Harcèlements d’ex-internés des camps de sûreté

Harcèlements d’ex-internés des camps de sûreté

Comité de défense des ex-internés des camps de sûreté (CDICS), publié par Algeria-Watch le 25 juillet 2010

Monsieur ZEROUATI Kamel : Artisan Bijoutier, lors de son arrestation le 07 Février 1992, par les forces combinées, son atelier est mis à sac, et des bijoux d’une valeur de 300 millions de centimes ont disparu avec la victime, qui a séjourné à Reggane, In Salah, Oued Namous et In M’guel, durant 44 mois et 19 jours. Blessé au pied gauche par balles à In M’guel. Après sa remise en liberté, il est arrêté et séquestré durant 45 jours dans une caserne à Ouled Fayat (environs d’Alger). A ce jour il continue de payer les dettes survenues après la mise à sac de son commerce.

Monsieur KARAKACHE Mokhtar : Interné dans des camps pendant 35 mois. Arrêté sans mobile en 1996 puis gardé à vue durant 20 jours dans une caserne du I5éme Bataillon de la 8éme brigade infanterie aéroportée.

Monsieur GHOUIZI Tayeb : Interné dans un camp pendant 3 mois. Arrêté en 1994 et gardé à vue durant 87 jours.

Monsieur BENAISSA Mohammed : interné durant les mois de juillet et Aout 1991, (c’est-à-dire, avant l’arrêt du processus électoral) à Mers El Kébir Oran. Puis re-interné en février 1992 à Reggane durant 12 mois, confiscation de passeport et interdit de sortie du territoire.

Monsieur BOUHASSOUN Abdelkrim : Interné pendant 4 mois. Arrêté et séquestré arbitrairement sans motif durant deux semaines à Rem chi Oran – Refus de passeport.

Monsieur LACHGUEUR Abdallah :Interné pendant 24 mois à Oued Namous. Détenu arbitrairement à la prison de Tlemcen de 1994 au 27/06/1998 pour être relaxé.

Monsieur MELIKCHI Yacine : Interné à In M’guelpendant 48 mois. Victime de Coups et blessures volontaires dans une caserne militaire à Blida.

Monsieur DRIFI Mohamed : Interné pendant 5 mois à In Salah. Dégradé du poste de Directeur à celui de simple enseignant.

Monsieur TOUATI Mohamed :Interne pendant 11 mois. A sa sortie, il sera emprisonné à nouveau durant trois mois.

Monsieur LAFENDI Sidi Mohammed : Interné une première fois du 1er Juillet 1991 au 16 Aout 1991, ensuite du 09 Février 1992 à fin 1995.

Monsieur MAHROUCHE Rabah : interné durant 09 ans de 1992 à 2000 pour enfin relaxé.

Monsieur BOULAHDJOUL Sahraoui : Arrêté sur le chemin de la Mecque, alors qu’il conduisait un bus de voyageurs qui se rendaient en pèlerinage aux Lieux Saints de l’Islam ! Iterné pendant 4 mois à In Salah.

Monsieur DIB Djillali (Directeur General d’Enterprise): Interné pendant 9 mois à Reggane. Harcelé pour avoir exigé sa régularisation administrative, recours sans suite de la part de la wilaya de Tiaret.

Monsieur SILEM Hocine : Durant son arrestation, il fut victime de traitements brutaux avec pour préjudice le nez cassé, le déboitement de l’épaule, faisant qu’aujourd’hui il est épileptique et souffre d’une arthrose (colonne vertébrale). Interné pendant 48 mois.

Monsieur TALEB Hacene : Victime d’un attentat « terroriste » après 07 mois d’internement à Ouargla, il a perdu la vue.

Monsieur ARIBI Abdessalam : Ce fils de Moudjahid, après un internement de 45 mois à Ouargla puis In M’guel, sera arrêté en 1999 et fait prisonnier jusqu’en 2002 à Sétif et Lambèse.

Monsieur ALLOUCHENE Moussa : Interné pendant neuf mois à In Salah, il était célibataire. Aujourd’hui marié et père de 04 enfants, en raison de son internement, et bien qu’il ait réussi à plusieurs concours, il est exclu de tout recrutement pour subvenir aux besoins élémentaires de sa famille.

Monsieur KEBIR Djebbar : Ingénieur arrêté au Siège de la Direction générale d’ASSMIDAL, interné à Reggane pendant six mois. A sa remise en liberté, non seulement il n’a pas réintégré son poste de travail, mais il a été expulsé de son logement, se retrouvant en situation de SDF. Il sera ensuite opéré avec ablation de la vessie suite à un cancer de la vessie (stade 2 fruit de Reggane).

Monsieur LACHGUEUR Abdallah : Interné durant 24 mois, il est arrêté en 1996 puis emprisonné à Tlemcen jusqu’au 27 Juin 1998, jour où il a été jugé, puis relaxé. Licencié de son poste de travail, il a été poussé à une retraite anticipée obligatoire et arbitraire. La victime souffre des séquelles dues à des châtiments corporels.

Monsieur SEDDIRI Djillali : Après 04 mois d’internement à Reggane, il est arrêté et gardé à vue à Remchi (Tlemcen) durant vingt jours en 1993, sans notification. Il lui est interdit à se rendre aux lieux saints de l’Islam pour accomplir une OMRA. La police est allée jusqu’à le débarquer de l’avion.

Monsieur CHERIFI Ammar : Photographe, son matériel de travail composé de plusieurs caméras et appareils photos professionnels ont été emportés lors de son arrestation. Interné pendant 6 mois à Ouargla. Après sa libération, il sera expulsé avec sa famille du logement qu’ils occupaient, ainsi en plus d’être SDF, il est sans travail dans un état de précarité extrême. En plus de l’ulcère contracté au camp d’Ouargla, ce pourquoi il a été hospitalisé à deux reprises.

Monsieur BELOUADNINE Mahmoud : Cadre Supérieur SIDER – Torturé avant d’être interné à Ouargla, durant 46 mois, Perte de l’emploi.

Monsieur BOURAOUI Ali  : Interné pendant 46 mois à Ouargla et In M’guel. Enseignant Universitaire, refus de réintégration à l’Université, et privation de salaire durant dix ans.

Monsieur HANI Talhi : Ancien combattant de la guerre d’Algérie, atteint d’une encéphalopathie durant la guerre de libération, son cas s’est empiré durant son internement. Son fils a été enlevé par les services de sécurité en septembre 1994, il n’a à ce jour donné aucun signe de vie. Après 10 mois d’internement à Ouargla, la victime s’est vu retirer son permis de place, permettant d’exercer la fonction de conducteur de Taxi. 

Monsieur DERRARDJIA Abdallah : Technicien supérieur (usinage). Interné pendant 6 mois. Expulsé arbitrairement de son logement.

Monsieur MESSAOUDI Abderrezak : Inspecteur d’Equipement, après internement durant 24 mois à In M’guel , il sera licencié le 27 Septembre 1995 sans indemnité, ni préavis et sans motif. La victime a saisi la justice sans toutefois obtenir gain de cause à ce jour.

Monsieur CHAOULI Abdelmalek : fera l’objet de harcèlement, avant d’être expulsé avec sa famille du logement qu’il occupé.

Monsieur AMBARDJI Abdelmadjid : après sa remise en liberté du camp d’Ouargla où il a été interné pendant 6 mois, il a été arrêté par le DRSet incarcéré durant dix jours à la prison d’Annaba. Il ignore les raisons de cette arrestation et de son emprisonnement injustifiés.

Monsieur NEMER Kamel : Formateur, interné pendant 4 mois. Après sa remise en liberté, il est rayé du tableau d’avancement. Il est contraint à un départ volontaire en 1997, d’où une situation de chômage durant sept années.

Monsieur SAIEB Riad Chawki : Lieutenant de la marine marchande long court, son internement abusif de 4 mois a entrainé des conséquences néfastes sur sa personne, et lui causa des incidences considérables sur sa carrière professionnelle et universitaire. Il a fini par être au chômage.

Monsieur ATTAR Boumendjel : après sa remise en liberté du camp d’El Menéa (Goléa), où il fut interné durant 12 mois, il est envoyé en prison, puis acquitté après trois années de détention.

Monsieur BADBOUDI Boubakeur : Torturé une première fois avant d’être interné durant 05 mois à Ouargla, d’où il sera remis en liberté, pour être arrêté une seconde fois le 05 juin 1994 et emprisonné pendant 18 mois à la prison de Annaba, pour être remis en liberté sans inculpation, toutefois assigné à résidence jusqu’en 1998.

Monsieur SEHBALI Salah : Durant 14 ans et à ce jour, après sa libération d’un internement de 8 mois, il se sent harcelé du fait qu’il n’a pas droit à un passeport, au logement social, d’être éligible, en plus du chômage qu’il subit, après n’avoir pas été réintégré au poste de travail qu’il occupait au sein d’un organisme étatique, avant son internement.

Monsieur SI YOUCEF Mohamed : interné durant 2 mois et 4 jours, cet employé de banque, est arrêté puis transféré à la prison militaire de Blida, ensuite à celle de Berrouaghia où il sera jugé et condamné à 09 ans de prison ferme. Après un pourvoi en cassation, il sera rejugé après 07 ans et enfin relaxé. Il a été réintégré à son poste de travail, en qualité de caissier de banque, et il est membre du Bureau exécutif du Comité de Défense des Internés des camps du Sud.

Monsieur SAMI Toufik : Sauvagement torturé au commissariat de Bachdjarah Alger, avant d’être interné à In Salah, via la caserne du Lido (environ d’Alger ayant servie de lieu de transit à des milliers de victimes).

Monsieur TOUAHER Fodil : Interné durant 04 mois à In M’guel. Arrêté chaque fois à la veille d’une élection.

Monsieur GHAZI Ali : Interné pendant neuf mois, émission d’un mandat d’arrêt à son encontre de 1993 à 1996 pour avoir refusé de répondre à la mesure d’assignation arbitraire décidée à son encontre.

Monsieur BELATRECHE Mohamed : En plus de l’arbitraire de son internement de 19 mois à In M’guel, il y fut victime de traitements brutaux d’où sa jambe fracturée.

Monsieur BENFADEL Zoubir : Interné pendant 6 mois à Bordj El Homr. Intimidations de la part d’agents de la sûreté de Wilaya de Constantine, après sa remise en liberté.

Monsieur MANARI Abdelmalek : Cet enseignant universitaire représente l’archétype d’une grande injustice. Interné à In Salah et Oued Namous. Il sera après sa remise en liberté, victime :
–          d’interruption des Etudes doctorales en France,
–          de Suspension de bourse d’études
–          de pertes des avantages de promotion au grade supérieur,
–          de défalcation d’une période de 04 années d’ancienneté.
 
Monsieur GHARNAOUT Nacer : né le 26 Mai 1958 à Bordj Menaiel W. de BOUMERDES, est arrêté le 10 février 1992, interné à Reggane puis Oued Namous durant 38 mois, où il a contracté un cancer du foie, du à la radioactivité nucléaire à Reggane et bactériologique à Oued Namous. A sa libération, il est soums à résidence surveillée, ce qui l’empêche de se déplacer, éventuellement pour des soins appropriés. Il finira tout de même par être hospitalisé. Il décéde le 15 Novembre 2007, laissant derrière lui une veuve et dix filles orphelines sans ressource.

Monsieur GUESSOURI Salah : Interné arbitrairement durant 05 mois. Après sa libération de Ouargla, il se voit refuser la réintégration à son poste de travail, expulsé du domicile, il disparait le 06 mars 1996, laissant 05 enfants et leur mère dans un état de précarité, indescriptible.

Monsieur CHERCHARI Abdelhak : après sa remise en liberté du camp de In Salah, où il a été interné durant 12 mois,il réintégre son poste de travail au port d’Alger. Mais il subit sans cesse des harcèlements, au point où des policiers se sont permis de détruire son passeport, ce qui le fera fuir et rejoindre les maquis. Il est assassiné, selon son père, en compagnie de 71 autres personnes alors qu’ils se rendaient dans le cadre de la concorde civile en 1999. Le père du défunt, Monsieur CHERCHARI Boualem, sans égards pour son statut d’ancien combattant de la bataille d’Alger, a subi les pires atrocités en représailles de la part des services de police concernés. Il a été arrêté et a purgé trois années de prison, sans en connaître la raison, avant d’être relaxé. Au passage son véhicule sera vendu aux enchères publiques.
 
Monsieur HIMED Rabah : Ancien maire de Robeia (MEDEA), élu du FIS, il est arbitrairement interné durant 06 mois à Reggane. Assassiné, il est retrouvé mort le 11 Décembre 1994 à Berrouaghia (MEDEA).