L’Algérie et la Grande-Bretagne s’entendent sur la question de l’extradition

Quatre accords dans les domaines judiciaire et consulaire ont été signés jeudi

L’Algérie et la Grande-Bretagne s’entendent sur la question de l’extradition

Par Mekioussa Chekir, La Tribune, 10 juin 2006

Vraisemblablement, l’Algérie et la Grande-Bretagne ont réussi à trouver un terrain d’entente autour des divergences qui ont émaillé les négociations sur les accords de coopération judiciaire, notamment celui relatif à l’extradition des personnes impliquées dans des actes de terrorisme ou de criminalité. C’est du moins ce qui a été annoncé jeudi dernier à l’occasion de la visite du ministre d’État auprès du ministre des Affaires étrangères de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, chargé des affaires du Moyen-Orient, d’Afrique du Nord et de la réforme de l’ONU, M. Kim Howells. Une visite qui a été sanctionnée par le paraphe de quatre accords dans les domaines judiciaire et consulaire, dont celui relatif à l’extradition et ce, à l’issue de la tenue du forum du dialogue ministériel-comité mixte algéro-britannique, co-présidé par le haut responsable britannique et le ministre délégué chargé des affaires maghrébines et africaines, M. Abdelkader Messahel. Le premier accord porte sur l’entraide judiciaire en matière pénale, le second sur l’entraide judiciaire en matière commerciale et civile, alors que les deux autres portent sur la circulation des personnes et la réadmission et, enfin, le dernier sur l’extradition. Pour les deux parties, la signature de ces accords revêt «une importance majeure pour le futur de toutes les relations entre les deux pays en matière judiciaire, pénale et consulaire». Après la signature de ces accords, il y a lieu de s’interroger sur la suite à donner au cas de Abdelmoumene Khalifa au sujet duquel Algériens et Anglais avaient entamé de longues négociations, la partie algérienne ayant demandé l’extradition de l’ex-patron de l’empire déchu pour pouvoir le juger sur le sol algérien. Il en est de même pour les 17 Algériens détenus par les autorités judiciaires britanniques ou placés sous contrôle judiciaire pour leur implication dans des actes de terrorisme. Lors de l’ouverture des travaux de ce forum, M. Messahel a déclaré que «la mise en place pour la première fois d’un comité algéro-britannique sur les relations bilatérales constitue un jalon et un levier puissants à la coopération entre les deux pays dans tous les domaines […] Le renforcement de ce partenariat auquel le président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, et le Premier Ministre britannique, M. Tony Blair, accordent toute l’importance requise est la parfaite expression de la volonté politique de nos deux pays à asseoir juridiquement une coopération multiforme et ambitieuse entre eux». L’intervenant ajoutera que d’importants accords en matière de coopération bilatérale touchant notamment au domaine judiciaire entre les deux pays en sont au stade de la finalisation, de même que «les conditions de l’approfondissement de la concertation bilatérale sur les questions politiques et d’intérêt commun sont réunies». De son côté, M. Kim Howells a déclaré que le comité mixte va permettre d’examiner les questions politiques et les questions bilatérales d’intérêt commun. Il a également exprimé la volonté de la Grande-Bretagne de renforcer sa coopération avec l’Algérie. «Nous voulons développer davantage les investissements et les échanges commerciaux dans des secteurs qui sont importants», a-t-il soutenu tout en affichant son satisfecit que le président Bouteflika ait accepté l’invitation de se rendre, le 9 juillet prochain, au Royaume-Uni. A l’issue de ce forum, un mémorandum portant création d’un «Comité sur les relations bilatérales» entre l’Algérie et la Grande-Bretagne a été paraphé à l’occasion de la tenue du forum algéro-britannique, par M. Abdelkader Messahel et M. Kim Howells, en attendant que la signature intervienne en juillet prochain à Londres, à l’occasion de la visite du chef de l’Etat algérien. Ce mémorandum, a-t-il été précisé, a pour finalité d’«encadrer les relations bilatérales et jettera les bases juridiques d’un dialogue politique multiforme aussi fécond que fructueux».