat par la police politique après avoir dénoncé dans un documentaire de la BBC diffusé par Canal +, la torture et les exécutions sommaires perpétrées par l’Etat terroriste.

22 décembre 1994 : Dix membres présumés d’un groupe armé tués dans la wilaya de Chlef.

24 décembre 1994 : Un avion de type Airbus de la compagnie Air France est immobilisé sur le tarmac de l’aéroport d’Alger par un groupe armé constitué de quatre éléments et ce, la veille de Noël. Parmi les voyageurs au nombre de 272 selon la version officielle, il y avait un militant du RCD, Ferhat Mehenni, un ex-sous-officier de l’armée française et ancien ministre de l’Algérie indépendante et un ancien ministre des affaires religieuses.

Sur injonction de Balladur et de Pasqua, l’avion quitte Alger pour Marseille. Entre-temps, trois voyageurs (un policier algérien, un cuisinier français et un agent vietnamien d’ambassade) seront exécutés. L’intervention des gendarmes du GIGN à Marseille se termine par la mort des quatre algériens, auteurs du détournement. Ce détournement ne livrera jamais ses mystères.

Suite à ce détournement les compagnies aériennes et maritimes occidentales décident de ne plus desservir l’Algérie.

La presse éradicatrice sera mise à contribution pour « démontrer » que les images des maquis islamistes diffusées par la BBC étaient un ensemble de montages et que Phil Reeds n’a jamais rencontré de maquisards.

Poursuite de la « grève du cartable’ dans les wilayas de Tizi Ouzou et Béjaïa. Profondes divergences entre les différents courants politiques de la région. Des centaines de milliers d’enfants seront pris en otage dans ce conflit où la langue tamazight n’est qu’un prétexte. . De nombreuses familles inscriront leurs enfants dans des écoles algéroises.

28 décembre 1994 : Quatre religieux de la confrérie des Pères blancs sont tués à Tizi Ouzou par un groupe armé selon la version officielle. Il s’agit des pères Jean Chevillard, Christian Chessel, Alain Dulangard et Dekers. Hocine Aït Ahmed n’exclut pas une manipulation.

31 décembre 1994 : 241 islamistes tués au cours du mois de décembre selon un décompte de presse.

 

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