L’ambassadeur de Grande-Bretagne: « Les procédures d’extradition en cours d’étude »

Andrew Tesoriere (ambassadeur de Grande-Bretagne)

« Les procédures d’extradition en cours d’étude »

El Watan, 29 août 2005

Son Excellence Andrew Tesorière, ambassadeur de Grande-Bretagne, était en visite hier à Tizi Ouzou. Invité par la Chambre de commerce et d’industrie du Djurdjura (CCID), le diplomate a rencontré les opérateurs économiques locaux et la presse.

Répondant à une question sur les raisons de la lenteur des négociations sur l’extradition de 9 Algériens soupçonnés d’avoir été impliqués dans des actes terroristes, le représentant du gouvernement britannique a affirmé : « Il n’y a pas de blocages. Des porte-parole de mon gouvernement sont à Alger pour discuter des procédures d’extradition. Les négociations qui poursuivent leurs cours devront aboutir dans quelques semaines. L’objectif des textes en cours d’élaboration est beaucoup plus global. » Cependant, le diplomate britannique reconnaît que les cours de justice de son pays demandent toujours des assurances dans les cas d’extradition. « Les accords que nous nous attelons à rédiger auront à cerner des aspects politiques et judiciaires, car ils devront concerner le mouvement des personnes de manière générale. » L’ambassadeur a également annoncé que des officiels et des financiers britanniques viendront à Alger prochainement. Il a affirmé que le maire de Londres et des responsables du British Council effectueront une visite en Algérie en octobre prochain pour fouetter les relations économiques et culturelles entre les deux pays. A rappeler que les services de l’ambassade du Royaume-Uni ont déménagé à l’hôtel Hilton d’Alger depuis les attentats qui ont visé la Turquie au printemps dernier. Andrew Tesorière a également indiqué que son pays « compte construire une nouvelle et moderne ambassade à Alger dans un proche avenir ». Le projet qui date de plusieurs mois rencontre des réticences du gouvernement britannique, explique-t-on. Sur le volet économique, l’hôte de Tizi Ouzou reconnaît que son pays « ne s’implique pas suffisamment dans les économies du Maghreb, mis à part le secteur des hydrocarbures ». En termes d’échanges commerciaux avec l’Algérie, la Grande-Bretagne occupe le rang de 13e client avec 553 millions de dollars et est 11e fournisseur avec 431 millions selon les statistiques de 2004. La présence de l’ambassadeur britannique à Tizi Ouzou vise à identifier « les spécificités de la région, ses défis, ses obstacles et ses potentialités pour voir ce qu’on peut faire ensemble », a-t-il expliqué. Méziane Medjkouh, président de la CCID, en invitant l’ambassadeur de Grande-Bretagne, « espère impliquer les hommes d’affaires dans des projets d’investissement et tirer profit de l’expérience du Royaume-Uni en matière de création d’emplois ». Questionné sur la charte pour la paix et la réconciliation nationale, le diplomate a déclaré : « C’est une bonne initiative, mais je ne suis pas là pour apporter un jugement. »

Saïd Gada