Ponctions « illégales » sur les salaires : Le Cnapest reprend le chemin de la protestation

Ponctions « illégales » sur les salaires : Le Cnapest reprend le chemin de la protestation

El Watan, 11 avril 2010

Les enseignants affiliés au Conseil national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Cnapest) menacent de renouer avec la protestation.

Pas moins de douze conseils de wilaya du principal syndicat de l’éducation ont décidé d’une grève d’une journée pour protester contre les ponctions sur salaires, jugées « illégales », conséquence de la précédente grève nationale. Les enseignants ont été surpris d’apprendre à leurs dépens, que le ministère de l’Education nationale a enlevé aux grévistes cinq jours sur le salaire de février et neuf jours sur celui de mars. Ceci alors qu’un arrêté interministériel, datant du 12 mars 1992, stipule que « les ponctions sur salaires ne sauraient dépasser trois jours par mois et ne peuvent se faire que sur plusieurs mois ».

Le coordinateur national du Cnapest, Nouar Larbi, qui a accusé le ministère de tutelle « d’avoir agi contrairement aux lois de la République », estime que « les gourous du ministère agissent en tant que personnes qui ne respectent pas les fondements de la Constitution. Pourtant, la loi est claire au sujet des ponctions sur salaire », a-t-il souligné. Contacté par téléphone, Nouar Larbi a assuré les enseignants du soutien de la direction syndicale à leur future action. « Douze wilayas dont Annaba, Constantine, Sétif, Skikda, Béjaïa, Bouira, Tizi Ouzou, M’sila, Tlemçen, Alger, Mostaganem, ont tenu des assemblées générales pour réagir à la décision du ministère. Nous, en tant que direction, on ne peut que les soutenir », a indiqué le premier responsable du Cnapest. Lui qui était dans le collimateur de la base syndicale en raison « de la mauvaise gestion de la dernière grève nationale et d’avoir facilement cédé devant les menaces des pouvoirs publics ». Il a été contraint, ainsi que son équipe, de remettre son mandat au conseil national avant de revenir aux commandes du syndicat.

Par Hacen Ouali


Béjaïa : Le Cnapest et l’Unpef ne décolèrent pas

Le monde syndical ne décolère pas à Béjaïa. Les bureaux de wilaya du Cnapest et de l’Unpef unissent leurs voix pour appeler les travailleurs de l’éducation à observer, mercredi 14 avril, une journée de protestation ponctuée d’un rassemblement devant le siège de la direction de l’éducation.

Dans un communiqué commun sanctionnant une réunion tenue, jeudi 8 avril, ces deux syndicats dénoncent fermement « les pressions et les abus » qualifiés d’« inadmissibles et illégaux » auxquels ils sont soumis et exigent « le respect des libertés syndicales ». Ces deux syndicats s’élèvent contre « l’hostilité des pouvoirs publics par leurs tentatives répressives visant à marginaliser les syndicats autonomes représentatifs et rejetant tout dialogue sérieux et responsable autour des problèmes portés par la plateforme de revendications des travailleurs du secteur ». Ces deux syndicats réitèrent leurs revendications liées au « dossier du régime indemnitaire, des œuvres sociales et de la médecine du travail ». Le Cnapest et l’Unpef réclament également « la promulgation du régime indemnitaire des corps communs et des ouvriers professionnels, la prise en charge des situations financières et administratives pendantes ainsi que le gel des commissions de wilaya des œuvres sociales ».

Par C. L.


Sit-in à Constantine

Le bureau de wilaya du Cnapest vient, dans un communiqué parvenu hier à notre rédaction, de décréter le mercredi 14 avril journée de protestation.

Le syndicat, qui compte organiser un sit-in devant le siège de la commission de wilaya des œuvres sociales du secteur de l’éducation, à la cité Boussouf, dès 10h, a appelé ses adhérents ainsi que l’ensemble des enseignants de la wilaya à marquer cette contestation par la cessation de toute activité pédagogique ou autre ; il a même menacé du non-report sur les bulletins des notes du deuxième trimestre. Ce retour à la protesta du Cnapest, explique le communiqué, a été dicté par le refus de tout dialogue de la tutelle avec le bureau national du syndicat, mais encore par la fuite en avant du directeur de l’éducation de Constantine et son entêtement à ne pas vouloir s’attabler avec les représentants du Cnapest, « alors qu’il a lui-même exprimé le vœu de rencontrer les syndicalistes ». Par ailleurs, le bureau de wilaya du Cnapest indique que la direction de l’éducation a procédé à une ponction de 9 jours sur les salaires du mois en cours, « sans respect aucun des lois et règlements en la matière », est-il précisé dans le communiqué.

Par Djamel Belkadi