Extradition des terroristes: Les précisions d’Alger

EXTRADITION DES TERRORISTES

Les précisions d’Alger

L’Expression, 23 mars 2006

Le dernier accord d’extradition signé par notre pays remonte à 2004.Il concernait l’extradition de 45 «Afghans algériens».

L’extradition des terroristes algériens occupe le devant de la scène nationale depuis la promulgation des textes d’application portant sur la mise en oeuvre de la Charte pour la paix et la réconciliation. Les déclarations des officiels se sont succédé. Les dernières en date, faites mardi par le chef du gouvernement, viennent confirmer les divergences d’approche entre l’Algérie et la Grande-Bretagne. M.Ouyahia a souligné que «les discussions entre l’Algérie et la Grande-Bretagne sur les extraditions judiciaires sont toujours en cours et avancent correctement», l’accord doit porter sur l’offre et la demande? c’est-à-dire qu’il concerne les extraditions réciproques de personnes recherchées dans les deux pays. Au moment où l’on s’attendait à la signature de la convention d’extradition qui contient quatre accords, Algériens et Britanniques ont buté sur un détail important «de souveraineté nationale» après le refus de la partie algérienne d’inclure une clause permettant à la partie britannique d’exercer «un contrôle extérieur» concernant notamment le volet relatif au jugement des personnes recherchées, avait indiqué une source diplomatique à l’APS. Le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, M.Yazid Zerhouni, a, lors de son passage à l’émission Tahaoulet de la Chaîne I, invoqué l’autre cause qui freine la signature des accords de convention : «La Grande Bretagne veut une extradition sélective». La première catégorie à expulser selon Londres, concerne les sans, papiers. L’Algérie, elle, plaide pour un accord global qui touche aussi les crimes liés à l’escroquerie. Zerhouni s’est montré moins optimiste que le chef du gouvernement en posant la problématique autrement: «Comment voulez-vous que Londres coopère dans les affaires liées au terrorisme alors que nous n’arrivons même pas à nous entendre sur des dossiers de droit commun et d’escroquerie». Londres tente d’expulser 17 Algériens, suspectés de terrorisme, qui sont actuellement en détention ou sous contrôle judiciaire. Selon des sources diplomatiques «l’Algérie n’a pas demandé l’extradition de personnes recherchées et n’a, à aucun moment, demandé leur expulsion de Grande-Bretagne, mais c’est la Grande-Bretagne qui estime, sur la base d’ une évaluation sécuritaire de la situation au Royaume-Uni, après les attentats de Londres en juillet 2005, qu’ils représentent une menace pour la sécurité nationale britannique et qu’il convient de s’en débarrasser». Rappelant que dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, l’Algérie a ratifié en 2004 un accord avec le Pakistan concernant l’extradition de 45 «Afghans algériens». D’autres accords ont été signés avec les pays arabes, ce qui a permis de dire à Ouyahia que tous les terroristes arabes qui ont bénéficié des mesures d’amnistie seront expulsés vers leur pays d’origine.Reste le troisième cas, ayant trait aux terroristes algériens recherchés à l’extérieur, c’est le cas notamment d’El Para. Sur ce point, le président de la Commission nationale consultative pour la promotion et la protection des droits de l’Homme, M.Farouk Ksentini, a rappelé que l’Algérie «n’extrade pas ses nationaux». Mais que ces derniers assumeront leur responsabilité s’ils quittent le pays.

Achira MAMMERI