Affaire du pilote Lotfi Raïssi

Affaire du pilote Lotfi Raïssi

La justice britannique rejette son droit de compensation

Par : H. A./AFP, Liberté, 24 février 2007

Victime d’atteinte aux droits humains, qui ont eu lieu à la suite de la réaction des autorités britanniques aux attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis, un Algérien du nom de Lotfi Raïssi, accusé à tort d’avoir donné des cours de pilotage à certains terroristes, auteurs des attentats de New York et de Washington, avant d’être innocenté, a perdu ce jeudi son appel pour obtenir des réparations.
Prétextant la demande d’extradition émanant des États-Unis non incluse au “processus criminel national”, la justice de la Grande-Bretagne s’est rangée du côté du ministre de l’Intérieur qui avait exclu M. Raïssi du plan d’indemnisation des personnes victimes d’erreurs judiciaires.
Lotfi Raïssi, 32 ans, avait été arrêté sans ménagement le 21 septembre 2001, par Scotland Yard, placé à l’isolement 23 heures par jour dans la prison de haute sécurité de Belmarsh à Londres et prévenu qu’il serait probablement extradé vers les États-Unis, où il risquait la peine de mort. Il n’avait été libéré qu’en avril 2002, les magistrats saisis de l’affaire avaient rejeté la demande d’extradition au motif qu’il n’existait aucune preuve à l’appui des allégations américaines. Son épouse et son frère, interpellés le même jour, avaient été libérés après quatre jours de détention.
L’ONG des droits humains, Amnesty International, s’était élevée contre la législation britannique “antiterroriste”, qui permettait “la détention illimitée, sans inculpation ni jugement et sur la base d’éléments de preuves secrets, d’étrangers qui ne pouvaient pas être expulsés”, en rappelant les interpellations de quelque 230 Algériens, en majorité demandeurs d’asile, entre novembre 2002 et mars 2003. En octobre 2006, M. Raïssi avait entamé une procédure judiciaire, afin d’exiger des excuses du gouvernement britannique et des compensations aussi bien aux cinq mois passés en prison que pour sa carrière de pilote d’avion, totalement compromise. Commentant la décision de la Haute cour, le pilote algérien l’a qualifié de “coup dur”. La réaction des dirigeants algériens par rapport à cette affaire est très attendue. L’Algérie, engagée dans la coopération en matière de lutte contre le terrorisme international, tolérera-t-elle, en effet, que ses citoyens soient rabaissés, injustement emprisonnés et privés de leurs droits les plus élémentaires ?

H. A./AFP