Mahmoud Khelili enterré à El-Harrach

Sa dépouille a été rapatriée de Paris, hier après-midi

Mahmoud Khelili enterré à El-Harrach

Quotidien d’oran, 13 mars 2003

L’avocat et défenseur des droits de l’homme a été enterré, hier en fin d’après-midi, au cimetière de Belle-Vue (El-Harrach), en présence d’une foule nombreuse constituée essentiellement de ses proches, voisins et amis, ses confrères ainsi que des parents de disparus. Terrassé par une crise cardiaque, jeudi passé, à l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle, le défunt avait quitté quelques heures auparavant, contre l’avis des médecins, l’hôpital de Hussein Dey.

Il a fallu attendre jusqu’à ce mardi pour que lui soit faite l’autopsie. Sa dépouille est arrivée, hier, à Alger en milieu d’après-midi après plusieurs heures de retard. Aucun officiel n’a été au cimetière et aucune oraison funèbre n’a été prononcée. L’homme public a été enterré presque en privé, n’était-ce la présence des représentants du bureau national du bâtonnat, des dirigeants du FFS et du PT, des avocats et défenseurs de droits de l’homme, comme Ali Yahia Abdennour et Me Mechri, ainsi que du SG de l’association RAJ.

Peu de journalistes ont également couvert l’enterrement. Sa famille avait connu des difficultés pour son rapatriement et il a fallu la contribution d’un avocat algérien installé à Paris, ami du défunt, pour que les choses rentrent dans l’ordre. La Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) avait rendu, hier, un dernier hommage à ce «grand défenseur des droits de l’homme algérien» dont elle salue la mémoire. Pour la FIDH, «Me Khelili a fait preuve d’un courage admirable, notamment depuis 1992, alors que son pays traversait une grave crise des droits de l’homme. Il a été parmi les premiers à dénoncer les graves dysfonctionnements de la justice, la torture, les disparitions forcées, les détentions arbitraires et les exécutions extra-judiciaires». L’organisation présidée par le Marocain Driss El Yazami «tient tout particulièrement à saluer son action en faveur des familles de disparus», et surtout à celui qui, de par «son acharnement», «n’a cédé ni aux intimidations, ni aux menaces», et aura largement «contribué à la prise de conscience internationale des violations graves et systématiques des droits de l’homme en Algérie».

Salim Bouakkaz