Débats sur les droits de l’Homme à huis clos

CINQUIEME RENCONTRE DE LA CNCPPDH A ANNABA

Débats sur les droits de l’Homme à huis clos

Le Quotidien d’Oran, 23 février 2016

Quinze wilayas de l’est du pays sont en conclave depuis dimanche et pour trois jours à Annaba. Leurs représentants sont appelés à prendre connaissance et à donner leur vision sur différents aspects des droits de l’Homme dans notre pays.
Organisée par la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l’Homme (CNCPPDH) en collaboration avec l’organisation Pénal Reform international, la rencontre est la cinquième du genre après celles d’Alger (2), Biskra et Tlemcen. Elle est caractérisée par une large participation des magistrats, représentants des différents services de sécurité et ceux de plusieurs associations.

Les travaux de cette rencontre ont été ouverts par Tewfik Mezhoud, secrétaire général de la wilaya de Annaba, qui a mis l’accent sur l’importance de ce genre de rencontres. Dans son intervention, le secrétaire général de la CNCPPDH, Abdelouahab Merdjana, a relevé l’intérêt de telles rencontres où l’on abordera différents aspects juridiques, institutionnels et législatifs. Tout comme il a annoncé la prochaine mise en place d’un réseau national chargé de la protection des droits des personnes privées de leurs droits. Selon lui, 80% des articles de la récente révision de la Constitution consacrent et garantissent les libertés fondamentales des individus et droits de l’Homme et assurent les garanties judiciaires pour la protection de la société. Il soulignera, par ailleurs, la nécessité de faire appel à des experts internationaux pour l’enrichissement du débat. Ce qui explique la présence de trois Jordaniens dont une dame aux rencontres organisées par la CNCPPDH. Durant la matinée de la première journée des travaux, il y a eu trois communications. Elles ont été entrecoupées par la cérémonie d’hommage rendu à plusieurs anciens moudjahidine. Dans son discours inaugural, Layachi Daâdoua, président de la sous-commission permanente des droits de l’homme de la CNCPPDH, chargé de l’organisation de la cinquième rencontre de Annaba, a souligné la nécessité pour les uns et les autres participants de travailler dans le sens d’une meilleure coordination.
Pour sa part, le Jordanien Mohamed Chabana, représentant de l’Organisation internationale de la réforme pénale pour la zone du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord (MENA), insistera sur le respect du justiciable.

«On reproche aux défenseurs des droits de l’Homme de défendre des criminels, alors qu’en fait, ils ne font que demander l’application de la loi en tenant compte de la dignité de la personne humaine, afin qu’une fois libérée et ayant payé sa dette envers la société, elle pourra se réinsérer dans la vie sociale sans problème», estime-t-il. Le respect du droit des personnes et de la légalité a également été relevé par un autre intervenant qui dira que l’avocat doit pouvoir s’entretenir avec son client dès le début de la garde à vue dans des conditions qui garantissent la confidentialité.
A la fin de la cérémonie d’ouverture, les représentants de la presse ont été priés de quitter la salle pour laisser place à des travaux en huis clos. Les représentants de la CNCPPDH se sont mis carrément devant la porte d’entrée pour faire évacuer les journalistes avant de fermer celle-ci à double tour.

Et dire que les travaux de la CNCPPDH, portant d’autant plus sur les droits de l’Homme, raison d’être de cette institution, sont censés intéresser les justiciables, en fin de compte l’ensemble des citoyens.
A. Bouacha