Liberté de la presse et d’expression: La Ladh exprime ses inquiétudes

Liberté de la presse et d’expression

La Ladh exprime ses inquiétudes

Liberté, 30 juin 2016

La Ligue algérienne des droits de l’Homme (Ladh) a déploré, dans son rapport annuel sur la situation des droits de l’Homme en Algérie adressé au président de la République, “l’approche sécuritaire privilégiée par les autorités par rapport à la question de la liberté d’expression et de la presse”. L’organisation exprime, par conséquent, ses inquiétudes quant à cette situation qui “s’est détériorée avec les mesures de fermeture de certaines chaînes de télévision en raison d’un traitement de sujets qui n’agrée pas le pouvoir et les pressions exercées contre d’autres de façon indirecte de sorte à les amener à pratiquer l’autocensure”. Une situation que la Ligue voit comme une atteinte à la liberté d’opinion, d’expression et de la presse. La Ladh relève, par ailleurs, “la prééminence du pouvoir exécutif sur le pouvoir judiciaire ; ce qui induit une domination du premier sur le deuxième”. La Ligue estime, à ce propos, que la justice algérienne demeure loin des principes d’une justice indépendante, et ce, en dépit des multiples réformes menées, depuis des années, par le pouvoir. “Les réformes engagées par le pouvoir n’ont pas répondu aux aspirations des citoyens”, déplore la Ladh. L’organisation, qui dénonce les multiples pressions exercées sur les syndicats, les militants politiques et les organisations non gouvernementales, note, par ailleurs, l’interdiction toujours en vigueur des manifestations publiques dans la capitale. La Ladh constate, ainsi, qu’après plus de 53 ans d’indépendance, “le peuple algérien se retrouve à la croisée des chemins, entre ses aspirations légitimes pour un régime démocratique et une réalité faite d’ambiguïtés, de contradictions, de manque de transparence, de favoritisme, de régionalisme et de népotisme”. L’organisation pointe aussi la corruption qui ronge les institutions de l’État, conduisant au désespoir et à l’absence de confiance dans les institutions. La Ladh, qui revient, par ailleurs, dans son rapport annuel sur la situation économique et sociale du pays qui se détériore en raison de l’effondrement du prix du pétrole, estime que les multiples conflits qui se déroulent à nos frontières imposent à l’État de prendre, et dans l’immédiat, toutes les mesures permettant de restaurer la confiance des citoyens dans ses gouvernants afin, précise-t-elle, de faire face de la meilleure façon possible aux menaces sur la sécurité nationale.

H. S.