Alors que Blair ne désespère toujours pas d’expulser les 17 Algériens

Alors que Blair ne désespère toujours pas d’expulser les 17 Algériens

Quelque 230 demandeurs d’asile autorisés à séjourner au Royaume-Uni

par Zouaoui Mouloud, Le Jeune Indépendant, 22 mai 2006

Quelque 230 étrangers, dont des ressortissants de nationalité algérienne, ont été autorisés à demeurer en Grande-Bretagne grâce à leur statut de demandeurs d’asile après avoir été libérés de prison après leur arrestation dans le cadre des enquêtes sur le terrorisme.

Depuis septembre 2001, 963 personnes de diverses nationalités, dont 230 Algériens, ont été interpellés par la police en Angleterre et au Pays de Galles. Elles étaient toutes résidentes régulières en tant que demandeuses d’asile ou bénéficiaires du statut de réfugiés.

La plupart de ces étrangers sont originaires d’Algérie, de Somalie et d’Irak, a rapporté hier le quotidien Sunday Times citant des statistiques du ministère britannique de l’Intérieur. Ces étrangers ont été relâchés lorsque les enquêtes avaient conclu qu’ils n’étaient pas impliqués dans des activités terroristes, tandis que certains d’entre eux avaient été simplement entendus dans des affaires de droit commun ou de séjour illégal.

Selon ces statistiques, 232 ressortissants étrangers avaient été identifiés comme des demandeurs d’asile dont les dossiers étaient examinés par les services britanniques d’immigration. Parmi ce lot de demandeurs, 214 avaient été arrêtés par la police lors de descentes de Scotland Yard contre les milieux de demandeurs d’asile, notamment algériens.

Le journal indique que 34 individus avaient été également interpellés depuis mars dernier, portant à 997 le nombre total des étrangers arrêtés en cinq ans. Une proportion de un sur quatre de ces personnes avait introduit une demande d’asile.

Le ministère de l’Intérieur a précisé que la plupart des 34 individus n’avaient pas été présentés devant la justice faute de charges et que la moitié d’entre eux ont été depuis libérés. Parmi les personnes incarcérées durant cette période se trouvent les neufs Algériens qui ont été accusés à tort de complot à la ricine.

En avril 2005, la justice britannique avait relaxé huit des neufs Algériens interpellés dans le cadre de ce qui a été appelé le «complot à la ricine». Le neuvième compatriote avait été condamné à 17 ans de prison pour avoir tué un policier venu l’arrêter à Manchester le 14 janvier 2003.

Aujourd’hui, 13 Algériens sont toujours en détention dans la prison de haute sécurité de Belmarsh à Londres et que le gouvernement britannique peine à expulser du pays. Suspectés de terrorisme, ils avaient, entre-temps, introduit un appel pour leur libération devant la commission d’appel spéciale des affaires d’immigration (SIAC) qui a commencé le 26 avril à examiner leurs dossiers au cas par cas.

L’examen de leurs dossiers est intervenu alors que le gouvernement britannique a reconnu récemment avoir échoué à convaincre l’Algérie de ratifier un accord destiné à les expulser du Royaume-Uni, après six rounds de négociations entamés en 2003.

Le document devait permettre aux autorités britanniques de le faire valoir devant les tribunaux pour procéder à l’expulsion des Algériens sans provoquer la colère des associations de défense des droits de l’homme. Vendredi dernier, le Premier Ministre Tony Blair avait affirmé devant la Chambre des communes qu’il allait procéder à une modification des lois pour pouvoir expulser les personnes soupçonnées de terrorisme dont les 17 Algériens et ceci quel que soit le risque qu’ils encourent dans leur pays.

Les propos de M. Blair avaient suscité l’indignation des associations de défense des libertés civiles ainsi que de nombreuses personnalités politiques, y compris au sein de son parti. Z. M.