1000 disparitions forcées (1992-2001)

 L’Algérie 10 ans après le putsch Les droits humains: Un bilan désastreux 

    1000 cas de disparitions forcées (1992-2001)

Liste établie par Dr. Salah-Eddine Sidhoum et Algeria-Watch

sur la base des informations rassemblées par Dr. Salah-Eddine Sidhoum, Me Mahmoud Khelili, Me Sofiane Chouiter, Me Mohamed Tahri, Mohamed Smaïn, Amina Kadi, Amnesty International, SOS disparus, le Collectif des familles de Disparu(e)s, l’association des familles de disparus de Constantine

Publiée par Algeria-Watch, 11 janvier 2002

Cette liste non exhaustive de personnes disparues a pu être réalisée grâce au travail courageux d’une poignée de défenseurs des droits humains et à la détermination des familles des victimes qui malgré les intimidations, persécutions et menaces ont persévéré dans cette quête de vérité. Il est probable que des imprécisions et des erreurs aient été transmises, vu les conditions de travail sur le terrain extrêmement difficiles. Nous lançons un appel aux témoins et familles de victimes pour apporter des compléments d’informations et nous informer de cas de disparitions que nous n’avons pas répertoriés.

A    B    C    D    E    F    G    H    I   K   L    M    N    O   R   S    T    Y    Z

I

Ighil Mohamed, né le 8 avril 1970, célibataire, ingénieur en informatique, chef de service à la société Netcom, demeurant à la cité Badjarah, (Alger), arrêté le 18 mars 1997 à 14h sur son lieu de travail, Netcom, rue Mohamed Naïli, Alger, par des agents de la sécurité militaire dont un certain officier B. dit D., munis de pistolets automatiques et venus à bord d’une 205 grise avec une immatriculation étrangère, selon le témoignage de ses proches. Ils avaient un ordre de mission et des badges qu’ils ont présentés aux supérieurs hiérarchiques. L’arrestation s’est déroulée en présence de tous ses collègues de travail. Selon ces mêmes collègues de travail, cet officier serait venu trois jours avant l’enlèvement, à la société pour enquêter sur la personne d’Ighil Mohamed. Il aurait été localisé dans un premier temps à la caserne de la SM de Ben Aknoun par un co-détenu libéré par la suite.

Issad Merouane, né le 5 janvier 1973, célibataire, étudiant, demeurant à Bourouba (Alger), arrêté le 26 avril 1995 près de la faculté centrale d’Alger par des civils armés se réclamant de la police. Aurait été localisé dans un premier temps au centre de Châteauneuf selon un ancien co-détenu libéré. En date du 9 septembre 1995, un fonctionnaire de l’ONDH aurait informé la famille que leur fils était décédé le 12 juin 1995 et qu’il aurait été enterré le 15 juin 1995 au cimetière d’El Alia sous l’étiquette de « X algérien », avec trois autres citoyens dont Bouhadida Seghir, enseignant à l’université et journaliste enlevé par la SM. Plainte adressée par l’avocat de la famille au procureur général de la Cour d’Alger le 30 août 1998.

 

K

Kabri Lyès, né le 3 mai 1966, célibataire, agriculteur, demeurant à Chebli, wilaya de Blida, arrêté selon le témoignage de sa famille, le 16 août 1995 à son domicile par une patrouille de militaires de la caserne de Bougara dirigée par un capitaine. Il a prétendu qu’il s’agissait d’une procédé tout à fait normal et qu’ils n’allaient pas tarder à le libérer après l’interrogatoire. D’autres ont été arrêtés en même temps et effectivement ils ont été relâchés. La mère s’est rendue à la caserne, on lui a répondu qu’il allait être libéré dans une semaine au plus tard. Mais il n’a plus réapparu. Sa mère a fait toutes les casernes et gendarmerie de la wilaya de Blida et les prisons , elle a déposé des lettres auprès des procureurs généraux des tribunaux de Boufarik, de Blida et du tribunal militaire de la 1ère région. En vain. Elle s’est adressée aux institutions civiles qui lui ont conseillé de voir le haut commandement de la gendarmerie, de là, on l’a orienté vers le ministère de la défense où elle n’a jamais été reçue.

Kacer Hamid, né le 22 juillet 1953, marié et père de 4 enfants, technicien en béton armé, demeurant aux Anassers (Alger), arrêté le 2 septembre 1996 à 1h du matin à son domicile par des militaires. Aucune nouvelle de lui depuis cette date malgré toutes les recherches entamées par sa famille.

Kaci Hafid, 25 ans, célibataire, jardinier, habitant Tablat (Medea), arrêté le 10 mars 1997 au lieu de travail dans les vergers de Bentalha en présence de son employeur. Trois autres hommes ont été arrêtés en même temps et ont disparu aussi. Plainte du 18 mars 1998 au niveau du tribunal de Larbaa, lettres diverses.

Kada Hafid, né le 29 mars 1969, habitant Oran, ouvrier, arrêté par des agents de la Sécurité militaire le 19 novembre 1994 alors qu’il sortait de la mosquée après la prière de midi. Ils étaient venus en J5. Son père adoptif a adressé des lettres au commandant de la 2éme région militaire, différentes institutions civiles.

Kahoul Abdelwahid , né le 23 août 1978, célibataire, lycéen , demeurant à Constantine. Enlevé le 18 avril 1995 dans son lycée (Jugurtha) par des policiers. Dans la même journée deux camarades ont été arrêtés mais relâchés par la suite. La famille n’a pas eu de nouvelles de lui.

Kaizra Sadek, né le 24 novembre 1969, célibataire, artisan menuisier, demeurant Maqaria (Hussein-Dey, Alger), arrêté le 30 juillet 1996 à 1h du matin à son domicile par des militaires en uniformes de parachutistes, venus à bord de 3 véhicules militaires de type Toyota de couleur grise et une fourgonnette Renault Express blanche. Une dizaine de militaires ont débarqué dans la maison sans faire de perquisition. Ils ont demandé les noms des membres de la famille et ont arrêté Sadek. Ils ont dit qu’ils voulaient juste l’interroger. Un co-détenu dira à la famille fin 1996 qu’il a passé 2 mois au centre de Châteauneuf avec le disparu. Plainte du 20 octobre 1996 au niveau du tribunal de Hussein Dey, enquête sans résultat. Lettres adressées par ses parents au médiateur de la république au ministre de la justice au procureur de la République, à l’ONDH et au ministre de la Défense en date du 20/10/96. Lettre de rappel au ministre de la Défense (23 juin 1997).

Kara Abdelmadjid, né le 6 janvier 1950, marié et père d’un enfant, employé dans une société nationale, domicilié à ras El Aioun, Batna, activités politiques. Arrêté le 5 février 1995 au domicile de son ami Bouakkaz Khaled à Sétif par la police et des agents de la SM. Il a été transféré le 20 février 1995 par les forces de sécurité à Ras el Aioun. Ils sont passés chez lui et ont perquisitionné le domicile. De nombreuses perquisitions ont été effectuées avant, pendant et après son arrestation. Le père de Khaled Bouakkaz l’a vu dans un centre de détention à Sétif où lui-même avait été détenu. Lettres diverses.

Karaoui Sidali, né le 29 février 1970, demeurant au Gué de Constantine (Alger) été arrêté par des militaires et des miliciens nommés S.D. et M.N. le 12 août 1996 à 2 heures du matin à son domicile, après avoir défoncé portes et fenêtres. Sa famille affirme que plusieurs témoins étaient présents lors de l’arrestation. Aucune nouvelle depuis. Témoignage d’une mère : Mon fils Karaoui Sidali a été arrêté le 12 août 1996 à 2 heures du matin à notre domicile du quartier Diar El Khadma à Aïn Naadja par des miliciens du quartier nommés S.D. et M.N. accompagnés par des militaires. Nous avons refusé dans un premier temps d’ouvrir la porte craignant pour notre vie. L’un des miliciens a alors escaladé le mur et leur a ouvert la porte de la cour de l’intérieur. Malgré cela, nous nous sommes barricadés à l’intérieur de la maison en bloquant la porte de la maison avec des meubles. Ils ont alors fracassé la porte et sont rentrés. Mon fils a alors été pris par deux militaires qui l’ont sorti en m’insultant lorsque je leur ai dit pourquoi ils l’arrêtaient. L’un des militaires m’a menacé de tirer sur moi si je ne rentrais pas à la maison. Devant mon refus, les militaires m’assénèrent des coups de crosse. En sortant, mon fils Sidali se mis à crier : « Je n’ai rien fais, je suis innocent ». L’un des miliciens s’adressant à son acolyte lui dit : « Nacer, Nacer, il s’agit bien de Sidali le tôlier, n’est ce pas ? ». Oui, lui répondit l’autre milicien. Nous sommes allés un peu partout, nous avons écrit à l’Observatoire des droits de l’Homme…… Nous avons écrit au médiateur de la République et au procureur. Nous nous sommes rendus dans plusieurs prisons. Nous voulons savoir ce qu’on lui reproche et s’il est mort ou vivant.

Karmous Mohamed Amine, né le 8 juillet 1978, célibataire, sans emploi, habitant chez ses parents à la Cité Ben Achour à Blida. Arrêté à son domicile le 12 juin 1996 à 7 h du matin par des militaires venus en Landrover. Ils ont perquisitionné la maison.

Kassasni Sid-Ahmed, né le 8 novembre 1948, marié et père de 4 enfants, commerçant, demeurant Kouba (Alger). Arrêté le 1er juillet 1995 à minuit à son domicile par des hommes armés en tenue de policiers venus à bord d’une Toyota de la gendarmerie et une 205 banalisée. Les hommes armés en tenue de policiers étaient au nombre de 7 dont 4 étaient cagoulés, selon le témoignage de sa famille. Au cours de la perquisition les hommes armés lui subtilisèrent ses effets vestimentaires et une somme d’argent (devait partir en voyage en Tunisie) et son passeport. Sorti du domicile en pyjama. Il aurait été emmené au poste de police de Maqaria (ex-Leveilley). Des témoins l’auraient vu par la suite à la caserne de Châteauneuf. Disparu depuis.

Kebaïli Liamine Ali, né le 6 mars 1956 à Ras el Oued (Bordj Bou Arréridj) et y demeurant, a été arrêté par des éléments de la SM le 22 juillet 1994 à son domicile. Au même moment 14 autres personnes ont été arrêtées. Les autorités algériennes ont informé le groupe de travail sur les disparitions forcées et les familles des victimes que certains des disparus de cette nuit ont été retrouvés morts dans une proche forêt. Aucun certificat de décès n’a été remis aux familles, aucune enquête diligentée.

Kebaili Mouloud, 39 ans, marié et père de trois enfants, chef de section à ENAFAR, domicilié au Gué de Constantine (Alger), arrêté le 13 mars 1996 à 7h 30 du matin dans le quartier au moment d’un ratissage des forces combinées. Plusieurs dizaine de personnes ont été arrêtées et déférées au parquet. Toutes ont été relâchées mais pas lui.

Kebal Belhocine, né le 13 avril 1960, divorcé, domicilié à El Biar, Alger, cordonnier. Arrêté le 18 mai 1993 par des forces combinées de policiers et militaires avec des véhicules de type Nissan. Le 21 mai 1993, ces mêmes forces sont venues une nouvelle fois, le concerné avec eux, avec des traces de torture. Deux hommes ont été arrêtés qui ont été libérés un mois après. Une personne est venue plus tard au domicile familial sans donner son identité et a informé la famille que le disparu se trouvait à Oran.

Kébir Hassan, né le 4 septembre 1969, demeurant à Kouba (Alger), célibataire, mécanicien, arrêté le 11 mai 1995 à 2h du matin à son domicile par des policiers uniformés et armés. Ce sont des policiers de l’arrondissement de Kouba venus avec des voitures de police. Ils se comportés de façon brutale, ont insulté la famille et brutalisé le concerné. Une perquisition a été effectuée. Une voiture de marque Honda a été confisquée. Les parents ont été interrogés au sujet du second fils âgé de 15 ans. Plainte au niveau du tribunal de Hussein Dey, convocation par le commissariat de Kouba, lettres diverses.

Kechroud Brahim, né le 14 octobre 1958, marié et père de 2 enfants, trésorier à la mairie de Hattatba, membre adhérant du FLN, demeurant à Hattatba (Tipaza), arrêté le 24 mai 1995 par des gendarmes sous la direction d’un certain C. à Hattatba alors qu’il se rendait de son lieu de travail vers un magasin pour l’achat de peinture. Sa famille note que deux jours avant son arrestation, deux gendarmes avaient été tués dans le village. Cela a provoqué une campagne d’arrestations qui toucha 70 habitants du village qui disparurent à ce jour. Puis ces mêmes gendarmes firent signer aux familles (le plus souvent analphabètes) des papiers stipulant que leurs enfants arrêtés étaient des «terroristes ». Il aurait été localisé le premier jour à la brigade de Hattatba par de nombreux villageois qui auraient rapporté l’information à sa famille.

Keddachi Lakhdar, né le 7 janvier 1971, demeurant dans la commune de Bougara (Blida), arrêté le 22 janvier 1996 par le milicien G.M. .

Keddachi Mohamed, né le 7 janvier 1971, demeurant dans la commune de Bougara (Blida), arrêté le 18 janvier 1996 par le milicien G.M..

Keddam Athmane, né le 28 octobre 1975, célibataire, stagiaire en électroménager, domicilié aux Annasseres, Alger, arrêté le 22 juin 1995 à 14h 30 à ben Omar (Kouba, Alger) par des policiers en civil, armés et munis d’un véhicule officiel appartenant au corps de la police. Plainte au niveau du tribunal de Hussein Dey, enquête, aucune décision. Lettres diverses. Il avait déjà été arrêté auparavant par la police du vieux Kouba et détenu pendant 10 jours. Cette fois ci arrêté avec son ami Fertah Sid Ahmed, disparu aussi.

Keddar Mohamed, né le 10 décembre 1947, commerçant, marié et père de 9 enfants, ayant eu des activités religieuses, demeurant à Relizane, arrêté le 1er juin 1995 à 21h 30 par des militaires sur le chemin du retour du travail, à 200 m du poste de police. Avait été menacé deux fois dans son magasin à 500 m du barrage fixe.

Kelikha Abderrahmane, né le 21 septembre 1951, marié, technicien supérieur de santé, demeurant à Ziama Mansouriah, Jijel, arrêté le 30 juin 1994 à 14h à la cafétéria de Ziama par des gendarmes dirigés par le lieutenant B. de la brigade de Ziama. Il aura été emmené selon ses parents à la brigade d’El Aouana où il aurait été séquestré durant plus d’un mois. Son épouse se serait déplacée à 2 reprises à cette brigade mais les gendarmes ont refusé de la laisser voir son mari tout en acceptant la nourriture et les effets vestimentaires qu’elle lui avait ramené. Lettres à différentes autorités.

Kermiche Abdelghani, né le 12 août 1975, célibataire, sans profession, domicilié Badjarah, Alger. Arrêté le 22 février 1996 à 5h du matin par des militaires armés à son domicile. Ils avaient avec eux un homme cagoulé (bouchkara). Le quartier était quadrillé et le ratissage se déroulait pendant le couvre-feu. Ce jour là de nombreux jeunes furent arrêtés qui ont disparus (Boubekeur Ali, Boucenna Youcef, Kessira, Guenouche, Kermiche Abdelghani….). La famille a appris plus tard qu’il se trouverait au commissariat de Bourouba. Plainte, lettres diverses.

Kerouane Mohamed, né le 12 août 1980, célibataire, lycéen, demeurant à Hamma Bouziane, Constantine. Arrêté le 22 février 1996 par des gendarmes de la brigade de Hamma bouziane alors qu’il se trouvait avec son ami devant la brigade. Ce dernier a été relâché après 30 jours tandis que Mohamed a disparu.

Kerras Bouabdallah, né le 22 avril 1946, marié, demeurant à Relizane, responsable SVC personnel à l’Edimco, militant FIS depuis 1991, enlevé le 15 août 1995 à 19 h 45 sur la route parallèle au centre commercial de Relizane (ex. Station de taxis pour Oran). Il a été enlevé dans son propre véhicule (304 break blanc, toiture bleue immatriculée 02189-171-02) par deux personnes armées. La victime se sentait souvent suivie et surveillée par les services de sécurité. La veille de son enlèvement des agents sont venus à son lieu de travail mais il était absent. Ils étaient venus une fois avant déjà. On l’avait privé de son passeport pendant un an (1995 pour l’accomplissement du pèlerinage-Hadj). Disparition signalée au bureau des disparus de la wilaya, au commissariat, gendarmerie etc. Il avait été arrêté pendant 48 h durant la grève du FIS en 1991 au commissariat central de Relizane.

Kerrouche Djelloul, né le 26 janvier 1961, marié et père de 3 enfants, journalier, demeurant à Rasfa (Sétif), enlevé le 4 juin 1995 à 10 heures à Salah-Bey par des gendarmes de la brigade de Ras Isly. Quinze ou vingt jours après son enlèvement, son frère Kerrouche Tewfik fut arrêté par les gendarmes de Ras Isly et détenu à la brigade où il retrouva Djelloul. Tewfik sera présenté à la justice et condamné à 3 ans de prison qu’il purgera avant d’être libéré. Quant à Djelloul, il ne donnera aucun signe de vie.

Kerrouche Noui, né le 10 avril 1949, marié et père de 9 enfants, journalier, demeurant à Rasfa (Sétif), arrêté le 6 juin 1995 à 10 heures par la gendarmerie de Ras Isly (commune de Rasfa, Sétif) alors qu’il circulait en voiture en présence de deux amis dont le propriétaire véhicule (noms connus). Ce dernier a été libéré par la suite. La famille de Kerrouche n’a eu aucune nouvelle depuis.

Kerzaki Lahouari, né le 12 juin 1971, demeurant à Oran, arrêté le 21 novembre 1996 à 11h 45 à son domicile par quatre civils armés reconnus par des témoins comme étant de la sécurité militaire, venus à bord d’un fourgon banalisé de type J5. .

Kessouar Mahieddine, 52 ans, père de 8 enfants et demeurant à Idjeur (Kabylie), militant du FFS a disparu le 1er septembre 1998 en fin d’après-midi, en sortant de son domicile. Son véhicule sera retrouvé le lendemain à 5 km de son domicile, contenant des effets vestimentaires, sa montre et des papiers. Aucune nouvelle depuis.

Khadra Belkacem, né le 12 octobre 1960, demeurant à Béni Yelmane, Sidi Aïssa (M’Sila), marié et père de 5 enfants, infirmier, arrêté le 21 mai 1995 à midi sur son lieu de travail (centre de santé de Béni Yelmane) par le chef de la brigade de gendarmerie d’Ounnougha, un certain O., accompagné des gendarmes M. et D.. L’arrestation s’est faite en présence de ses collègues de travail. Selon le témoignage de sa famille, la brigade de gendarmerie d’Ounnougha est réputée pour le nombre de cas de disparitions de citoyens en son sein.

Khadra Smaïl, né le 24 février 1969, célibataire, sans profession, demeurant à Béni Yelmane (Sidi Aïssa, M’Sila), arrêté le 27 décembre 1994 à 10h 30, devant le siège de la mairie d’Ounnougha (Sidi Aïssa) par les gendarmes de la brigade d’Ounnougha, dont le sergent L. et le chef adjudant O..

Khalif Abdelaziz, né le 24 novembre 1974, célibataire, boucher, domicilié à Kouba, Alger. Arrêté le 21 août 1994 à 15h à la poste de Hai el Badr (Kouba) par des policiers en civil, armés et véhiculés devant de nombreux passants. Il avait déjà été arrêté la veille et relâché. Le père a pu dans un premier temps lui rendre visite et lui remettre des plats quatre fois de suite, ensuite, on lui a dit que le concerné n’était plus là. Il aurait été vu à Châteauneuf et à Serkadji. Plainte déposée au niveau du tribunal de Hussein Dey le 22 avril 1995, enquête, convocation du père par la police de Kouba.

Khamellah Sidali, né le 6 septembre 1968, célibataire, chômeur, domicilié au Gué de Constantine, Alger, arrêté par des militaires parachutistes et des agents de la Sécurité militaire le 4 août 1996 à 15h à son domicile. Ils ont fouillé l’appartement et volé 6000 DA. Il l’avait déjà arrêté et séquestré avant pendant 22 jours au commissariat de Salembier. Plainte le 28 octobre 1997 au niveau du tribunal de Hussein Dey, enquête, aucune décision, Lettres diverses.

Kharchi Zouaoui, né le 29 mars 1954 à Constantine, marié et père de 5 enfants, employé comme cadre, responsable du service d’Achats à la Sonacome d’El Khroub (Constantine), a été arrêté le 15 mars 1995 sur son lieu de travail par deux hommes se présentant comme des agents de la sécurité militaire, en présence de ses collègues de travail. Son véhicule de marque Peugeot 405 (matricule n° 1383 – 189 – 25) lui fut saisie par ces hommes qui l’ont arrêté. Selon le témoignage de sa famille, ces hommes armés ont franchi sans problème le poste de gendarmerie de la Sonacome pour aller arrêter la victime. La voiture saisie a circulé durant plus d’une année dans la ville de Constantine, conduite par des civils et n’a jamais été restituée. Aucune nouvelle depuis son arrestation.

Khebani Ammar, né le 15 février 1972, demeurant dans la commune de Sidi Naâmane (Tizi-Ouzou), enlevé le 21 août 1994, à Tizi Ouzou, par la SM selon le témoignage de sa famille.

Khebani Rabah, né le 21 juin 1959, demeurant dans la commune de Sidi Naâmane (Tizi-Ouzou), enlevé à Tizi Ouzou, le 21 août 1994, par la sécurité militaire selon le témoignage de sa famille.

Khechine Abdelghani, né le 16 avril 1975, sans profession, habitant Khemis el Khechna, Boumerdes. Arrêté le 29 mai 1994 à 2h du matin à son domicile par des militaires. D’autres personnes ont été arrêtées en même temps. Une perquisition a été effectuée au moment de l’arrestation. Plainte déposée le 22 juin 1998 au niveau du tribunal de Rouiba. Lettres diverses.

Khefif Kamel, né le 11 mai 1959, demeurant à Ouled Fayet (Alger), arrêté le 10 octobre 1994 à 4h du matin par des militaires et des gendarmes. La maison a été encerclée au moment du ratissage de tout le quartier. La famille a appris au début qu’il se trouverait dans la brigade de gendarmerie de de Birtouta puis de Bou Anan.

Khelaf Abdelhamid, né en 1966, marié et père d’un enfant, demeurant à Oued Smar, Alger, employé à l’état civil de la mairie d’Oued Smar (Alger), a été arrêté sur son lieu de travail en 1995 (dernier jour du Ramadhan) par deux agents de la sécurité militaire selon le témoignage de sa famille. Ces deux éléments étaient connus dans la région pour avoir procédé à de nombreuses arrestations.

Khelassi Youcef, né le 10 juillet 1967, célibataire, commerçant, habitant la Casbah, Alger. Arrêté le 13 juillet 1996 vers 15h dans son magasin situé place du 1er mai par les services de sécurité qui l’ont menotté . Le lendemain, il aurait été vu dans le quartier accompagné des services. L’information a été rapportée en 1998 que le concerné se trouverait au Sud.

Khelif Abdelaziz, né le 24 novembre 1974 à Alger, célibataire, demeurant au domaine Mohamed Garidi, n° 15 à Kouba (Alger), boucher de profession, a été arrêté le 22 août 1994 à 15 heures près de la poste de la Cité El Badr par des hommes armés en tenue de policiers et de militaires. Selon son témoignage, le père aurait obtenu un permis de communiquer délivré par le tribunal d’Alger (daté du 11 février 1995) l’autorisant à rendre visite à son fils à la prison de Serkadji. En se rendant à la dite prison, les gardiens lui signifièrent que son fils n’était incarcéré en ce lieu. . Il est à noter que ce citoyen avait été auparavant jugé par le tribunal d’exception d’Alger et acquitté.

Khelifati Youcef dit Moussa, né le 9 octobre 1967, célibataire, sans profession, domicilié à Dellys (Boumerdés) a été arrêté par des militaires et des policiers de Dellys à son domicile le 20 juin 1994 à 5 heures du matin qui l’ont malmené devant sa famille et ensuite jeté dans la male d’une voiture après lui avoir passé les menottes. Une perquisition a été effectuée trois jours après. Plainte au niveau du tribunal de Dellys le 18 avril 1998, interpellation du père mais aucune décision judiciaire. En 1998, le père est allé voir le président de l’ONDH qui lui a dit que son fils était mort et qu’il ne devait plus chercher. Lettres diverses.

Khelifi Mohamed, né le 18 janvier 1951, marié et père de 7 enfants, vendeur de pièces détachées, demeurant à Bab El Oued, Alger, a été arrêté le 17 juin 1998 à 16 heures sur son lieu de travail par des éléments de la sécurité militaire. Ces derniers étaient venus à bord d’une Peugeot 505 grise immatriculée : 21537 – 184 – 16. .

Khelil-Cherfi Kamal, né le 7 juin 1967, célibataire, Ingénieur d’Etat en génie mécanique, ancien élève de l’Ecole polytechnique d’Alger, demeurant à Alger, membre fondateur de l’union des étudiants algériens (UEA), sympathisant du FIS, arrêté en mai 1996 par les forces de sécurité. Un appel anonyme annonça sa mort mais l’avocat Rachid Mesli, militant des droits de l’homme, incarcéré à Châteauneuf dit l’avoir vu au début du mois d’août à cet endroit. Deux autres témoins libérés l’auraient également vu en octobre 1996 au même centre. Son domicile avait été perquisitionné à plusieurs reprises avant son enlèvement entre 1993 et 1996. Il y avait aussi de nombreuses convocations. Depuis sa disparition il n’y a ni perquisition, ni convocation. En novembre 1996 son frère avait été arrêté, interrogé au sujet de Kamel et torturé. Il est relâché une semaine après.

Khemidja Mouloud, né le 16 novembre 1960, marié et père de 5 enfants, demeurant au village Medina Hayat à Lakhdaria, (Bouira), arrêté le 23 septembre 1995 à son domicile par des militaires en tenue et armés, connus dans la région. Attestation de disparition datée du 3 décembre 1997 où est inscrit qu’il a été enlevé par un groupe armé inconnu.

Khenine Yahia , né le 5 juin 1959, marié et père de 3 enfants, enseignant au collège, demeurant Hamma Bouziane, Constantine, arrêté le 22 juillet 1995 à 13h à son domicile par des membres des services de sécurité en même temps que Bouloudinat Makhlouf et Soussani Abdelghani qu’on a vus faire entrer dans la brigade de gendarmerie. Tous les trois ont disparu.

Khennaoui Abdelhamid , né le 24 août 1952, marié et père de 6 enfants, peintre à la Casorec, demeurant Bab el Kantara, Constantine. Arrêté le 22 août 1995 sur son lieu de travail par des membres de la sécurité militaire qui ont assuré à son directeur de travail q’il ne s’agirait que d’un simple interrogatoire. Depuis ce jour aucune nouvelle de lui.

Kherifi Ahmed, né le 25 janvier 1960, marié et père de 6 enfants, chauffeur à la mairie de Bachdjarah, demeurant à Alger, arrêté selon le témoignage de sa famille le 14 mars 1996 à un barrage dressé par des militaires et des civils de la sécurité militaire à Aïn Naâdja (Alger). Plainte adressée par son épouse au procureur général de la Cour d’Alger ainsi que des lettres au président de la République et au ministre de la justice le 17 octobre 1998. Son épouse aurait été convoquée en 1999 par la brigade de gendarmerie de Aïn Naâdja pour lui signifier que «son mari sera bientôt chez lui ».

Kheroui Saida , née le 23 mars 1976, a été enlevée le 7 mai 1997 par des éléments de la sécurité militaire. Des témoins l’auraient vus dans un centre de torture, avec un pied gravement blessé suite aux supplices.. Elle aurait été enlevée en représailles du fait que son frère avait rejoint les maquis islamiques.

Kherrizi Abdesselem , né le 22 août 1961, marié, cadre à la banque BEA, demeurant à Constantine. Arrêté le 12 novembre 1995 à 8h30 à son lieu de travail Place si El Haoues par des agents de la sécurité militaire venus en civil. Ils l’ont emmené dans sa propre voiture qui a disparu avec lui. Quelques mois plus tard, la famille apprend par des détenus relâchés qu’il se trouvait dans le centre de la sécurité militaire de la 5ème région de constantine.

Khetabet Rabah, demeurant Climat de France (Alger), a été arrêté à son domicile le 19 novembre 2000 à 22h 45 par des civils armés, appartenant à la sécurité militaire de Châteauneuf, accompagnés de policiers du 1er arrondissement, venus à bord de 2 patrol blanche et grise. Suite aux démarches de ses parents, on les aurait informé qu’il avait été jugé et libéré à 2h du matin. Aucune trace ni à Serkadji ni à El Harrach.

Khiat Said, né le 30 juin 1961, célibataire, professeur de musique au CEM, domicilié à Tablat, Medea. Arrêté le 31 mai 1996 à la police. Il arrivait dans un fourgon transportant des voyageurs à Tablat. Il était accompagné de sa cousine. Ils avaient échappé à un faux-barrage et Said se rendit à la police pour faire une déclarations sur ce qui venait de se dérouler. Il ne revint plus. Le lendemain sa cousine reçoit un coup de téléphone d’un officier de l’armée qui la félicite pour son courage d’avoir convaincu les terroristes de ne pas les tuer. Ce serait la première fois. La cousine était perplexe car elle n’avait raconté à aucune autorité officielle ce qui s’était déroulé. Le service de police où s’était rendu Khiat a nié au début l’avoir reçu mais vu l’insistance de la famille, il a fini par reconnaître qu’il avait fait sa déclaration mais serait reparti ensuite. Il n’y a eu aucune perquisition, le PV de la police n’a été rédigé que des mois plus tard. La famille dépose une plainte le 22 juin 1996 au niveau du tribunal de Tablat, lettres au wali, la sûreté de la wilaya de Medea, police, gendarmerie et armée.

Khobizi Lakhdar, né le 27 novembre 1959, marié et père de 5 enfants, domicilié à Ain Bessam. Le 1er janvier 1994 il fut convoqué par l gendarmerie et relâché le lendemain. Il fut convoqué pour le 14 et le 15, un groupe d’agents de la Sécurité militaire et des soldats accompagnés de civils se rendirent chez lui à 1h 30 du matin et l’arrêtèrent. Le 24 avril 1995, la famille reçut une convocation du tribunal de Bouira où il lui fut dit que le concerné serait en fuite.

Khokhi Mohamed-Zahar, né le 23 mai 1970, étudiant en informatique, université de Blida, habitant à Ouled Moussa. Disparu le 4 juillet 1993 à l’endroit d’un barrage fait par l’armée, la gendarmerie en tenue à la Chiffa. Aurait été vu à Châteauneuf en février 1994. Son frère Joudi est arrêté en 1992 puis en 1995 et se trouve à la prison d’El Harrach. Son plus jeune frère Elyes a été blessé par balles par les services de sécurité devant son domicile à Ouled Moussa. La jambe droite est partiellement amputée.

Khouni Mouloud, né le 18 août 1958, demeurant à Bab El Oued, Alger, marié et père de 3 enfants, employé aux PTT, a été arrêté le 13 janvier 1997 à midi par des hommes armés se réclamant des services de sécurité dans le triangle Bouzaréah – Baïnem – Aïn Bénian devant de nombreux témoins. Une perquisition a été effectuée le soir même. Son père signale que des gendarmes se sont présentés à son domicile le 15 janvier 1997 à la recherche de son fils arrêté deux jours plus tôt. Il signale également que son fils avait été déporté au camp de concentration de Reggane durant 7 mois en 1992. Les gendarmes ont emmené son frère qu’ils ont relâché le même jour. Plainte en mai 1997, lettres multiples.

Kimouche Mourad, né le 21 décembre 1973, célibataire, stagiaire en comptabilité, demeurant à Baraki, Alger, a été arrêté par des policiers et des militaires le 16 mai 1996 à 8h à son domicile par des policiers et des militaires dirigés par leur chef, un certain B. selon le témoignage de sa famille. Il y avait un ratissage et une vingtaine d’hommes ont été arrêtés. Quelques uns ont été relâchés, d’autres non. Les personnes ont été emmenées à la caserne de Baraki puis à Châteauneuf. Un ami à lui a été relâché et l’a laissé à Châteauneuf. Plainte le 19 septembre 1997 auprès du tribunal d’El Harrach, enquête, convocation de la gendarmerie le 14.01.98. Lettres diverses.

Kitouni Salah, né le 23 août 1955, demeurant à Constantine, journaliste à l ‘hebdomadaire En-Nour de Constantine. A été arrêté le 9 juillet 1996 au commissariat central de la Sûreté de Constantine où il s’était rendu. Quelques jours auparavant, il avait été arrêté par des policiers a son  domicile familial et interrogé pendant trois jours pour être relâché le 6 juillet 1996. Il est revenu le 9 juillet 1996 sur convocation du même commissariat et depuis ce jour il est compté parmi les disparus. Une plainte a été déposée en date du 10 août 1996 auprès du procureur de la République près le tribunal de Constantine. Une réponse écrite, avec procès-verbal de notification émanant des services de la police judiciaire de Constantine est parvenue en date 29 mars 1997 informant que le journaliste Salah Kitouni avait été transféré en date du 11 juillet 1996 vers le Centre territorial de recherche et d’investigation de la 5e Région militaire. Après cela, la famille a saisi à deux reprises par courrier le procureur de la République près le tribunal militaire relevant de la 5ème région militaire : la première lettre en date du 21 Avril 1997 et la seconde en date du 13 juillet 1997. Elle a également saisi par courrier l’Observatoire national des droits de l’homme en date 24 avril 1997, le médiateur de la République ainsi que la Ligue algérienne des droits de l’homme à qui nous avons remis une lettre en son siège de Constantine et la présidence de la République à deux reprises.

Kobbi Mohamed, né le 15 septembre 1969, marié, commerçant de profession, demeurant à la cité Casenave, au Gué de Constantine (Alger), arrêté le 8 novembre 1996 à 1h du matin  à son domicile par des militaires et des gendarmes de Aïn Naâdja venus à bord de véhicules militaires. Il a été arrêté en présence de ses parents, de ses frères et de son épouse. Plainte au niveau du tribunal de Hussein Dey le 14 juillet 1997, lettres diverses.

Koriche Abdelmalek, né le 18 mars 1957 à Médéa, demeurant à Berbessa (Koléa, Tipaza), marié et père de 9 enfants, transporteur de profession, arrêté le 15 mars 1995 alors qu’il revenait du travail à bord de son camion par un groupe de miliciens. Selon les quatre témoins qui se trouvaient avec lui dans le camion, il fut violemment agressé avant d’être emmené vers une destination inconnue.

Koriche Ladjel, né le 15 mars 1952, marié et père de deux enfants, domicilié à Khemis Miliana ingénieur d’état, arrêté le 8 août 1994 vers midi par des agents de la SM du bureau. Des collègues ont assisté à la scène. 4 individus armés ont pénétré le bureau qu’ils ont fouillé et ont emmené le concerné dans une R4 blanche. Les parents sont allés voir la police et la gendarmerie qui ont nié être en relation avec cette arrestation.

Kouchih Noureddine, né le 26 mars 1967, célibataire, sans profession, habitant El Harrach, Alger. Arrêté le 7 septembre 1995 à 19h 30 près du marché Boumaati à El Harrach par des policiers de la Bourouba devant de nombreux témoins. Des codétenus du commissariat de Bourouba confirmeront son arrestation. Il a été vu une dernière fois dans la semaine du 29 mai au 2 juin 1998 au tribunal militaire de Blida. Plainte du 11 octobre 1997 au niveau du tribunal d’El Harrach, lettres diverses.

Koudri Brahim, né le 3 janvier 1971, chômeur, demeurant à Kouba, Alger, a été arrêté le 6 mars 1995, au lendemain de l’Aïd El Fitr, à 1 h 30 du matin par des policiers qui firent irruption à son domicile. Un témoin l’aurait vu au centre de Châteauneuf où ils étaient détenus ensemble. Il est à noter que selon le témoignage du père, Brahim aurait été arrêté la première fois, le 22 février 1995 par des policiers du commissariat du quartier. Il fut torturé durant une semaine puis relâché après confiscation de ses pièces d’identité. Disparu depuis. Plainte du 10 décembre 1995, tribunal de Hussein-Dey, convocation du père à plusieurs reprises, enquête, sans décision . Lettres diverses.

Kouider Ayad Ali, né le 25 avril 1961 à Boumedfaâ, demeurant à Boumedfaâ (Aïn Defla), enlevé le 4 avril 1994 devant son domicile par des gendarmes de la brigade de Boumedfaâ et devant de nombreux voisins, témoins de l’enlèvement. Il a été gardé en détention durant 12 jours à la brigade de gendarmerie de Boumedfaâ. Il a été ensuite transféré le 16 avril 1994 vers une destination inconnue. Aucune nouvelle depuis. Une requête a été déposée par sa famille auprès du bureau des «disparus » de la wilaya de Aïn Defla le 3 octobre 1998 sous le n° 37.

Kouidri Jalal, né le 10 avril 1971, demeurant à El Biar, Alger, étudiant en 4e année en Sciences économiques à l’université du Caroubier, arrêté le 14 juin 1996 à 0h 30 à son domicile par des hommes armés en tenue militaire et dont certains étaient cagoulés. Selon le témoignage de sa famille, après leur avoir ouvert la porte, ils le jetèrent à terre et lui ligotèrent les mains derrière le dos. Ils perquisitionnèrent le domicile.

Kramcha Zoheir, né le 2 décembre 1973, célibataire, plombier, demeurant à Sétif, arrêté le 4 février 1995 par des policiers au commissariat de Sétif où il s’était rendu, suite à une convocation de la police judiciaire. Il avait reçu ne première convocation en décembre 1994. Il a passé la nuit au commissariat et a été relâché le lendemain. Puis une seconde convocation le 4 février 1995. Il s’y est rendu avec son père, on leur a dit qu’il serait relâché aussitôt, mais disparu. Le père aussi a été convoqué pour être questionné au sujet du FIS, Les policiers ont prétendu avoir relâché Zoheir et qu’il est peut être monté au maquis. Lettres aux autorités régionales et nationales.

 

L

Labene Nacereddine, né le 27 mars 1961, marié et père d’un enfant, agent de gestion de magasin à Oran, militant du FIS. Arrêté le 28 novembre 1995 à 20 h chez ses beaux-parents par des hommes en civil dans une voiture de type Mazda. 10 jours avant l’enlèvement, une perquisition avait été effectuée à son domicile.

Lacheheb Lakhdar, né le 21 janvier 1939. A été arrêté le 5 septembre 1994 à un barrage dressé par des militaires cagoulés sur le pont reliant la commune de Zerdada au village Bousbaa (El Harrouch, Skikda). Transféré à la brigade de gendarmerie d’El Harrouch, puis vers une destination inconnue.

Lacheheb Noureddine, né le 12 juin 1968. A été arrêté le 5 septembre 1994 à un barrage dressé par des militaires cagoulés sur le pont reliant la commune de Zerdada au village Bousbaa (El Harrouch, Skikda). Transféré à la brigade de gendarmerie d’El Harrouch, puis vers une destination inconnue.

Lachgar Abdelouahab, né le 12 octobre 1970, sans profession, demeurant au quartier Belouizdad d’Alger, A été arrêté chez son grand-père à Bordj El Kiffan le 22 avril 1996 par les militaires armés venus avec des véhicules officiels. Ils se sont rendus au domicile familial, le père leur a indiqué l’endroit où se trouve le fils. Un autre fils les y a accompagnés. Arrivés chez le grand-père, c’est Abdelouahab qui leur a ouvert la porte, les militaires lui ont demandé de les suivre. Il aurait été vu au centre de Beni Messous. Aucune perquisition, aucun membre de la famille interrogé malgré le dépôt d plainte et l’ouverture d’une enquête.

Ladjadj Mohamed Saïd, né le 19 décembre 1967, célibataire, fonctionnaire à la mairie de Kouba, demeurant à Belouizdad (Alger) a été arrêté à son domicile le 22 avril 1996 à 1h du matin par des forces spéciales de l’armée, des civils armés dont certains étaient cagoulés, après qu’ils aient défoncé la porte du domicile. Après perquisition, ils prirent une montre-bracelet et des lunettes solaires. Ils enfermèrent toute la famille dans une chambre et emmenèrent la victime. Ils prirent le chemin du commissariat du 7e arrondissement (Belouizdad). Le père a été convoqué à deux reprises durant l’année 1998 par la gendarmerie de Kouba, pour «renseignements complémentaires » concernant l’enlèvement de son fils. Plainte adressée par l’avocat de la famille au procureur général de la Cour d’Alger le 30 août 1998. Lettre adressée par le père à la LADDH le 29 mai 1996.

Laghrib Mabrouk, né le 2 octobre 1952. A été arrêté le 5 septembre 1994 à un barrage dressé par des militaires cagoulés sur le pont reliant la commune de Zerdada au village Bousbaa (El Harrouch, Skikda). Transféré à la brigade de gendarmerie d’El Harrouch, puis vers une destination inconnue.

Laghrib Mouloud, né le 24 novembre 1969. .A été arrêté le 5 septembre 1994 à un barrage dressé par des militaires cagoulés sur le pont reliant la commune de Zerdada au village Bousbaa (El Harrouch, Skikda). Transféré à la brigade de gendarmerie d’El Harrouch, puis vers une destination inconnue.

Lahmer Abdou Noureddine, né le 25 octobre 1953, commerçant, demeurant à Relizane, arrêté le 16 août 1994 à son domicile par des militaires et des civils armés en cagoules et armés, conduisant des véhicules Nissan blanches. Il a été emmené dans une caserne militaire à Relizane puis transféré le lendemain à Mers el Kebir. Depuis, il a disparu.

Laieb Said, né le 4 avril 1949, habitant à Ras El Oued, arrêté avec 14 autres personnes le 22 juillet 1994 par des forces de sécurité de Bordj Bou Arreridj. Les autorités algériennes ont informé le groupe de travail sur les disparitions forcées et les familles des victimes que certains des disparus de cette nuit ont été retrouvé morts dans une proche forêt. Aucun certificat de décès n’a été remis aux familles, aucune enquête diligentée.

Laïfa Abdelhamid, né le 9 juin 1968, célibataire, demeurant à Bab El Oued, Alger, travaille dans l’épicerie de son père, arrêté le 23 décembre 1995 à son domicile à 1h du matin par des éléments cagoulés de la sécurité militaire selon le témoignage de sa famille. Ils étaient très nombreux et à la recherche de l’oncle du disparu. Ne le trouvant pas, ils ont pris Abdelhamid. Ils ont fouillé l’appartement et volé de nombreuses choses. L’oncle est allé à la police de Bab el Oued et leur a demandé pourquoi il était recherché. La police l’a envoyé voir les militaires. Cette nuit là 6 personnes ont été enlevées et toutes ont disparues. La famille a entendu que ceux qui ont procédé à l’enlèvement relevaient de la responsabilité du général H.

Laïfaoui Hakim, né le 1er avril 1968 à Kouba, célibataire, gardien à l’usine Latrago (ex-Orevic) du Gué de Constantine, demeurant à la cité Casenave (Gué de Constantine-Alger), n’ayant aucune activité politique ou syndicale, arrêté le 14 décembre 1994 à 17h sur son lieu de travail (OREVIC) par des civils armés venus à bord d’un fourgon banalisé de type J5 et qui auraient présenté, devant témoins, leurs cartes professionnelles du ministère de la défense nationale. Des informations parvenues à sa famille feraient état de sa présence dans un premier temps au centre de Châteauneuf puis aurait été transféré sur la caserne de la SM de Ben Aknoun. Aurait été vu dans ces lieux par des ex-co-détenus libérés par la suite. Dépôt d’une plainte par la famille contre les services de sécurité auprès du tribunal d’Hussein-Dey (20 septembre 1998). Lettre adressée au président de la République (13 septembre 1999). La plainte déposée par ses parents devant le juge d’instruction près le Tribunal d’Hussein-Dey a été clôturée par une ordonnance de non lieu en l’état, rendue par ledit juge le 21 mars 1999.Sous le numéro 741/2000, une affaire est inscrite précipitamment devant le Tribunal pour l’audience du 11 mars 2000, afin de faire déclarer l’absence de la victime par jugement. Les affaires portées devant les Tribunaux algériens visent à faire déclarer « l’absence » judiciaire des victimes de disparition. A la suite de quoi, une seconde action permettra de faire déclarer leur mort civile.

Laimeche Youcef, né le 12 mars 1963, célibataire, vendeur ambulant, domicilié à Kouba, Alger. Arrêté le 31 mai 1995 à 2h 30 du matin à son domicile par des militaires en uniforme qui ont envahi le logement après avoir fracassé la porte d’entrée. Ils ont procédé à une fouille en détruisant des objets. Lettres aux différentes institutions.

Lakehal Mohamed, né le 10 août 1935, marié, demeurant dans la commune de Béni Dergoun (Relizane), arrêté le 7. Août 1996 à 9 h du matin à son domicile par le président de la DEC M. A. et les gardes communaux K. H., B. F., T. M. habillés en tenue et véhiculés en présence de sa femme et ses enfants. La maison a été fouillée Il est resté à Djedouia pendant 4 jours dans les locaux de la garde communale et puis transféré à Relizane puis aucune nouvelle de lui. Les gendarmes de Béni Dergoun ont convoqué l’épouse pour lui dire qu’ils n’ont aucune information a son sujet. Les gendarmes de Beni Dergoun ont convoqué l’épouse pour lui dire qu’ils n’ont aucune information a son sujet..

Lakel Fouad, né le 21 juin 1973, lycéen, demeurant à Alger, arrêté le 31 mai 1992 suite à un ratissage effectué dans son quartier, séquestré durant 15 jours au commissariat où il fut torturé. Puis transféré à la prison d’El Harrach où il fut incarcéré durant un an et demi (n° écrou : 62631) puis transféré à Serkadji durant six mois (n° d’écrou : 30027). Jugé le 20 décembre 1993 et condamné à 15 ans de prison, il fut transféré à la prison de Tazoult, Batna (n° d’écrou : 3159). Il s’évadera en mars 1994 et sera repris en mai 1994. Il aurait été transféré après sa reprise, à la prison de Serkadji selon des informations obtenues par la mère auprès du ministère de la justice. Il aurait été vu dans cette prison en janvier 1995 par plusieurs témoins libérés par la suite. Il aurait été transféré à nouveau à Tazoult, après le carnage de Serkadji de février 1995 avec une cinquantaine d’autres survivants. Selon le témoignage d’un ex-co-détenu, il était dans un état physique lamentable suite aux bastonnades qu’il aurait reçues à Serkadji après le massacre.

Lakhdar Abdelhakim, né le 26 juin 1971, célibataire, artisan sur métaux, résidant à Constantine. Enlevé fin août 1995 à son domicile et conduit au commissariat de Constantine où il a été vu. Soupçonné d’être le frère d’un islamiste arrêté par les policiers. Lettres au médiateur, l’ONDH.

Lakhdar-Chaouche Ali, né le 4 mars 1970, médecin résident en chirurgie orthopédique en stage à l’hôpital de Kouba (Alger) demeurant à Baraki (Alger) a été arrêté sur son lieu de travail le 1er avril 1997 à 2 heures du matin par des agents des services de sécurité en civil munis d’un ordre de mission, selon ses proches alors que ce chirurgien était de garde au pavillon des urgences. Porté disparu depuis cette date. Lettres à toutes les institutions civiles, organisations des droits de l’homme.

Laloui Omar, né le 30 mai 1971, demeurant à la ferme Casenave, au Gué de Constantine, célibataire, dépanneur, arrêté le 3 août 1996 à son domicile à 3h du matin par des militaires dirigés par le capitaine G. dit B. de la caserne de Aïn Naâdja (Alger) et des miliciens selon le témoignage de sa famille. Il est à noter que ces mêmes militaires avaient fait irruption au domicile de ce citoyen le 28 juillet 1996 à 18h alors que ce dernier était hospitalisé pour une fracture de la jambe à l’hôpital Salim Zemirli d’El Harrach, suite à un accident de moto et ont procédé à une perquisition du domicile familial. Le 19 janvier 1999, soit deux ans et demi après son enlèvement, des policiers de Bab Ezzouar firent irruption à son domicile à 1h du matin à la recherche du disparu. Ayant constaté son absence, ils exigèrent de sa famille de leur remettre sa photo. Ils emmenèrent son jeune frère, Hakim qui fut gardé 24h avant d’être relâché, sans avoir subi des violences. Un citoyen détenu durant quatre années à la prison d’El Harrach, a affirmé à la mère d disparu avoir vu son fils dans un lieu isolé de cette prison durant sa détention. Plainte déposée le 7 mai 1997 au tribunal d’Alger, enquête, aucune décision, lettres diverses.

Lamali Boualem, 18 août 1959, marin, domicilié à Dellys, Boumerdes, a été arrêté le 19 juin 1994 à 21h à son domicile par des militaires et des policiers de Dellys venus avec une voiture de type 205 blanche immatriculée 05798-193-35. Plainte déposée au niveau du tribunal de Dellys. Lettres diverses.

Lamamri Aïssa, né le 2 décembre 1959, commerçant (confection), demeurant à Constantine, arrêté le 12 novembre 1994 à son domicile par des forces combinées selon le témoignage de sa famille. Son magasin est pillé qui les mêmes personnes qui l’auraient arrêté : vol de rouleaux de tissus d’une valeur de 5 000 000 DA, 10 machines à coudre industrielles, fourgon Renault de type Trafic (matricule n° 5041 – 383 – 25, carte grise n° 299291). Le magasin a été ensuite incendié. La victime a disparu.

Laras Mehdi, né le 21 janvier 1974, chômeur, demeurant à Bab El Oued (Alger). A été arrêté le 13 mars 1995 à l’aube à son domicile par des policiers du commissariat du 1er arrondissement, dont plusieurs ont été reconnus par la famille et qui exerceraient au commissariat du quartier. Il aurait été vu par des témoins et pour la dernière fois le 16 mai 1995 au commissariat du 1er arrondissement d’où il aurait été sorti par des militaires cagoulés à 2h du matin pour l’emmener vers une destination inconnue. Lettres adressées par la famille au médiateur de la République (3 mai 1997), à l’ONDH au Directeur général de la Sûreté nationale. Disparu depuis.

Larbi Ali, né le 1 septembre 1968, célibataire, gardien à la Sonatrach, domicilié à Bordj el Kiffan, Alger. Arrêté le 4 décembre 1993 à 14h au poste de police de Rouiba où il s’était présenté sur convocation. Les policiers de Rouiba s’étaient rendus à son domicile et l’avaient cherché. Ils se trouvait au travail, ils ont pris son frère qu’ils n’ont relâché que le lendemain. C’est ensuite que le concerné s’est rendu au poste accompagné de son frère et le mari de sa sœur. La famille a appris qu’il était à la caserne de Blida. La mère s’y est rendue. Au début il lui a été dit qu’elle pouvait voir son fils puis les militaires ont nié qu’il s’y trouve. Plainte déposée le 20 mai 1998 au tribunal d’El Harrach, lettres diverses. D’autres voisins ont été arrêtés et ont disparu après sa disparition. Kaci Mohamed, Nachte Djamel, Merzouk Youcef.

Lardjane Abdelkader, né le 23 juin 1970, célibataire, domicilié Mazafran, Tipaza. Arrêté le 22 janvier 1997 vers 13h avec un groupe de 8 jeunes hommes par des agents de la sécurité militaire. Les amis étaient sorti ensemble en direction de la rivière pour chercher des feuilles pour les vendre. L’un d’entre eux a pu fuir, les autres ont été emmenés. Un autre a été relâché et a informé les familles qu’ils ont été interrogés et torturés. La famille s’est adressé à différentes institutions. La gendarmerie l’a informée que des cadavres avaient été trouvés au niveau de la rivière mais que les corps n’ont pas été identifiés. (voir les autres jeunes)

Lardjane Madani, né le 17 décembre 1963, demeurant à Birkhadem (Alger), commerçant, chauffeur de transport entre la place du 1er mai et Kouba (Alger). Arrêté le 21 mars 1994 vers 9 h du matin par des policiers. Il se tenait devant leur magasin d’alimentation dans la même rue. Il était assis avec trois autres jeunes du quartier en attente de son associé et de son cousin qui devaient venir le prendre. Une voiture blanche avec 3 personnes s’est arrêtée. Deux avaient le visage découvert, un portait une cagoule. Tous sont sortis de la voiture et se sont dirigés vers le magasin, la personne cagoulée devant. La troisième personne s’est dirigée vers le groupe de jeunes. Il a demandé si le concerné était là, ce que Madani répondit par l’affirmative. Il lui a donné l’ordre de les suivre. Ils se sont assis dans la voiture et le concerné n’a plus jamais réapparu.

Laredj Zoubir, né le 23 janvier 1959, célibataire, agent de bureau 2ème degré à l’école supérieure de Kouba, domicilié à Kouba, Alger. Arrêté le 23 août 1993 à 1h du matin de chez lui par des policiers en cagoule. Il a été enlevé habillé en tricot de peau et pyjama. Sa chambre a été perquisitionnée. Ils n’avaient pas frappé à la porte mais sauté par dessus le mur. La famille a eu des informations sur son transfert vers Hussein Dey puis au centre de Châteauneuf où il aurait subi des tortures prolongées. Plainte au niveau du tribunal de Hussein Dey, enquête du commissariat du lotissement Michel et de la gendarmerie de Ain Naadja. Le frère a été interrogé au moment de l’arrestation. Lettres diverses.

Lazizi Abdelwahab, né le 6 janvier 1980, demeurant à Bouinane, Blida. Célibataire. A été arrêté le 3 septembre 1995 à 10h 30 du matin à la gare de Boufarik où il y avait un barrage fixe de la police, devant témoins. Son père témoigne avoir retrouvé sa carte d’identité près du commissariat local, quelques heures après l’arrestation de son fils et l’avoir vu à travers la porte du commissariat. Il serait resté 10 jours au commissariat.

Lazreg Ahmed, né le 12 janvier 1955, marié et père d’un enfant, ingénieur agronome, domicilié à Médéa. Arrêté le 17 août 1994 à 1h du matin par des militaires à son domicile. Ils sont venus avec des véhicules militaires, camions et chars. Il aurait été emmené dans un centre mais le témoin ne sait pas lequel. Le beau-frère qui lui-même avait été arrêté deux fois de suite, l’a vu pendant quelques heures juste après son arrestation mais Ahmed a été appelé et le beau-frère ne l’a plus revu. Lui-même a été libéré après un mois de détention. Plainte au niveau du tribunal de Médéa, enquête mais aucune décision judiciaire. Lettres diverses.

Lazreg Nacéra, née le 11 avril 1961, mère de 6 enfants, arrêtée à son domicile à El Harrach le 6 décembre 1994 à minuit par des policiers du commissariat de Bourouba. Ils l’informent de la mort de trois hommes, abattus par eux-mêmes, dont son mari recherché Mahfoud Koudri. Elle doit les accompagner pour l’identifier. Depuis, elle a disparu. Plus tard, la famille apprit par des témoins que Nacera avait été torturée sauvagement pendant près de 30 jours, entre autre par le commissaire Ould Ammi lui même (il a été tué plus tard). Finalement elle aurait été exécutée et sa dépouille aurait été jetée à la décharge publique de Oued-Smar où elle fut retrouvée avec d’autres cadavres. Elle fut emmenée à la morgue de Bologhine et enterrée sous l’inscription: « X-algérienne ».

Lemmiz Mohamed, né le 14 décembre 1970, célibataire, ouvrier à la Sonatrach, domicilié à Baraki, Alger. Arrêté le 30 avril 1996 à 5h 30 du matin à son domicile au moment d’un ratissage militaire dirigé par le commandant Mbarek. Il aurait été vu plus tard à la caserne de Baraki puis de Beni Messous. Un voisin du nom de Boufiala Abdelhamid (Abdelmadjid) a été arrêté au même moment et a disparu aussi. Plainte déposée le 16 septembre 1997 au tribunal d’El Harrach, enquête, aucune décision judiciaire. Lettres diverses. Il vait déjà été arrêté auparavant. Son frère aussi avait été arrêté et relâché après neuf jours durant lesquels il a été questionné au sujet de Mohamed.

Lorassi Abderrahmane, né le 6 avril 1953. A été arrêté le 5 septembre 1994 à un barrage dressé par des militaires cagoulés sur le pont reliant la commune de Zerdada au village Bousbaa (El Harrouch, Skikda). Transféré à la brigade de gendarmerie d’El Harrouch, puis vers une destination inconnue.

Loucif Abdelkrim, né le 23 avril 1969, marié et père de 3 enfants, tôlier, demeurant à Rasfa (Sétif), à 8h 30 arrêté le 27 juin 1995 à la brigade de gendarmerie de Ras Isly où il présenta avec son père suite à une convocation. Il est à noter, selon le témoignage de son père que la gendarmerie s’était présentée la veille à son domicile et aurait confisqué le livret de famille.

Loudi Hacène, né le 1er septembre 1960, éducateur au Lycée Mohamed Boussaïdi d’El Harrach (Alger), demeurant Les Pins Maritimes, Alger, marié et père de deux enfants a été arrêté le 9 avril 1995 sur son lieu de travail par des policiers en civil venus à bord de véhicules banalisés (Fiat Tipo et Peugeot 504 bâchée). L’arrestation s’est faite dans le bureau du directeur du Lycée en présence de ce dernier et de ses deux adjoints. Le directeur de l’établissement scolaire a établi un rapport circonstancié de l’arrestation de son employé, adressé à sa hiérarchie. Il aurait été vu par des témoins (noms connus) au centre de Châteauneuf et signalent qu’il avait subi des tortures. Un témoin libéré le 3 juin 1995 déclare l’avoir laissé à Châteauneuf à cette date. Un autre témoin affirme l’avoir également vu en ce lieu à la date du 15 novembre 1995. Sa famille signale que quinze jours avant son arrestation, il avait été interpellé par des policiers qui l’emmenèrent au commissariat d’El Harrach et le relâchèrent après interrogatoire. Plainte adressée par la famille au tribunal d’El Harrach (22 août 1999). Nombreuses lettres aux différentes institutions.

Lounas El Hadj, né présumé en 1956, marié, instituteur, demeurant dans la commune d’Ouanougha (M’Sila), arrêté le 11 décembre 1994 à 8h sur son lieu de travail (école primaire d’Ahloued, commune d’Ouanougha) par des gendarmes du village qui l’emmenèrent à son domicile dans un premier temps pour effectuer une perquisition, puis vers une destination inconnue. .

Louzri Ahmed, né le 11 septembre 1950, marié et père de 5 enfants, maçon, demeurant Chebli (Blida), arrêté le 4 juillet 1993 alors qu’il était en visite chez son frère Laïd (arrêté également) à Bahata (Médéa) par des militaires de la caserne de Bahata. Plainte adressée par sa famille au procureur de la République du tribunal de Tablat (Médéa) le 15 juillet 1997. Plainte déposée par l’avocat de la famille auprès du procureur général de la Cour de Médéa le 12 janvier 1999.

Louzri Laïd, né le 26 avril 1961, marié et père de 5 enfants, fellah, demeurant à Bahata (Médéa), arrêté le 4 juillet 1993 près de son domicile ainsi que son frère Ahmed, par des militaires venus de la caserne de Bahata. Plainte adressée par sa famille au procureur de la République du tribunal de Tablat (Médéa) le 15 juillet 1997. Plainte déposée auprès des procureurs généraux de la Cour d’Alger et de Médéa par l’avocat de la famille le 31 décembre 1998.

Lyazidi Kamel, né le 1er mars 1971, célibataire, étudiant, domicilié à Kouba Alger. Arrêté le 1er février 1996 à 9h du matin au 3 rue Ali Boumendjel, Alger devant la boutique de ses amis et en leur présence par des agents de la sécurité militaire utilisant un véhicule officiel. Son frère a aussi été arrêté et relâché après 24 h. Il a été affreusement torturé et était gravement blessé. Il y a d’autres voisins arrêtés en même temps, disparus. Il y a eu plusieurs perquisitions du domicile par des militaires et des policiers. A chaque fois il y a eu vol de bijoux et d’argent. Il aurait été détenu au commissariat n°1 (Ouled Koreich). Plusieurs membres de la famille ont été interrogés. Plainte déposée le 27 mai 1998 auprès du tribunal de Hussein Dey, enquête. Lettres diverses.

 

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