Un homme meurt dans un commissariat à Constantine : Six policiers auditionnés

Un homme meurt dans un commissariat à Constantine : Six policiers auditionnés

El Watan, 19 décembre 2010

Suite à la mort d’un homme dans les locaux de la sûreté de la wilaya de Constantine, en l’occurrence Kamel Toufouti, 41 ans, résidant dans la localité de Hamma Bouziane, six policiers ont été auditionnés.

Ils assuraient la permanence jeudi dernier, jour du drame, au niveau de ladite sûreté, sise au Coudiat. Parmi eux un commissaire principal. C’est le procureur de la République près le tribunal de Constantine qui les a interrogé, dimanche, pour « négligence grave ayant entraîné mort d’homme », apprend-on de sources sûres. Cette première démarche entre dans le cadre d’une enquête préliminaire en attendant le rapport d’autopsie.

L’affaire déborde, puisque, hier, vers 16h, une émeute a éclaté à Hamma Bouziane, localité où résidait Kamel Toufouti. Les habitants de ladite cité, pour la plupart des proches du défunt, sont sortis bloquant la route à l’aide de pneus enflammés, de blocs de pierre et de troncs d’arbres.

Aussitôt, les forces de police rappliquent accompagnés par une unité de la Protection civile. Des jeunes nous diront qu’ils ont déclenché cette action pour que justice soit rendue à la famille de Kamel, et que la vérité soit connue. Tous étaient convaincus que le drame était survenu dans des circonstances troubles. Un ami de la victime nous dira: « Kamel n’était pas un homme à se suicider, cette thèse est fausse et tout le monde en est certain. »

Dj. Belkadi et F. Hamadou


La LADDH réagit

El Watan, 20 décembre 2010

Dans un communiqué adressé à notre rédaction, la LADDH annonce «Avoir été saisie par la famille du défunt Kamel Toufouti» et que «le frère de la victime, après avoir identifié le corps à la morgue du CHU Ben Badis, mentionnera des traces de violence au niveau du pied et un œdème au niveau de l’oreille en plus des traces de strangulation sur le cou». La LADDH qualifie les faits de «très graves à partir du moment où la victime avait été écrouée abusivement, ce qui n’est pas conforme à la loi» et compte «pousser plus loin ses investigations pour faire toute la lumière sur les véritables causes de cette mort et définir les responsabilités».
F. H.