1000 disparitions forcées (1992-2001)

 L’Algérie 10 ans après le putsch Les droits humains: Un bilan désastreux 

  1000 cas de disparitions forcées (1992-2001)

Liste établie par Dr. Salah-Eddine Sidhoum et Algeria-Watch

sur la base des informations rassemblées par Dr. Salah-Eddine Sidhoum, Me Mahmoud Khelili, Me Sofiane Chouiter, Me Mohamed Tahri, Mohamed Smaïn, Amina Kadi, Amnesty International, SOS disparus, le Collectif des familles de Disparu(e)s, l’association des familles de disparus de Constantine

Publiée par Algeria-Watch, 11 janvier 2002

Cette liste non exhaustive de personnes disparues a pu être réalisée grâce au travail courageux d’une poignée de défenseurs des droits humains et à la détermination des familles des victimes qui malgré les intimidations, persécutions et menaces ont persévéré dans cette quête de vérité. Il est probable que des imprécisions et des erreurs aient été transmises, vu les conditions de travail sur le terrain extrêmement difficiles. Nous lançons un appel aux témoins et familles de victimes pour apporter des compléments d’informations et nous informer de cas de disparitions que nous n’avons pas répertoriés.

A    B    C    D    E    F    G    H    I   K   L    M    N    O   R   S    T    Y    Z

B

Bachioua Saâdi, né le 5 avril 1950, demeurant à Badjarah, Alger, marié, commerçant. Arrêté le 24 février 1997 à 10 h du matin par des agents de la SM à son lieu de travail. Ces agents emmenèrent le fils Nabil âgé de 22 ans avec le père au centre de Ben Aknoun. Nabil fut relâché après deux jours.

Bachiri Abdelaziz, né présumé en 1958, marié et père de 5 enfants, vulcanisateur (à la Sonelec), demeurant à la ferme Casenave, Gué de Constantine (Alger), arrêté par des militaires le 19 octobre 1996 à 23h 30 à son domicile par des militaires, en présence de son épouse et de ses enfants après avoir perquisitionné son domicile. Son frère Lakhdar a été arrêté en même temps que lui. Les militaires étaient dirigés par le capitaine G. de la caserne de Aïn Naadja qui a été reconnu par la mère (il serait actuellement colonel). Le capitaine B. de la caserne de Aïn Naadja avait reconnu l’enlèvement et avait promis à sa mère de le libérer un mois plus tard. Plaintes déposées au tribunal d’Alger et d’Hussein-Dey.

Bachiri Lakhdar, né le 17 avril 1965, marié et père d’un enfant, commerçant au marché du Gué de Constantine, demeurant à la ferme Casenave, Gué de Constantine (Alger), arrêté par des militaires le 19 octobre 1996 à 23h, après avoir effectué une perquisition au domicile. Son frère Abdelaziz a été arrêté en même temps que lui. Les militaires étaient dirigés le capitaine G. de la caserne de Aïn Naadja qui a été reconnu par la mère. (il serait actuellement colonel). Le capitaine B. de la caserne de Aïn Naadja avait reconnu l’enlèvement et avait promis à sa mère de le libérer dans un mois.

Bakhta Belkacem, né le 21 septembre 1963, célibataire, sans profession, malade mental, en traitement en psychiatrie, demeurant El Maqaria (Alger), arrêté le 26 mars 1995 à 15h 15 à son domicile par des nindjas venus à bord de Nissan. .

Baïtiche Madani, né le 28 septembre 1968, célibataire, chauffeur de profession, demeurant à Ouled Athmane, Bordj Zemmoura (Bordj Bou Arréridj), arrêté le 4 avril 1995 Enlevé le 4 avril 1995 à 14 h à un barrage de police (intervention rapide) à BBA près de la station d’essence Mounia en plein centre ville. Il était dans sa voiture (505 Peugeot) qui a disparu aussi. Une enquête a été faite par la gendarmerie en 1998. Correspondance avec toutes les autorités en 1997.

Bakir Djamel, né le 10 mai 1970, demeurant à Bourouba (Alger), célibataire, sans profession. Arrêté le 21 février 1996 à une heure du matin au domicile de son oncle à Beaulieu par des militaires et policiers. Ces dernières s’étaient d’abord rendus au domicile familial et ont arrêté la mère pour qu’elle leur indique le lieu où se trouvait Djamel. Plainte au niveau du tribunal de Hussein-Dey le 6 juillet 1997, lettres ministères, ONDH, Médiateur, Président de la R..

Bakiri Farid, né le 3 février 1979, employé dans une épicerie, domicilié à Hamadi (Boumerdés) a été arrêté le 21 septembre 1995 à 16h 30 sur son lieu de travail par des militaires de Regaia. Ils ont procédé à une perquisition du domicile avant et après l’arrestation. En fait, ils cherchaient son frère Rabah , membre d’un groupe armé. Ce dernier aurait été tué en 1996 d’après les autorités.

Bakour Lahcène, né le 15 janvier 1969, célibataire, enseignant, membre du FIS, demeurant à Bordj Zemmoura (Bordj Bou Arréridj) arrêté le 2 avril 1995 à 16h à son domicile par des membres de la délégation exécutive communale (DEC) armés accompagnés d’un milicien.

Bakrar Mohamed, né le 17 mars 1974, célibataire, journalier, demeurant à Ras Isly (Sétif), a été arrêté en juin 1995 à 16h à Ras Isly alors qu’il descendait du bus venant de Sétif par des gendarmes de la localité. Il a été localisé par ses parents le lendemain de son arrestation à la brigade de gendarmerie de Ras Isly (Sétif).

Bakri Mohamed, né le 17 novembre 1954, marié et père de 2 enfants, demeurant à M’Sila, employé de la fonction publique, a été arrêté par des gendarmes le 8 janvier 1994 sur son lieu de travail au siège de l’inspection de la fonction publique à la wilaya de M’Sila. Sa voiture de type Peugeot (00900-189-29) fut retrouvée à la fourrière de M’Sila. Selon le témoignage de sa famille, il aurait été localisé dans un premier temps à la gendarmerie de Magra. Dans un “article” signé A.B et sous le titre “Un mort parmi les disparus”, le quotidien privé Le Soir d’Algérie du lundi 15 mai 2000, page 4) rapporte “l’information” (sans citer les sources) que Mr Bakri serait mort le 24 novembre 1994 au cours d’un accrochage au djebel Boutaleb (Sétif) et qu’on aurait trouvé sur lui sa carte professionnelle et une Kalachnikov. Toujours selon ce quotidien, Il aurait été inhumé au cimetière de Magra (M’sila) sur la base d’un permis n° 25/3/94 délivré le 25 novembre 1994 par le procureur de la république de M’Sila ?

Bala Tewfik, né le 4 juillet 1973, célibataire, sans profession, demeurant au Gué de Constantine (Alger), arrêté le 13 août 1996 à 1h 30 de son domicile par des militaires et des miliciens du quartier armés de kalachnikovs ( miliciens M.N., D.S. et A.A.). A noter qu’il est épileptique, en traitement permanent. Dans la même nuit d’autres citoyens voisins de Bala Tewfik ont été enlevés et ont disparu (Mezine Bouzid et El Garaoui Sidali). La brigade de Ain Naadja était informée de ce qui s’était déroulé mais n’a rien entrepris. Il aurait été à la prison de Blida.

Bali Redouane, né le 2 octobre 1972, demeurant El Harrach (Alger), est sorti le 17 novembre 1997 de son domicile à bord de son véhicule de type Lada, de couleur rouge (matricule: 8047-187-16) pour rejoindre la mosquée Etaqwa. A sa sortie, il fut bloqué par un véhicule banalisé de type J5 conduit par des policiers puis arrêté. .

Bali Zoheir, né le 2 juillet 1966, marié et père d’un enfant, agent de la SNTF de Baba Ali, Birtouta (Blida), arrêté le 11 septembre 1995 à 21h par des militaires de la garde républicaine et des éléments en civil de la sécurité militaire.

Baouadi Khaïer, né le 5 avril 1953, marié, 3 enfants. Imam de la mosquée El Feth à Ras El Oued, sympathisant du FIS. Arrêté avec 15 autres personnes dans la nuit du 22 au 23 juillet 1994 à 2h du matin. Le 2 février 1997, la famille apprend que le disparu a été abattu la nuit même de l’arrestation à 23 km du domicile par des gendarmes cagoulés, mais elle ne verra jamais le corps de son fils. Extrait de décès délivré le 27 mars 1997 par la mairie de Ras El Oued Bordj Bou Arréridj.

Baradhi Mustapha, né le 23 juillet 1969, célibataire, employé à l’hôpital Salim Zemirli d’El Harrach, demeurant à El Harrach, Alger. A été arrêté sur son lieu de travail le 4 mai 1995 à 13 h 30 par des policiers. Séquestré durant quelques jours au commissariat de Bourouba.

Barendji Salah, né le 6 mars 1961, marié et père de 3 enfants, enseignant, demeurant à Bordj Zemmoura (Bordj Bou Arréridj) arrêté le 4 avril 1995 devant la mairie de Bordj Zemmoura par des membres de la délégation exécutive communale (DEC) armés et des miliciens qui avaient dressé un barrage de contrôle. Il était à bord de son véhicule de type 404 familiale, véhicule qui sera pris par un milicien et emmené vers une destination inconnue.

Barkat Abdeslam, né le 12 janvier 1963, technicien, ex-employé à la Sonatrach, a du quitter son poste de travail a cause de sa participation à la grève du FIS en juin 1991, arrêté le 25 février 1995 par des agents de la SM au marché. Il aurait été vu à Châteauneuf. Son frère Fouad Barkat avait été exécuté sommairement à « Jolie Vue » à Kouba, Alger le 6 septembre 1994 et un autre frère, Said, arrêté en janvier 1995 a été emprisonné à Serkadji.

Bataoui Rabah, né le 14 janvier 1970, arrêté le 24 octobre 1995 par des miliciens et des gendarmes à Bougara (Blida) au niveau de l’APC, où il s’était rendu pour des raisons administratives. Il a été détenu pendant un mois. Lorsque le père a été auditionné par le juge d’instruction début 1998, ce dernier lui a dit que Rabah était détenu dans la prison de Blida dans une cellule individuelle parce qu’il était malade.

Battache Nacereddine, né le 1er mars 1956, marié et père de 5 enfants, urbaniste à la mairie du 1er mai d’Alger. A été arrêté sur son lieu de travail en présence de ses collègues, le 20 février 1994 par quatre policiers. Il a été détenu pendant 13 mois à la station de police de La Montagne puis transféré à la prison d’El Harrach et enfin à la caserne militaire de Blida. En 1996, le père de la victime de l’enlèvement aurait été convoqué au commissariat de Kouba où on lui aurait fait signer de nombreuses feuilles vierges, selon son témoignage. Plainte déposée au tribunal de Hussein Dey le 21 septembre 1995. Lettres diverses. Le 22 juin 1997, il sera condamné par contumace à perpétuité ! ! !

Baz Belkacem, demeurant à Djédioua, enlevé par la milice des frères A. le 4 avril 1995 dans la région de Relizane. Disparu depuis.

Bebit Samir, né le 21 mai 1977, célibataire, lycéen, demeurant à Constantine. Arrêté le 15 mars 1995 à 9h par des policiers en plein cours au lycée et en présence du directeur de l’établissement et du censeur. Plus de nouvelles de lui depuis.

Beche Embarek, né le 29 mai 1961, demeurant à Bourouba, El Harrach, commerçant de profession. A été arrêté le 21 mars 1994 près de son domicile à 21 heures par 3 inspecteurs de police du commissariat de Bourouba dont H. et D. qui l’ont jeté dans la malle de leur voiture banalisée de type R4 blanche. Selon les dires des mêmes policiers au père, il aurait été remis quelques jours après son enlèvement à la sécurité militaire. Une plainte a été déposée par la mère le 11 juin 1997 auprès du procureur de la république d’Hussein-Dey (Alger).

Bedjbedj Mahieddine, né le 5 février 1975, électricien, demeurant à Hammadi (Boumerdès), arrêté le 16 juillet 1995 à 1h du matin à son domicile par des militaires et des miliciens accompagnés d’un bouchkara (informateur encagoulé pour ne pas être reconnu). Plainte déposée au tribunal de Rouiba le 2 décembre 1997, enquête sans résultat. Lettres diverses.

Bedrani Ahmed, né le 30 septembre 1962, marié et père de 2 enfants, demeurant à Fouka (Tipaza), arrêté le 5 août 1995 par des miliciens de la ville de Fouka, alors qu’il se dirigeait vers son lieu de travail à Staouéli. Lettres adressées par les parents au procureur de la République du tribunal de Koléa (15 octobre 1996), aux partis politiques (29/08/1998), au wali de Tipaza (17/10/98).

Bekaï Mohamed, né le 26 mai 1947, marié et père de 6 enfants, journalier de profession, demeurant à Béni Tamou (Blida), arrêté le 17 novembre 1997 à Bouzaréah (Alger). Il se trouvait dans un véhicule de transport avec d’autres travailleurs. Environ 15 hommes armés en combinaisons noires arrêtèrent le véhicule et firent sortir tout le monde. 21 hommes furent arrêtées, cinq d’entre eux seront exécutés sur place. Des gendarmes de Collo était venus 15 jours avant l’enlèvement à son lieu de résidence et avaient perquisitionné et pris le livret de famille. Les militaires étaient eux aussi venus avant l’enlèvement pour perquisitionner.

Belabed Mahmoud, né le 2 janvier 1955, demeurant à Jijel, marié et père de 4 enfants, employé à l’administration des impôts, arrêté le 23 mars 1994 à quinze heures sur son lieu de travail par des gendarmes. Ils l’ont emmené pour l’interroger dans une R25 à la brigade de Jijel et il n’a plus réapparu.

Belagrouz Aïssa, né le 20 mai 1963, marié et père de 5 enfants, fellah, demeurant à Rasfa (Sétif), arrêté le 28 juin 1995 à 14h 30 sur son lieu de travail (terre agricole de Rasfa) par le milicien B.L., accompagné de civils armés et des gendarmes venus à bord d’un taxi et d’une camionnette. Le milicien l’aurait frappé à coups de crosse. D’autres miliciens ont tiré en l’air pour l’intimider. Il a été ligoté devant son épouse et ses enfants.

Belagrouz Djelloul, né le 24 mai 1960, marié et père de 3 enfants, ouvrier à l’EIT de Aïn Oulmane (Sétif), demeurant à Rasfa (Sétif), arrêté le 1er juillet 1995 à 16h à Salah-Bey par des hommes armés de la milice dont B.L. de Rasfa venus à bord d’un véhicule Peugeot type J5. La gendarmerie de Ras Isly (Sétif) aurait perquisitionné au domicile de la victime après son enlèvement. Plainte adressée aux tribunaux d’Aïn Oulmane et de Sétif.

Belagrouz Djémaï, né le 17 juillet 1961, marié et père de 4 enfants, maçon de profession, demeurant à Rasfa (Sétif), arrêté en juillet 1995 par les gendarmes de Ras Isly (Sétif) alors qu’il rentrait de son travail. Une perquisition du domicile fut effectuée après l’arrestation. Lettre adressée par son épouse au procureur général de Sétif.

Belagrouz El Hadj, né le 7 avril 1931, marié, fellah, demeurant à Rasfa (Sétif), arrêté le 11 juin 1995 à 10h 30 à Salah-Bey par L.M. et A.R. qui l’auraient emmené à la brigade de gendarmerie de Salah-Bey (Sétif) et disparaîtra. Son fils Belagrouz Aïssa, sera à son tour enlevé 18 jours plus tard et disparaîtra à son tour.

Belagrouz El Haouas, né le 3 février 1948, marié, ouvrier, demeurant à Rasfa (Sétif) arrêté le 21 janvier 1995 à 16h à son retour de travail à Guentra Hadda (entre Rasfa et Salah-Bey) à bord de son véhicule de type R4 en compagnie de deux collègues de travail, par des hommes armés circulant à bord d’une voiture banalisée sans plaque d’immatriculation, selon le témoignage de sa famille.

Belagrouz Kouider, né le 8 juillet 1969, célibataire, journalier, demeurant à Rasfa (Sétif), enlevé en juin 1995 à 15h à Salah-Bey par des gendarmes.

Belahlou Rafik, né le 30 juin 1979, célibataire, ferronnier, demeurant à Bab Ezzouar, Alger, enlevé le 10 novembre 1999 entre 22h 30 et 23h à son domicile par une dizaine de policiers venus à bord de 2 Toyotas blanches de la police. Ils étaient accompagnés de 4 civils armés. Selon le père, la victime a été frappée dans la cage d’escaliers et les voisins auraient entendu ses cris de douleurs. Ces derniers ont perquisitionné sa chambre selon le témoignage de sa famille. Aucune institution (police, gendarmerie, tribunal de Sidi M ‘Hamed), n’ont accepté la plainte déposée par le père. Seul le procureur du tribunal d’El Harrach a accepté la plainte, après 15 jours d’attente.

Belaïd Kamal, né le 14 novembre 1966, marié et père d’un enfant, chômeur, demeurant à Kouba, Alger, arrêté le 15 mars 1995 à 10h 30 près du stade de Kouba, situé près du domicile familial par des policiers en civil, alors qu’il se dirigeait vers l’hôpital Mustapha où il était soigné pour sa maladie pulmonaire. De nombreux voisins ont reconnu des policiers de Maqaria. Le père apprit qu’il se trouverait au commissariat de Maqaria, il a demandé sur place, la réponse était négative.

Belaïd Noureddine, né le 7 décembre 1956, marié et père de 2 enfants, acheteur à la Sonacome de Oued Hemimim, demeurant Constantine. Arrêté le 28 juin 1995 à 15h à son lieu de travail par des agents de la Sécurité militaire. 14 collègues ont été arrêtés et nombreux sont ceux qui ont disparu. Voir Chelihi.

Belarbi Brahim, né le 30 mars 1978, demeurant Lakhdaria (Bouira), arrêté le 23 mars 1995 par des militaires et des policiers.

Belarbi Noureddine, né le 22 janvier 1965, demeurant à Lakhdaria (Bouira), arrêté le 2 septembre 1995 par des policiers.

Belaroussi Said, 12 octobre 1976, demeurant à Baraki (Alger) célibataire, travaillant dans une boulangerie, arrêté le 26 janvier 1997 dans la rue tout près du domicile avec son ami par des policiers en présence de passants. La famille a appris qu’il serait à la caserne de Baraki. Plainte déposée le 16 juin 1997 au tribunal d’El Harrach, lettres diverses.

Belfegroune Mourad, 21 septembre 1972, célibataire, commerçant, demeurant Kouba, Alger, commerçant. Arrêté le 26 octobre 1996 à 16h devant un kiosque en présence du père et de deux témoins par des agents de la SM en civils. Il aurait été emmené à la caserne de Beni-Messous. Plainte 18 mai 1997 au niveau du tribunal de Hussein-Dey et lettres au médiateur, différents ministères, ONDH…

Belfekroune Benkhedda, né le 15 juin 1966, célibataire, résidant à Oran. Arrêté le 16 avril 1997 sur la route de Sidi Belabbes par des militaires. Le cousin, lieutenant de l’ANP affirme qu’il se trouve avec son frère à la caserne de Mers el Kébir.

Belhadj Mohamed, né le 18 mai 1968, demeurant Meftah (Blida). Arrêté à son domicile par des militaires le 12 mars 1994 à 19h et transféré à la caserne de Meftah. .

Belhaguet Djilali, né le 6 juillet 1963, enlevé le 25 octobre 1994 à 16h dans une cafétéria à Oran en présence de son frère et d’autres consommateurs par un groupe d’agents de la SM en civil et en uniforme qui l’ont obligé à les suivre. Il avait déjà été arrêté trois fois auparavant: il avait passé 6 mois au camp de Reggane, 7 mois à la prison d’Oran et 12 jours à Magenta. Le frère a suivi le groupe jusqu’à la gendarmerie de Gdyel. On a dit au frère qu’il s’agissait seulement d’un interrogatoire mais ils ne sont pas rentrés dans la gendarmerie. Ils l’ont transporté dans une J 5 blanche. Lettres à l’ONDH, ministère de l’Intérieur, médiateur de la République.

Belhaoua Boualem, né le 8 mai 1957, marié et père de 5 enfants, machiniste de profession, demeurant à Bourouba (Alger), arrêté le 4 mai 1994 alors qu’il s’était présenté au commissariat de Bourouba suite à une convocation. La veille, soit le 3 mai 1994, des policiers de Bourouba s’étaient présentés à 3h du matin au domicile à sa recherche, après avoir défoncé la porte et une fenêtre. Ne l’ayant pas trouvé, ils perquisitionnèrent le domicile, en présence de sa mère et lui laissèrent une convocation verbale pour le lendemain.

Belhaoua Saïd, né le 6 avril 1970 à Dellys (Boumerdès), marié et père d’un enfant, marchand de fruits et légumes, demeurant à Bab El Oued, Alger, est sorti selon le témoignage de son épouse le 15 janvier 1998 à 14h 30 de son domicile et a été arrêté par des policiers.

Belhout Belmelha, né le 16 juillet 1968, marié, 1 enfant, demeurant à Badjarah, Alger, agent administratif dans un lycée, arrêté le 26 février 1996 à minuit au domicile par des militaires armés avec véhicules, forces combinées, uniformés, arrêté avec d’autres hommes habitant à Djan-Mebrouk. Plainte déposée le 26 décembre 1996 au tribunal de Hussein Dey, lettres au président R., médiateur, ONDH, procureur de H-Dey.

Belhout Nadir, né le 16 décembre 1971, demeurant à Khemis El Khechna (Boumerdès), arrêté le 9 janvier 1996 à son domicile par des militaires.

Belkacem Abdelhakim, né le 23 janvier 1966, célibataire, vendeur de profession, demeurant El Mouradia (Alger), arrêté le 26 juillet 1997 à 23h à son domicile par des policiers en uniforme venus à bord de véhicules de police. .

Belkacem Ali, né le 3 mars 1970, demeurant à Tablat (Medea), a été arrêté le 19 septembre 1996 près du port d ‘Alger avec un de ses voisins (Berkane Brahim, disparu aussi) par des hommes armés se réclamant des services de sécurité. Sa famille signale que Ali avait été précédemment arrêté suite à un ratissage dans son quartier et qu’il avait été détenu durant 3 mois avant d’être relâché malade suite à ses blessures lors de son arrestation. Les militaires sont venus dans le quartier accompagnés du concerné et ceci trois fois de suite. D’autres arrestations ont eu lieu après l’enlèvement du fils : Hmided Abdallah, Rahali Hamid dans le quartier et Hamza Ahmed sur le lieu de travail ainsi que Berkane Mohamed. Sa famille signale également que Tewfik, frère de Ali, était recherché par la police et a été tué à Tablat le 4 mars 1995. Elle signale également que deux témoins étaient présents lors du kidnapping de Ali et de son voisin, près du port. Plainte déposée le 13 décembre 1997 au tribunal d’El Harrach, l’enquête n’a pas abouti, le père a été interrogé par la gendarmerie de Larbaa et la police de Larbaa. Lettres adressées aux destinataires habituels.

Belkacem Fateh, né le 1er novembre 1969, célibataire, menuisier de profession , demeurant au quartier à Khemis El Khechna (Boumerdés), a été arrêté le 1er janvier 1994 à 8h, à un barrage militaire près du Hamiz par la garde républicaine. Selon le témoignage de sa famille, il aurait été localisé dans une caserne de la garde républicaine du Hamiz.

Belkacem Saadoun Abdelkrim, né le 22 novembre 1961, habite Hai Badr à Oran, célibataire et médecin, activités politiques mais non spécifiées, arrêté le 29 août 1994 à 18 h à son domicile par des forces de sécurités uniformés venus avec des voitures banalisées, Arrêté avec son père.

Belkacem Saadoun Yahia, né le 5 mai 1927, marié, retraité, activités politiques mais non spécifiées habite Hai Badr à Oran, arrêté le 29 août 1994 à 18h. Sa femme et lui entendirent des coups de frein et regardèrent par la fenêtre. Ils virent des agents de type ninjas, tous armés et uniformés venus avec une dizaine de voitures banalisées qui se séparèrent en deux groupes. L’un des groupes monta chez eux, enfonça la porte et l’obligea à le suivre vers son garage. Ils lui donnèrent l’ordre de monter dans sa voiture et quittèrent les lieux. Le deuxième groupe a fouillé l’appartement de fond en comble. Le lendemain, ils sont revenus pour prendre les deux autres voitures. Ils menacèrent de détruire la maison. Lettres aux différents destinataires.

Belkacem Saadoun Mounir, né le 21 janvier 1963, arrêté le 29 août 1994, à Oran. Il est fort possible qu’il s’agisse du frère et fils des deux cas précédents.

Belkacemi Arezki, né le 21 février 1961, célibataire, demeurant à Bourouba (Hussein-Dey, Alger), infirmier, chef de service à l’hôpital Parnet (Hussein-Dey) a été arrêté sur son lieu de travail le 15 novembre 1994 à 16 heures par des policiers. Des voisins ont été arrêtés avant et après son arrestation. Les uns ont été relâchés, les autres ont disparu. Plainte déposée au niveau du tribunal d’El Harrach, la mère a été interrogée au commissariat d’El Harrach à la demande du procureur, interrogés par les agents du commissariat de Bourouba.

Belkharchi Hamid, né le 23 octobre 1955, marié et père de 4 enfants, chauffeur au parc zoologique, demeurant à Baraki (Alger). Arrêté selon le témoignage de la mère le 4 décembre 1995 à 16h 30, à sa sortie du travail alors qu’il circulait à bord de son véhicule de type Dacia R12 avec son collègue de travail, A.D., par des militaires de la caserne de Baraki qui avaient dressé un barrage près de l’hôpital Salim Zemirli d’El Harrach. Son collègue, arrêté en même temps que lieu, fut atrocement torturé durant 12 jours avant d’être libéré.

Belkhelifa Ahmed, né le 25 avril 1969, arrêté le 20 avril 1994 par des gendarmes à Médéa. Ces derniers l’avaient convoqué pour le 18 avril mais il se trouvait chez son oncle pour l’aider aux travaux d’agriculture. A son retour le père se rend avec lui à la gendarmerie de Berrouaghia où on enferme le fils. Le père lui apporte le couffin pendant près de 15 jours mais sans le voir. Par la suite les gendarmes préviennent le père que Ahmed a été transféré à Lager et que s’il a commis un quelconque délit il le paiera cher. Depuis la famille n’a plus de nouvelle malgré toutes ses recherches.

Belkorchia Hadj, né le 16 novembre 1955, marié et père de 4 enfants, cordonnier, demeurant à Bordj Zemoura (Bordj Bou Arréridj) arrêté le 3 avril 1995 vers 15 h par des civils armés en compagnie d’un patriote de Bordj Zemoura: D.B. qui leur a indiqué le lieu de travail d’où il a été embarqué dans un fourgon . Son frère est témoin. Enquête de la gendarmerie en 1998, correspondance à toutes les autorités.

Bellahrèche Chérif, né en 1953, docteur en médecine, agrégé en rhumatologie, est chef de service de rhumatologie à l’hôpital universitaire de Constantine. Il a été arrêté le 8 novembre 1994 par 4 hommes armés se réclamant des services dits de sécurité, alors qu’il était en consultation médicale dans son service. En février 1995, des informations non confirmées ont fait état de son transfert sur le centre de torture de Châteauneuf où il aurait été aperçu. Sa famille n’a plus eut de nouvelles depuis cette date. Il est à noter que le Docteur Bellahrèche est membre de nombreuses sociétés internationales de Rhumatologie et qu’il fut élu député du FIS à Constantine lors des élections du 26 décembre 1991.

Bellemou Abdenasser, né le 16 septembre 1957, marié, aide comptable, demeurant à Bab El Oued, Alger, a été arrêté le 21 mars 1996 à 23h 30 à son domicile par des militaires en tenue courante et de parachutistes, certains étaient cagoulés et tous semblaient agir en toute impunité. Ils étaient armés de pistolets automatiques et de kalachnikovs et ne se sont pas identifiés. Une perquisition a eu lieu au moment de l’arrestation, l’appartement a été mis sens dessus dessous, de l’argent a été volé. 10 jours après l’enlèvement Mouloud Bellemou (oncle) et Yacine Bellemou (cousin) ont été enlevés de la même manière. Smain Bellemou, un autre parent a disparu le 25 mars 1996 après avoir été convoqué par les services de sécurité.

Bellemou Mouloud, né le 10 juin 1938, marié et père de 6 enfants, commerçant, demeurant à Bouzaréah a été arrêté à son domicile le 5 avril 1996 à 5h du matin par des militaires armés s’étant présentés comme des policiers. Ils sont venus en blindés, véhicules de marques différentes. Ce sont les mêmes que ceux qui ont procédé à l’arrestation de son neveu Yacine Bellemou, la même nuit. Plainte déposée au niveau du tribunal de Bab el Oued, enquête n’a mené à aucun résultat, interrogatoire du fils par différents procureurs.

Bellemou Smain, né le 12 avril 1940, demeurant à El Biar, père de 8 enfants et cadre dans une entreprise nationale, sympathisant du FIS, reçoit le 24 mars 1996 la visite de deux policiers en civil qui se présentent comme agents de la brigade économique et lui remettent une convocation du commissariat central d’Alger pour le 25 mars 1996 à 10h30. ont perquisitionné le domicile. Il s’y présente comme prévu et « disparaît ». Dans la nuit suivante, des agents cagoulés portant pour certains des tenues militaires et d’autres en civil font irruption au domicile de la famille à El Biar et emporteront les photos de mariage de sa fille. Une des filles a été arrêtée pendant 5 jours et interrogée au sujet des activités du père et de son mari. Lorsque la famille a demandé auprès des services de sécurité, où se trouve Smain Bellemou, ceux-ci ont prétendu qu’il était au maquis. Requête adressée au procureur d’Alger le 3 avril 1996 au parquet d’Alger, la réponse mentionne des « recherches infructueuses », lettres aux différents organismes et institutions.

Bellemou Yacine, né le 12 juillet 1963, marié, père de 2 filles, demeurant à Bab El Oued (Alger), commerçant, a été arrêté le 5 avril 1996 à 5 h du matin à son domicile par des agents en uniformes militaires, armés, dont le responsable portait un uniforme bleu. Leur comportement était correct. Ils ont pris la victime ainsi que sa femme et ses petites filles, relâchées plus tard. Plainte au niveau du tribunal de Bab el Oued, sans résultat, sa femme a été convoquée à trois reprises par la gendarmerie de Ain Naadja, le commissariat central et la gendarmerie de Bab el Djedid, lettres un peu partout. Le frère Bellemou Fatah arrêté le 17 mars 1996 a été libéré le 17 mars 1997. Le cousin Bellemou Nacer a été arrêté le 25 mars 1996 et a disparu, l’oncle Bellemou Smail, arrêté le 24 mars 1996, disparu, un autre oncle Bellemou Mouloud, arrêté le 5 avril 1996, disparu.

Bellili Abdelkader, né le 3 mai 1960, comptable, demeurant à Bouchegouf (Guelma), marié et père d’un enfant. Arrêté le 5 octobre 1993 sur son lieu de travail par des gendarmes, avec coups de pieds et coups de poings partout sur tout le corps devant ses collègues. Détenu au bureau la SM de Guelma puis transféré au bureau régional de la SM de Constantine. Il était avec Ouelaa Ahmed, Ali, Aissa et d’autres. Méthodes de torture utilisées: coups de toutes sorte, pinces aux angles , fil au sexe , eau éponge dans la bouche, électricité aux phalanges, on l’a fait asseoir sur un réchaud à gaz. Il est porté disparu.

Belmiri Abdelkader, né le 19 janvier 1966, domicilié à Ain Naadja, Alger, sans profession, marié et père de trois enfants, arrêté par des gendarmes le 24 mai 1995 à 10h du matin devant des témoins. Il s’était rendu à la mairie pour retirer des documents et ne revint pas.

Belmokhtar Tewfik, né le 19 octobre 1973, demeurant à Bab Ezzouar, Alger, arrêté le 23 novembre 1993 au domicile familial par des agents de la DRS. Il aurait été localisé dans un premier temps par des témoins au centre de Châteauneuf.

Belouad Saïd, né le 1er janvier 1967, demeurant Baraki (Alger), arrêté le 2 mars 1993 à son domicile par des policiers.

Belouahdia Allaoua, né le 6 février 1941, marié et père de 10 enfants, demeurant à Salah Bey (Sétif), activités politiques, arrêté en juin 1994 par des gendarmes du village. Plainte déposée le 26 août 1998 au tribunal de Ain Oulmène. Le frère Sahnoun arrêté le 23 janvier 1994 a disparu aussi.

Belouahdia Sahnoune, né le 16 février 1966, célibataire, journalier, demeurant à Ouled Tebben, Salah Bey (Sétif) arrêté le 23 janvier 1994 par les gendarmes du village. Plainte déposée le 26 août 1998 au niveau du tribunal de Ain Oulmene.

Benabdelkrim Tahar, né le 27 mars 1947, marié et père de 10 enfants, boulanger, ancien aviateur militaire, demeurant à Bordj Zemoura (Bordj Bou Arréridj), arrêté le 19 avril 1995 à 20 h à son domicile. Il a été emmené au siège de la commune en marchant (1 km) en compagnie de 2 autres personnes arrêtées en même temps: Bensaadi Boubekeur et Ziane Ammar. Au siège ils auraient trouvé Chaouche Abdelhamid. Ils y ont tous passé la nuit avant d’être transféré le lendemain à Bordj Bou Arréridj. Parmi les kidnappeurs: 2 gardes communaux: B.A. et T.H.S., le membre de la DEC: B.A. par des miliciens et des patriotes: A.S., D.D., B.M.B. Ils étaient tous armés. Information confirmée par gardes qui refusent de témoigner. Enquête par la gendarmerie en 1998, correspondance aux autorités et organisations dont l’ONDH, LADDH en août 1997.

Benabid Belkacem, né le 3 février 1951, marié et père de 4 enfants, médecin, demeurant à Sétif, ancien vice-président de l’APC de Sétif (91-93), membre du FIS. Arrêté le 14 novembre 1994 à 10h près de son cabinet médical situé au faubourg des 5 fusillés n°11 (Sétif) par 3 civils armés se présentant comme des agents des services de sécurité qui l’ont forcé à monter à l’arrière de sa propre voiture de type R25 (4425 – 189 – 19 de couleur grise). L’arrestation s’est faite devant près de 25 personnes dont l’infirmier du cabinet, les patients qui attendaient et les voisins. Il aurait été localisé dans un premier temps au commissariat de police de Sétif. Les policiers de ce dernier ont refusé d’enregistrer la plainte du père pour enlèvement. Lettre adressée 15 jours après son enlèvement au ministre de la justice, restée sans réponse. Ouverture d’une enquête (de façade selon le père) en 1998 après son enlèvement par le juge d’instruction du tribunal de Sétif et clôture du dossier fin 1998. Le père signale qu’à cette période correspondant à l’enlèvement de son fils, des dizaines de citoyens ont fait l’objet d’arrestations par les mêmes méthodes et que de nombreux cadavres furent retrouvés à la périphérie de la ville de Sétif.

Benachour Bachir, né le 10 juin 1964, marié et père d’un enfant, demeurant à Constantine, enseignant au lycée, arrêté le 15 octobre 1994 à 2h du matin à son domicile par des membres de forces de sécurité. Il avait été membre de l’assemblée populaire communale du FIS avant la dissolution du parti. Il a été enlevé avec sa voiture de marque Renault 9 rouge, immatriculée 7102.183.25.

Benakhla Boukhatem, né le 17 octobre 1950, marié et père de 5 enfants, greffier en chef, domicilié à Oued Rhiou, Relizane, arrêté le 16 août 1994 à 8h du matin à quelques mètres de son domicile par des agents de la sécurité militaire. A ce moment se déroulait un ratissage durant lequel plusieurs personnes ont été arrêtées qui ont disparu. Il y avait des militaires armés dont certains étaient cagoulés, ils étaient véhiculés avec des Landrover matriculés 17, 16 et 31 (Djelfa, Alger et Oran). L’épouse s’est rendu à la gendarmerie de Oued Rhiou pour avoir des informations sur son mari, en vain. Une plainte a été déposée le 2 octobre 1995 au niveau du tribunal de Oued Rhiou, lettres adressées aux destinataires habituels. Le concerné avait été menacé par des groupes armés et il lui avait été donné l’ordre de quitter son poste (deux lettres de menace de juin et juillet 1994).

Benallal Djillali, né le 30 juin 1971 à Zeralda, célibataire, fellah, demeurant au Plateau de Zeralda (Tipaza), arrêté le 25 novembre 1994 à 15 h par des gendarmes de la brigade de Zeralda au niveau même de la brigade où il s’était présenté avec son père suite à la venue dans la matinée ; à son domicile de parachutistes de Douaouda-Marine à sa recherche alors qu’il était à son travail.

Benameur Tewfik, né le 31 mai 1970 à Boufarik, célibataire, gardien dans un verger, demeurant à Chebli (Blida), arrêté sur son lieu de travail le 19 mai 1995 par des militaires. Selon le témoignage de son père il dormait avec son collègue de travail Djamel dans une maisonnette abandonnée située dans le verger. Des militaires de Bou Ainan auraient encerclé les lieux et les auraient pris pour des “terroristes”. Les deux hommes étaient détenus pendant 15 jours dans le centre de la sécurité militaire de Haouch Chnou (Blida), le concerné fut transféré à un autre endroit tandis que Djamel restera 26 jours à Haouch Chnou, puis sera transféré à la prison de Blida et de là, il sera libéré. Benameur Tewfik restera disparu.

Benaouak Mebarek, né le 15 août 1963 à Djelfa, marié et père de 3 enfants, surveillant au service de l’hydraulique de Tektaka (commune de Berbessa, Koléa) , demeurant à Hattatba (Tipaza), arrêté le 15 mars 1996 à 14h alors qu’il s’apprêtait à rejoindre son lieu de travail. Il aurait été arrêté selon les témoins de l’enlèvement sur le tronçon Hattatba –Tektaka par des civils armés appartenant à la gendarmerie de Hattatba, circulant à bord d’un véhicule banalisé de type Renault Express.. Des informations parvenues à sa famille feraient état de sa présence au centre de la SM de Haouch Chnou (Blida). Deux lettres furent adressées par sa mère au tribunal de Koléa  et à la Cour de Blida (14 avril 1996), restées sans réponses. Plainte déposée par l’avocat de la famille (M. Khelili) le 28 novembre 1998 auprès du procureur général de la Cour d’Alger.

Benaeoui Lyes, 27 ans, marié, Ben Aknoun, Alger, Secrétaire APC Ben Aknoun, activité religieuse, arrêté le 12 août 1995 à 10h du matin en présence des collègues au lieu de travail par des agents des services de sécurité militaires en civil en voitures banalisées, ils effectuèrent une perquisition au domicile et emportèrent un poème écrit à la mémoire du grand père « Chahid ». Les Militaires étaient venus chez le père dans la nuit du 9 au 10 août et ont cherché Lyes. Plainte adressée au procureur, lettres aux président R., médiateur, ministre justice, défense, ONDH,… plainte adressée au tribunal Bir Mourad Rais le 21 juin 1997, enquête n’a abouti à aucun résultat. Le père interrogé par service sécurité de Beni-Messous, commissariat de police des Asphodelles (Ben Aknoun), Gendarmerie de Dely-Brahim, gendarmerie d’El Biar

Benamrouche Ali, né le 11 août 1970, chômeur, marié et père d’un enfant, habitant dans une région agricole de Korso (Boumerdes), arrêté le 27 janvier 1995 vers 21h 45 par des miliciens : M.Z., son frère R., les frères O., M. et M. T. s’introduirent dans la maison avec une hache et une kalachnikov. Ils étaient accompagnés de forces de sécurité et enlevèrent Ali. Lorsque le père est allé le lendemain à la gendarmerie, on lui dit : « tu n’as pas porté plainte contre ton fils lorsqu’il donnait à manger aux terroristes, mais maintenant qu’on l’a enlevé tu viens chez nous » Trois autres habitants du quartier ont été arrêtés au même moment et il paraît qu’ils auraient été emmenés au commissariat de Boudouaou.

Benarab Habib Allah, né le 22 décembre 1975, célibataire, sans profession, demeurant à Bir Mourad Raïs (Alger), arrêté le 5 mai 1998 à 17h par des hommes armés se présentant comme étant des policiers. Le lendemain de sa disparition, 4 hommes armés sont revenus au domicile et ont procédé à une perquisition de sa chambre. Une cassette vidéo d’un match de football, des cassettes audio de chansons et une paire de bottes ont été prises.

Benarous Ahmed, né le 12 novembre 1959, célibataire, maçon de profession, demeurant à Aïn Naadja, Alger, arrêté le 1er février 1997 à minuit (mois de Ramadhan) près de son domicile, par des militaires sous la direction d’un certain capitaine G. alors qu’il jouait aux dominos avec ses voisins selon le témoignage de sa famille. Des voisins arrêtés en même temps que lui (noms connus) et relâchés quelques jours après déclarent avoir été séquestrés à la caserne de Ben Aknoun. Son père se présentera à la caserne. Un militaire lui dira que son fils a été transféré sur le centre de Châteauneuf. Lettres adressées au président de la République, au ministre de la justice et à la DGSN.

Benatelli Abdallah, 42 ans, Alger, arrêté le 18 octobre 1993 par des gendarmes. Sa famille aurait eu des informations sur lui jusqu’à la date du 13 mai 1996.

Benazouz Redouane, né le 8 mai 1965, marié et père d’un enfant, infirmier à l’hôpital Mustapha, demeurant à Alger, a été arrêté le 28 novembre 1994 à 11 heures à la sortie de l’hôpital par des militaires.

Benbelkheir Merouane, né le 8 février 1979, célibataire, chômeur, demeurant à Kouba (Alger), arrêté lors d’un ratissage le 3 janvier 1996 à 19h au domicile par des policiers du 17e arrondissement (Kouba). D’autres jeunes citoyens dont son frère seront également arrêtés puis relâchés quelques jours plus tard. Lui-même était détenu avec les autres pendant 8 jours au commissariat central. Lettres adressées par le père à la présidence de la république, au ministre de l’Intérieur, au procureur de la république du tribunal d’Hussein-Dey (26 mars 1996) et à l’ONDH. Ce dernier organisme répondra au père que son fils était recherché par les services de sécurité (lettre n° 44 du 15 mai 2000).

Benchaïb Abdelbassat, né le 6 novembre 1972, célibataire, sans profession, demeurant la commune de Rasfa (Sétif), arrêté le 7 juin 1995 à 16h à Ras Isly (Sétif) par les gendarmes de la localité. Selon le témoignage de ses parents, il aurait été localisé dans un premier temps à la brigade de gendarmerie de Ras Isly.

Bencheikh El Feghoun Ahcène, né le 13 juin 1964, célibataire, demeurant à la cité Daksi (Constantine), arrêté le 12 mars 1995 à 23h 50 à son domicile par des éléments de la sécurité militaire à Constantine. Durant la même nuit, les voisins Benlatrèche Fayçal, Guedri Abdelouahab, Bounedjka Hamza, Toub Mourad et Toub Farid furent également arrêtés.

Benchikh Mouloud, né le 20 avril 1972, célibataire, sans profession, demeurant à Cherarba, (El Harrach), arrêté le 10 avril 1995 à 19h à son domicile par des militaires. Selon les informations recueillies par son père, il aurait été localisé dans un premier temps à la caserne de Château Rouge (Eucalyptus), puis aurait été transféré vers le centre de Châteauneuf, puis sur une caserne de Blida Haouch Chnou.

Benchlef Abdelkader, né le 19 mars 1977, domicilié à Ain Oussera, Djelfa, lycéen, célibataire, arrêté par un groupe dans une voiture de marque J5 avec l’immatriculation 16-184-11205. Le père s’est présenté le même jour à la gendarmerie de Ain Oussera où on lui a dit que le fils avait été arrêté pour être interrogé et qu’il sera libéré incessamment. La famille s’est adressée notamment à l’ONDH qui a répondu le 23 mai 1997 que la gendarmerie concernée n’était pas informée de cette arrestation et qu’aucune information n’était disponible au sujet du disparu.

Bendia Nacereddine, né le 22 juin 1963, marié, commerçant, demeurant à Sétif, arrêté le 29 novembre 1993 à 15h à la cité des 600 logements de Sétif, alors qu’il revenait du marché à bord de son véhicule de type Volvo. Selon le témoignage de sa famille, des ouvriers du bâtiment de la cité de 600 logements auraient vu la Volvo poursuivie puis doublée par un fourgon de type J5, duquel descendirent des hommes armés et s’engouffrèrent dans la Volvo de la victime. Les deux véhicules démarrèrent en trombe vers une destination inconnue. Le fourgon J5 a été reconnu comme celui qui a servi également au kidnapping d’un menuisier de la cité Yahiaoui de Sétif. Il est à noter que la victime venait de sortir de prison (26 octobre 1993) après avoir purgé une année de prison.

Bendir Ayache, né le 30 décembre 1975, demeurant Bordj El Kiffan, Alger, a été arrêté le 13 août 1996 à 15h à son domicile par des militaires de la garde républicaine et des miliciens venus à bord d’un camion et de deux voitures. .

Bendjaal Mourad, 27 ans, demeurant à Alger a été arrêté le 12 janvier 1995 par des policiers en civil. Il venait d’être libéré de prison après avoir été acquitté par le tribunal d’exception d’Alger.

Bendjabou Fayçal, né le 9 avril 1967, marié et père de 2 enfants, coiffeur de profession, demeurant à Aïn El Azel (Sétif), arrêté le 9 mars 1994 à minuit à son domicile par deux policiers du commissariat de Aïn Azel . Dans la soirée le chef de brigade a été tué. Dans la nuit les forces de l’ordre ont arrêté de nombreuses personnes du quartier, notamment Bendjabou Fayçal. Le lendemain, son père est allé lui apporter à manger au commissariat. Pendant trois jours, il est resté à cet endroit, puis aurait été transféré à Constantine mais la famille n’a pu le trouver. Elle a appris que le concerné est recherché par les autorités. Plainte et lettres.

Bendoumia Kamal, né le 5 juin 1968, est menuisier et propriétaire d’un fourgon de type J5 demeurant près de Soumaa (Blida). Il s’est présenté avec sa mère à l’école de police de Soumaa (Blida) le mardi 9 août 1994 où venait d’être amené son frère Ahcène arrêté quelques heures plus tôt par quatre civils à son domicile à bord d’une Mazda bâchée et d’une R4, civils qui s’étaient présentés comme étant des islamistes alors qu’ils étaient des agents de sécurité de l’école de police. Depuis aucune nouvelle. La mère a retrouvé les ravisseurs de son fils. Ils ramenaient régulièrement des prisonniers au tribunal de Blida. Elle les a retrouvés également au camp de la sécurité militaire plus connu sous le nom de Haouch Chnou (Blida).

Beneddine Allel, né le 2 janvier 1955, avocat de profession, demeurant à Oran, arrêté le 22 novembre 1994 à minuit à son domicile par une vingtaine d’hommes armés de la sécurité militaire venus à bord de véhicules banalisés (Express, J5, Daewoo) et qui ont forcé la porte de l’appartement. Dans son témoignage, sa mère déclare que son fils n’activait dans aucun parti politique et s’interroge si son fils n’a pas été enlevé parce qu’il portait une barbe ou parce qu’il défendait, dans le cadre de sa profession d’avocat, des militants du FIS ?

Benfriha Nacereddine, né le 12 avril 1972, marié, manœuvre de profession, demeurant à Château Rouge, El Harrach, Alger, arrêté le 11 juin 1995 à 6h à son domicile par des policiers et des civils armés lors d’un ratissage dans le quartier.

Benghedfa Douadi, né le 4 juillet 1955, marié, sans profession, demeurant à Sétif, a été arrêté le 19 juin 1995 à 19h près de la mosquée Omar Ibn El Khettab de Sétif par des civils armés se réclamant de la police.

Benghorieb Saad, né le 22 avril 1942 à Rasfa (Sétif), marié et père de 10 enfants, ferrailleur de profession, demeurant à Ras Isly (Sétif), enlevé le 7 juillet 1995 à 21h par des maquisards islamistes selon le témoignage de sa famille. Cet enlèvement serait en rapport avec le fait que son fils serait au service national (service militaire).

Benidir Ali, né le 12 avril 1966, marié et père d’un enfant, demeurant à Gué de Constantine (Alger), soudeur. Arrêté le 29 août 1996 à 14h par les miliciens M., A., D.S., M. et K., connus dans le quartier, devant des témoins nommés. Selon le témoignage de sa famille, il aurait été livré par ces miliciens aux militaires de la caserne des forces terrestres de Aïn Naadja et plus particulièrement à un certain capitaine Abdeslam. Des voisins ont été arrêtés le même jour et ont disparu : El Garoui Sidali, Bala Toufik, Bouzid Meziane, Hamedi Abdelaziz. Bouziza Djamel et le frère du disparu Benidir Mahmoud ont été relâchés après 8 jours. Plainte déposée au niveau du tribunal de Hussein Dey le 19 octobre 1997, une enquête diligentée par la gendarmerie de Ain Naâdja, le père a été interrogé suite à la requête transmise à l’ONDH. Lettres aux différents destinataires.

Benhamani Azzeddine, né le 7 mars 1971, célibataire, commerçant, demeurant à Bordj Zemmoura (Bordj Bou Arréridj), arrêté le 2 février 1995 à 10h par des miliciens et des membres armés de la délégation exécutive communale (DEC) devant la mairie du village.

Benhamida Messaoud, né présumé en 1959, marié, enseignant, demeurant à Guigba (Batna), arrêté le 2 juin 1994 à 10h sur son lieu de travail (Ecole Merzeghlel de Aïn Azel, Sétif) par des gendarmes accompagnés de civils.

Benkahoul Zoheir, né le 2 janvier 1962, célibataire, médecin au secteur sanitaire de Chelghoum Laid Mila, demeurant à Constantine. Arrêté le 15 septembre 1995 à Bab el Kantara par des forces de sécurité de l’ONRB. Il avait été arrêté une première fois au niveau de l’hôpital où il travaille et détenu pendant 15 jours. La deuxième fois, il est arrêté avec son frère. Ce dernier est relâché après deux mois. Un agent des services de sécurité informé la famille que le fils est chez eux pour subir des interrogatoires et des confrontations. Après février 1996, la famille n’a plus eu de nouvelles du fils.

Benkara Mustapha, né le 14 juillet 1953, marié et père de deux enfants, chirurgien à l’hôpital de Médéa, demeurant Aïn Bénian (Chéraga), candidat FLN aux élections législatives du 26 décembre 1991, arrêté le 31 mars 1994 à 12 heures par des militaires à l’hôpital, en présence de ses confrères et du directeur de l’établissement hospitalier. Selon des témoins dignes de foi, il aurait été séquestré durant 25 jours à la gendarmerie de Médéa puis aurait été transféré par des éléments de la sécurité militaire vers la prison de Camera située à Ksar Boukhari. Il aurait été transféré de nuit aux urgences de l’hôpital où il travaillait, la tête couverte d’un drap avec une double fracture de la main et de la jambe suite à des tortures. Sa voix aurait été reconnue par ses confrères et les infirmiers de garde. Aux derrières nouvelles (juin 1998) il serait selon des informations non vérifiées, gardé dans une prison secrète de Hassi Bahbah (Djelfa). Il est à noter que le docteur Benkara avait déjà été arrêté en 1993 par les services dits de sécurité qui l’avaient accusé de soigner des maquisards islamiques.

Benkerimi Mohamed Hamdane, né le 5 juillet 1965, vacataire à la direction des impôts (Trésor), demeurant à Alger. Selon le témoignage de sa famille, il aurait été interpellé une première fois le 29 mai 1996 à hauteur du n° 2 de la rampe Louni Arezki (Alger) par l’inspecteur de police A.M.A., dit Halim, qui lui confisqua ses pièces d’identité, son permis de conduire et les clefs de son véhicule et lui ordonna de passer le lendemain les récupérer au commissariat du 1er arrondissement. Le lendemain, soit le 30 mai 1996. Il se présentera au commissariat du 1er arrondissement où il sera séquestré, selon toujours le témoignage de sa famille par l’inspecteur de police. Deux témoins toujours en vie étaient présents.

Benkouider Farouk, né le 23 mars 1976, célibataire, surveillant de Lycée, demeurant à Bourouba, Alger, arrêté le 4 octobre 1996 à 10h sur son lieu de travail (Lycée Cheikh Tahar El Djazaïri de Badjarah) en présence du proviseur et de ses collègues enseignants par des policiers du commissariat de Bourouba, les une en tenue, d’autres en civils, connus du quartier. Une personne arrêtée en même temps (nom connu) affirme que le concerné s’était trouvé à Châteauneuf. Plainte déposée le 18 mai 1997 au niveau du tribunal de Hussein Dey, enquête sans résultat, lettres diverses. Le Père du concerné a été arrêté le 24 juin 1996 et a disparu.

Benkouider Saïd, né le 16 juin 1943, marié et père de 8 enfants, demeurant Bourouba (Alger), taxieur, arrêté le 24 juin 1994 à 2h du matin à son domicile par des policiers de Bourouba e d’autres forces en tenue de commando, utilisant des véhicules officiels, armés de lance-roquette, de chars. Une perquisition a été effectuée le jour même. 20 jours après son arrestation des détenus provenant de Châteauneuf qui furent écroués à El Harrach prévinrent la famille qu’il se trouve à Châteauneuf. Son fils Farouk, sera arrêté à son tour le 4 octobre 1996 sur son lieu de travail. Plainte au niveau du tribunal de Hussein Dey le 18 mai 1997, enquête , convocation par la police d’El Harrach, commissariat central, commissariat de Bourouba, gendarmerie de Baraki. Lettres diverses.

Benlatrèche Fayçal, né le 9 mai 1975 à Constantine, célibataire, lycéen, demeurant à la cité Daksi, (Constantine) arrêté le 12 mars 1995 à minuit à son domicile par des éléments de la sécurité militaire appartenant au CTRI de la 5e région militaire de Bellevue (Constantine). Son frère Boubekeur, arrêté en même temps que lui, a été jugé par le tribunal militaire le 18 avril 1995 et a été libéré depuis. Fayçal a aussi été jugé par la cour de Constantine par contumace étant considéré en état de fuite. Plainte au niveau du procureur de la République, lettres diverses.

Benmesrouk Khaled, né le 6 mars 1973, demeurant au Gué de Constantine (Alger), restaurateur, arrêté le 3 novembre 1996 à 1h du matin par des forces combinées dont des policiers du commissariat du Gué de Constantine à son domicile après avoir fracassé la porte. Il avait été arrêté deux fois auparavant : par les gendarmes de Ain Naadja qui l’ont séquestré durant 16 jours dans leur brigade puis par les policiers de Ain Naadja suite à quoi il a passé 3 jours au commissariat de Ben Aknoun. Il serait resté après la troisième arrestation 3 mois au commissariat de Dely Ibrahim, les policiers ont dit à la famille qu’il aurait été relâché. Plainte au niveau du tribunal de Bir Mourad Rais le 27 octobre 1997, lettres diverses.

Benoua Mourad, né le 7 mai 1960 à Kouba, marié et père de deux enfants, infirmier à l’hôpital de Kouba, demeurant à Kouba, Alger. A été arrêté le 26 février 1994 à 17 heures à Bouzaréah par des militaires selon le témoignage de sa famille. Il s’était rendu à Bouzaréah pour porter des soins à un malade. En sortant, il a été arrêté par des militaires qui ont assassiné 7 personnes dont cinq furent identifiées et deux non. Quelques heures après son arrestation, les militaires sont venus perquisitionner à son domicile, ils ont emporté une photo. L’intéressé fut destinataire d’une citation à comparaître avec information qu’il sera jugé. Il avait été arrêté auparavant et été séquestré pendant 13 mois à Tissemsilt. Un non-lieu fut prononcé par le tribunal de Tiaret. Lettres diverses.

Benrabah Hakim; né le 23 février 1974 à Kouba (Alger), peintre, arrêté en avril 1994 pendant la matinée après être sorti de chez lui. Le même jour, des militaires et des policiers ont débarqué dans la maison à trois heures du matin, ils ont fait sortir les frères, ont pris le livret de famille qui n’a pas été rendu, un passeport et 2000 DA. Ils sont revenus le lendemain et un mois plus tard où ils arrêté le frère Mohamed qui a été détenu pendant 3 jours puis relâché. La mère a subi une crise nerveuse et est en traitement médical

Bensaci Youcef, né le 29 novembre 1970, célibataire, étudiant à l’université, demeurant à Bordj Zemoura (Bordj Bou Arréridj), arrêté le 12 septembre 1994 à 22 h à son domicile par des militaires et des miliciens qui ont défoncé la porte d’entrée. Il a été conduit à un endroit inconnu. Un dispositif militaire avait été installé près du siège de la commune pas loin du domicile. Ont été reconnus parmi les kidnappeurs: B.A. (devenu après adjoint maire) et B.B. (mort). Famille convoquée à 2 reprises par la gendarmerie suite aux réclamations en 1998, lettres à toutes les autorités. Arrêté en même temps que Selakdj Mohamed, Mechakou Bachir, Tabet Smail.

Bensadi Boubekeur, né le 9 juillet 1958, marié et père de 5 enfants, enseignant au CEM, demeurant à Bordj Zemmoura (Bordj Bou Arréridj) arrêté le 19 avril 1995 à son domicile par des membres armés de la délégation exécutive communale (DEC) et des miliciens.

Bensaïd Youghourta, né le 21 septembre 1970, demeurant à El Mouradia (Alger), propriétaire d’une pizzeria, ancien gendarme radié du corps à sa demande en 1993, a disparu le 2 octobre 1995 à 23 heures, ainsi que son ami Moumni Aziz, alors qu’il venait d’accompagner son cuisinier à son domicile à Tixeraïne (Alger) dans son véhicule (Renault Express). Deux jours après sa disparition avec son ami, sa voiture (Renault Express), dont l’immatriculation avait été enlevée, sera retrouvée brûlée devant le commissariat de Tixeraïne.

Bensalem Ali, né le 22 février 1977, arrêté le 2 mars 1996 à 21h par des militaires de la caserne Medjbeur (commune de Séghouane, Médéa) et des miliciens.

Benseghir Salim, né le 15 mars 1969, célibataire, déclarant de douane de profession, demeurant à El Harrach, Alger, a été arrêté le 31 décembre 1996 vers 17h à son domicile par des civils armés de pistolets automatiques venus à bord de 3 véhicules banalisés dont un fourgon de type Trafic. Une perquisition a été effectuée dans sa chambre sans rien trouver. Avant de sortir, l’un des civils armés s’adressa à son chef à travers son talkie-walkie en lui disant :”chef! On a le 2e coco”. Selon toujours le témoignage de sa famille, dix jours après son enlèvement, se présenta au domicile familial, un jeune citoyen de 18 ans qui a déclaré à la famille qu’il avait partagé la même cellule que leur fils Salim au centre de Châteauneuf et qu’il l’avait chargé de rassurer la mère. Un détenu de Serkadji a prévenu la famille qu’il avait été avec le concerné à la prison de Blida et qu’il aurait été transféré vers le sud. Depuis aucune information sur son sort. Il est à noter qu’il avait déjà été arrêté en décembre 1995 par des policiers et des militaires et qu’il fut séquestré durant un mois au commissariat de Bourouba avant d’être libéré.

Benslimane Amina, née le 1er janvier 1966, célibataire, technicienne en bâtiment, demeurant au 6 boulevard Abdelkader Guellati, Belfort (El Harrach), a été arrêtée le 13 décembre 1994 à 9 h 30 à Belouizdad (Alger), près des Halles Centrales par des civils armés qui l’ont embarquée dans une voiture banalisée. Selon des informations données à la mère, elle aurait été détenue durant deux jours au commissariat de Cavaignac (Alger) puis durant 15 jours au centre de Châteauneuf, à El Biar à Alger, avant d’être remise à la sécurité militaire (DRS). Des informations non confirmées font état de sa mort sous la torture. Elle aurait ensuite été enterrée au cimetière d’El Alia. Sa famille n’a pu obtenir aucune information de la part des autorités concernant son sort ou son lieu éventuel de détention. Sa mère, militante du collectif des familles des disparus est décédée en 1999.

Bentabiche Rachid, né le 25 décembre 1976, célibataire, sans profession, domicilié à la Casbah, Alger, arrêté le 21 décembre 1995 à 11h du matin par des policiers dans un salon de coiffure à la place el Chouhada dans son quartier avec d’autres voisins. Les policiers étaient armés et sans véhicule car ils étaient du commissariat du coin. Deux autres jeunes arrêtés en même temps que lui seront relâchés après avoir été interrogé au sujet de Rachid. Plainte déposée au niveau du tribunal de Bab el Oued, lettres diverses. Le concerné a été jugé par contumace le 8 mars 1997 et est considéré en état de fuite.

Bentaha Abderrahmane, né le 27 juillet 1962, célibataire, sans profession, demeurant à Bourouba (Alger), arrêté le 25 mars 1995 à 20h par des policiers à la cité Garidi (logement de police) Kouba (Alger) alors qu’il était en visite chez sa sœur. Les policiers en présence du commissaire de Hussein Dey lui ont mis une cagoule et des menottes. Ils étaient habillés en noir, armes à la main, plusieurs voitures de type Toyota blanches. Le lendemain deux hommes en civil se sont rendus chez la sœur et l’ont interrogée. Lettres diverses.

Bentayeb Abbés, né le 2 août 1969, célibataire, étudiant, demeurant Alger, a été enlevé dans son quartier le 31 juillet 1997 à 22h 30 par des civils armés appartenant à la sécurité militaire et au GIS (groupes d’intervention spéciaux) venus à bord de fourgons banalisés (J5) selon le témoignage de sa famille. D’autres voisins furent arrêtés en même temps que lui puis relâchés (noms connus). Avant de le retrouver dans le quartier, les civils armés procédèrent à une perquisition du domicile familial. Des informations parvenues à sa famille ont fait état de sa présence aux centres de la SM de Ben Aknoun puis de Béni Messous. Son grand frère, diplomate avait été assassiné le 13 février 1995 à Birkhadem par des inconnus armés.

Benterzi Mustapha, demeurant à Ould Hadj (Boumerdès), a été arrêté avec son frère Youcef, le 21 décembre 1993 devant la poste de Réghaïa. Conduits au commissariat de Boudouaou. Son frère sera relâché. Quant à Mustapha, il sera transféré au centre de Châteauneuf. Des informations auraient fait état de son incarcération à la prison de Serkadji. Les démarches de la famille resteront infructueuses.

Bentoumi Abdelkrim, né le 11 mai 1968, célibataire, pâtissier, demeurant au quartier Meissonnier (Alger) a été arrêté par des policiers en mai 1993 un soir au salon de thé en présence de la famille. Il était recherché. Il aurait été vu pour la dernière fois au centre de la SM de Châteauneuf où il aurait passé 6 mois. Il serait mort sous la torture dans ce centre selon le témoignage de quelqu’un dont le nom est connu. Ses frères ont été arrêtés plusieurs fois avant et après cet enlèvement et ont à chaque fois été torturés et menacés. Plusieurs perquisitions ont été effectuées avant et après l’enlèvement par la police du 8eme arrondissement Témoignage non confirmé par d’autres. Considéré comme disparu. Plainte déposée au tribunal de Sidi M’hamed le 17 juin 1998, lettres diverses.

Benyahia Abdelkader, né le 18 décembre 1940 , demeurant dans la commune de Zemmoura, w. de Relizane, ancien adhérent du FIS. Enlevé le 6 août 1995 à 4h 30 à son domicile par des individus en civil en présence des filles et de sa femme. Il avait été suivi par des individus de la région et il s’en était plaint au maire de la commune. Sa femme a fait une déclaration à ce dernier le 8 août 1995. La famille a changé de domicile après la disparition. Suite à l’enlèvement, la maison a été détruite par les miliciens qui les avaient déjà intimidés avec des graffitis le traitant de «terroriste ». Trois fils ont disparu : Mohamed, Ahmed, Aouad.

Benzid Abdelhamid, né le 30 novembre 1962, marié, chômeur, demeurant à Bordj Zemoura (Bordj Bou Arréridj), arrêté le 2 février 1995 à 11h du matin au marché de Bordj Zemoura où il vendait des chèvres par des membres de la DEC et des miliciens de Bordj Zemoura et conduit au siège de la commune pour être ensuite évacué à B:B. Arreridj. Etaient présents parmi ceux qui l’ont enlevé les deux membres du groupe d’autodéfense B.H. et B.A.. Enquête faite par la gendarmerie en 1998, lettres à toutes les autorités, ai, onu etc.

Benzid Ahmed, né le 1er février 1972, demeurant à Hattatba (Tipaza), arrêté le 24 mai 1995 par des gendarmes à la suite d’un contrôle d’identité près de la brigade. Selon le témoignage de sa famille, il ne portait pas ce jour-là ses pièces d’identité sur lui et était ivre. La gendarmerie a reconnu l’avoir arrêté.

Benzid Slimane, frère d’Ahmed, né le 18 janvier 1971, demeurant à Hattatba (Tipaza), arrêté le 29 mai 1995 à son domicile par des gendarmes. Il aurait été remis ensuite aux militaires selon le témoignage de sa mère.

Benzineb Mohamed, 38 ans, marié et père de 2 enfants, architecte. A été arrêté sur son lieu de travail à Khemis Miliana par des gendarmes qui l’auraient emmené à la brigade de Djender.

Berbère Mohamed, célibataire, demeurant à Aïn Taya, arrêté en 1992 à son domicile par la gendarmerie de Aïn Taya et par des civils armés. Lieu de garde à vue : centre de la SM de Boudouaou. Durée de garde à vue : 17 jours. Moyens de torture : suspension par les pieds au plafond, brûlures au chalumeau, injection de produits chimiques dans le pénis, flagellation par câble électrique, technique du chiffon. Complications : pertes de connaissance. Transféré à la prison de Serkadji. Libéré le 13 septembre 1993 après son acquittement par le tribunal d’exception d’Alger, il sera kidnappé par la SM à sa sortie de la prison de Serkadji. Disparu depuis.

Berghouti M’Hamed, né le 19 octobre 1942, marié et père de 7 enfants, cuisinier, demeurant à Staouéli (Alger), arrêté le 11 septembre 1994 à son domicile par 4 civils armés en voiture de type Peugeot 205 blanche. Ils montrèrent leur carte professionnelles de policier. Ces mêmes personnes ont arrêté le même jour un voisin du nom de Adel Turki avec sa voiture. Il n’a plus réapparu.

Berkaoui Achour, né le 10 juillet 1961, marié et père d’un enfant, demeurant à El Mouradia (Alger), agent des impôts, arrêté le 20 novembre 1994 à 7h alors qu’il s’apprêtait à monter dans le bus au Golf par des policiers en uniforme et en civil. Des membres de sa famille et des voisins ont assisté à la scène du kidnapping. Aurait été localisé par sa famille au centre d’El Madania durant les trois premiers jours. Puis aurait été transféré vers la prison de Serkadji. Lettres diverses, plainte, convocation de la famille par gendarmerie et la police et les militaires de Beni Messous.

Berkati Miloud, né le 12 mai 1964 à Hussein-Dey, demeurant à Badjarah (Alger), arrêté le 18 mars 1994 à 14h à son domicile par des militaires et des policiers, tous cagoulés, venus à bord de véhicules militaires.

Berroua Abdelkader, né le 28 mai 1945 à Hassi Ghalla, marié et père de 8 enfants, commerçant, demeurant à Oran, arrêté le 7 décembre 1994 par des civils armés dans son magasin d’électroménager à Oran. Selon les témoins présents dans le magasin, la victime aurait été jetée dans une camionnette qui a démarré vers une destination inconnue. Les mêmes ravisseurs reviendront une heure plus tard avec un camion et dévaliseront tout le magasin d’électroménager selon les mêmes témoins. Selon le témoignage de sa famille, des informations leur seraient parvenus en 1996, selon lesquelles, il serait séquestré à la caserne de Mers El Kébir et qu’il devait être transféré vers un centre secret du sud algérien.

Bessa Abdelaziz, 24 ans, célibataire, maçon, demeurant dans la commune de Thénia (Boumerdés) a été arrêté par des policiers et des militaires le 28 avril 1995 à 8h du matin à son domicile. Arrêté avec deux frères qui seront relâchés après 45 jours (l’un est écroué). Il a passé 5 jours au centre de police de Boumerdes puis des rumeurs disent qu’il aurait été à Châteauneuf. Plainte au niveau du tribunal de Boumerdes le 28 janvier 1998, enquête, convocation de la famille par la gendarmerie de Thenia, de Boumerdes et la police de Thenia. Lettres diverses.

Bey Mohamed Tahar, né le 16 août 1950, fonctionnaire à la daïra de Messaâd (Djelfa), arrêté le 18 mai 1994 par les forces de sécurité sur son lieu de travail à Djelfa. Il aurait été hospitalisé à l’hôpital militaire de Aïn Naâdja d’Alger suite à des blessures dues aux tortures.

Bouabdallah Abdelaziz, né le 15 octobre 1974, journaliste au quotidien arabophone El Alem Essiyassi (Le monde politique) a été kidnappé à son domicile le 12 avril 1997 par des civils armés se réclamant de la police. Il avait été précédemment arrêté en janvier 1997 puis relâché. Disparu depuis. Le journaliste, qui signait sous le pseudonyme de Aziz Idriss, est conduit vers une destination inconnue. Le 18 avril, le quotidien El Watan annonce que Aziz Bouabdallah a été arrêté par la police. « L’interpellation, croit-on savoir, est liée à un article « jugé diffamatoire » écrit par le journaliste », affirme le quotidien. « Nous croyons savoir de sources policières que la détention de Aziz Idriss répond aux besoins d’une enquête judiciaire (…) Après plusieurs jours passés dans les locaux de la police, Aziz Idriss devrait être relâché au plus tard aujourd’hui », conclut le journal. Mais le lendemain, El Watan revient sur ces informations et dément l’arrestation d’Aziz Bouabdallah. Le quotidien affirme même que le journaliste a été enlevé par un groupe islamiste armé. Depuis, on est sans nouvelles du journaliste. Dans un courrier à RSF en date du 30 juin 1997, l’ambassade d’Algérie à Paris affirme que « suite aux investigations entreprises sous le contrôle du ministère de la Justice, il s’avère que l’intéressé est inconnu des services de sécurité, qu’il ne fait l’objet d’aucun mandat et qu’il n’a pas été arrêté, ni détenu ». Il aurait été vu par des citoyens détenus, au centre de la sécurité militaire de Châteauneuf (Alger).

Bouachi Brahim, né le 14 janvier 1969, demeurant au Douar El Hazazta, L’Arbatache (Boumerdés), célibataire, muezzin de profession, a été arrêté le 20 septembre 1996 à 9 heures à un barrage dressé par des miliciens de Réghaïa lors du contrôle du bus dans lequel il se trouvait. Sa mère affirme que des témoins l’ont vu lorsqu’il a été emmené à la caserne de Hazazta puis au poste de police de Réghaïa où il séjourna quatre jours avant d’être transféré vers une destination inconnue. Sa mère affirme aussi que précédemment son fils avait été arrêté par la gendarmerie de Khemis El Khechna pour «soutien aux groupes armés » et avait été condamné à 4 mois de prison, peine qu’il passera à la prison d’El Harrach. Sa famille n’a aucune nouvelle de lui depuis. Plainte déposée le 4 juin 1998 au tribunal de Rouiba, enquête et convocation de la famille par la gendarmerie de la commune de Arbatache. Lettres diverses.

Bouafia Ali, 28 ans, instituteur, demeurant à Taher (Jijel), Arrêté à Taher par des militaires le 17 juin 1995. Il est à noter que trois jours avant son arrestation, son père, ses 3 oncles et deux autres habitants du village avaient été, selon le témoignage de sa famille, exécutés sommairement.

Bouaïcha Djamel, né le 30 novembre 1961, demeurant à Fouka (Tipaza), marié et père de deux enfants, chauffeur dans une entreprise, arrêté le 15 juillet 1995 à 8h du matin à son lieu de travail par des hommes en civils venus en voiture, dont l’un est connu. Ils le forcèrent à entrer dans la voiture. Il avait été arrêté trois fois par la gendarmerie de Fouka, une fois pour 7 jours, la deuxième fois 25 jours et la troisième 18 jours.

Bouakkaz Salim, né le 14 novembre 1970, demeurant à Constantine, a été arrêté le 4 novembre 1996 à la sortie de la mosquée par les services de sécurité. Un an plus tard, le quotidien En-Nasr l’a présenté comme étant un «terroriste recherché, en fuite ».

Bouamra Ahmed, né le 31 mai 1964, célibataire, habitant à Fouka (Tipaza), commerçant. Arrêté le 23 mai 1995 à 12h par des éléments de la garde communale de Fouka à son domicile. Plusieurs voisins arrêtés en même temps ont disparu aussi. Plainte le 19 août 1997 au niveau du tribunal de Tipaza, enquête, convocation de la famille par la gendarmerie de Fouka, lettres diverses. Son cousin Bouamra Mohamed arrêté le lendemain a disparu aussi.

Bouamra Nadir, né le 21 mars 1969, domicilié au village Tittest (Sétif), enseignant à l’école fondamentale, arrêté le 16 juillet 1995 par des gendarmes en même temps qu’une autre personne libérée le 1 août 1995. Il s’était présenté chez les gendarmes. Plainte, enquête, convocation du père par les gendarmes de Tittest, lettres diverses.

Bouaroura Djamel, né le 27 avril 1973, célibataire, habitant Kouba (Alger), sans profession, arrêté le 17 novembre 1994 à 2h du matin au domicile par des policiers encagoulés. Il y a une rumeur qui court faisant était de sa mort. Son père et un frère ont été arrêté le 18 février 1994, présentés à la justice et condamnés à trois ans de prison. Un autre frère, Noureddine, arrêté en même temps que lui a disparu aussi.

Bouaroura Noureddine, né le 1 janvier 1978, habitant Kouba (Alger), célibataire, sans profession. Arrêté le 17 novembre 1994 par des policiers encagoulés à son domicile à 2h du matin. Il avait déjà été arrêté plusieurs fois et torturé. Perquisitions de la maison avant, pendant et après l’enlèvement. Arrêté en même temps que son frère Djamel, disparu lui aussi. Son père et un frère ont été arrêté le 18 février 1994, présentés à la justice et condamnés à trois ans de prison.

Bouazara Abdelkader, né le 8 février 1964, demeurant Aïn Naâdja, Alger, marié et père d’un enfant, travaille au ministère de la jeunesse et des sports. Arrêté le 8 novembre 1995 à 23h50 au domicile par des militaires parachutistes. Ils ont perquisitionné sa chambre. Ils n’étaient pas décidés s’ils devaient l’emmener ou pas, finalement ils l’ont embarqué. Un autre voisin a été arrêté et a disparu aussi. 1996. L’ONDH a répondu à la famille qu’il aurait été enlevé par un groupe inconnu.

Boubekeur Ahmed, né le 29 mai 1966, célibataire, étudiant à l’institut d’agronomie, habitant Dar el Beida (Alger). Arrêté le 24 avril 1995 dans l’après-midi par des agents en tenue civile. A ce moment, au caroubier, il y avait une forte présence policière et des véhicules de type Nissan au moment de la perquisition du logement le 25 avril 1995 à minuit. Ils cherchaient le concerné. Ils ont pris son cartable. Une semaine après la brigade de gendarmerie u du 5 juillet s’est présentée à la recherche du concerné. Ils ont pris le livret de famille qui a été restitué un mois après Il a été vu dans le centre de Châteauneuf par une personne dont le nom est connu. Il aurait été vu la dernière fois en 1998. Il a été jugé par contumace et condamné à perpétuité avec une autre personne (nom connu) qui a été condamnée à 4 ans de prison et qui été écrouée en 1997. La famille a demandé des informations au niveau des tribunaux d’El Harrach, Alger, Hussein Dey, l’affaire a été classée après avoir été transmise au commissariat de Mohamedia. Lettres diverses.

Boubekeur Ali, né le 9 janvier 1966, domicilié à Badjarah (Alger), célibataire, soudeur, arrêté le 22 février 1996 à minuit à son domicile par des forces combinées (militaires et policiers), armés, véhiculés. Cette nuit la plusieurs personnes ont été arrêtées parmi lesquelles certaines ont disparu dont Boucenna Youcef. Plainte déposée au niveau du tribunal de Hussein Dey le 1 mai 1998, enquête menée par la gendarmerie d’El Harrach, sans résultat. Lettres diverses.

Boucena Kamel, né le 18 avril 1957, demeurant à Constantine, marié et père de 4 enfants, comptable de profession. Arrêté le 6 novembre 1993 à 16h devant son domicile par des policiers selon le témoignage de ses proches. Séquestré durant un mois au commissariat Central de Constantine, en compagnie des citoyens Bousbaâ Ahcène et Lakhal Lakhdar. Le 19 décembre 1993, le quotidien El Acil en langue française annoncera en se référant à des « sources des services de sécurité » qu’un groupe de terroristes a été abattu au cours de la découverte d’une casemate dans la région de Collo (Jijel) et citera parmi les « terroristes » les noms de Boucena Kamel, Bousbaâ Ahcène et Lakhal Lakhdar.

Boucenna Youcef, né le 29 octobre 1976, célibataire, sans profession, domicilié à Badjarah (Alger), arrêté le 22 février 1996 à minuit par des forces combinées (militaires et policiers) au domicile au moment d’un ratissage. Le quartier était bouclé, les militaires avaient installé des barrages et personne ne pouvait circuler. De nombreux hommes ont été arrêtés et ont disparus (Boubekeur Ali). Plainte au niveau du tribunal de Hussein Dey le 28 décembre 1996, enquête sans résultat, lettres diverses.

Boucetta Ali, né le 24 février 1966, marié et père de trois enfants, commerçant, domicilié à Boufarik. Arrêté par la police en avril 1997 sur le marché Ali Mellah à Alger. Il a été emmené au poste de police de Debih Cherif et de là à la prison de Delly Ibrahim et puis à Serkadji. Il avait par le passé été menacé plusieurs fois par la garde communale d’El Hadj Yakoub » qui lui ont dévasté à diverses reprises la maison. Plainte au tribunal de Sidi M’hamed, diverses lettres.

Bouchaïb Mounir, né le 5 juin 1967, demeurant au 74, cité El Badr, Badjarah, Alger, mécanicien, arrêté le 20 février 1995 à son domicile par des policiers. Un véhicule appartenant à son frère a été saisi par les mêmes policiers.

Bouchakour Lamri, né le 20 février 1948, demeurant à Thala Ouzrou, Zemmoura (Bordj Bou Arréridj), arrêté le 2 février 1995 par des miliciens à Bordj Zemmoura.

Bouchakour Lamri, né en 1948, marié, marchand ambulant, demeurant à Bordj Zemoura (Bordj Bou Arréridj) arrêté le 2 février 1995 à 11h du matin après avoir été interpellé par les membres de la DEC: B.A., B.H., B.A. et K.M. dans le café de Tabet Said en plein centre de Bordj Zemoura. Il a été conduit au siège de la commune avant d’être transféré à Bordj Bou Arréridj. Enquête de la gendarmerie en 1998 suite à diverses démarches, correspondances à toutes les autorités, organisations: Ai, ONDH, ONU en 1997.

Bouchachia Ahmed né le 10 décembre 1968, commerçant à Khemis El Kechna, a été arrêté le 1er juin 1994 à minuit à son domicile par des militaires. Depuis aucune nouvelle.  Témoignage de la mère de Bouchachia Ahmed : Cela fait quatre années et trois mois (juin 1994) que les militaires ont pris mon fils Bouchachia Ahmed 20 ans, commerçant à Khemis El Kechna. Son frère, militaire de la marine à Oran était à la maison. Il suivait sa convalescence après s’être blessé dans ses activités. Nous avons entendu frapper à la porte à minuit. Puis ils ont cassé la porte et pénétré en force. C’était des militaires. Nous pensions au début, qu’il s’agissait de « terroristes ». Nous avons caché notre fils militaire sous un matelas. Ils ont pris mon fils Ahmed. Et depuis ce jour, nous sommes sans nouvelles. Arrêté en même temps que Bouderhoum Makhlouf.

Bouchair Yacine , né en 1959 , marié, ouvrier agricole, demeurant à l’APC Messaoud Boudjeriou, Constantine. Arrêté le 16 août 1995 sur son lieu de travail (ferme agricole située à Kef Beni Hamza) par des miliciens et autres personnes. On lui a retiré ses papiers et enlevé sa mobylette. D’après les dires des gendarmes de la brigade de Boudjeriou, il aurait été séquestré à la prison de Constantine puis d’autres informations font état de son transfert au centre la sécurité militaire de Bellevue puis à Ain M’lila et enfin Biskra.

Bouchelaghem Moussa Nacim Fouad, né le 7 novembre 1964, marié, père d’un enfant de 10 ans, demeurant à Alger, diplômé de bac technique Mathématiques, DES Physique Copilon: physique du solide, DEA physique du solide, Stage de micro-électronique, Doctorat: physique du solide, thèse préparée au service des champs magnétiques intenses. Officiellement décédé en date du 20 juillet 1994, selon la mention marginale de son acte de naissance, mention également portée sur le livret de famille, décès déclaré par un certain Bayou Tahar, illustre inconnu de la famille du défunt mais a été identifié comme étant un employé de la morgue de Bologhine (ex St-Eugène), à l’état civil de l’APC (mairie) de Kouba, à l’insu de la famille. M. Bouchelaghem a été enlevé de son domicile en date du 3 juin 1994 à 1 heure du matin par un groupe des forces combinées (nindjas et militaires + SM + gendarmerie) constitué de plus de 30 éléments descendus de 7 véhicules Nissan. Le domicile de la victime avait fait l’objet d’un siège de 10 jours durant lesquels toute la famille avait été séquestrée sans pouvoir sortir, y compris le père de la victime, venu lui rendre visite et malgré le fait qu’il était divorcé avec la mère et domicilié ailleurs. Les forces de sécurité se sont carrément installées à l’intérieur du domicile familial où elles se faisaient approvisionner en denrées, fruits et légumes durant le siège. Les militaires ont même fait venir un médecin pour ausculter l’épouse tombée malade le 12 juin 1994. Une relève régulière des éléments des forces combinées était effectuée tous les jours à 6 heures du matin. Ces derniers ont réclamé les clefs et papiers du véhicule de la victime qui était garé dans le garage. Ils l’ont sorti de là pour le stationner dans la rue Ghermoul d’où ils sont venus le prendre le lendemain mercredi 15 juin à 21h 55. Durant le siège, ce groupe était dirigé par un haut gradé en tenue militaire. Le véhicule de la victime: une Peugeot 405 gl 11169 de couleur rouge. Le père de la victime est décédé le 7 mars 1998. Tous les journaux algériens francophones et arabophones ont refusé de publier l’appel de détresse des parents de la victime, même sous forme de placards de publicitaires, seule la chaîne de TV MBC en a parlé. Le ministre de l’intérieur saisi par le courrier n°:365 / 1994 n’a à ce jour pas cru devoir y donner suite. L’ONDH s’est contenté d’adresser un courrier au ministère de l’intérieur, sans plus… Les recherches incessantes menées par la mère de la victime ont permis de savoir que la personne qui avait déclaré le décès à la mairie de Kouba n’était qu’un pantin employé à la morgue qui, contacté par la mère de la victime, s’était affolé en lui déclarant qu’il n’avait rien avoir avec cette affaire et qu’il ne voulait pas avoir de problèmes… Mais la mère de Fouad apprendra par les autres employés de la morgue, sans en être convaincue du reste, que son fils aurait été trouvé mort sur le bas côté d’une rue de Kouba, puis transféré à la morgue avant d’être enterré au cimetière d’El-Alia à El Harrach près d’Alger. La mère de la victime n’a pas pu encore authentifier cette information, ni procéder à la reconnaissance de la dépouille enterrée à El-Alia et supposée être celle de son fils. En vue de cette authentification deux courriers ont été adressés au maire de Kouba par le biais du cabinet d’avocat du réseau euro-med des droits de l’Homme: un télex et une lettre R+AR nr° 61964 dont une copie a été adressée au ministre de l’intérieur, au procureur général, procureur de la République de Hussein-Dey. ONDH, ministre gouverneur d’Alger- Aucune de toutes ces autorités n’a cru devoir y donner suite. http://www.Algeria-Watch.de/mrv/mrvref/khelili4.htm

Bouchelkia Noureddine, né le 30 août 1972, célibataire, épicier, domicilié à Bab el Oued, Alger, arrêté le 11 mars 1995 à 11h du matin par des policiers à son domicile. A la suite d’une fusillade lors du passage d’une voiture de police le 8 mars 1995, des policiers sont venus arrêter le concerné. Il est détenu au niveau du commissariat du 5e arrondissement. Après 20 jours, les parents sont autorisés à lui apporter le couffin et ce, pendant deux mois. Les policiers déclarent ensuite que le concerné a été emmené par des militaires à une destination inconnue.

Boucherf Riad, né le 12 janvier 1974 à Alger, cordonnier, demeurant à la cité des Anassers (Alger), arrêté le 25 juillet 1995 à la mi-journée à proximité du palais de la culture (Kouba) par des policiers en civil très connus du quartier qui auraient été identifiés par des témoins. Ces policiers auraient juré quelques jours auparavant de nettoyer le quartier de sa “vermine” suite à l’assassinat de leur collègue le 13 juillet 1995). Selon les témoins présents lors de l’arrestation, il aurait été frappé et jeté à terre avant de lui passer des menottes et l’embarquer dans la malle de l’une des 2 voitures banalisées (Renault Express blanche, R19 verte). Deux personnes (noms connus) arrêtées en même temps que lui ont été relâchées 16 jours plus tard et auraient affirmé l’avoir laissé au commissariat de Kouba. Selon le témoignage de sa famille, au 7e jour de son enlèvement, ces mêmes policiers auraient arrêté un jeune voisin et lui auraient demandé entre autres si la mère du jeune Riad continuait à rechercher son fils et si son père avait des connaissances. Le 10 août 1995, les mêmes policiers vinrent à 2h du matin défoncer le domicile à la recherche de la victime qu’ils avaient enlevé 15 jours plus tôt (?). Le 31 décembre 1997 il sera condamné par contumace à perpétuité par le tribunal criminel d’Alger. Plainte le 4 septembre 1995 au niveau du tribunal de Hussein-Dey, lettres diverses. La mère témoigne qu’il y avait eu plusieurs assassinats dans leurs quartiers sans que les jeunes n’aient été arrêtés mais depuis le 13 juillet 1995, les familles sont anxieuses. Les parents ne dorment pas la nuit, s’attendant à tout moment à une descente des forces de l’ordre pour arrêter arbitrairement des jeunes.

Bouchiba Lakhdar, né le 13 janvier 1969, marié, fellah, demeurant à Staouéli, Alger, arrêté le 1er septembre 1996 à 1h du matin à son domicile par des policiers d’Ouled Fayet.. Les policiers étaient connus dans le quartier car leur poste se situait près du quartier de la victime de l’enlèvement.

Bouchiha Lakhdar, né le 4 août 1934, marié et père de 9 enfants, gardien d’école, demeurant à Afrat, commune de Salah-Bey (Sétif), arrêté en avril 1995 à 15h sur son lieu de travail par des gendarmes de Salah-Bey accompagnés d’un civil armé nommé A.A..

Boudeliou Sebti, né en 1957 (inscrit le 21 novembre 1963), demeurant à Beni Telilane Setara (w. Djidjel), marié et père de 8 enfants, gardien d’école à Nedlou Beni Telilane Setara (w. Djidjel). Arrêté le 24 mars 1994 à 8h à Hemala Grarem (w. Mila) par des gendarmes de Grarem alors qu’il se rendait au marché hebdomadaire. Huit jours après d’autres personnes arrêtées ont rapporté à la famille qu’il se trouve à la gendarmerie de Grarem. Il avait été enlevé avec de nombreuses autres personnes, certaines ont été relâchées, d’autres non.

Bouderbala Ahmed, né en 1959, marié et père d’un enfant, professeur, demeurant aux Eucalyptus, El Harrach, arrêté à son domicile le 3 décembre 1995 par des militaires en uniformes de parachutistes de la caserne de Château Rouge. Selon le témoignage de sa famille, il aurait été emmené dans un premier temps à la caserne de Château Rouge puis transféré vers une destination inconnue. On avait dit à la famille qu’il serait relâché après l’interrogatoire.

Bouderhoum Makhlouf, né le 12 mars 1972, demeurant à l’Arbaâtache (Boumerdès), stagiaire, a été arrêté le 12 juin 1994 à 5h du matin à son domicile par des militaires de Khemis el Khechna, armés et véhiculés. Il avait été localisé par sa famille au commissariat de Boumerdés puis au commissariat de Khemis El Kechna avant de disparaître. Arrêté en même temps que Bouchachia Ahmed et El Khehim Abd el Brahim et d’autres. Plainte déposée au niveau du tribunal de Rouiba le 9 juin 1998, enquête menée par le commissariat de Khemis el Khechna, convocation du père, aucun résultat. Lettres diverses.

Boudiaf Mekki, né le 29 avril 1966, instituteur, habitant à Ras El Oued, Bordj Bou Arreridj, probablement sympathisant du FIS, arrêté avec 14 autres personnes par les forces de sécurité dans la nuit du 21 au 22 juiller 1994. Les autorités algériennes ont informé le groupe de travail sur les disparitions forcées et les familles des victimes que certains des disparus de cette nuit ont été retrouvé morts dans une proche forêt. Aucun certificat de décès n’a été remis aux familles, aucune enquête diligentée.

Boudjelti Ali, 22 ans, commerçant. A été arrêté le 3 mai 1998 sur la route par des policiers des Eucalyptus, alors qu’il circulait à bord de son véhicule de type Clio avec un de ses amis. Ce dernier a été relâché. Il a été accusé de complicité avec le terrorisme et a comparu devant le procureur d’El Harrach.

Boudjemaâ Rabah, né le 17 décembre 1978, célibataire, ouvrier, demeurant à Meftah (Blida), arrêté le 13 mai 1995 à 16h à son domicile par des militaires venus à bord d’une voiture de type Passat appartenant au nommé Nouri.

Boudouani Abderrahmane, né le 6 juin 1969, célibataire, étudiant en magister en Sciences, demeurant Climat de France (Alger). Il a été enlevé devant la porte de l’université de Bab Ezzouar le mercredi 26 avril 1995. Des témoins l’ont vu quand il a été arrêté par des policiers pour «vérification d’identité ». D’autres étudiants ont été arrêtés avec lui. Un mois plus tard (fin mai 1995), des informations non vérifiées faisaient état de sa présence éventuelle au centre de Châteauneuf.

Boudouani Sofiane, né le 18 décembre 1970, demeurant à Bourouba (Alger), gardien à la banque algérienne de développement (BAD) de Birkhadem, arrêté le 18 mars 1994 à 3h du matin à son domicile par des policiers cagoulés (Nindjas) en présence de ses parents. Il aurait été emmené à la caserne de Bourouba et de là à Châteauneuf. Arrêté en même temps que Gouasmia Abdelhakim et Saibi Abdelouahab disparus aussi. Plainte au niveau du tribunal d’El Harrach le 17 novembre 1997. Lettres diverses.

Boudraa Farid, 20 ans, sans profession domicilié à Hammadi (Boumerdès) a été arrêté en mai 1994 à son domicile. A été séquestré durant de nombreux mois à la caserne dite de la Sonacome de Rouiba.

Boudraa Mohamed, né le 10 mai 1961, marié et père de 5 enfants, demeurant dans la commune de Selma (Jijel), arrêté le 7 juillet 1996 à 8h 30 à son domicile par des militaires et des miliciens. En novembre 1996, les mêmes ravisseurs sont revenus pour dynamiter le domicile, après avoir volé tout le mobilier, les appareils électroménagers. Cette maison, selon le témoignage de la famille abritait 16 personnes qui ont dû fuir la région.

Boughaba Nadjoua, née le 30 octobre 1970, célibataire, demeurant à Alger, secrétaire au tribunal d’El Harrach a été kidnappée devant le tribunal d’El Harrach, bâtiment sous haute surveillance, alors qu’elle se rendait à son travail en compagnie de sa sœur Naïma le 12 avril 1997. Cet enlèvement est en rapport avec l’affaire de M.G., ressortissant suisse d’origine algérienne, suspecté de collaboration avec des « groupes terroristes » qui a été arrêté et torturé lors d’un voyage en Algérie. Le juge C.D. avait, sur demande de la défense, autorisé une expertise médicale pour vérifier les séquelles dues aux tortures. Tandis que ce dernier a été muté, les deux sœurs, impliquées dans cette affaire dans laquelle le gouvernement et la justice suisses étaient mêlés, ont « disparu ». Plainte le 27 juillet 1997 au niveau du tribunal d’El Harrach, la famille et le fiancé ont été interrogés par le commissariat de Badjarah, sans résultat, lettres diverses.

Boughaba Naïma, née le 7 avril 1974, demeurant à Alger, secrétaire au tribunal d’El Harrach a été kidnappée devant le tribunal alors qu’elle se rendait à son travail en compagnie de sa sœur Nadjoua le 12 avril 1997. Cet enlèvement est en rapport avec l’affaire de M.G., ressortissant suisse d’origine algérienne, suspecté de collaboration avec des « groupes terroristes » qui a été arrêté et torturé lors d’un voyage en Algérie. Le juge C.D. avait, sur demande de la défense, autorisé une expertise médicale pour vérifier les séquelles dues aux tortures. Tandis que ce dernier a été muté, les deux sœurs, impliquées dans cette affaire dans laquelle le gouvernement et la justice suisses étaient mêlés, ont « disparu ». Plainte le 21 juillet 1997 au niveau du tribunal d’El Harrach, la famille a été interrogée par le commissariat de Badjarah, sans résultat, lettres diverses.

Boughazi Abdelkader, né le 27 juin 1951, marié et père de six enfants, demeurant à Aïn Naadja, Gué de Constantine (Alger), commerçant. A été arrêté le 26 mai 1996 en début d’après-midi à la rue Ali Boumendjel (Alger) par des policiers du 5e arrondissement (Bab El Oued) selon le témoignage de sa famille. A été localisé le 2 juin 1996 au commissariat au commissariat du 1er arrondissement (Climat de France) où un cousin (nom connu) lui aurait rendu visite. Aurait été ensuite emmené par des agents de la sécurité militaire à la caserne de Béni Messous. Plainte déposée auprès du procureur général de la Cour d’Alger (24 mars 1998).

Bougherara Salim, né le 27 février 1972, demeurant à Bourouba (Alger), commerçant. Arrêté dans la nuit du 13 mars 1998 à son domicile par des agents de la sécurité militaire, selon le témoignage de sa famille. Puis libéré le 16 mars à 22h. Il racontera à sa famille les séances de torture qu’il avait subi en un lieu secret (chiffon, électricité, bastonnades). Il sera arrêté une seconde fois le 4 avril 1998 à minuit. Il sera agressé dans son propre lit par des éléments de la SM selon le témoignage de sa famille. Ils le sortiront du domicile familial, baignant dans le sang. Ces mêmes éléments armés voleront des chaussures, des effets vestimentaires, une somme de 20 000 francs français ainsi qu’un mouton.

Bougherara Abdelkader, né le 28 février 1964, demeurant à Aïn Naâdja (Alger), marié et père d’un enfant, enseignant de profession, arrêté le 8 novembre 1996 à son domicile par des militaires. .

Boughouraib Khamedj, né le 8 février 1945, marié et père de 8 enfants, demeurant à Ras Isly (Sétif), arrêté le 8 juillet 19095 à 5h du matin à son domicile par des civils armés dont certains étaient cagoulés. Son épouse signale que la veille, à 20h, d’autres civils armés étaient venus au domicile et avaient enlevé son frère Boughouraïb Saad.

Bouhadja Rabah, âgé de 27 ans, habitant à Azzaba (Skikda), arrêté le 17 avril 1996 par des forces de sécurité. Son frère Noureddine, accusé d’appartenir à un groupe armé a été tué le 16 avril 1996. Le lendemain, les forces de sécurité arrêtent Rabah, le père et la mère. Les parents sont relâchés le soir. Rabah est détenu pendant deux semaines dans la station de police de Azzaba, sa sœur lui apporte les repas, puis la famille a appris qu’il avait été transféré à un autre endroit. Depuis, aucune nouvelle.

Bouhal Farouk, né le 19 juillet 1975, célibataire, lycéen, demeurant Belouizdad (Alger), arrêté le 2 septembre 1994 à 2h 30 du matin au domicile familial par des militaires cagoulés venus à bord de fourgons militaires verts et d’une ambulance aux couleurs militaires. Ils auraient tout saccagé sur leur passage. Cinq autres citoyens avaient été enlevés durant la même nuit dans le quartier (Mehenni Zoubir)

Bouhezgue Safi-Eddine, âgé de 28 ans, marié, employé dans une société de bâtiment Cosidor, domicilié à la ferme Caseneuve, Gué de Constantine, Alger. Arrêté le 7 novembre 1996 par des forces de sécurité vers minuit. Ils ont arrêté aussi le frère qui a été relâché deux jours plus tard. La maison a été fouillée de fond en comble. La famille a entendu qu’il serait détenu à Ben Aknoun, puis à la prison de Blida, enfin à la caserne de Beni Messous. Il avait été arrêté en 1993 et été détenu à la station de police de Eucalyptus durant un mois et trois jours où il a subi des tortures. Il a été arrêté une seconde fois en 1996 et détenu pendant 23 jours à la gendarmerie de Ain Naadja. Aucune charge n’avait été retenue contre lui.

Bouhzam Abdelaziz , né le 8 mars 1949, marié, maçon, demeurant à Constantine. Arrêté le 8 novembre 1995 à 7h15 devant l’hotel Cirta par la police alors qu’il se rendait au travail. Un jeune détenu avec lui prétend l’avoir vu à la caserne du 5ème de Mansourah.

Boukabel Djamal, né le 17 janvier 1974, célibataire, stagiaire au centre professionnel de Salah-Bey, demeurant la commune de Rasfa (Sétif), arrêté le 26 mars 1995 à la brigade de gendarmerie de Ras Isly où il s’était rendu suite (en compagnie de son frère et d’une autre personne) à une convocation verbale transmise par le chef de brigade par l’intermédiaire de son frère Boukabel Laïd pour “retirer son ordre d’appel du service national”. Le soir de sa disparition, la mère se serait présentée à la brigade de gendarmerie pour s’enquérir de la situation de son fils. Elle se serait vue répondre par le chef de brigade: “Ton fils sera libéré dans une dizaine de jours”.

Boukabel Mustapha, né le 10 février 1965, marié et père de 2 enfants, enseignant de profession, demeurant à Oued Leguebala, commune de Rasfa (Sétif), arrêté le 13 février 1995 à 7h à son domicile par des militaires accompagnés de gendarmes (de Ras Isly) et de miliciens, venus à bord de camions et de blindés. Selon le témoignage de sa famille, il aurait été localisé dans un premier temps à la brigade de gendarmerie de Ras Isly (Sétif), puis à Ksar Labtal.

Boukerma Saâdi, né le 3 mars 1968, célibataire, commerçant, demeurant Cherarba, El Harrach, arrêté le 17 mars 1995 à 14h à un barrage à El Amir par des militaires alors qu’il revenait à son domicile à bord de son véhicule. Emmené devant des témoins dans une voiture de type Peugeot 505 de couleur bleue métallisée. Il aurait été localisé dans un premier temps au commissariat de Bourouba, puis au centre de Châteauneuf où un détenu libéré l’aurait vu le 24 mars 1995.

Boukeroucha Salah, né le 25 janvier 1958, marié et père de 5 enfants, commerçant, demeurant à Rasfa (Sétif), arrêté le 6 juin 1995 à Ras Isly par les gendarmes du village alors qu’il revenait à bord de la camionnette d’un de ses amis (B.A.). Il a été localisé dans un premier temps par son épouse à la brigade de gendarmerie de Ras Isly. Plainte déposée par son épouse au tribunal d’Aïn Oulmène (Sétif). Lettres adressées au président de la République, au procureur de Aïn Oulmène, à la gendarmerie de Ras Isly, de Aïn Oulmène et de Rasfa. Pas de réponses.

Boukezoula Abdelkader, né le 1er janvier 1968, demeurant à Bordj El Kiffan, taxieur, arrêté le 17 octobre 1994 à 14h 30 alors qu’il circulait à bord de son taxi de type Peugeot 305, de couleur bleue métallisée (immatriculation : 14483 – 183 – 16) par des militaires. Un témoin aurait vu ce taxi remorqué par un camion militaire. Une plainte avait été déposée par sa famille le 19 octobre 1994 au commissariat de Bordj El Kiffan, sans résultat.

Boukhari Mohamed, né le 25 mai 1970, célibataire, vendeur de chaussures, demeurant à Bordj El Kiffan (Alger) avait été arrêté une première fois à Oued Koriche pour délit d’opinion et détenu durant un mois avant d’être mis en liberté provisoire. Le 18 mai 1997, il est à nouveau incarcéré à Serkadji durant 4 jours avant d’être jugé et acquitté le 22 mai 1997. Il est arrêté à son domicile le 22 décembre 1997 à 19h par des civils armés se réclamant de la police. Ces derniers détruiront selon le témoignage de sa famille tout ce qui se trouvait sur leur passage : placards éventrés, vaisselle, armoires. Ils voleront un téléviseur, un poste radio, une pendule murale, plusieurs valises de linge, 20 000 dinars en espèces, des bijoux en or, un réchaud et…un oiseau dans sa cage ! Les sœurs de la victime seront tabassées et insultées, avant d’être jetées dans la rue avec interdiction de rejoindre le domicile familial. Six mois après l’enlèvement, les mêmes policiers accompagnés de la victime viendront perquisitionner le domicile. Depuis, aucune nouvelle.

Boukhatela Rabah, né le 2 septembre 1948, marié et père de 4 enfnts, journalier et domicilié à Ras el Oued, probablement affilié au FIS. Arrêté avec 14 autres personnes dans la nuit du 21 au 22 juille 1994 par des forces de sécurité de Bord Bou Arreridj. Les autorités algériennes ont informé le groupe de travail sur les disparitions forcées et les familles des victimes que certains des disparus de cette nuit ont été retrouvés morts dans une proche forêt. Aucun certificat de décès n’a été remis aux familles, aucune enquête diligentée.

Boukhouidem Salem, né le 13 avril 1964, marié et père de 4 enfants, journalier, demeurant au domaine Berrouaghi Ali, El Harrach, arrêté le 9 juin 1994 à 2h du matin à son domicile par des policiers du commissariat de Bourouba qui ont cassé la porte, lui ont confisqué la carte grise de son véhicule et son passeport et une somme importante d’argent (100 000 DA). Arraché de son lit et sorti en pyjama et les pieds nus. Il aurait été vu par des codétenus dans le commissariat de Bourouba jusqu’en juin 1995. Plainte déposée le 6 juin 1996 au niveau du tribunal de Hussein Dey, enquête sans résultat. Nouvelle plainte déposée le 31 décembre 1998.Lettres diverses.

Boulaïche Khaled, demeurant à Birkhadem (Alger) a été arrêté à son domicile par des gendarmes de la brigade de Birkhadem le 24 septembre 1994.

Boulaïche Mohand, 23 ans, demeurant à la ferme Foissin (Birkhadem – Alger) a été arrêté à son domicile par des gendarmes de la brigade de Birkhadem le 19 septembre 1993.

Boulanouar Benaissa, né le 18 août 1964, habitant Haouch Si Larbi, dans une région montagneuse de Médéa. Plus de 40 militaires en uniformes vertes et jaunes s’introduirent dans la maison familiale le 20 avril 1994 à 2h du matin, fouillèrent sans rien trouver. Ils étaient corrects et polis. Ils se présentèrent comme militaires stationnés à Draa Smar (Médéa). Leur responsable était quelqu’un de connu sous le nom de D.. Ils dirent qu’ils étaient stationnés à Draa Semmar (Médéa). Ils demandèrent les papiers du concerné et lui demandèrent ce qu’il avait comme profession. Il répondit qu’il confectionnait des vestes en cuir. Ils l’emmenèrent et repartirent avec environ une douzaine de camions et autres véhicules militaires. Ils avaient promis de le relâcher le lendemain. Une semaine plus tard, ils revinrent et enlevèrent le petit frère qui est étudiant à l’université. Ils lui demandèrent où se trouvait Benaissa. Ils l’ont séquestré pendant 13 jours sans subir de tortures. Mais aucune nouvelle du disparu.

Boulenouar Abdelkader Bouziane, né le 2 août 1965, marié et père de trois enfants, habitant à Ain Fekan (Mascara), agriculteur, arrêté le 6 mai 1996 par des militaires à la caserne de Aïn Frass où il est allé suite à une convocation. Le groupe de travail sur les disparitions forcées s’est adressé aux autorités algériennes fin 1998 sans suites.

Boulenouar El Hadj, né le 4 juin 1962, marié et père de trois enfants, habitant à Sfisef (Mascara), agriculteur, arrêté le 6 mai 1996 à 9h du matin par des militaires venus de la caserne de Aïn Frass où il a été détenu jusqu’au 11 mai et puis la famille n’a plus eu de nouvelles. Arrêté en même temps que son cousin Boulenouar Abdelkader. Le groupe de travail sur les disparitions forcées s’est adressé aux autorités algériennes fin 1998 sans suites.

Bouloudinat Makhlouf, né le 8 août 1956, marié et père de 6 enfants, demeurant à Hamma Bouziane, Constantine, employé à la Sonacome de Ain Smara. Arrêté le 21 juillet 1995 à 14h à son lieu de travail par des agents de la Sécurité militaire. Le même jour un voisin (K.Y.) a été arrêté à 13h à son domicile de Hamma Bouziane et un autre voisin s’est rendu chez les services de sécurité après que ces derniers ne l’aient pas trouvé chez lui. Les deux ont disparu aussi.

Boumelki Nourreddine, né le 19.12.1960, demeurant dans la commune de Gouraya (Tipaza), gardien dans une usine de limonaderie militaire à Koléa, marié et père d’une fille de 4 ans, arrêté le 02.09.1995 à 13h 30 au domicile de son beau-père T.M. par des gendarmes et des miliciens venus à bord d’un fourgon de type minibus blanc. Son beau-frère Mechméche Abdelkader fut arrêté en même temps que lui. Après son arrestation, son épouse fut licenciée de son emploi à la mairie sur ordre des gendarmes.

Boumendil Ali, né le 29 juillet 1965, demeurant à Fouka (Tipaza), a été agressé par des inconnus le 6 août 1994, lui provoquant des plaies au niveau du cuir chevelu et de l’avant-bras, soignées à l’hôpital de Koléa. Il déposera une plainte au niveau de la gendarmerie qui lui confisquera sa carte d’identité. En retournant récupérer sa pièce d’identité le 9 août 1994, il ne réapparaîtra plus selon le témoignage de sa mère.

Boumezbeur Abdelkrim , 8 octobre 1951 , marié, transporteur, demeurant Pont Boubarbara, Constantine. Arrêté le 3 avril 1995 à 10h au marché Boumezou en face du palais de justice par ces agents de la sécurité militaire. Il a été vu par un co-détenu 15 jours après son arrestation dans la caserne de la sécurité militaire de Bellevue et un autre co-détenu dit avoir été avec lui au moi de juillet 1999 à la prison de Tazoult.

Bounekdja Hamza, né le 4 septembre 1976, célibataire, demeurant à la cité Daksi (Constantine), arrêté le 12 mars 1995 à minuit à son domicile par la SM. Selon le témoignage de sa famille et durant la même nuit et dans le même quartier, cinq autres citoyens ont été enlevés : Benlatrèche Fayçal, Guedri Abdelouahab, Bencheikh El Feghoun Ahcène, Toub Mourad et Toub Farid. Lettres adressées au procureur général de Constantine, au procureur militaire, au médiateur de la République, à la LADH de Constantine, à l’ONDH, à la gendarmerie et à la sûreté nationale, restées toutes sans réponses.

Bounessah Mohamed, né le 27 octobre 1954, marié et père de 4 enfants demeurant à à Aïn Bénian (Alger), ingénieur, ancien syndicaliste, ancien sympathisant du FIS, enlevé le 26 novembre 1994 entre 8 et 9h du matin lors d’un ratissage effectué dans le quartier par des forces combinées (militaires, gendarmes, policiers). De nombreuses personnes ont été arrêtées ce jour là, libérées par la suite. La famille a appris qu’il aurait d’abord été au commissariat du 1er arrondissement puis caserne de Beni Messous et enfin caserne les Dunes (Fort de l’Eau). Une perquisition a été effectuée. Plainte déposée au niveau du tribunal de Bab el Oued, enquête, aucune décision, lettres diverses.

Bouraba Yassine, 20 décembre 1970, célibataire, vendeur dans une épicerie, habitant Rostémia, Alger. Arrêté le 20 mars à 3h du matin au domicile en présence de la famille par des militaires armés, véhiculés qui se sont identifiés oralement. La famille habite une cité de police où les étrangers ne peuvent entrer facilement. Plainte le 4 août 1997 au niveau du tribunal de Bir Mourad Rais, enquête effectuée par la gendarmerie de Dely Ibrahim. Recherches à tous les endroits connus, lettres diverses. Une heure avant un certain Hamidi M’hamed qui habite un quartier voisin a été arrêté et a disparu aussi.

Bourahla Madjid, né le 12 septembre 1975, sans profession, demeurant Mohamedia (Alger), arrêté à son domicile le 20 janvier 1995 à 3 h du matin par des policiers cagoulés, venus à bord de véhicules banalisés. Quinze jours après son enlèvement, 4 civils armés se réclamant de la police se présenteront à son domicile, demandant après le «disparu ». Il n’appartenant auparavant à aucun parti politique ou association. Des lettres ont été adressées par sa famille à l’ONDH et au procureur de la République d’El Harrach, sans résultats. Le père de la victime fut convoquée à la DGSN et interrogé sur son fils en promettant de faire des recherches pour le retrouver. Aucune nouvelle depuis.

Bouras Mohamed né le 10 mars 1975, demeurant à Bordj El Kiffan (Alger), a été arrêté à son domicile le mercredi 12 octobre 1994 à 7 heures 30 par des gendarmes et des hommes du Haras El Djoumhouri (garde républicaine). Ils appartenaient aux compagnies du 5 juillet (Bab Ezzouar) et de Dergana. Des rumeurs faisaient état de sa séquestration à la brigade de gendarmerie du 5 juillet (Bab Ezzouar) pendant près d’un mois. Aucune nouvelle depuis.

Bourayou Abdellatif, né le 5 septembre 1958, marié et père d’un enfant, ambulancier à la clinique centrale d’Alger (clinique des brûlés), demeurant Alger, a été arrêté le 8 juillet 1995 à 10 heures sur son lieu de travail par des policiers. Des informations non confirmées feraient état de sa séquestration dans un camp d’internement de Berrouaghia.

Bourenane Abdelkader, né le 3 août 1954, demeurant Baraki (Alger), arrêté le 24 septembre 1996 à son domicile par des policiers des Eucalyptus. Il fut ensuite transféré au commissariat de Bourouba selon le témoignage de sa mère puis à la caserne de la SM de Béni Messous. Aucune nouvelle depuis.

Bourenane Ahcène, né le 25 août 1953, marié et père de 3 enfants, conseiller juridique à la société Eriad de Jijel, ancien maire en 1990 d’El Aouana, arrêté à son domicile à Jijel le soir du 1er juillet 1995 à 22h par des agents des services de sécurité venus à bord d’un véhicule banalisé de type Renault Express blanche (immatriculation: 388 – 193 – 18) il avait reçu le matin même une convocation du tribunal de Jijel pour le lendemain. Malade (opéré pour une double cataracte) il était avant son arrestation, sous contrôle médical régulier. Il est à noter que le lendemain de son enlèvement, une bande de miliciens sous la direction d’un certain F.A., accompagnés d’un “repenti” du nom de B.M., se sont présentés au domicile familial à la recherche d’une tente de camping qui se trouvait à la maison. Dans son talkie-walkie, il dira à la personne avec qui il était en contact radio: ”Heureusement qu’on a trouvé la tente, sinon, on aurait dynamité la maison”.

Bourenane Ferhat, frère d’Ahcène, né le 17 août 1951, demeurant à Bab Ezzouar (Alger), père de cinq enfants, boulanger, a été arrêté le 1er juillet 1995 à 22h 30 à Jijel, en même temps que son frère par des éléments des services de sécurité, selon le témoignage de sa famille. Les deux se promenaient quand un véhicule Renault Express blanche (immatriculation: 388 – 193 – 18) s’est arrêté. Des agents armés et en civil en sortirent et l’embarquèrent. Plainte, convocation de sa femme par la police de Mohammadia, lettres diverses.

Bousafel Noureddine , né le 16 août 1971 , demeurant Constantine, célibataire, sans profession. Arrêté le 5 février 1995 à 14h30 en face de la pharmacie de Boudjemaa par la police du 2eme arrondissement. Il était sorti pour acheter un câble de parabole. Il était avec ses amis Chaib Ali (assassiné en 1996) et une autre personne (connue) qui ont été témoins de l’arrestation. Le 25 février une personne détenue avec lui au commissariat central du Coudiat a prévenu la famille. Deux mois et demi plus tard une autre personne a raconté à la famille qu’il se trouvait à la caserne de Mansourah de la 5ème région militaire.

Bouslah Ramdane, dit Abdelouahab, né le 19 janvier 1965 à Constantine, demeurant Constantine, a été arrêté le 17 octobre 1994 au commissariat suite à une convocation qu’il avait reçu la veille. Son véhicule de type R21 et ses papiers furent confisqués. Les policiers étaient venus la veille pour l’arrêter mais étant absent, ils ont enlevé le frère et le beau-père. Lorsqu’il s’est présenté au commissariat le lendemain, les deux hommes ont été libérés.

Boussalem Mokhtar , né le 1 novembre 1936, demeurant à Constantine, marié et père de 9 enfants, retraité. Arrêté le 10 avril 1995 par 4 membres de la sécurité militaire à son domicile venus à bord d’un véhicule de marque Mazda immatriculé 90.25.82. Cette même voiture a été aperçue lors d’un ratissage dans le quartier le lendemain.

Boussoubel Ahmed, né le 20 avril 1948 demeurant à El Harrach (Alger), marié et père de 10 enfants, a été arrêté sur son lieu de travail (entreprise de tuyauterie) sise à El Alia (El Harrach) le 27 décembre 1993 par des éléments de la sécurité militaire, selon le témoignages de ses collègues de travail. Des témoins l’auraient vu à la prison d’El Harrach. Son avocat aurait même obtenu un permis de communiqué (13 avril 94), mais la victime aurait été transférée vers un lieu inconnu.

Boussoubel Mohamed, né le 11 février 1978, lycéen, demeurant à El Harrach (Alger), fils de Boussoubel Ahmed (lui-même disparu), enlevé le 10 mai 1994 à son domicile par des policiers du commissariat de Bourouba, selon le témoignage de la famille. Lors de l’arrestation, ces policiers ont détruit tout ce qui se trouvait à leur portée meubles, cuisinière, réfrigérateur et voleront une valise de vêtements. Ils frapperont la mère et les sœurs. A leur départ, ils emmèneront la mère et la fille âgée de 15 ans qui seront séquestrées et violentées durant 28 jours au commissariat de Bourouba.

Boussoubel Mustapha, fils de Ahmed et frère de Mohamed (eux-mêmes disparus), demeurant à El Harrach (Alger), arrêté au domicile familial en même temps que son frère Mohamed, le 10 mai 1994 par des policiers du commissariat de Bourouba. Disparu depuis ainsi que son frère et son père.

Boutadjine Mohamed, né le 10 juin 1974, célibataire, agent administratif à l’hôpital de Meftah (Blida), demeurant à Meftah (Blida)a été arrêté le 9 avril 1996 à 11 heures sur son lieu de travail par des policiers de Meftah. Beaucoup de personnes ont été arrêtées ce jour là, certains ont été relâchés après des jours ou des semaines ou des mois, d’autres non (Boughedjmar Mohamed, Ouahabi Nadir et Bakhtiar Rachid). Des témoins ont informé la famille que Boutadjine avait été gardé à vue durant 7 jours avant d’être remis entre les mains de la sécurité militaire. Il avait été arrêté deux fois auparavant pour trois jours qu’il passés dans la caserne de Bou Ghanem.

Boutaga Miloud, né le 20 juin 1967 à El Affroun, demeurant à la ferme Bouaza Djelloul (Tipaza), marié et père de 3 enfants, agriculteur de profession, arrêté le 13 février 1997 à 10 h par des gendarmes de Hattatba puis transféré à la caserne de Koléa selon le témoignage de sa famille.

Boutayeb Mourad, né le 31 décembre 1976, lycéen, demeurant à Hattatba (Tipaza), arrêté le 27 mai 1995 à 17h devant la porte de son domicile par des gendarmes du village de Hattatba. Plainte déposée par l’avocat de la famille (Me M. Khelili) auprès du procureur général de la Cour de Blida (3 janvier 1998).

Boutebiba Brahim, né le 5 mars 1959, marié et père de 3 enfants, demeurant à Constantine, agent hospitalier au centre de santé de Daksi, arrêté le 10 octobre 1994 à son lieu de travail par des agents des services de sécurité. Il avait été arrêté en 1993 puis libéré par jugement en sa faveur le 12 mai 1993.

Bouteiba Miloud, 40 ans, demeurant à Oran, marié et père de deux enfants, inspecteur des télécommunications a été arrêté sur son lieu de travail par des hommes armés se réclamant de la police le 31 juillet 1994.

Bouteldja Mohamed, né le 13 janvier 1956, marié et père de cinq enfants, manutentionnaire, habitant Gué de Constantine, Alger. Arrêté le 11 mars 1996 à la sortie de son lieu de travail (Entreprise nationale des emballages métalliques) à 6h du matin par des policiers en voiture. Devant cette absence inhabituelle, son épouse ira sur son lieu de travail à sa recherche puis à la brigade de gendarmerie qui niera avoir procédé à son arrestation. Le lendemain de sa disparition, il réapparaîtra dans le quartier. Il sera ramené par des gendarmes, des militaires et des éléments de la garde républicaine pour procéder à l’arrestation d’un voisin, le nommé Himam Chérif. Le chef des militaires, un certain Tarhaoui, abordera l’épouse du «disparu » pour la rassurer qu’il ne lui arrivera rien de grave. Son frère aîné ira à sa recherche au centre de Châteauneuf. Il sera arrêté à son tour par des policiers durant 24h avant de le relâcher. Bouteldja Mohamed avait déjà été arrêté et emprisonné pendant un an. Il avait été enlevé une seconde fois de son lieu de travail. Un collègue qui a témoigné a été licencié. Plainte au niveau du tribunal d’E Harrach le 2 mai 1998, lettres diverses.

Boutera Derrouéche, né le 27 février 1964 à Médéa, marié et père de 4 enfants, journalier, demeurant au domaine Benaïssa Hamdane, route d’Azur-plage, Zeralda, sorti de son domicile le 24 novembre 1995 à bord de son véhicule Peugeot 403 (immatriculation: 125 – 161 – 17) pour aller vers Boufarik. Il a été arrêté à un barrage de parachutistes dressé au lieu-dit Plateau de Zeralda. Ce sont des témoins de l’arrestation qui sont allés informer son père des faits. L’unité de parachutistes qui a procédé à l’arrestation avait son cantonnement à Douaouda selon les mêmes témoins.

Boutib Aïssa, né le 9 mars 1971, célibataire, sans profession, demeurant Aïn Azel (Sétif), enlevé le 21 mars 1994 à 3h du matin à son domicile par des policiers et des gendarmes. Plainte adressée au tribunal de Sétif en novembre 1997.

Boutine Mahmoud, né le 6 janvier 1963, marié et père de 4 enfants, médecin, demeurant à Belhadef (Jijel) a été arrêté dans son cabinet médical à Belhadef (Jijel) le 2 octobre 1994 à 10 heures par des militaires et des gendarmes de la localité lors d’un ratissage militaire. Douze patients se trouvant dans son cabinet furent également arrêtés. Certains seront libérés, d’autres disparaîtront.

Boutouta Boualem, né le 13 novembre 1978, célibataire, lycéen, demeurant au douar Benomar (Bougara), arrêté le 17 novembre 1996 alors qu’il se dirigeait avec son cartable au collège de Bougara (Blida), par une bande de miliciens dont un certain H.N. selon les témoins présents.

Bouzid Kamal, né le 15 mars 1972, demeurant à Belouizdad (Alger), célibataire, étudiant, arrêté le 18 avril 1996 à 1h 30 du matin à son domicile par des policiers et des militaires. Il aurait été emmené dans un premier temps au centre d’El Madania. Le père a adressé des lettres à la présidence de la République, aux ministres de l’Intérieur et de la justice ainsi qu’au procureur de la République, sans résultats.

Bouzid Meziane, né le 1 décembre 1963, arrêté par des militaires de l’armée le 13 août 1996, alors qu’il se trouvait dans son domicile sis au Gué de Constantine, commune de Kouba à Alger. La plainte déposée par ses parents devant le juge d’instruction près le Tribunal d’Hussein-Dey a été clôturée par une ordonnance de non lieu en l’état, rendue par ledit juge le 21 mars 1999. Une affaire, sous le numéro 753/2000, est inscrite précipitamment devant le Tribunal pour l’audience du 11 mars 2000, afin de faire déclarer l’absence de la victime par jugement. Les affaires portées devant les Tribunaux algériens visent à faire déclarer « l’absence » judiciaire des victimes de disparition. A la suite de quoi, une seconde action permettra de faire déclarer leur mort civile.

Bouzid Nourreddine, né en 1955, marié et père de 2 enfants, gestionnaire, demeurant à El Harrach (Alger), a été enlevé à sa sortie du travail (entreprise ECOTEC ZI d’El Harrach) par des policiers le 28 novembre 1993 à 16h 45 ainsi que son collègue de travail. Ce dernier sera libéré 6 jours plus tard et informera la famille que Nourreddine était au commissariat de Bourouba. Il est à noter que son frère aîné, policier à Hussein-Dey a été tué ainsi que deux de ses collègues en juin 1994 à la sortie de leur domicile à Baraki par des hommes armés. Le domicile de ce même policier avait été perquisitionné le lendemain de l’enlèvement de son jeune frère en novembre 1993.

Bouzid Omar, né le 22 novembre 1963, marié, sans enfants, chauffeur de bus, domicilié à El Harrach (Alger), arrêté le 2 décembre 1995 à 10h du matin par des militaires devant la caserne de Château Rouge avec deux autres personnes dont l’un Aris Nacer est encore disparu. Il avait déjà été enlevé trois mois avant. Plainte le 1 octobre 1996 au tribunal d’El Harrach, enquête, le témoin a été convoqué, aucune décision judiciaire.

Bouznia Lakhdar a été arrêté dans un barrage militaire à El Ancer (Djidjel) le 14 mai 1993. Après sa condamnation par la cour spéciale de Constantine, il sera enlevé par la SM le 27 octobre 1993. Son nom est retrouvé dans la presse «abattu lors d’un accrochage ».

Bouzouane Mohamed, né en 1964, demeurant Fouka (Tipaza), marié, journalier (ramasseur de plastic) Arrêté à sa sortie du domicile familial avec son frère Mustapha le 18 décembre 1995 à 7h 30 par des gendarmes sur la route de Boumerdes. Plainte le 16 octobre 1996 au niveau du tribunal El Khlia, lettres diverses.

Bouzouane Mustapha, né le 4 mai 1976, demeurant à Fouka (Tipaza), célibataire, journalier (ramasseur de plastic). Enlevé alors qu’il sortait de son domicile le 18 décembre 1995 à 7h 30 par des gendarmes. Plainte le 16 octobre 1996 au niveau du tribunal El Khlia, lettres diverses.

Bouzouia Abdelkader, né le 25 janvier 1956, habitant à Oued Tlelat, Oran, arrêté le 8 novembre 1994 avec quatre autres personnes par la police et les gendarmes dont Guerrab Samir, Tettah Abdelkader, Frich Abdelhamid. Tous auraient été vus avant le 25 décembre 1999 en détention près de Reggane.

Brahimi Tayeb, né le 10 janvier 1969, marié et père de 2 enfants, sans profession, demeurant à El Madania, Alger. Arrêté le 5 septembre 1995 à 3h du matin à son domicile par des membres de la caserne de la Cité El Bahia, El Madania. Il a été vu par un co-détenu à la caserne (nom connu). Une perquisition a été effectuée au domicile. Il a été condamné à 20 ans de prison le 26 juin 1997 par contumace (prétendant qu’il était en fuite) avec d’autres personnes. Plainte déposée le 28 juin 1997 au niveau du tribunal de Sidi M’Hamed, une enquête a été diligentée, sans résultat. Lettres diverses.

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