Salah-Eddine Sidhoum, défenseur des droits humains, de nouveau ciblé par la police algérienne!

Algeria-Watch

Paris, Berlin, 28 février 2005

Salah-Eddine Sidhoum, défenseur des droits humains, de nouveau ciblé par la police algérienne!

Le 26 février 2005, deux civils armés se déplaçant dans une voiture banalisée se sont présentés au domicile de Salah-Eddine Sidhoum. Ne le trouvant pas chez lui, ces deux hommes qui prétendaient être des policiers de la 14eme BMPJ (Brigade mobile de la Police judiciaire) de Birkhadem ont remis une convocation de S-E Sidhoum à sa tante. En guise de motif la convocation indique une « étude générale » (dirassa aâma) et exige la présentation du livret de famille. Il faut relever qu’aucune date de présentation du convoqué n’est mentionnnée.

Ce n’est pas la première fois que des éléments de la 14eme BMPJ se présentent au domicile de S-E. Sidhoum. Trois semaines après son acquittement et sa libération, le 6 novembre 2003, le même scénario s’était produit. A l’époque il avait refusé de se rendre à la brigade de Birkhadem le motif de la convocation ne lui étant pas été indiqué.

Nous rappelons que Salah-Eddine Sidhoum, avait, en raison de ses dénonciations des graves violation des droits de l’homme en Algérie depuis 1992, fait l’objet en 1994 d’une campagne de calomnie, d’une tentative d’assassinat par les escadrons de la mort et en 1997 d’une condamnation à vingt ans de prison par contumace pour « appartenance à un groupe terroriste ». Après avoir passé près de neuf ans en clandestinité sans interrompre ses activités de défenseur des droits de l’homme, il avait décidé de se rendre à la justice le 29 septembre 2003 pour faire opposition au jugement. A l’issue d’une grève de la faim totale et soutenu par une campagne internationale exigeant sa libération, il a comparu le 16 octobre 2003 devant le tribunal criminel d’Alger qui l’a acquitté et libéré. Depuis Salah-Eddine Sidhoum a repris ses activités professionnelles et militantes.

Algeria-Watch dénonce vivement ce harcèlement contre Salah-Eddine Sidhoum.

Les menaces et intimidations infligées aux défenseurs des droits humains sont monnaie courante en Algérie. Nous rappelons que Dr. Fekhar, défenseur des droits humains  à Ghardaïa, a été accusé avec onze autres personnes d’atteinte à l’ordre public, d’attroupement illégal et de destruction des biens de l’Etat. Tous sont incarcérés à la prison de Ghardaïa depuis plusieurs mois et attendent leur procès.

Algeria-Watch dénonce ces pratiques répressives à l’encontre de militants de défense des droits humains, pratiques qui violent les droits fondamentaux à la liberté d’expression et de circulation des citoyens.