L’avocat d’un homme condamné pour terrorisme conteste son expulsion vers l’Algérie

L’avocat d’un homme condamné pour terrorisme conteste son expulsion vers l’Algérie

DECINES (Rhône), 2 mars 2005 (AFP)

L’avocat d’un habitant de Décines (Rhône), condamné pour appartenance à un réseau terroriste à trois ans de prison ferme et interdiction du territoire, a annoncé mercredi avoir saisi la Cour européenne des droits de l’homme concernant « les conditions indignes » de l’expulsion de son client vers l’Algérie. Ali Drif, un ressortissant algérien de 44 ans, a été expulsé dans la nuit du 25 au 26 février « dans des conditions indignes d’une démocratie (…), vers un pays dans lequel il encourt un danger majeur », a déclaré à la presse Me Jacques Debray, qui s’inquiète de n’avoir « aucune nouvelle » de son client. M. Drif avait été condamné en 1999 par la Cour d’appel de Paris pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ». Il avait effectué deux ans de détention préventive entre 1995 et 1997, mais n’avait pas été convoqué en 1999 pour purger le reliquat de sa peine, selon Me Debray. En septembre 2004, à la suite d’un accident de la route dont il a été victime selon son avocat, il a été à nouveau incarcéré pour purger ce reliquat. Ali Drif devait sortir de prison le 26 février, mais a été expulsé la nuit d’avant, vers l’Algérie. « Il a été privé de la possibilité de demander à un juge de contrôler l’action de l’administration. C’est gravissime, le droit est complètement bafoué », s’est indigné Me Debray, aux côtés de la femme de M. Drif, à Décines. La préfecture a de son côté fait valoir qu’il ne s’agissait « pas d’une mesure administrative, mais de la mise en oeuvre d’une décision de justice ». Elle a précisé que M. Drif avait été « mis en mesure dès le 15 février de présenter ses observations sur la décision de mise en rétention et la décision de fixer l’Algérie comme pays destinataire ». L’avocat a souligné que son client, marié et père de quatre enfants français, avait, depuis sa sortie de prison en 1997, travaillé à la mairie de Décines, puis dans la menuiserie et que son titre de séjour avait été renouvelé en 1999, jusqu’en 2006. La justice doit examiner le 24 mars son recours contre l’interdiction de territoire.