France-Algérie: l’affaire judiciaire oubliée

France-Algérie: l’affaire judiciaire oubliée

Par Anne Vidalie, L’Express, le 22/01/2013

Un dossier judiciaire ennuie la France dans ses relations avec l’Algérie. Deux Algériens sont soupçonnés de « tortures, actes de barbarie et crimes contre l’humanité », mais échappent pour l’instant aux assises.

Alors que l’heure est au réchauffement des relations entre Paris et Alger, un dossier judiciaire délicat embarrasse la justice française. Il concerne deux Algériens installés en France, Hocine et Abdelkader Mohamed, visés par une enquête ouverte à Nîmes (Gard) en 2004 pour « torture, actes de barbarie et crimes contre l’humanité », à la suite d’une plainte déposée par la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH).

Les deux frères sont soupçonnés d’avoir appartenu à l’une des milices d’autodéfense qui épaulaient l’armée algérienne lors de la guerre civile des années 1990. En septembre 2011, le juge d’instruction a transmis le dossier au parquet nîmois.

« A plusieurs reprises, le procureur Robert Gelli nous a assuré que son réquisitoire était prêt et qu’il souhaitait le renvoi des Mohamed devant les assises », indique Me Patrick Baudouin, avocat de la FIDH. Or Robert Gelli a pris la tête du parquet de Nanterre (Hauts-de-Seine), en décembre dernier, sans avoir adressé ses réquisitions au magistrat instructeur nîmois.

Les parties civiles craignent un « enterrement » de l’affaire.