Une nouvelle campagne d’intimidation contre les réfractaires aux indemnisations

COMMUNIQUE DE PRESSE

Une nouvelle campagne d’intimidation contre les réfractaires aux indemnisations

Collectif des Familles de Disparu(e)s en Algérie (CFDA) et SOS Disparu(e)s, 18 août 2009

Le Collectif des Familles de Disparu(e)s en Algérie (CFDA) et SOS Disparu(e)s dénoncent les nouvelles atteintes portées par les autorités algériennes aux droits les plus fondamentaux des proches de disparu(e)s.

Depuis quelques jours, toutes les familles qui ont refusé d’entreprendre les démarches pour obtenir les indemnisations reçoivent des convocations émanant du commissariat, de la gendarmerie et/ou du tribunal. Des avertissements ou mises en demeure, émanant du Wali (Préfet) sont également envoyés par voie d’huissier et enjoignent les familles à se rendre immédiatement au tribunal le plus proche pour demander un jugement de décès. Dans certaines régions, ce sont les agents de police ou de gendarmerie qui se déplacent en personne au domicile des familles.

«Tu les prends ! Même si tu les jettes, même si tu les donnes à la mosquée ! Tu as trois jours pour te décider, après tu ne toucheras plus rien.». Voilà les propos injurieux que les représentants de la loi tiennent à l’encontre des familles de disparus, en les pointant du doigt. Malgré tout, ces familles osent tenir tête aux autorités et refusent d’entamer un processus qui enterrerait à jamais leurs disparus.

Cette revendication du droit à la Vérité est tout à fait légitime mais elle est totalement occultée par les autorités qui n’ont de cesse d’imposer aux familles, par décret ou par la menace, le silence. De plus, dans l’incompréhensible logique des plus hautes instances du pays, les indemnisations ne sont pas toujours attribuées aux familles qui les demandent alors qu’elles sont imposées à d’autres. En effet, les familles qui demandent les indemnisations ne les obtiennent pas toujours et celles qui les refusent sont sommées de les accepter.

Il est primordial de rappeler que cette indemnisation, telle que proposée par les autorités algériennes, ne saurait être considérée comme une réparation pleine et entière. En effet, le droit international considère que la réparation, pour être effective, doit être associée aux droits à la Vérité et à la Justice. A contrario, les autorités algériennes se bornent, années après années, à nier l’existence de ces droits pour les familles de disparus.

Devant ce simulacre de réconciliation, marqué par le mépris et l’injustice, les familles de disparus restent unies et déterminées à faire la lumière sur le sort de tous les disparus. Au moment où les accords d’association entre l’Union Européenne et l’Algérie sont renégociés, le CFDA et SOS Disparu(e)s appellent la communauté internationale et la société civile à soutenir le combat porté par des centaines de proches de disparus pour la Vérité et la Justice !

Alger / Paris, le 18 août 2009

P / SOS Disparus P / le CFDA

Fatima Yous Nassera Dutour

Présidente Porte-parole