De nouveaux dossiers devant l’ONU

Disparus durant les années 1990

De nouveaux dossiers devant l’ONU

El Watan, 6 mars 2013

Le Collectif des familles de disparus en Algérie (CFDA) déposera «très prochainement devant le Groupe de travail sur les disparitions forcées et involontaires des Nations unies (GTDFI) de nouveaux dossiers concernant des disparitions forcées des années 1990 qui viennent de lui être signalés», indique un communiqué rendu public hier.

L’annonce du CFDA survient suite à ce qu’il considère comme «insuffisant» : «Le caractère systématique des réponses du gouvernement algérien apportées au GTDFI.» «Sur les 61 cas de disparition forcée déposés par le CFDA, le gouvernement algérien n’apporte aucune réponse satisfaisante et ternit au contraire la mémoire des victimes en les classant de manière systématique dans la catégorie «décédés : éléments armés au sein d’un groupe terroriste neutralisés au cours d’opérations antiterroristes», peut-on lire dans le communiqué. «Le CFDA ne peut que s’indigner face aux réponses apportées par le gouvernement algérien au GTDFI, qui ont été transmises à l’association le 10 janvier 2013», est-il écrit dans le même document.

Le CFDA ajoute que «dans la plupart des cas, il est attesté que la personne disparue a été arrêtée par des militaires, des gendarmes ou des policiers en uniforme, à son domicile ou sur son lieu de travail, souvent en pleine nuit, sous les yeux de la famille, du voisinage ou des collègues. De plus, nombreuses sont les personnes disparues qui ont été vues en vie juste avant leur disparition». Pour le collectif, «face à ces éléments précis recueillis sur la base des témoignages des proches de disparus, le gouvernement algérien se contente d’apporter une réponse systématique et largement insuffisante».

Le CFDA observe que le gouvernement algérien «ne fournit aucune explication ou précision sur les circonstances entourant l’opération antiterroriste ni sur ce qu’il entend par «neutralisés» et encore moins sur les faits qui lui permettent de classer la personne disparue dans la catégorie «décédés». Le caractère systématique de cette réponse démontre qu’aucun examen individuel des dossiers n’a été effectué, traduisant ainsi le manque de volonté des autorités algériennes de collaborer de manière effective avec les instances onusiennes».

Le gouvernement algérien est interpellé par le CFDA pour «apporter une réponse claire et précise aux circonstances des disparitions, en menant des enquêtes effectives, en arrêtant et jugeant les responsables et en assurant une réparation adéquate aux victimes». Enfin, le CFDA précise qu’il continue «son combat pour l’établissement de la vérité, pour que les droits des familles des disparus soient respectés et pour que l’impunité autour de ces crimes soit levée».

Mehdi Bsikri