La population carcérale en hausse

Elle est estimée actuellement à 55 000 détenus

La population carcérale en hausse

Par : Souhila Hammadi, Liberté, 13 mars 2007

La réduction des mesures de grâce et une plus grande sévérité à l’encontre des auteurs de certaines infractions, comme les vols, sont à l’origine de cette tendance.

La population carcérale a été évaluée, durant l’année 2006, à environ 55 000 détenus, selon les révélations du directeur général des centres pénitentiaires, Mokhtar Felioune, faites hier à l’École supérieure de la magistrature en marge des travaux de la commission ministérielle mixte de coordination des activités de rééducation des prisonniers et leur réinsertion sociale.
M. Felioune a reconnu que le nombre de pensionnaires des prisons algériennes a sensiblement augmenté en peu de temps, du fait qu’il a stagné, pendant des années, autour d’une moyenne de 45 000 détenus. Ce qui revient à dire qu’au moins 10 000 personnes sont venues grossir les proportions de la population carcérale, en quelques mois.
Le cadre du ministère de la Justice explique cette tendance à la hausse par une baisse des mesures de grâce présidentielle depuis 2004, et une volonté affichée par les autorités judiciaires à être plus sévère (ne pas accorder de réduction de peine, par exemple) concernant certaines infractions, à l’instar des vols à la sauvette et les vols qualifiés. Mokhtar Felioune a annoncé, à l’occasion, que 81 centres pénitentiaires, répondant aux normes internationales en la matière, sont en construction.
Dès que ces nouvelles prisons seront réceptionnées, nombre de pénitenciers datant de l’époque coloniale (la prison de Serkadji ou de Berrouaghia), fermeront leurs portes, ou du moins changeront de vocation.
Sur un autre chapitre, le directeur général des centres pénitentiaires a indiqué que 68 associations sont investies dans la réinsertion sociale des ex-prisonniers.
Le Chef du gouvernement a, en outre, signé dernièrement un décret portant création de services d’accompagnement des détenus libérés. Il a regretté, dans ce contexte, que les entreprises publiques ou privées, refusent de recruter les personnes ayant un casier judiciaire non vierge. L’administration, pour sa part, fait son maximum, a-t-il affirmé, pour que la période passée dans la prison ne soit pas une perte de temps.
Elle investit donc beaucoup dans les activités liées à l’apprentissage et à l’enseignement à distance.
Il a informé que près de 7 100 prisonniers suivent, cette année, une formation professionnelle et 263 bénéficient, dans ce cadre, d’une semi-liberté ; 7 387 prisonniers sont inscrits dans l’enseignement à distance ; 2 540 dans les cours d’alphabétisation ; 151 dans l’enseignement supérieur ; 1 007 postulent pour le baccalauréat et 1 639 pour les examens sanctionnant la fin du deuxième palier de l’enseignement fondamental.
Une enveloppe budgétaire de 90 millions de dinars a été dégagée pour mener à bien ce programme.

Souhila H.