ODHA: « Personne ne peut se révolter contre nous, même Dieu », Kamel Dridi

Témoignage de torture

« Personne ne peut se révolter contre nous, même Dieu »

Kamel Dridi , Ech Chatt (El Tarf), janvier 2003

 

Observatoire des droits humains en Algérie (ODHA), Algeria-Watch

« J’ai été arrêté le 14 janvier 2003 par des gendarmes qui m’emmenèrent à leur brigade. J’ai été l’objet de toutes sortes d’insultes que je n’ai jamais entendues de ma vie de leur part. On m’a donné plusieurs coups de poings au visage.

L’un des gendarmes me jeta dans une cellule durant deux heures environ. Puis vint un autre gendarme qui m’emmena dans une salle comportant une table et une chaise métalliques. Il me demanda alors de me déshabiller. J’ai refusé. Il me frappa violemment en me disant que si je n’exécutais pas ses ordres, il me déshabillerait lui même. Devant cet état de fait, je fus contraint de m’incliner et d’ôter mes vêtements. Deux gendarmes s’approchèrent de moi, me mirent des menottes aux poignets et aux chevilles et m’allongèrent sur la table métallique. Ils m’obligèrent à boire des urines que contenait un récipient métallique et ce, pendant près de dix minutes. Je me suis alors évanoui. Lorsque j’ai repris connaissance, je me suis retrouvé la tête dans le récipient contenant des urines et autre chose. A chaque fois mes tortionnaires me disaient : »Personne ne peut se révolter contre nous, même Dieu » !

Cette épreuve dura deux jours. Puis les gendarmes me libérèrent en m’avertissant que la prochaine fois ils me tueraient. »