Blair révèle des accords avec Alger, Amman, Tunis et Le Caire

L’ONU critique l’expulsion d’extrémistes

Blair révèle des accords avec Alger, Amman, Tunis et Le Caire

Le Jour d’Algérie, 10 août 2005

Le rapporteur spécial de l’ONU sur la torture, Manfred Nowak, a critiqué la décision de la Grande-Bretagne de procéder à l’expulsion d’islamistes extrémistes vers leur pays d’origine.

Qualifiant cette mesure de «déportation», ce dernier a souhaité que les autorités britanniques montrent plus de conformité par rapport aux droits de l’homme et à la législation internationale, vu que ces expulsions constituent un risque pour les personnes concernées de subir des actions de torture, voire risque de mort dans leur pays de destination. Anticipant sur de telles réactions, notamment celles pouvant émaner d’ONG de défense des droits de l’homme, Tony Blair avait annoncé la semaine écoulée s’être parfaitement entendu avec les pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient au sujet du traitement des personnes expulsées. Il a révélé, dans ce cadre, la conclusion d’accords avec quatre pays arabes : l’Algérie, la Jordanie, la Tunisie et l’Egypte. Blair a également affirmé que son gouvernement étudiait les modalités d’amendement de la législation sur les droits de l’homme en vue de rendre plus facile l’expulsion des islamistes extrémistes. «S’il y a le moindre risque dans certains pays, comme l’Algérie, la Jordanie, l’Egypte, etc., il faut bien savoir que les assurances diplomatiques qui nous sont données ne valent pas grand-chose», a déclaré Manfred Nowak à la BBC. «Si des autorités ont l’habitude de recourir à la pratique de la torture, il est évident qu’elles nieront automatiquement ce qui est fait chez elles parce qu’elles savent que c’est interdit. Elles peuvent parfaitement donner des garanties diplomatiques et faire le contraire par la suite». Une porte-parole du gouvernement Blair a répondu à ses déclarations en assurant que la grande-Bretagne ne procèdera aux expulsions que s’il dispose de garanties crédibles quant au traitement des expulsés. «Si ce n’est pas le cas, nous ne ferons rien», a-t-elle annoncé, réitérant «la certitude que le gouvernement s’assurera de lui-même et préalablement de la validité de ces garanties». Il est à rappeler que, selon les nouvelles lois en préparation, toute personne appelant au djihad ou faisant l’apologie du terrorisme, se verra automatiquement refusé l’asile et expulsée, alors qu’une certaine catégorie risque d’être déchue de la nationalité britannique.

Nabil Benali