Après la libération de 26 prisonniers algériens détenus en Libye

Après la libération de 26 prisonniers algériens détenus en Libye

Un autre groupe attendu durant les prochaines 48 heures

Le Jeune Indépendant, 13 septembre 2009

Après des années de bataille et de patience, tous les prisonniers algériens détenus en Libye depuis des années commencent à recouvrer un à un leur liberté. La Libye, qui vient de libérer il y a quelques jours 26 Algériens détenus à la prison d’El-Jadida, s’apprête à libérer demain ou mardi un second groupe, avance le porte-parole du collectif des prisonniers algériens, Abdelkader Gasmi.

Ce deuxième groupe, composé d’une vingtaine de prisonniers, devrait transiter par la wilaya d’Annaba à bord d’un avion de la compagnie aérienne Air Algérie. Deux détenus transiteront par l’aéroport international d’Alger et devraient rejoindre directement la prison, car étant sous le coup d’un mandat d’arrêt lancé par les services de sécurité algériens. Avant-hier, un détenu malade a rejoint le pays, portant à 27 le nombre d’Algériens qui ont bénéficié de la grâce présidentielle du colonel Al-Kadhafi. Parmi les prisonniers encore détenus figure Amra Zaïdi, 53 ans, originaire d’Annaba, qui purge sa peine depuis 1990. Il a été condamné à perpétuité pour crime avec préméditation au même titre que ses deux complices libyens.
Ces deux derniers ont retrouvé leur liberté en 1993 après avoir obtenu le «pardon» du parent de la victime, une procédure largement répandue en Libye et appelée le «droit coutumier». En revanche, le ressortissant algérien, qui a pu bénéficier en 1993 de la grâce du guide libyen Mâamar Al-Khadhafi, attend toujours sa libération.
Selon le représentant des familles des détenus algériens, ce prisonnier n’a reçu, depuis son incarcération à la prison d’El-Djadida, «aucune visite, ni celle des ses parents ni encore moins celle d’un représentant de l’ambassade algérienne à Tripoli». Seul le consul d’Algérie, Menouer Rebai, lui a rendu visite la semaine dernière, ajoute notre interlocuteur. Dix-sept autres prisonniers accusés de faits divers attendent leur procès depuis 2003. Les détentions préventives peuvent être longues et injustifiées. Les jugements sont sans cesse reportés.
La politique carcérale libyenne vis-à-vis des Algériens (souvent arrêtés arbitrairement, sans procès-verbal, sans aucune raison valable ou justifiée), laisse à désirer. Les droits humains sont souvent bafoués. Me Khalafati Madjid, un des avocats en charge de cette affaire, a fait remarquer que les dossiers de certains prisonniers étaient «vides» et qu’ils ne semblaient pas s’appuyer sur des fondations légales. Il a blâmé les autorités libyennes qui n’ont pas avisé les officiels algériens de la présence de leurs prisonniers. L’accord conclu au plus haut niveau porte sur le transfert en Algérie de «tous les détenus algériens, y compris les huit condamnés à mort». La majorité de détenus ont été poursuivis pour des délits liés au trafic de drogue ou pour des vols.
Mahmoud Tadjer