Bouteflika:Tout sera fait pour élucider le sort des « disparus »

Tout sera fait pour élucider le sort des « disparus » en Algérie (Bouteflika)  

  ALGER, 9 déc (AFP)

  Le président algérien Abdelaziz Bouteflika a affirmé jeudi à Alger que « tout sera fait pour élucider le sort » des personnes « disparues » en Algérie.  
  « Je saisis cette occasion pour dire aux familles des disparus, dont je comprends la détresse comme je compatis à leur douleur, que tout sera fait pour élucider le sort de leurs proches », a affirmé M. Bouteflika dans un message à l’occasion de la célébration du 56ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme.  
  « Ces familles en seront informées et peuvent compter sur la solidarité  
  de l’ensemble de la nation pour alléger leurs souffrances », a ajouté le président algérien, estimant que la « complexité » et la « sensibilité » de la question des « disparus n’échappaient à personne ».  
  Le terme « disparu » désigne, pour les organismes de défense des droits de l’Homme, des personnes, soupçonnées d’affinités avec les groupes armés islamistes et leurs réseaux de soutien, arrêtées par les forces de sécurité, et dont les familles sont sans nouvelles depuis.  
  Les autorités ont affirmé que la plupart de ces disparus ont, en réalité, rejoint les maquis islamistes.  
  Les personnes enlevées par les groupes armés sont reconnues comme des « victimes du terrorisme » et leurs familles, lorsque la preuve du décès de proches est avérée, reçoivent une pension. Lorsque le corps n’est pas retrouvé, le décès est inscrit à l’état civil après un délai de 4 à 7 ans.  
  Le président algérien avait mis en place en septembre 2003 une commission dénommée « mécanisme ad hoc de prise en charge de la question des disparus » au sein Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l’Homme (CNCPPDH).  
  Cette commission doit rendre en mars 2005 son « rapport général ».  
  « Nous attendons de ce mécanisme (…) qu’il établisse un état du dossier, globalement et dans le détail, et qu’il présente des recommandations répondant aux attentes des familles de disparus et à la confiance des pouvoirs publics », a précisé M. Bouteflika dans son message.  
  « Convaincu que l’avenir des droits de l’Homme dans notre pays est largement tributaire    de la situation sécuritaire, je ne ménagerai aucun effort pour la réconciliation entre les Algériens, réconciliation pour laquelle je continuerai d’oeuvrer, sans relâche, jusqu’à sa concrétisation totale », a-t-il ajouté.  
  Le nombre des disparus, entre 1992 et 1998, est estimé à 18.000 par la Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme (LADDH) de Me Abdennour Ali-Yahia.  
  Les autorités ont reconnu le dépôt de près de 7.000 dossiers de recherche, notamment auprès de l’Observatoire national des droits de l’Hommeofficiel), remplacé il y trois ans par la CNCPPDH.  
  En plus des disparus, les violences en Algérie ont fait plus de 100.000 morts et un million de victimes, selon un bilan officiel, plus de 150.000 morts, selon des partis de l’opposition et la presse.