Des Algériens risquent l’expulsion de Grande-Bretagne

Un mois après avoir été blanchis par la justice

Des Algériens risquent l’expulsion de Grande-Bretagne

par Z.M., Le Jeune Indépendant. 15 mai 2005

Un mois après avoir été blanchis par la justice britannique des accusations dans ce qui a été appelé le «complot à la ricine», huit Algériens risquent l’expulsion vers l’Algérie, a rapporté hier le quotidien The Guardian citant le ministère britannique de l’Intérieur.

Selon le quotidien londonien, le ministère britannique chercherait à renvoyer les huit Algériens acquittés à leur pays. L’un de leurs avocats, indique le journal, a affirmé qu’il s’opposerait à cette éventualité faisant valoir le fait que son client «avait déjà été persécuté en Algérie», sans plus de précisions.

Le collectif des avocats des huit Algériens a affirmé qu’il ne céderait pas d’un pouce si le ministère de l’Intérieur serait tenté par une telle mesure, rappelant que les intéressés avaient été injustement accusés et incarcérés depuis janvier 2003 et que les autorités devraient penser plutôt à les dédommager.

En avril dernier, les autorités britanniques avaient annoncé que huit des neufs Algériens interpellés dans le cadre du «complot à la ricine» avaient été libérés. Le neuvième a été condamné à 17 ans de prison pour avoir tué un policier venu l’arrêter à Manchester le 14 janvier 2003.Le ministre de l’Intérieur britannique déclarait en janvier 2003, à propos du «cercle de la ricine lié à El-Qaïda» qui venait d’être démantelé au nord de Londres : «El-Qaïda et son réseau international s’avèrent être, ainsi que la justice le démontrera dans les mois à venir, littéralement à notre porte et menaçant nos vies.» Mais deux ans plus tard, le mythe du complot s’était écroulé comme dans les cas précédents, notamment l’emprisonnent de 14 Algériens pour appartenance à El-Qaïda, depuis novembre 2002 dans la prison de haute de sécurité de Belmarsh, au sud de Londres, avant d’être relâchés.

La chambre des Law Lords, la plus haute instance judiciaire, avait jugé en décembre dernier la détention des 14 Algériens illégale et réclamé leur libération, infligeant alors un sévère camouflet au gouvernement britannique. Z. M.