Londres: Expulsions d’Algériens «indésirables»

Expulsions d’Algériens «indésirables»

Londres se tourne vers la Cour européenne

par Z.M., Le Jeune Indépendant, 8 octobre 2005

Le gouvernement britannique envisage de recourir à la Cour européenne de justice pour arriver à expulser des ressortissants algériens après le refus de la justice britannique. Cette dernière, ainsi que des organisations des droits de l’homme, et plus récemment la commission des droits de l’homme de l’ONU, s’opposent à l’expulsion d’au moins huit ressortissants algériens sous le motif que leur sécurité serait mise en danger ou qu’ils soient soumis à des abus dans leurs pays.

Cela d’autant que le mémorandum d’entente entre Alger et Londres, garantissant aux éventuels expulsés un respect de leurs droits civiques, n’a pas encore été signé et risque, à l’évidence, d’être renvoyée aux calendes grecques depuis que le gouvernement algérien a exigé des excuses officielles du gouvernement britannique pour les Algériens incarcérés à tort dans les prisons du Royaume-Uni dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, notamment Lotfi Raïssi.

Dans l’espoir d’arriver à s’extirper de ce bourbier, le ministère britannique de l’Intérieur envisage d’amener la Cour européenne de justice à Strasbourg à modifier quelques articles de la Convention européenne, a rapporté mercredi passé The Guardian.

Pour ce faire, Londres a reçu l’autorisation d’intervenir dans le cas d’un Algérien de 22 ans, qui a saisi la Cour européenne contre une mesure d’expulsion émise à son encontre par les autorités néerlandaises, révèle le quotidien londonien.

L’affaire de l’Algérien Mohamed Ramzy, accusé à tort d’implication dans une cellule terroriste puis acquitté par la justice hollandaise, sera examinée le 17 octobre. Blanchi des charges retenus contre lui, Ramzy a toutefois été reconnu coupable de séjour irrégulier.

Une demande d’asile lui a été refusée par les autorités hollandaises qui ont prononcé à son encontre une décision d’expulsion, mais ses avocats ont saisi la Cour européenne arguant que sa vie serait en danger en Algérie et que les autorités néerlandaises lui doivent avant tout des réparations.

Mais le verdict de l’affaire ne devrait pas être rendu avant la fin de l’année 2006, a reconnu le ministre de la justice lord Goldsmith, tandis que l’examen par la justice britannique des cas des Algériens prendrait plusieurs années.

Par ailleurs, cinq autres ressortissants étrangers dont un Algérien ont été interpellés mardi passé dans les régions de West Midlands, Londres et Cardiff par la police d’immigration alors que neuf Algériens, libérés en février dernier puis arrêté à nouveau il y a 20 jours, croupissent en prison sous le coup de mesures d’expulsion.

Z. M.