Extradition des Algériens: Les Britanniques moins exigeants

EXTRADITION DE RESSORTISSANTS ALGERIENS

Les Britanniques moins exigeants

Le Quotidien d’Oran, 29 mars 2006

Les négociations autour des quatre accords d’extradition et de coopération judiciaire aux plans pénal, civil et commercial qui sont en phase de finalisation entre l’Algérie et la Grande-Bretagne se poursuivent depuis lundi à Alger.

Ce septième round de négociations qui intervient après celui tenu le 16 février dernier, à la veille de la visite du ministre britannique des Affaires étrangères, M. Jack Straw, semble aller vers des résultats probants.

Dans son édition d’hier, le journal «Charq El-Awssat», citant une source bien informée, a annoncé que le côté britannique a «montré une souplesse en ce qui concerne ses positions sur le sujet de la surveillance des conditions d’incarcération des futurs extradés».

Selon le journal, ce revirement dans les positions des Britanniques s’explique par la volonté de Londres de se débarrasser des présumés terroristes après les attentats à la bombe qui avaient secoué la capitale britannique en juillet 2005. Les Britanniques considèrent ces détenus comme une menace permanente sur la sécurité nationale du pays et veulent les extrader, dans les plus brefs délais, dans leurs pays d’origine afin d’éviter les critiques des organisations de défense des droits de l’homme.

D’ailleurs, le journal précise que l’Algérie n’a jamais demandé l’extradition de présumés terroristes mais que l’initiative est venue de Londres. Mais malgré sa détermination à extrader les personnes liées à des organisations terroristes, Londres restait toujours sceptique quant aux conditions d’incarcération en Algérie des futurs extradés et exigeait des autorités algériennes des garanties.

Les Britanniques avaient demandé la surveillance des centres de détention pour éviter que les futurs extradés ne subissent la torture.

Ainsi, Londres avait exigé l’envoi régulièrement en Algérie de délégations composées de juges et de responsables de sécurité pour s’assurer que les futurs extradés seront jugés dans de bonnes conditions et traités convenablement durant leur incarcération. Les autorités algériennes ont refusé cette demande, estimant qu’elle était une atteinte à la souveraineté nationale. Le responsable de la presse à l’ambassade d’Algérie à Londres, M. Toubal, avait déclaré, le 10 mars à la chaîne de télévision Channel Four, que «l’Algérie n’accepte pas que la situation des extradés soit vérifiée par un magistrat étranger». Il avait déclaré que «les deux parties étaient très proches d’un accord, mais les représentants algériens ont été surpris, en novembre dernier, par les exigences de la partie britannique».

Le diplomate avait également affirmé qu’»il n’a jamais été question auparavant de garanties».

Selon le journal, ces garanties ont été posées par la justice britannique comme condition sine qua non pour l’extradition de personnes résidant en Grande-Bretagne et impliquées dans des affaires terroristes.

Les Britanniques avaient déjà réussi à conclure des accords d’extradition avec des pays arabes comme la Libye et le Liban en imposant le principe de la surveillance extérieure des conditions d’incarcération.

Il est à signaler que la signature de l’accord d’extradition entre l’Algérie et la Grande-Bretagne traîne depuis deux ans et a été à maintes reprises reportée à cause des divergences entre les deux parties sur des garanties exigées par le côté britannique.

Sofiane M.