1000 disparitions forcées (1992-2001)

 L’Algérie 10 ans après le putsch Les droits humains: Un bilan désastreux 

  1000 cas de disparitions forcées (1992-2001)

Liste établie par Dr. Salah-Eddine Sidhoum et Algeria-Watch

sur la base des informations rassemblées par Dr. Salah-Eddine Sidhoum, Me Mahmoud Khelili, Me Sofiane Chouiter, Me Mohamed Tahri, Mohamed Smaïn, Amina Kadi, Amnesty International, SOS disparus, le Collectif des familles de Disparu(e)s, l’association des familles de disparus de Constantine

Publiée par Algeria-Watch, 11 janvier 2002

Cette liste non exhaustive de personnes disparues a pu être réalisée grâce au travail courageux d’une poignée de défenseurs des droits humains et à la détermination des familles des victimes qui malgré les intimidations, persécutions et menaces ont persévéré dans cette quête de vérité. Il est probable que des imprécisions et des erreurs aient été transmises, vu les conditions de travail sur le terrain extrêmement difficiles. Nous lançons un appel aux témoins et familles de victimes pour apporter des compléments d’informations et nous informer de cas de disparitions que nous n’avons pas répertoriés.

A    B    C    D    E    F    G    H    I   K   L    M    N    O   R   S    T    Y    Z

C

Chabane Ahmed, né le 19 juin 1966, demeurant Maqaria (Alger), sous-directeur dans une société automobile (Daewoo) a été arrêté à Alger le 13 décembre 1994 à 9 heures par des civils armés alors qu’il sortait de son lieu de travail pour rejoindre un magasin. Son véhicule a aussi disparu et aurait été revu et formellement reconnu par son père quelques jours plus tard, conduit par des policiers en civil. Témoignage de Chabane Abdelkader demeurant à Maqaria, Hussein Dey : Mon fils Ahmed né le 19 juin 1966, cadre à la société automobile Daewoo, marié, un enfant, a disparu le matin du 13 décembre 1994 à 9 heures, en sortant de son travail pour se rendre dans le magasin de vente et depuis nous n’avons aucune nouvelle de lui. Nous avons reçu un coup de téléphone anonyme nous disant qu’il se trouvait au PCO de Châteauneuf. Et malgré les demandes faites auprès du ministre de l’intérieur, le procureur général d’Alger, la ligue des droits de l’homme, monsieur le président de la République, monsieur Habachi, médiateur de la République, le ministère de la défense, Ouyahia, le premier ministre et Mme Mechernène, ministre de la solidarité, nous n’avons reçu aucune réponse hormis celle du procureur de la République. Il a disparu avec la voiture de la société. J’ai vu sa voiture par la suite à Alger conduite par des civils. Je l’ai reconnue facilement car son siège de conducteur est différent des autres. Pour moi, ces civils étaient de la police ou de la sécurité militaire. Je n’ai aucune nouvelle malgré les interventions faites auprès des autorités.

Chabira Abdelkrim, né le 6 décembre 1974, demeurant à Belouizdad (Alger), lycéen, arrêté le 3 septembre 1994 par des militaires (parachutistes) à son domicile. Ils ont arrêté en même temps trois de ses frères. Le lendemain, les mêmes militaires reviendront au domicile, selon le témoignage de la famille, brutalisant ses parents et volant vêtements, argent et bijoux. Ils ont arrêtés le père et un autre frères. Tous ont été relâchés mis à part Abdelkrim.

Chabouni Ali, né le 4 février 1972, célibataire, demeurant à Baraki (Alger), soudeur de profession, a été arrêté à son domicile le 8 novembre 2000 à minuit par huit civils armés selon le témoignage de sa famille, munis de talkies-walkies, venus à bord d’un fourgon banalisé de type J5, blanc à double toit et d’une voiture blanche de type Volkswagen, blindée. Ses parents, son frère et sa sœur étaient témoins de l’arrestation. Les voisins ont vu les deux véhicules stationnés devant le domicile de la victime. Au lendemain de l’enlèvement, ses parents sont allés se renseigner auprès du commissariat de police de Baraki qui dit ignorer tout de l’arrestation.

Chafaï Zoubir, né le 14 août 1942, domicilié à Kouba, Alger, chef d’administration de la société BIMIL, arrêté le 24 février 1993 par les forces de sécurité et condamné en octobre de la même année à 8 ans de réclusion., Il a passé 8 mois à la prison d’El Harrach et 4 mois à la prison de Tazoult d’où il s’évadera en mars 1994 avec près d’un millier d’autres détenus. Aurait été repris le 31 octobre 1994. Selon le témoignage de sa famille, il aurait été vu au commissariat de Bourouba et le commissariat central d’Alger à cette période par des co-détenus libérés. Le groupe spécial sur les disparitions forcées s’est adressé aux autorités algériennes qui ont répondu qu’il avait été tué lors d’une confrontation avec les forces de sécurité. Plainte 10 avril 1995 au tribunal d’Alger.

Chaib Abderezak , né le 15 juin 1947, marié et père de 9 enfants, demeurant à Khroub, Constantine, magasinier à la Sonacome de Oued Hamimim. Arrêté le 28 juin 1995 à 15h à son lieu de travail par des agents de la sécurité militaire. Il avait déjà été arrêté auparavant et passé 16 jours au commissariat de Khroub. Plus aucune nouvelle de lui.

Chaïb Djamel, né le 5 mai 1959, marié, habitant cité Coopemad, Ain Benian (Alger), commerçant, arrêté dans son local commercial le 21 octobre 1996 à 13h 30 (Alger) par 7 policiers armés en civil avec trois véhicules de type R19 (blanche et noire). Au même moment un ami présent (nom confidentiel) a aussi été arrêté mais relâché le lendemain. Il dit qu’on leur a bandé les yeux et emmenés.

Chaïr Mohamed, né le 20 janvier 1965, navigateur, demeurant Alger Arrêté par des militaires le 6 septembre 1998 à son domicile tout comme son frère Mustapha.

Chaïr Mustapha, né le 26 avril 1972, demeurant à Alger, chômeur. Arrêté par des militaires le 6 septembre 1998 à 12h à son domicile par des policiers et des militaires.

Chaklal Houari, né le 7 avril 1975, célibataire. Demeurant Bourouba, Alger. Il a été arrêté selon le témoignage de ses collègues de travail et de ses parents par des policiers le 16 septembre 1996 à 17h 30 à un barrage de police sur le pont de la place du 8 mai 1945 (El Harrach). Quinze jours après son arrestation, des policiers ont fait irruption à son domicile à 2 heures du matin à sa «recherche ». Huit mois après ce kidnapping, le père qui avait entrepris de multiples recherches dans les commissariats et brigades de gendarmerie sans succès, fut convoqué par la brigade de gendarmerie de Baraki pour lui signifier que son fils était «recherché pour activités terroristes ». Aucune nouvelle n’est parvenue à sa famille depuis cette date. Plainte déposée par l’avocat de la famille auprès du procureur général de la Cour d’Alger le 31 mars 1998.

Chalabi Mustapha, 42 ans ,marié et père de trois enfants, demeurant à Hattatba (Tipaza), comptable à l’OPGI de Koléa. Il est allé rendre visite à son père malade. Il a passé deux journées chez lui. Au troisième jour, au matin, alors qu’il quittait le domicile de son père pour rejoindre son lieu de travail, il fut accosté devant la porte par des hommes armés venus à bord d’une 404 bâchée. Son père a vu par la fenêtre son fils Mustapha se débattre avec ces hommes. Il a reconnu trois miliciens. Il aurait été signalé au camp de la sécurité militaire de Haouch Chnou (Blida) .

Chaouche Abdelhamid, né en 1955, marié et père de 7 enfants, chauffeur de bus, demeurant à Bordj Zemmoura (wilaya de Bordj Bou Arréridj), a été arrêté à son domicile le 19 avril 1995 à 20h au moment où un dispositif militaire a été placé autour de sa maison. Il a été sorti de la maison et conduit au siège de la commune par des membres de la DEC qui sont : Y.S., B.A., B.S., B.A., tous armés. Au siège de la commune se trouvaient déjà des personnes arrêtées: Benabdelkrim Tahar, Bensaadi Boubekeur, Ziane Ammar. Ils ont passé la nuit à cet endroit et le lendemain ont été transférés à Bordj Bou Arréridj. Une enquête a été diligentée par la gendarmerie nationale en 1998. Lettres à toutes les institutions et organisations internationales.

Charchari Abdelmadjid, né le 10 décembre 1972, célibataire, stagiaire, domicilié Badjarah (Alger). Arrêté le 9 août 1994 à 11h du matin par la police de El Maqaria à son domicile. D’autres voisins ont été arrêtés au même moment et ont été relâchés. La mère s’est présentée le lendemain au commissariat o’u il lui a été confirmé que le fils s’y trouve. Le 13 juillet 95, la famille apprend qu’il serait à Serkadji.

Charif Aziouz, né le 5 août 1971, célibataire, sans profession, domicilié Arbatache, Boumerdes, arrêté le 4 juin 1995 à 10h du matin par les gendarmes de Khemis El Khechna devant le magasin d’une personne dont le nom est connu dans le quartier Arbatache. Ils lui demandèrent sa carte d’identité qu’il n’avait pas. Sa mère était présente. Il avait été incarcéré dans la maison d’arrêt d’El Harrach où il avait purgé une peine de 4 mois. Par la suite, il a été arrêté par la gendarmerie de Boumerdes et transféré à la prison de Tizi ouzou. Un autre fils a été arrêté et gardé à vu pendant une nuit. Plainte le 7 juin 1995 auprès du tribunal de Rouiba, enquête de la gendarmerie de Khemis el Khechna, sans résultat. Lettres diverses.

Chatal Laid, né le 11 mars 1968 , célibataire, chômeur, habitant Bab el Oued, Alger, arrêté le 15 mars 1997 vers 17h à climat de France près de la mosquée Ar-Rahma après la prière d’el Asr par des forces combinées qui agissaient alors qu’un barrage de police encerclait le coin. Vers 20 h des militaires se présentent avec lui au domicile familial pour perquisitionner. Il portait des traces de torture. Il était pieds nus, les mains ligotées, en sang, les vêtements déchirés. Peu après, un ami (nom connu) à lui a été arrêté. Il a été libéré le 10 septembre 1997 et a ramené le pull du disparu ce qui attestait qu’il était encore en vie à ce moment. Il se trouvait dans une caserne militaire dans la banlieue d’Alger. Un autre ami à lui, arrêté le 13 mars 1997 est disparu aussi : Mogdad Mohamed. Plainte le 9 décembre 1997 au tribunal d’Alger, enquête, convocation de la mère. Lettres diverses.

Chatal Larbi, né le 1er juin 1941, marié et père de 11 enfants, marchand de fruits et légumes, demeurant à Taher (Jijel), a été arrêté le 10 février 1995 à 15h à un barrage de gendarmerie à Achouat (Jijel). Selon le témoignage de sa famille, ces gendarmes appartiendraient à la brigade de Taher. Les gendarmes l’accompagnèrent au domicile où il laissa sa voiture et les achats. La carte grise du véhicule sera saisie et ne sera jamais remise à la famille. De nombreux voisins étaient témoins de la scène. Il fut embarqué dans l’un des véhicules de gendarmerie. Après son arrestation, les gendarmes de Taher convoqueront son épouse qui sera intimidée. De nombreuses requêtes furent adressées aux autorités administratives et judiciaires et resteront sans réponse.

Chatbi Mourad, né le 1er février 1967, demeurant au domaine agricole Chabou Abdelkader (Bordj El Bahri, Alger), marié et père d’un enfant, agriculteur, blessé selon le témoignage de son épouse à sa jambe droite par une balle perdue le 15 octobre 1994 à son domicile alors qu’il réparait son véhicule. Transféré par son voisin à l’hôpital Salim Zemirli d’El Harrach où il fut hospitalisé. Le 20 octobre 1994, il fut enlevé sur son lit d’hôpital par des policiers sous prétexte qu’il allait être transféré sur l’hôpital militaire de Aïn Naâdja. Sa famille ne le reverra plus jamais. Selon des informations recueillies par son épouse, il aurait séjourné au centre de Châteauneuf. Une plainte a été déposée par sa famille auprès du procureur général de la Cour d’Alger (juillet 1997).

Chehami Brahim, né le 9 juin 1971 à Hussein Dey, demeurant à Baraki, célibataire, chômeur, a été arrêté à son domicile le 10 avril 1994 à 23h 30 par des hommes armés se réclamant des services de sécurité. Selon le témoignage de sa famille, il aurait été arrêté avec son frère Tewfik et auraient été emmenés ensemble au commissariat de Badjarah. Tewfik fut transféré avec d’autres citoyens du quartier vers le commissariat de Belcourt puis furent libérés. Brahim est resté au commissariat de Badjarah dans un premier temps puis sa famille a perdu toute trace de lui jusqu’à novembre 1995 où il envoya un message verbal de la prison militaire de Blida par l’intermédiaire d’un co-détenu libéré.

Cheikh Touhami Mohamed, né le 15 octobre 1971, célibataire, tourneur de profession, demeurant au quartier El Koutab (Médéa), a été arrêté le 19 mai 1996 à 12h 30 à son domicile par 6 agents des forces de sécurité en civil, armés de kalachnikovs et venus à bord d’un véhicule banalisé de type J5 de couleur blanche. L’un des ravisseurs est un agent de la sûreté de Médéa nommé Salah et porte une casquette. Le père aurait le jour-même rencontré l’agent S., auteur de l’enlèvement de son fils, au centre-ville de Médéa, au lieu dit «El Houffra». Ce dernier l’aurait intimidé et lui aurait ordonné de disparaître. De nombreux voisins du quartier ont été témoins de l’enlèvement.

Chekaba Miloud, né le 15 novembre 1966, marié, sans profession, domicilié à Bourouba, Alger. Arrêté au commissariat de police où il s’était présenté sur convocation.

Chelighem Ahmed, né le 22 février 1977, célibataire, stagiaire dans un centre de formation professionnelle demeurant à Blida, arrêté le 14 janvier 1996 aux environs de 18h lors d’une rafle menée par des civils armés de la sécurité militaire, suite à l’explosion d’une bombe à Bab Essebt (Blida). Lettres adressées par la famille à l’ONDH. Plainte déposée le 12 mars 2000 auprès du procureur général de la cour de Blida.

Chelihi Abdelmalek , né le 23 septembre 1943 , marié et père de 6 enfants, Chef de service à la Sonacome de Oued Hemimim, demeurant à Khroub, Constantine. Arrêté le 28 juin 1995 à 14h30 à son lieu de travail par des membres de la sécurité militaire en même temps que 14 autres collègues. Ils n’ont plus réapparus. Voir Chaib Abderazek

Chembazi Smaïl, né le 24 janvier 1966, marié et père de 2 enfants, professeur, demeurant à Salah Bey (Sétif), arrêté sur son lieu de travail le 17 janvier 1994 selon le témoignage de sa famille par le chef de brigade de gendarmerie de Ouled Tebben, un dénommé M.M. et son adjoint B.D..

Cheniti Abdelkader, né le 18 février 1963, demeurant les Eucalyptus (El Harrach), marié et père de 2 enfants, imam et professeur à la mosquée Al Islah à Château Rouge, Eucalyptus. , arrêté le 26 juin 1996 par des hommes armés cagoulés en tenue de parachutistes et des walkies-talkies. Selon sa famille, l’un des hommes cagoulés déguisé en parachutiste était un policier. Pendant la semaine dans laquelle s’est déroulée cet enlèvement de nombreuses personnes ont été arrêtées. Certains ont été relâchés et d’autres non.

Cherchar Abdelkader , né le 29 septembre 1967 , célibataire, demeurant Constantine, sans profession. Arrêté le 26 mai 1995 à 16h (plus précisément en septembre 1995) par des membres de la sécurité militaire. Il avait été arrêté le 14 mars 1994 et détenu au commissariat central pendant 12 jours. Il a été arrêté une seconde fois à la date indiquée par des policiers et séquestré pendant 3 mois et 10 jours au commissariat central. Le jour de la libération, des agents de la SM l’attendaient à la maison. A son arrivée u domicile, ils l’ont tout de suite embarqué et depuis la famille est sans nouvelles.

Cherfaoui Sidali, né le 17 janvier 1974, célibataire, domicilié au Gué de Constantine, Alger, électricien, arrêté par des forces combinées le 5 août 1996 à 4h du matin au domicile. Les agents ont montré leurs cartes professionnelles. L’appartement a été fouillé. Arrêté avec d’autres voisins dont Khamellah Sidali disparu aussi.

Cherguit Abdelhakim, né le 21 juillet 1966, célibataire, domicilié à Kouba (Alger), mécanicien de profession, enlevé le 30 décembre 1993 à 1h du matin à son domicile par des ninjas. armés après avoir été battu devant sa famille. Aurait été localisé, selon le témoignage de sa famille au centre de Châteauneuf pendant 25 jours, ensuite plus de nouvelles. Plainte au niveau du tribunal d’Alger le 18 juillet 1995, enquête, mère convoquée par la police, aucun résultat. Lettres diverses.

Cheribet Nabil, né le 25 novembre 1974, célibataire, lycéen, demeurant Constantine. Arrêté à son domicile le 29 mai 1995 par des policiers de l’ONRB. Un cousin et des voisins ont été arrêtés en même temps. Ces derniers ont été présentés au parquet et ont été condamnés à 4 ans de prison. Nabil n’a pas été présenté au parquet. Selon les dires d’un co-détenu libéré en 1999, il serait vivant et malade, ayant perdu l’usage de la parole.

Cheridji Mohamed, né le 3 décembre 1962, marié et père de 4 enfants, diabétique et cardiaque, mécanicien à l’ETUSA (transports publics d’Alger), arrêté le 25 janvier 1998 par des hommes armés au domicile de sa sœur à Baraki (cité des 2004 logements), sous les yeux de sa famille. Ces hommes armés venus à bord d’un véhicule banalisé, ont été reconnus comme étant des policiers de Baraki.

Cherif Hadria Larbi, né en 1953 à Mascara, marié, bijoutier demeurant Sidi Chami, Oran, arrêté le 10 octobre 1994 à 14 h 30 par la sécurité militaire à Oran au lieu de travail. Les 7 occupants en civils et armés dans une voiture express blanche et une J5 ont frappé à la porte du domicile et ont exigé l’adresse du lieu de travail. Ils s’y sont rendus et l’ont enlevé devant des collègues. Ils ont perquisitionné dans l’appartement avant de se rendre à la bijouterie en lançant des menaces de mort à l’encontre de sa femme. Lettre au ministre de l’Intérieur, Chef du Gouvernement, ONDH.

Cherrad Brahim, né le 28 février 1948, officier de gendarmerie, membre du FIS, demeurant à Ras El Oued a été arrêté par des éléments de la SM le 22 juillet 1994 à son domicile, venus à bord d’une Toyota (matricule: 00075-194-34). Cette voiture continue, selon le témoignage de sa famille à circuler dans la wilaya de Bordj Bou Arréridj.

Chettal Larbi, né le 1er juin 1941, marié et père de 11 enfants, marchand de fruits et légumes, demeurant dans la commune de Taher (Jijel), arrêté le 10 février 1995 à Achouat, près de Taher par des gendarmes alors qu’il revenait de Jijel où il est allé ramener des caisses d’emballage. Il sera emmené à la brigade de gendarmerie puis sera autorisé par les gendarmes et sous leur escorte à déposer sa camionnette et la marchandise à son domicile avant de retourner à la brigade. Les papiers du véhicule lui seront confisqués. . L’épouse sera convoquée à plusieurs reprises à la brigade pour être menacée suite aux démarches entreprises pour retrouver son mari. Les gendarmes de la localité auraient nié toute participation à l’arrestation selon le témoignage du fils de la victime.

Chibi Farid Abdelkader, né le 19 mars 1965, marié et père d’un enfant, ouvrier professionnel, demeurant Bab El Oued (Alger), arrêté le 26 février 1997 à 5h au domicile de sa grand-mère maternelle, à Alger par des militaires armés qui ont défoncé la porte de l’appartement. Une perquisition a été faite au moment de l’enlèvement. Il a été emmené pieds nus et à moitié dévêtu. Ses habits et ses chaussures ont été retrouvés dans l’appartement.

Chihoub Djamel, né le 8 janvier 1977, célibataire, chômeur, demeurant à Baraki, a été arrêté à son domicile le 16 mai 1996 à 23h 30 au domicile lors d’un ratissage par des militaires qui cherchaient son frère Saïd qui aurait «rejoint le maquis ». Ces militaires étaient accompagnés du milicien K. D., connu dans la région. Les militaires, en arrêtant Djamel, voulaient exercer un chantage sur la famille en déclarant au père : «lorsque Saïd se livrera, nous libérerons Djamel». Il n’a plus été revu depuis. Il aurait été à la caserne de Beni Messous. Ce jour là plusieurs personnes ont été arrêtées. Saïd Chihoub qui aurait «rejoint le maquis » sera tué un mois plus tard par les militaires «dans un accrochage » selon leur version officielle. Son corps sera identifié par ses parents. La famille sera interrogée par la gendarmerie de Baraki. Plainte le 5 août 1996 au niveau du tribunal d’El Harrach, enquête sans résultat. Lettres diverses.

Chihoub Mourad, né le 29 septembre 1980, demeurant à Baraki, frère de Djamal, lui-même disparu, a été arrêté par des militaires et des miliciens (dont un certain K.D.) à son domicile le 12 novembre 1996. Il y avait aussi le commandant M. de la caserne de Baraki. Non contents d’avoir tué son frère Saïd, puis fait disparaître Djamal, les militaires accompagnés de miliciens viendront arrêter Mourad, jeune adolescent de 16 ans. La famille a appris qu’il aurait passé 3 mois dans la caserne de Baraki, puis aurait été transféré à Salembier et enfin Ben Aknoun. Le père, devant ces malheurs à répétition et qui tenta d’empêcher l’arrestation de son jeune fils, a failli être abattu par l’un des miliciens. L’armée, à travers ses services, répondra via l’ONDH, n’avoir aucune relation avec ces arrestations.

Chikh Hassan, né le 16 janvier 1966, marié et père de trois filles, demeurant Badjarah (Alger), commerçant. Arrêté sur son lieu de travail à Chebli, Larbaa, le 21 juin 1994 à 10h par des gendarmes de la localité et des agents de la SM devant ses collègues de travail et son frère Kamal. Emmené vers une destination inconnue. Trois mois après son enlèvement, il enverra un message du centre de Châteauneuf par l’intermédiaire d’un ex-co-détenu libéré. Le directeur de l’entreprise put fuir en voiture mais aurait été tué avec 10 autres personnes 10 ou 11 mois plus tard, d’après la TV algérienne. Suite aux multiples plaintes adressées par la famille aux autorités, la gendarmerie de Aïn Naâdja convoquera sa famille pour «procéder à une enquête ». L’ONDH répond à la famille que les services consultés ne font pas état de son arrestation.

Chikhi Bouziane, né le 1er février 1956, marié et père de 8 enfants, fellah, demeurant à Berbessa (Koléa), arrêté le 28 juillet 1994 par des gendarmes du village suite à une convocation à laquelle il avait répondu en se rendant à la brigade. Lettres adressées par son épouse au président de la république (3/1/95), au médiateur de la république (8/6/96) et à l’ONDH (1997).

Chikhi Lakhdar, né le 4 novembre 1962, marié et père de 3 enfants, demeurant route nationale, Koléa (Tipaza), arrêté le 28 avril 1995 à son domicile à Tipaza. Le père et le frère enlevés et disparus.

Chikhi Mokhtar, né le 1er décembre 1937, enlevé le 22 juin 1995 à bord de son véhicule de type Fiat Super mirafiori (matricule: 05496-181-42) par des policiers. Selon le témoignage de sa famille, il aurait été menacé à plusieurs reprises par les gendarmes de Koléa. Ses deux fils Lakhdar et Zoubir ont également été enlevés.

Chikhi Zoubir, né le 13 octobre 1965, demeurant route nationale, Koléa (Tipaza), arrêté le 1er juin 1995 par des gendarmes à son poste de travail. Le père et le frère enlevés et disparus.

D

Dahmani Youcef, né le 2 février 1964, célibataire, comptable, demeurant à Diar Essaâda (Alger), comptable, a été arrêté le 22 novembre 1994 à 10h sur son lieu de travail (Sabco-Alger) par des policiers d’El Madania uniformés, en présence de son directeur et de son adjoint. Ils étaient déjà venus la veille mais ne l’ont pas trouvé. Des voisins ont été arrêtés par la suite, certains ont disparus d’autres non. L’un d’eux a rapporté qu’il avait u le disparu au poste de police d’El Madania. Plainte le 2 juillet 1995 au niveau du tribunal d’Alger, aucune suite.

Dali Samir, né le 2 juillet 1962, marié, salarié, demeurant à Sétif, arrêté le 27 juin 1994 à la cité Yahiaoui (Sétif) par des policiers selon le témoignage de sa famille. Son domicile aurait l’objet de nombreuses perquisitions avant sa disparition. Il aurait été condamné par contumace à 10 ans de prison par la Cour spéciale de Constantine après son enlèvement.

Dardakh Saïd, né le 10 janvier 1965, demeurant à Guemmar (El Oued), enlevé de son lit le 8 août 1992 à 2h du matin par des militaires et déporté au camp de Ouargla. Il restera dans ce camp 8 mois jusqu’à l’incendie de ce dernier suite à un mouvement de révolte des déportés en raison des conditions de vie. Il sera alors incarcéré à la prison militaire de Ouargla. Les visites familiales lui furent interdites durant l’année 1993. Selon le témoignage de son épouse, les militaires lui feront comprendre que son mari avait été condamné à 2 ans de prison et qu’il allait être libéré après avoir purgé sa peine. Après deux années, son épouse inquiète de sa non-libération, ira à la prison militaire de Ouargla s’enquérir du sort de son mari. Dans un premier temps, les militaires lui répondront qu’il avait été libéré, puis se rétracteront et l’orienteront vers le camp de concentration de Aïn M’Guel, puis vers le tribunal militaire où on lui répondra que son mari aurait pris la fuite. En 1997, à la libération de ses anciens compagnons, son épouse apprendra qu’en 1995, il aurait été transféré ainsi que 6 autres détenus vers une destination inconnue.

Deghmoum Moussa, né le 2 avril 1964, marié et père de 3 enfants, demeurant à Oran, ingénieur d’Etat, a été enlevé le 20 avril 1997 près de son domicile. Deux jours plus tard, des militaires, des policiers et des civils armés ont fait irruption à son domicile à 6h du matin et ont procédé à une perquisition. Ils emmèneront son épouse qu’ils garderont 24h au poste avant de la libérer. Selon le témoignage de sa mère, des informations lui seraient parvenues faisant état de sa présence à Alger, au centre de Châteauneuf puis à la caserne de la SM de Béni Messous, selon des détenus libérés de ces centres.

Dehilis Yacine, né le 18 avril 1978, célibataire, demeurant à El Harrach (Alger), arrêté le 18 ou 20 mai 1996 à 3h du matin à son domicile par des policiers et militaires. Selon le témoignage du père, il aurait été localisé dans un premier temps au commissariat des Eucalyptus où il serait resté pendant 17 mois. Il s’y trouvait avec d’autres détenus libérés par la suite. La police qui a convoqué la famille suite à la plainte déposée le 16 février 1998 au niveau du tribunal d’El Harrach a nié toute implication dans l’arrestation. Lettres diverses.

Dellachi Rabah, né le 11 juin 1972, demeurant à Maghraoui (Médéa), arrêté le 1er octobre 1996 par des militaires accompagnés de miliciens à son domicile. Selon le témoignage de sa famille, les militaires se sont présentés au domicile et lui auraient demandé sa carte du service national qu’il n’avait pas. Un milicien de Bir Ghebalou du nom de H.B. s’adressa alors aux militaires en leur disant que son père est membre des groupes armés ayant rejoint les maquis. Il fut alors arrêté et emmené à la caserne de Tablat. Quinze jours après son arrestation, son père ira à la caserne et les militaires l’assurèrent de la libération de son fils à la fin de l’enquête.

Derdoukh Aïssa, né le 1er août 1971, célibataire, sans profession, demeurant à Aïn Azel (Sétif), arrêté le 12 mars 1994 à 12h à son domicile par des gendarmes cagoulés venus à bord de véhicules de gendarmerie et de voitures banalisées. Suite à la lettre adressée à l’ONDH, la mère recevra une réponse de cet organisme lui précisant que son fils aurait rejoint les groupes terroristes début 1994 et qu’il activerait dans les monts de Guediane et de Boutaleb.

Derfoul Fodhil, né le 8 janvier 1964, célibataire, serveur au ministère de la défense nationale. Arrêté le 18 octobre 1995 par des agents de la SM de son lieu de travail. Il s’agit du commandant Ibrahim et du capitaine Salim. Ils l’ont embarque dans une voiture Mazda 626 avec deux autres personnes. Après 3 ans les gendarmes de Bab el Djedid sont venus pour faire une enquête suite à la plainte de la famille au niveau du tribunal militaire de Blida.

Derouiche Abdelkrim, né le 30 juin 1965, habitant Relizane. Le 22 août 1996 le chef de la milice locale et président de la Délégation Exécutive Communale H.F. accompagné de ses hommes et d’un véhicule appartenant à la SM surgit chez à son domicile et l’emmène. Depuis, il a disparu. Le surlendemain, H.F. se rend avec des militaires chez le frère Mohamed et lui donnent l’ordre de leur indiquer le lieu de résidence du frère Benatia. Il les y emmène et est relâché le soir. Benatia est enlevé et disparaît.

Derouiche Benatia, né le 9 juin 1963, marié et père de deux enfants, employé à la cnasat, domicilié à Relizane, ex-membre du SIT. Début 1996 la police se rend à son domicile et ne le trouve pas. Ayant appris qu’il éatit recherché, il fuit chez des parents, craignant des tortures. Son frère Abdelkrim lui conseille de se rendre aux autorités et de bénéficier de la loi de Rahma, même s’il n’a commis aucun délit. Vers le 20 janvier 1996 les deux frères se rendent au commissariat. Benatia est détenu pendant douze jours, comparait devant un procureur qui l’acquitta (déclaration de repenti datée du 31 janvier 1996). Il fut libéré. Le 24 août 1996, le chef de la milice locale et président de la Délégation Exécutive Communale H.F. accompagné de ses hommes et de militaires l’enlèvent avec force. Ils sont plus d’une vingtaine d’hommes, armés et véhiculés. Un des véhicule avait une immatriculation française. Des coups de feu sont tirés en l’air, de sorte que les voisins alarmés suivent la scène et témoignent plus tard de l’enlèvement par H.F. (attestation connue) . Le frère Mohamed se rend au commissariat le lendemain pour porter plainte contre le chef des milice H.F., le procureur le menace de porter plainte contre inconnus alors qu’il savait très bien qui avait commis cet enlèvement.

Derriche Rachid, né le 4 mars 1940, marié et père de 6 enfants, habitant Bourouba, Alger, mécanicien à Air Algérie. Arrêté le 18 octobre 1994 à 5h du matin par des agents des services de sécurité. Il a passé 6 mois au commissariat central d’Alger. Au même moment un voisin (nom connu) a été arrêté qui a passé 13 jours avec lui au commissariat central avant d’être relâché.

Derriche Tewfik, né le 9 octobre 1974, demeurant à Badjarah (Alger), célibataire, technicien en électromécanique, a été arrêté selon le témoignage des parents le 12 mai 1998 à 14h 30 à Réghaïa par les services de sécurité qui circulaient à bord de trois véhicules banalisés (Peugeot 405 , R9 et Renault Clio).

Diabi Smaïl, né le 23 juillet 1969, demeurant Belouizdad (Alger), arrêté le 17 février 1997 par des policiers et des civils armés dans la rue. Ils étaient en voiture, se sont arrêtés et lui ont demandé s’il était Diabi Ismail. Il a approuvé, ils lui ont recouvert la tête d’une chemise et l’ont obligés à entrer dans la voiture. Son frère Noureddine l’accompagnait et a vu toute la scène. Il avait déjà été arrêté avant et détenu pendant 12 jours.

Didi Youcef, né le 4 novembre 1968, demeurant Gué de Constantine (Alger), célibataire, employé à Sonelgaz, a été arrêté le 4 septembre 1996 à 7 heures par des militaires lors d’un ratissage du quartier. Ces militaires venaient de Ain Naadja et étaient sous les ordres du capitaine G.. Ils sortirent tous les hommes dans la rue. Ils emmenèrent alors Didi Youcef et son voisin Habizi Rachid et ordonnèrent aux autres de rentrer chez eux. Une perquisition a été effectuée au domicile familial. Ces deux citoyens disparurent depuis cette date. Plainte au niveau du tribunal de Hussein Dey le 7 octobre 1997, enquête, sans résultat. Lettres diverses.

Djaafar Mohamed, né le 2 décembre 1953, marié et père de 7 enfants, électromécanicien, demeurant à Djédioua (Relizane), arrêté le 8 octobre 1996 par des miliciens dirigés par un certain Abed Mohamed, maire du village.

Djaafar-Khodja Abdelhamid, né le 2 janvier 1968 à Alger, marié, demeurant à Bourouba (Alger), commerçant, a été arrêté le 23 février 1997 à 16h près de l’école Tarik Ibn Ziad de la cité La Montagne par des policiers venus à bord de véhicules officiels de police. Lui même se trouvait dans une voiture. Deux autres personnes ont été arrêtées en même temps et relâchées plus tard. Un détenu libéré a déclaré l’avoir vu au centre de Châteauneuf. Il avait déjà été arrêté et relâché auparavant. Plainte le 21 juin 1997 au niveau du tribunal de Hussein Dey, enquête, sans résultat, lettres diverses.

Djafri Mohamed, né le 9 avril 1965, célibataire, inspecteur des finances au ministère de l’économie, domicilié à Bourouba, Alger. Arrêté le 15 novembre 1994 à 16h à son lieu de travail au trésor public, place des Martyrs par des policiers devant les collègues. Une autre personne a été arrêtée en même temps (nom connu) et se trouve au moment de la déclaration à la prison de Serkadji.

Djaima Tayeb, né le 26 juillet 1963, arrêté le 22 juillet 1994 par les forces de sécurité de Bordj Bou Arreridj. Les autorités algériennes ont informé le groupe de travail sur les disparitions forcées et les familles des victimes que certains des disparus de cette nuit ont été retrouvés morts dans une proche forêt. Aucun certificat de décès n’a été remis aux familles, aucune enquête diligentée.

Djaïti Boualem, né le 25 mai 1958 à Sidi Daoud (Boumerdés), demeurant Sidi Daoud (Boumerdés), marié et père de trois enfants, enseignant dans un lycée, a été arrêté selon le témoignage de son épouse par des militaires accompagnés par des membres de la garde communale de Boumerdès le 2 septembre 1995 à 21 heures. Ils l’ont embarqué dans un camion militaire. Son épouse signale que son mari avait été arrêté une première fois le 4 mai 1992 et jugé à deux reprises par le tribunal de Dellys (3 mois de prison ferme puis acquittement). Plainte du 9 novembre 1997 au niveau du tribunal de Dellys, convocation de la famille par le procureur général de Dellys, la gendarmerie de Sidi Daoud, sans résultats, lettres diverses.

Djebrouni Kamel, né le 10 juillet 1963, marié, taxieur, demeurant à la cité Balzac, place du 1er mai (Alger), a été arrêté le 20 novembre 1994 à 2h du matin par des militaires cagoulés à son domicile. Selon le témoignage de la famille, un témoin aurait été détenu avec lui en janvier 1995 en un lieu secret qu’il n’est pas arrivé à localiser.

Djeddou Achour, né en 1959, marié et père de 3 enfants, fonctionnaire des PTT, demeurant à Berbessa (Koléa, Tipaza), arrêté le 20 août 1994 par des gendarmes devant le domicile de ses parents. Selon le témoignage de sa famille, les responsables de l’arrestation seraient le chef de brigade de gendarmerie de Berbessa dénommé S. et son adjoint B.. Sa femme a été convoquée par la gendarmerie de Kouba (Alger). L’ONDH répond a la famille le 20 juillet 1998 que le disparu n’a pas fait objet de recherches et d’arrestation par les services de sécurité. Il avait déjà été arrête en 1992 et détenu pendant 4 mois dans le camp de Ouargla.

Djeha Abdellatif, né le 12 novembre 1966, marié, commerçant, résidant à Djemaa Béni Hbibi (w. Jijel). Enlevé le 29 avril 1994 dans son local au marché par des forces combinées (gendarmes, policiers et militaires) en uniforme et en civil avec l’adjudant A.S.. Beaucoup de gens ont été arrêtés à ce moment mais certains ont été relâchés après un mois.

Djehiche Abdelkader, né le 9 octobre 1962, marié et père de trois enfants, infirmier, domicilié à Diar el Mahçoul, arrêté le 10 juin 1996 à 1h du matin par des militaires venus en véhicules blindés et camions. Ils ont frappé à la porte, il l’a ouverte et il a été enlevé pieds nus. Une perquisition a été faite la nuit même. Un détenu arrêté dans les mêmes conditions dit avoir été avec lui à Ouled Fayet. Ensuite, des détenus relâchés ont dit qu’ils avaient été avec lui à la prison d’El Harrach. Plainte au niveau du tribunal d’Alger, enquête, aucun résultat. Lettres diverses. Son frère Bachir a été tué le 11 juin 1996, il était recherché par les autorités. Un autre frère Mohamed Lamine, arrêté la veille et disparu.

Djehiche Mohamed Lamine, né le 31 octobre 1971, célibataire, domicilié à El Biar (Alger), tourneur, arrêté le 9 juin 1996 à son lieu de travail dans la soirée par des forces de sécurité devant les collègues de travail. Des prisonniers relâchés de la prison d’El Harrach ont rapporté qu’ils l’y avaient vu. Plainte déposée au tribunal de Blida le 3 août 1997. Lettres à toutes les autorités civiles et militaires. Son frère Abdelkader arrêté dans la nuit, un autre frère, Bachir a été tué le 11 juin 1996, il était recherché par les autorités.

Djelaïli Lakhdar, né le 3 octobre 1965, marié et père de deux enfants, demeurant à Badjarah (Alger), chauffagiste, enlevé par des policiers le 4 avril 1994 à 1h 30 du matin à son domicile par des policiers accompagnés de militaires en présence de la famille. En fait ils cherchaient le frère Abdelkrim mais ne le trouvant pas, ils ont pris Lakhdar à sa place. Son frère a été arrêté et libéré après deux ans de détention à la prison d’El Harrach. Il a été arrêté une deuxième fois le 13 avril 1998 et libéré après avoir passé une semaine au commissariat Leveilley. Après l’enlèvement de Lakhdar, des codétenus ont dit l’avoir vu à Châteauneuf . Plainte le 15 avril 1998 au tribunal de Hussein Dey, enquête sans résultat, frère convoqué. Lettres aux diverses autorités.

Djelaïli Mohamed, né le 4 août 1977, demeurant à Badjarah (Alger), arrêté le 30 juin 1998 par des policiers à Alger.

Djelloul Derradji Abed, né le 22 mai 1968, célibataire, électricien de profession, demeurant à Ouled Rhiou (Relizane), arrêté à son domicile le 16 août 1994 par des militaires et des policiers.

Djelloul Derradji Habib, né le 4 août 1955, demeurant à  Ouled Rhiou (Relizane), marié et père de 5 enfants, professeur, arrêté à son domicile le 16 août 1994 par des policiers et des militaires.

Djeriba Salah, né le 15 juillet 1962 à Sétif, marié et père de 3 enfants, directeur d’école, demeurant à Ouled Tebben, Salah-Bey (Sétif), arrêté le 22 janvier 1994 à 8 h par des gendarmes du village.

Djerou Hocine né le 25 juillet 1976, élève de terminale au Lycée El Idrissi (Alger), demeurant Belouizdad (Alger) a été enlevé le 3 septembre 1994 à 3 heures du matin à son domicile par des militaires et des nindjas. Disparu depuis. Témoignage d’une mère : Mon fils Djerou Hocine âgé de 17 ans, lycéen au Lycée El Idrissi a été enlevé en septembre 1994 à 3 heures du matin à notre domicile à Belcourt par des militaires et des nindjas. Il devait passer le bac l’année de son kidnapping. Nous avons fait tous les tribunaux sans résultats. Nous avons été convoqués au commissariat pour nous dire que la police n’avait pas arrêté notre fils. Je suis persuadé qu’il y avait des policiers du 7e arrondissement lors de l’enlèvement. A ce jour nous n’avons aucune nouvelle. Nous ne savons s’il est mort ou vivant. J’ai cherché partout. Pendant quatre mois j’ai fait les prisons d’Alger, Serkadji, El Harrach, les commissariats, le palais de justice. Mais en vain. Je suis même allée à Châteauneuf, au centre de la sécurité militaire. Je suis allée à la morgue de Bologhine. C’est le destin qui a voulu ainsi…

Djidel Derradji, né le 18 mars 1968, célibataire, sans profession, demeurant à Badjarah (Alger), arrêté le 26 octobre 1995 par des militaires à un barrage situé près du cimetière de Bougara. Il aurait passé des mois à la caserne de Bougara. Le jour de sa disparition plusieurs arrestations ont eu lieu. Certains ont été relâchés après 12 jours, d’autres disparus à ce jour.

Djidjeli Nacereddine, demeurant à Djédioua (Relizane), ancien maire élu FIS de Djédioua a été enlevé en 1995 à son domicile par le chef de la milice A. et sa bande.

Djillali Mokhtar, né en 1956, Professeur (Université Islamique de Tizi-Ouzou), élu du FIS, marié 2 enfants, demeurant à Sidi-Daoud, Boumerdes, en état de fuite, disparu le 29 mai 1994. Avait été arrêté deux fois déjà. Il aurait été vu une dernière fois en juillet 1997 au poste de police de Hassiba Ben Bouali (Alger centre) par un prisonnier.

Djoudi Saïd, né le 24 juillet 1961, marié et père de trois enfants, demeurant à Ouled Koriche (Alger), chef de section à l’usta (RSTA). arrêté le 15 septembre 1996 à 14h sur son lieu de travail à Belouizdad (Alger) par des agents de la sécurité militaire en civil venus avec des voitures de type 405 et Nissan qui avaient présenté leurs cartes professionnelles à son chef de service. Après avoir frappé le gardien, ils sont entrés dans le bureau du directeur, l’ont interrogé et ont emmené Djoudi Said. Un jour avant, ils avaient arrêté un collègue de 58 ans. Après 17 jours, ils sont retournés sur le lieu de travail, mais cette fois-ci habillés d’uniformes verts avec des épaulettes jaune, ils ont pris 12 000 DA et ont écrit sur le chèque de paie SM. Ce papier est chez un collègue qui ne veut pas le donner à la famille du disparu par crainte de représailles. Cette somme a été restituée à la famille suite à une plainte.

Douadi Abderahmane, né le 28 avril 1947, marié et père de 7 enfants, commerçant, habitant Ras el Ouyoun, wilaya de Batna. En 1995 la police de de Ras el Ouyoun débarqua un soir au domicile du concerné et l’emmena, le lendemain une perquisition fut effectuée.

Douadi Rabhi, né le 20 novembre 1964, marié et père de deux enfants, employé, domicilié à Douaouda (Tipaza). Durant un ratissage de la gendarmerie de Koléa le 15 janvier 1995 en fin d’après-midi, il fut arrêté et emmené au commissariat. Depuis, la famille n’a rien entendu à son sujet. Plusieurs personnes avaient été arrêtées à ce moment là mais relâchées plus tard. La famille s’adressa à l’ONDH qui lui répondit le 24 janvier 1998 que le concerné avait rejoint un groupe armé et serait recherché par la gendarmerie.

Douar Mohamed, né en 1970, garçon de café, arrêté le 31 mars 1995 par des forces de sécurité à 2h du matin à son domicile à Oran. Ces derniers ont demandé à la famille des renseignements sur son frère Lahouari qui vit à l’extérieur.

Douieb Redouane, né le 5 octobre 1970, célibataire, gestionnaire de stocks à la Sonatrach, activités politiques, demeurant à El Madania (Alger), arrêté le 26 décembre 1994 dans son quartier à 20h par des policiers en uniforme et en civil venus à bord de véhicules officiels de police. Comme ils ne l’ont pas trouvé, ils ont pris le frère qu’ils ont relâché après avoir arrêté Redouane. Il est à noter que son père et ses deux frères seront arrêtés quelques jours plus tard (4 janvier 1995), séquestrés durant 28 jours au centre d’El Madania où ils seront torturés. Ils seront jugés puis acquittés. Le père a été interrogé plusieurs fois dans différents commissariats suite à la plainte déposée par la famille, lettres diverses.

Doumaz Omar, né le 11 avril 1958 à Alger, marié et père de deux enfants, commerçant, domicilié à El Harrach, Alger, membre du FIS dissous. Il se présente à la sécurité militaire le 6 février 1993 en compagnie de son cousin, agent de la SM. Il disparaît. Un codétenu rapporte en 1995 à la famille qu’il se trouverait dans la prison militaire de Blida et attendrait d’être présenté devant le juge d’instruction. La famille n’eut aucune nouvelle par la suite. Huit jours après s’être rendu, sa maison a été dynamitée. Le père et le frère ont été arrêtés, le second fut atrocement torturé au commissariat central.

Dra El Mizan Younès, né le 21 avril 1964 à Blida, demeurant à Blida, menuisier de profession, arrêté le 5 mars 1993 à 22h 30, dans la rue par des gendarmes alors qu’il revenait des prières des taraouih avec son voisin et ami qui sera également arrêté. Sa mère le localisera à la brigade de gendarmerie de Blida et lui apportera le couffin de nourriture durant 8 jours. Les gendarmes auraient promis à la mère la libération de son fils le jour de l’Aïd. Son ami et voisin sera libéré quelques jours plus tard. Selon la mère, son fils restera séquestré durant 15 jours à la brigade puis aurait été transféré vers une destination inconnue. Au 15e jour, la mère, en allant rendre visite à son fils, sera renvoyée et insultée par les gendarmes qui lui interdirent de revenir sur les lieux. Les démarches entamées par sa famille auprès des services de sécurité, des prisons et des tribunaux s’avéreront vaines.

Driche Tewfik, né le 9 octobre 1974, demeurant Badjarah (Alger), célibataire, technicien supérieur, arrêté à Réghaïa le 12 mai 1998 par des civils armés se réclamant de la police. La mère fut convoquée au commissariat de son quartier pour lui annoncer que son fils était un “terroriste” qui avait été abattu au cours d’un accrochage.

Drif Abdelbasset, né le 3 avril 1963, marié, professeur d’enseignement secondaire, demeurant à Salah-Bey (Sétif), kidnappé le 6 mars 1994 à 15h près de son domicile par des agents des services de sécurité dont un gendarme très connu à Salah-Bey, venus à bord d’un véhicule banalisé. Selon le témoignage de sa famille, il aurait été localisé à la brigade de gendarmerie de Ksar El Abtal (Sétif) de mars 94 au mois de mai 1995. Puis aurait été transféré vers un lieu inconnu.

Drif Allel, né le 29 mars 1966, célibataire, enseignant dans l’école fondamentale, demeurant à Berbessa (Koléa, Tipaza), arrêté le 29 janvier 1995 par deux miliciens dénommés A. et H. sur le chemin du retour de son travail entre midi et 14 h et l’ont emmené à la brigade de gendarmerie de Berbessa.

Drif Omar, né le 29 novembre 1968, célibataire, menuisier de profession, demeurant à Berbessa (Koléa, Tipaza), arrêté le 9 juin 1995 par des gendarmes de Koléa.

Drioueche Mohamed, né le 14 février 1967, célibataire, électricien, domicilié à Kolea, Tipaza, arrêté le 6 juin 1995 dans l’après midi dans la maison à Hattatba par les gendarmes. Plus aucun signe de vie depuis.

E

El Garoui Sidali, né le 27 février 1970, célibataire, mécanicien, demeurant à Diar El Khedma, Gué de Constantine (Alger), arrêté le 12 août 1996 à 1h 30 à son domicile par des militaires et des miliciens (D.S. et M.H.). L’arrestation se serait faite avec violence (portes et fenêtres brisées, coups et insultes). Deux voisins arrêtés en même temps ont été libérés une semaine après. Une perquisition a été effectuée. Convocation de la mère par la gendarmerie de Ain Naadja. Elle a appris que son fils avait été arrêté suite aux dénonciations des deux patriotes pré-cités. Plainte du 22 octobre 1997. Arrêté en même temps que Bala Toufik et Mezine Bouzid Lettres adressées par la famille au président de la République, au chef du gouvernement et à l’ONDH, sans résultats probants.

El-Hireche Mohamed, né en 1951, marié et père de 5 enfants, gardien de nuit, résidant à Tlemcen, militant du FIS. Enlevé le 26 décembre 1995 à 8h du matin sur son lieu de travail à la banque Badr, rue de Paris à Tlemcen par des agents de la SM sous les yeux de passants. Il avait été arrêté 3 fois auparavant: 1ère fois pour une semaine à Oran en 1993, 2eme fois pour 4 mois à la Casbah de Tlemcen 6 mois et la 3ème fois pour 12 jours au commissariat de Tlemcen. Des policiers du commissariat central de Tlemcen se sont rendus au domicile le soir à 22h et ont demandé à sa femme de se rendre au commissariat le lendemain. Deux jours après ils sont revenus pour prendre le passeport du disparu. Le fils Abdelkrim a été arrêté un an après par 4 hommes dont deux gendarmes et interrogé puis relâché le jour même. Lettre à l’ONDH.

El Ouaâr Mouloud (ou Mohamed), né le 4 décembre 1952 à Skikda. A été arrêté le 5 septembre 1994 à un barrage dressé par des militaires cagoulés sur le pont reliant la commune de Zerdada au village Bousbaa (El Harrouch, Skikda). Transféré à la brigade de gendarmerie d’El Harrouch, puis vers une destination inconnue.

Esselami Mohamed, né le 25 septembre 1958, marié et père de 4 enfants, demeurant à Hamr El Aïn (Tipaza), arrêté le 6 janvier 1995 par la gendarmerie de Hameur El Aïn après une convocation. Selon le témoignage de son épouse, il aurait été transféré le 7 janvier à la gendarmerie de Hattatba. Depuis aucune information.

Ezarani Ali, né le 21 février 1969 à Boumedfaa (Aïn Defla) célibataire, demeurant à la cité El Djamia, à Boumedfaâ, a été arrêté près de son domicile dans l’après-midi du 5 avril 1994 par les gendarmes de la localité de Boumedfaa. Son père l’aurait selon son témoignage, localisé à la gendarmerie de Boumedfaa où il était détenu. Il lui aurait ramené à plusieurs reprise à manger. Puis il fut informé un matin que son fils avait été transféré vers un lieu inconnu.

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