Événements de Ghardaïa: La LADDH exige une commission d’enquête

Événements de Ghardaïa

La LADDH exige une commission d’enquête

El Watan, 16 janvier 2006

Le bureau de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH) de Ghardaïa demande, dans un communiqué parvenu hier à notre rédaction, « l’envoi d’une commission nationale d’enquête probante et indépendante afin d’étayer les événements de Ghardaïa, principalement le dernier meurtre qui a coûté la vie au regretté B. B. ».

En effet, explique la LADDH de Ghardaïa, la justice a procédé « au lancement de nouvelles accusations, sans aucune preuve matérielle, contre deux des membres du bureau de la fédération du FFS de wilaya et activistes des droits de l’homme dans un crime crapuleux ». Un jeune citoyen, B. M., a été désigné comme inculpé principal dans ce crime « alors qu’il n’a aucun lien avec la victime », ajoute la LADDH qui a été destinataire d’une correspondance SOS de la famille de l’inculpé. Malgré que ce jeune se soit présenté volontairement devant l’auxiliaire de justice pour s’enquérir du motif de sa recherche, il a été arrêté illico presto et incarcéré depuis plus de trois mois sans aucune preuve tangible, note la LADDH de Ghardaïa dans son communiqué. L’auxiliaire de justice veut à tout prix arracher des aveux à l’inculpé en le mettant en isolement et en le privant de toute visite et contact avec le monde extérieur, y compris ses avocats, pour le briser et lui « faire dire que l’instigation émane d’un parti politique d’opposition », le FFS en l’occurrence. Ainsi, la LADDH s’interroge si l’appartenance et l’activisme dans un parti politique légal constituent un délit passible de peines judiciaires. Si c’est le cas, poursuit la LADDH, il est plus plausible de bannir ces partis politiques et d’amender la Constitution dans ce sens. La LADDH demande, donc, la concrétisation de l’indépendance de la justice en la tenant à l’écart de la politique pour que des citoyens innocents ne payent pas le prix des enjeux politiques entre le pouvoir et l’opposition. Le bureau de Ghardaïa exige, également, la libération de l’inculpé B. M. et l’instauration à nouveau d’une instruction « sérieuse et crédible » de toute l’affaire en se basant sur des preuves matérielles.

Mustapha Rachidiou