Quatre prisons pilotes pour fonctionner selon les critères internationaux

Coopération pénitentiaire algéro-britannique

Quatre prisons pilotes pour fonctionner selon les critères internationaux

par Salah C., Le Quotidien d’Oran, 9 juin 2008

Mokhtar Felioune, directeur général de l’administration pénitentiaire, relevant du ministère de la Justice a déclaré, hier, en marge de la cérémonie de lancement de la seconde phase du programme de coopération entre sa direction et le centre international des études pénitentiaires de Grande-Bretagne, programme financé par la partie britannique, pour un montant de 300.000 livres sterling, que «l’Algérie ne compte pas, à travers cette coopération, copier le modèle de gestion britannique, mais oeuvre à atteindre la stratégie de gestion des prisons, conformément aux normes internationales». M. Felioune a, également, précisé que «cette deuxième phase de coopération s’inscrit dans le cadre des objectifs de la réforme en cours dans les établissements pénitentiaires et devant se poursuivre jusqu’en 2010». Afin de concrétiser cette coopération, a fait savoir le DG de l’administration pénitentiaire, «quatre établissements pilotes, en l’occurrence: Boufarik, Tidjelabine, Constantine (Boussouf) et El-Harrach, ont été retenus afin de les doter d’un fonctionnement selon les critères internationaux des droits de l’Homme dans les prisons, d’élaborer des directives des établissements pénitentiaires selon l’approche du centre international des études pénitentiaires et de diffuser un plus grand nombre d’informations pour dépasser les carences qui pourraient entraver l’application des plans stratégiques». M. Felioune a rappelé, à cet effet, que «la première étape de cette coopération en matière de gestion des prisons, qui a duré de juillet 2007 à mars 2008, a permis aux experts du centre international de prendre connaissance de notre système pénitentiaire, de ses orientations et programmes visant leur modernisation et leur conformité aux normes internationales».

Il a réaffirmé, par ailleurs, que «l’adaptation des prisons algériennes aux normes internationales est l’un des objectifs assignés, d’où la nécessité de s’inspirer des dispositions contenues dans les chartes et conventions internationales ratifiées par l’Algérie». A ce titre, M. Felioune a expliqué que «cette approche vise l’humanisation des conditions de détention, de l’amélioration du traitement dans ces établissements ainsi que leur modernisation, conformément à la loi sur l’organisation des prisons et la réinsertion promulguée en 2005». Lors de sa rencontre avec deux experts britanniques, M. Felioune a présenté une vision globale sur les réformes appliquées dans les établissements pénitentiaires, en soulignant le nombre croissant de détenus qui bénéficient des programmes de l’enseignement général et de la formation professionnelle ainsi que ceux ayant obtenu le baccalauréat et le BEM. Selon lui, «ceci atteste de l’intérêt accordé à la réforme pénitentiaire». Au plan des ressources humaines, M. Felioune a précisé que plus de 5.740 nouveaux employés ont intégré le secteur depuis 2003, notamment des corps médical et paramédical avant de mettre en exergue les sessions de formation organisées au profit de 29.116 employés et cadres.

«Parallèlement à ces actions internes, plusieurs conventions de coopération internationale avec la France, l’Italie, l’Espagne, la Belgique et la Suisse, en vue d’acquérir une expérience internationale et de hisser la performance des prisons au niveau des normes internationales, ont été conclues», devait, en outre, indiquer le DG de l’administration pénitentiaire.

De son côté, un cadre de l’Administration pénitentiaire a présenté un exposé détaillé sur le bilan de la première phase de coopération avec la Grande-Bretagne, en matière de gestion des prisons.

Un expert britannique a, pour sa part, qualifié la première phase de la coopération algéro-britannique de positive. En réponse à une question sur le respect des droits de l’Homme des prisonniers et sa relation avec le crime commis, l’expert britannique a affirmé que «le jugement du tribunal et la durée d’emprisonnement constituent la peine et qu’ils n’ont aucune influence sur le traitement, à l’intérieur de la prison».