17 Algériens indésirables en Grande-Bretagne expulsés

COOPERATION JUDICIAIRE

17 Algériens indésirables en Grande-Bretagne expulsés

Le Quotidien d’Oran, 22 juin 2006

17 ressortissants algériens jugés «indésirables» sur le sol britannique ont été expulsés dans le cadre de la coopération judiciaire entre les deux pays, a indiqué, hier, l’ambassadeur d’Algérie à Londres, M. Mohamed-Salah Dembri.

Intervenant sur les ondes de la chaîne III de la radio nationale, dans le cadre de l’émission «L’invité de la rédaction», M. Dembri, qui n’a pas donné de dates précises à propos de ces expulsions, a, en effet, indiqué que l’Algérie a eu à traiter, dans le cadre de la coopération judiciaire, «17 cas de demandes d’éloignement» émises par la Grande-Bretagne concernant des ressortissants algériens vivant dans ce pays.

Tout en précisant que ces demandes n’étaient pas des mesures d’extradition, mais «d’éloignement», M. Dembri a souligné que ces «personnes, jugées indésirables, ont été expulsées de Grande-Bretagne», après que les autorités algériennes eurent «procédé à toutes les vérifications nécessaires pour savoir s’ils étaient traités, durant les procédures d’expulsion, dans le cadre du droit international». «Jusqu’à présent, une seule personne a exercé son droit de recours devant la justice britannique», a-t-il noté, affirmant que pour les ressortissants algériens qui «font ou feront l’objet de mesures d’éloignement, il sera statué au cas par cas, tenant compte de leur volonté individuelle de vouloir entrer au pays».

Concernant les demandes d’extradition exprimées par l’Algérie ou la Grande-Bretagne, M. Dembri a souligné qu’»elles concernent aussi bien des affaires criminelles, telles que les crimes économiques, comme c’est le cas pour +l’affaire Khalifa+, que des affaires liées au terrorisme», précisant que l’Algérie a formulé «deux ou trois demandes d’extradition» à ce sujet.

Pour rappel, à la mi-juin de cette année, deux Algériens soupçonnés de terrorisme par les autorités britanniques ont été expulsés vers l’Algérie. Le premier qui avait été identifié par l’initiale «V» a été expulsé le 16 juin dernier. Il faisait partie d’un groupe de quatre Algériens acquittés à l’issue du procès en avril 2005 dit du «complot à la ricine», pour lequel le principal accusé, Kamel Bourgass, a été condamné à 17 ans de prison.

Quant au deuxième, un homme identifié par l’initial «I» et présenté comme un responsable d’un groupe lié à Oussama Ben Laden, il a été expulsé le 17 du mois en cours. Avant son expulsion, il avait été détenu dans la prison de haute sécurité de Belmarsh, dans le sud-est de Londres, où il avait été incarcéré en avril 2002, non pas à la suite d’une condamnation mais comme suspect de terrorisme international. Son expulsion est intervenue après qu’il eut renoncé de son propre gré à faire appel contre la procédure engagée par le gouvernement britannique.

Ces expulsions n’auraient pas été possibles s’il n’y avait pas eu au préalable les quatre conventions en matière d’entraide judiciaire, paraphées récemment en Algérie. La visite du président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, à Londres, prévue en juillet prochain, sera justement sanctionnée par la signature de ces quatre conventions, en plus d’un texte sur la création d’un comité mixte entre l’Algérie et la Grande-Bretagne.

Une visite que M. Dembri a qualifiée comme un «moment véritablement clé dans l’histoire des relations» entre l’Algérie et la Grande-Bretagne. M. Mohamed-Salah Dembri a souligné, par ailleurs, que la visite du chef de l’Etat à Londres «va permettre à l’Algérie et à la Grande-Bretagne d’aller de l’avant sur tout ce qui concerne les relations bilatérales». «La dimension économique aura une place importante», a-t-il précisé, expliquant qu’il s’agit de montrer «les énormes potentialités de l’Algérie et ses capacités d’absorption de l’investissement extérieur», notamment dans «tout ce qui touche au développement de l’agriculture, de l’hydraulique, des infrastructures de base, les investissements dans le secteur de l’énergie et les télécommunications». C’est dans ce même sens qu’»il y a des textes qui devraient être finalisés» avant la visite du chef de l’Etat à Londres, a précisé le diplomate algérien, avant d’expliquer qu’il s’agit «d’accords de promotion et de protection réciproques des investissements, ainsi qu’un accord sur la non-double imposition».

Par ailleurs, l’ambassadeur a rappelé que l’Algérie s’est engagée dans un processus de désendettement après la négociation avec le Club de Paris et une autre avec le Club de Londres pour rembourser sa dette par anticipation. «Dans le courant du mois de juin, a-t-il précisé, il va y avoir une rencontre entre les négociateurs algériens et britanniques au sujet de la dette publique». Concernant le volume de la dette algérienne vis-à-vis de la Grande-Bretagne, il a précisé que «le stock pour la dette publique se situe aux alentours de 700 à 800 millions de dollars et pour la dette privée, aux alentours de 400 à 500 millions de dollars».

Interrogé sur la circulation des personnes, M. Dembri a indiqué qu’il y a une «normalisation» dans les procédures de délivrance de visas qui deviennent de plus en plus «rapides».

H. Barti