Communiqué de « SOS Disparu(e)s »

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COMMUNIQUÉ

Les familles de disparu(e)s exhortent le Président à trouver une solution juste au dossier des disparu(e)s

Afin de faire entendre leurs voix, SOS Disparu(e)s et les familles de disparu(e)s ont décidé de prolonger exceptionnellement jusqu’à 18 heures leur rassemblement hebdomadaire qui a lieu tous les mercredis matin devant la Commission Nationale Consultative pour la Promotion et la Protection des Droits de l’Homme (CNCDH). Cette manifestation a pour but d’interpeller de nouveau le Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, sur le dossier des disparitions forcées en Algérie. Les familles de disparu(e)s exhortent le Président à proposer une solution autre que la Charte pour la paix et la réconciliation nationale et ses textes d’application et ce pour mettre un terme à cette tragédie qui secoue l’Algérie depuis trop d’années.

Au moment où plusieurs personnalités politiques algériennes demandent au Président de proroger les délais d’application de ces textes, SOS Disparu(e)s s’indigne de cet éternel recommencement. En effet, avec la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, le peuple algérien revit le même scénario vécu en 1999 avec la Concorde civile. C’est donner de faux espoirs et « remuer continuellement le couteau dans la plaie ».

Les autorités algériennes ont toujours refusé d’engager de réelles procédures pour établir la Vérité et la Justice dans le dossier des disparitions forcées dont sont victimes des milliers d’Algériens. Toutes les mesures amnistiantes édictées et appliquées n’ont jamais permis aux familles de disparu(e)s de faire la lumière sur le sort de leur proche. Ces textes de loi occultent la vérité, prônent l’impunité et interdisent aux familles de disparu(e)s d’exercer leurs droits les plus élémentaires.

En conséquence, les familles de disparu(e)s sont déterminées à continuer leur combat tant que les autorités algériennes n’auront pas admis que le dossier des disparu(e)s ne pourra trouver une solution juste sans l’implication des familles de disparu(e)s, des associations qui les représentent et de toute la société civile algérienne. Elles ont ainsi saisi le Président par un recours gracieux pour l’annulation des textes d’application de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale. Le Président n’y ayant jamais répondu, ignorant cette requête au même titre que les nombreuses demandes d’audience adressées par SOS Disparu(e)s, ce recours est aujourd’hui devant le Conseil d’État.

SOS Disparu(e)s entend, par ce rassemblement, interpeller Abdelaziz Bouteflika dans la mesure où il est le seul qui puisse mettre fin à cette injustice. Il est temps pour le Président de la République d’envoyer un signal fort aux familles de disparu(e)s.

Fatima Yous,

Présidente

Fait à Alger, le 5 septembre 2006