« Nous sommes emprisonnés comme otages politiques »

« Nous sommes emprisonnés comme otages politiques »

26/04/2006

Nous sommes des hommes algériens enfermés en prison dans ce pays depuis maintenant plus de cinq ans. Nous savons que nous risquons la torture dans notre pays d’origine, mais certains d’entre nous en sont venus à prendre la décision qu’une mort rapide est préférable à la mort lente que nous devons endurer ici. Nous avons vu certains de nos membres devenir fous sous la contrainte ; nous avons vu nos familles souffrir et certains d’entre nous croient que la seule chose que nous pouvons faire est d’entrer dans le feu, même si nous croyons que nous y serons brûlés.

Après avoir pris cette décision, nous constatons maintenant que l’ambassade algérienne dit que c’est le ministère de l’intérieur qui ne coopère pas avec elle. Nous croyons que le ministère de l’intérieur préfère nous garder ici en tant que forme particulière d’otage, dans des buts politiques, et continue à nous infliger sa cruauté, jusqu’à ce que nous tous, comme ils l’espèrent, nous nous sentions contraints de partir.

Nous avons essayé de le dire aux médias et, en particulier, nous avons essayé de le dire sur l’antenne d’Islam Channel de ce pays, mais notre accès au téléphone a été supprimé de façon à ce que nous ne puissions plus appeler le présentateur du programme, dont nous avions précédemment été autorisés à faire le numéro. Nous savons que l’ensemble de la population de ce pays, y compris les musulmans, ne sait rien de ce qui nous est arrivé. Nous écrivons pour demander que vous nous aidiez à briser le silence. Nous sommes tous en grève de la faim et nous le sommes depuis maintenant une semaine.

Les otages oubliés de Long Lartin
Prison de Long Lartin, Evesham, Worcs