Aéroport de Roissy : Un Algérien meurt pendant son expulsion

Aéroport de Roissy : Un Algérien meurt pendant son expulsion

par El-Houari Dilmi, Le Quotidien d’Oran, 23 août 2014

Un Algérien de 51 ans, expulsé de France, qui devait prendre l’avion, jeudi soir, est mort d’une crise cardiaque, survenue au cours de son transfert vers l’aéroport parisien de Roissy Charles-de-Gaulle, a indiqué une source policière, dans la capitale française. Une enquête a été ouverte, dès jeudi soir et confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN, la police des polices). Parti à bord d’un fourgon, jeudi, du Centre de rétention administrative de Vincennes, près de Paris, où sont, notamment, détenus des étrangers, en attente d’expulsion, escorté par des policiers, « il a fait un malaise, en arrivant à l’aéroport de Roissy», a assuré cette source, citée par l’AFP. «En arrivant à Roissy, les policiers se sont aperçus qu’il était en train de faire un malaise, dans le fourgon, et malgré les secours prodigués, il est décédé d’une crise cardiaque», a-t-elle précisé. L’avocat de la victime, Me Sohil Boudjellal, assure que le contexte de cette expulsion était «extrêmement tendu». «Il ne voulait pas se faire expulser, car toutes les voies de recours n’avaient pas été épuisées», a-t-il dit. «Le chef d’escorte, que j’ai eu au téléphone, jeudi soir, n’a rien voulu entendre et voulait quoi qu’il arrive, procéder à l’expulsion. Il a été pris par la force. Il a, probablement, dû se débattre», a-t-il estimé. Cinq jours plus tôt, le 16 août, ce ressortissant algérien s’était très, violemment, opposé à une première tentative d’expulsion et avait dû être reconduit au centre de Vincennes. Il faisait l’objet d’un arrêté ministériel d’expulsion, en date du 12 août. Depuis 2000, il avait été condamné plus de 10 fois, en France, notamment, pour des vols et des escroqueries ainsi que des violences, et effectué plusieurs séjours en prison. Il était incarcéré lorsque la décision d’expulsion a été prise. Une enquête confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN, la police des polices) a été ouverte, dès jeudi soir. «Cette enquête, conduite sous l’autorité du parquet, permettra d’établir très, précisément, les causes de la mort de cet homme», a déclaré Pierre-Henry Brandet, porte-parole du ministère de l’Intérieur. «Les missions d’éloignement sont des missions, humainement, toujours compliquées. Les policiers font, très souvent, face à des situations, particulièrement, tendues. Ils doivent gérer la détresse et la colère d’individus qui peuvent se montrer, extrêmement, violents», a-t-il ajouté. Une autopsie devait être pratiquée, hier vendredi, à l’Institut médico-légal de Paris.