Un collectif de travailleurs déposera plainte contre Sidi Said

LE SNAPAP ADHÈRE À L’ACTION

Un collectif de travailleurs déposera plainte contre Sidi Said

Par M. A. Chebbine, Le Courrier d’Algérie, 1 mars 2007

Le syndicat adhère pleinement à cette entreprise, selon Hadj Djilani Mohamed, le chargé de la communication. Et d’expliquer que les responsables de la disparition de l’argent des travailleurs de la fonction publique suite à la dissolution de Khalifa Bank, dont le procès se poursuit au tribunal de Blida doivent être jugés. Pour rappel, le patron de la centrale syndicale avait reconnu lors de sa comparution au tribunal en tant que témoin dans l’affaire Khalifa, que seuls les intérêts de cet argent pourraient être remboursés. En effet, environ 200 cadres syndicaux venus de 30 wilayas du nord du pays ont répondu à l’appel du Syndicat national autonome des personnels de l’administration publique (SNAPAP). Une action appelée à s’élargir, puisque les animateurs du sit-in comptent mener des campagnes de sensibilisation qui toucheront l’ensemble du territoire national… Et ce à travers les 50.000 exemplaires de dépliants, qui dénoncent notamment certaines mesures véhiculées par le nouveau statut de la fonction publique. Les protestataires du SNAPAP dénoncent  » l’élargissement de la précarité à travers la généralisation de la contractualisation de la relation de travail  » stipulée par les articles 19, 20 et 21 dudit statut. En outre, le statut de la fonction publique consacre des restrictions et des verrouillages des libertés et de l’exercice syndicaux, à travers entre autres, le refus de considérer la liberté d’expression comme liberté fondamentale (art. 26), le désir de restreindre les droits et garanties (art. 26 à 39) ainsi que l’intention claire de faire de l’UGTA le seul syndicat au niveau du conseil supérieur de la fonction publique à travers l’utilisation de la notion de représentativité à géométrie variable (art. 60). Les syndicalistes du SNAPAP dénoncent outre le verrouillage syndical, la dépermanisation des travailleurs et la contractualisation des relations de travail, les pressions exercées sur certains de ses cadres, dont une dizaine est déjà suspendue, a précisé Hadj Djilani Mohamed. Cependant,  » l’effraction  » du siège du SNAPAP sis à Bab-Ezzouar reste la principale entrave concrète à laquelle fait face ce syndicat depuis que le procureur de la République près le tribunal d’El-Harrach eut décidé de le mettre sous scellés et de changer les serrures. Notre interlocuteur nous a confié que le local en question a été cédé à un groupe d’étudiants, alors que les requêtes adressées au procureur et au ministère de la Justice sont restées lettre morte. Néanmoins, les animateurs du sit-in ne désespèrent pas de voir leurs actions aboutir, et sont pour cela plus que jamais résolus à faire barrage à toutes les entraves et poursuivre leur combat jusqu’à satisfaction de leurs revendications.


SNAPAP

Plainte contre les déposants de l’argent des travailleurs

Le Jour d’Algérie, 1 mars 2007

Tout en dénonçant le monopole de l’UGTA dans la gestion des fonds des œuvres sociales des travailleurs, les représentants du SNAPAP (Syndicat national autonome des personnels de l’administration publique) estiment que si les syndicats autonomes étaient impliqués dans cette gestion, il y aurait eu des débats avant que la décision de dépôt de l’argent dans la banque Khalifa des travailleurs ne soit prise, nous a expliqué hier un groupe de syndicalistes rencontrés à l’occasion du sit-in organisé au siège national du Snapap.
L’on apprend également qu’un collectif de travailleurs est en train de s’acquitter des démarches en vue de se constituer partie civile contre les déposants des fonds des caisses de sécurité sociale et des commissions des œuvres sociales dans la banque en faillite. Le Snapap adhérera pleinement à cette démarche puisqu’«il était parmi les premiers à dénoncer le monopole de cette organisation syndicale» indiquent les syndicalistes protestataires.
Cette protestation intervient après que les adhérents du SNAPAP aient émis leurs réserves quant au projet de statut de la Fonction publique, tel qu’élaboré par les pouvoirs publics en concertation avec la centrale syndicale.
En effet, plus de deux cents personnes, des représentants syndicaux ont observé hier un sit-in au siège national du Snapap à Alger. Les banderoles portaient clairement le ras-le-bol des travailleurs quant «au laisser-aller que leur ont réservé les pouvoirs publics».
Les syndicalistes ont exprimé leurs craintes quant à l’élargissement de la précarité dans le secteur du travail «à travers la généralisation de la contractualisation de la relation de travail».
Le Snapap dénonce également les répartitions fixées par le statut concernant les corps des fonctionnaires.
Mais ce qui a suscité l’ire des travailleurs, c’est «la restriction des libertés syndicales». Une restriction qui vient d’être confirmée et consacrée par le statut de la Fonction publique, expliquent certains syndicalistes rencontrés sur place, où l’on apprend également que le siège du syndicat a été mis sous scellés par le procureur général, sans que les membres du bureau ne soient destinataires d’une quelconque correspondance leur expliquant la raison de cette mesure. «Nous avons trouvé des jeunes étrangers au syndicat. Ils nous ont expliqué que c’est la police qui a défoncé la porte sur instruction du procureur», nous a déclaré M.Hadj Djilali, membre du bureau national du syndicat précité. Même si les syndicalistes savent que la mise sous scellés du siège est la résultante du conflit qui oppose le bureau national aux redresseurs du syndicat, les protestataires estiment que puisque l’affaire est toujours en justice, une telle décision est irrecevable. Les syndicalistes estiment que la décision est une répercussion des positions syndicales du Snapap.
Fatima Arab