Affaire Sidhoum : Des personnalités françaises appellent

Affaire Sidhoum
Des personnalités françaises appellent

par M.K, Le Jeune Indépendant, 16 octobre 2003

Des sections françaises d’ONG et des personnalités politiques ont lancé un appel pour un «procès équitable» du Dr Salah Sidhoum, incarcéré à la prison de Serkadji depuis le 29 septembre dernier.Soutenu par le Parti socialiste français et les Verts, l’appel a été signé par une dizaine d’ONG, dont les sections françaises des organisations internationales des droits de l’homme (Amnesty International, FIDH, Human Right Watch), la LDH et Médecins du monde.

Une dizaine de personnalités y ont également adhéré. Y figurent le député-maire (Vert) Noël Mamère, la députée européenne du même bord politique Hélène Flautre, le député-maire de Saint-Denis Patrick Braouzec (communiste), Mireille Mendès-France, la veuve de Pierre Mendes-France, président du Conseil pendant les premières années de la guerre d’Algérie.

A la veille du procès, un rassemblement devait se tenir, hier soir, devant l’ambassade d’Algérie en France pour «dénoncer la situation dramatique que subit le Dr Sidhoum et exiger que lui soit garanti un procès équitable», conforme «aux normes universelles des droits de l’homme» et en présence d’avocats et d’observateurs internationaux.

Les initiateurs de l’appel avaient prévu de désigner une délégation pour remettre une lettre officielle au chef de la mission diplomatique algérienne, Mohamed Ghoualmi. Condamné par contumace en 1997 à vingt ans de réclusion pour «soutien aux activités subversives et atteinte à la sûreté de l’Etat», le Dr Sidhoum a mis fin, le 29 septembre dernier, à neuf ans de clandestinité en se présentant à la justice pour faire opposition de jugement.

Il a été inculpé le jour même.Depuis, deux personnalités algériennes, Hocine Aït-Ahmed et Abdelhamid Mehri, ont appelé à sa libération provisoire et son jugement.Le premier a également critiqué les conditions de sa détention et appelé le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, à intervenir auprès des autorités algériennes.

Un groupe d’intellectuels algériens et français a plaidé dans le même sens en appelant les autorités algériennes à accorder «sans délai» la liberté provisoire au Dr Sidhoum, «dans la perspective d’un procès conforme au droit international».

Parmi les signataires figuraient l’historien Mohamed Harbi, le sociologue Lahouari Addi, l’historien français Pierre Vidal-Naquet et le directeur des éditions La Découverte, François Gèze.

M.K.