DZ-GB: L’accord d’extradition paraphé

Bouteflika à Londres le 9 juillet

L’accord d’extradition paraphé

Le Quotidien d’Oran, 10 juin 2006

La visite qu’a effectuée les 7 et 8 juin derniers en Algérie M. Kim Howells, ministre d’Etat britannique auprès du Foreign and Commonwealth Office, a permis aux deux pays de parapher quatre accords qualifiés «d’une importance majeure pour le futur de toutes les relations entre l’Algérie et le Royaume-Uni en matière judiciaire, pénale et consulaire».

Les deux pays sont finalement arrivés à un accord sur l’extradition, autour duquel les discussions ont duré près d’une année, mais également sur des accords d’entraide judiciaire en matière «pénale» et «commerciale et civile», ainsi que sur la «circulation des personnes et la réadmission», ont annoncé jeudi MM. Kim Howells et Abdelkader Messahel, ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères chargé des Affaires maghrébines et africaines, lors d’un point de presse organisé en fin de matinée à Djenane El Mithaq.

Les accords paraphés jeudi sont un «début d’ancrage juridique» et une «densification de la coopération», a indiqué Abdelkader Messahel qui a parlé d’une «ère nouvelle» dans les relations entre les deux pays.

Par ailleurs, les deux ministres ont également paraphé un mémorandum «portant création d’un comité sur les relations bilatérales» qui «jettera les bases juridiques d’un dialogue politique multiforme aussi fécond que régulier» de nature à soustraire les relations entre les deux pays «aux aléas de la conjoncture», indique le communiqué de presse clôturant cette visite. La signature de ce mémorandum interviendra à Londres, lors de la visite du chef de l’Etat prévue pour le 9 juillet prochain, au cours de laquelle il rencontrera la Reine d’Angleterre, le Premier ministre Tony Blair et le ministre des Affaires étrangères, a précisé M. Howells lors de la conférence de presse.

Le communiqué sanctionnant la rencontre fait état de négociations futures qui seront lancées afin d’arriver «au plutôt» à «une série d’accords et de conventions touchant à des domaines multiples» comme «la garantie des investissements, la non-double imposition, (ainsi que) la coopération scientifique et culturelle».

L’accord sur l’extradition permettra-t-il de livrer Abdelmoumen Khalifa et d’autres personnes accusées de terrorisme à l’Algérie ? «La coopération fonctionne très bien dans l’affaire Khalifa», s’est contenté de dire M. Kim Howells qui a préféré «ne rien ajouter» à ce propos. Mais, précise-t-il, «les hommes politiques (britanniques, ndlr) ne peuvent pas s’ingérer dans les affaires juridiques concernant des personnes soupçonnées de terrorisme». En d’autres termes, il faut attendre que la justice britannique tranche sur leurs cas avant d’envisager une éventuelle extradition. Quant à l’ex-patron du défunt Groupe Khalifa, le cas semble plus compliqué dans la mesure où, selon ce qu’il a lui même annoncé dans un entretien accordé en mai dernier à l’hebdomadaire français VSD, Abdelmoumen Khalifa a porté plainte contre les autorités algériennes. Par conséquent, son extradition demandera au moins le temps que durera ce procès intenté à l’Etat algérien. Il est donc certain que l’intéressé ne sera pas présent dans le box des accusés lors du procès relatif à la Banque Khalifa qui aura lieu en juillet au tribunal de Blida.

Pour ce qui est des visas, le ministre d’Etat britannique a estimé que son pays est le 2e pays, après la France et devant l’Espagne, à délivrer des titres de séjour aux Algériens, et ce malgré le fait que l’attribution a lieu à Tunis. Sans donner de date précise, M. Howells a promis une «plus grande efficacité» et une «accélération dans l’attribution des visas», en attendant la construction d’une nouvelle ambassade à Alger. La visite de Kim Howells a également permis aux deux parties de discuter de questions internationales dont celles relatives au «Sahara Occidental, à la situation en Irak, le Moyen-Orient, la Palestine, les migrations, le NEPAD, le terrorisme, le processus de Barcelone et le dialogue euro-méditerranéen», indique le communiqué de presse clôturant cette visite. A propos du Sahara Occidental, M. Messahel affirme qu’il y a convergence des points de vue sur la nécessité de «trouver une solution dans le cadre de l’ONU». Les visions ont été également «convergentes» en ce qui concerne la question de l’émigration clandestine, où les deux parties se sont accordées sur «la nécessité de s’attaquer aux causes de la migration», a-t-il ajouté.

Mohamed Mehdi