Algérie : décès de Me Khelili, avocat des droits de l’homme

Algérie : décès de Me Khelili, avocat des droits de l’homme

Par Jose Garçon, Libération, mercredi 12 mars 2003

Amis, médecins lui répétaient ­ en vain ­ de se ménager. Le 6 mars, à Roissy, son coeur a lâché alors qu’il débarquait d’Alger. Avec Mahmoud Khelili, 68 ans, l’Algérie perd l’un de ses ­ rares ­ avocats défenseurs des droits de l’homme. Au plus fort de la «sale guerre», cet ancien maquisard de la guerre de libération à l’itinéraire atypique, a passé outre le harcèlement de la Sécurité militaire pour dénoncer tortures, disparitions forcées… C’est dans la police que Mahmoud Khelili débute sa carrière après l’indépendance. Révolté par l’injustice et la corruption, il en démissionne en 1974 après avoir été séquestré à la direction de la police. C’est le début d’une carrière d’avocat, au cours de laquelle sa mise en cause de la dépendance de la justice lui vaut deux ans de suspension. Après le coup d’Etat de 1992, il est parmi les premiers avocats à dénoncer les tribunaux d’exception ou le massacre de la prison de Serkadji. En 1998, à la veille d’un voyage en Europe, une vingtaine de policiers envahissent son domicile. Saccageant les lieux, ils arrêtent deux de ses fils. Violemment agressé, Farid est libéré quelques heures après. Hakim, traité pour troubles mentaux, est séquestré quatre jours. Le corps de Me Khelili quitte, à 11 heures ce matin, Roissy pour Alger