Nouveau sit-in des enseignants grévistes aujourd’hui devant la présidence

Nouveau sit-in des enseignants grévistes aujourd’hui devant la présidence

Le département de Benbouzid dément tout contact

Par Naïma B., Le Jeune Indépendant, 19 août 2008

Alors que des informations ayant circulé ces deux derniers jours font état de discussions entre le ministère de l’Education nationale et l’Union nationale des associations des parents d’élèves représentée par M. Boualem Mebarki pour trouver une solution au problème des enseignants contractuels en grève de la faim depuis 37 jours, le département de Benbouzid a «fermement démenti» tout contact en ce sens.
En effet, dans un communiqué de la tutelle parvenu hier à notre rédaction, il est indiqué qu’«aucun contact de quelque nature que ce soit» n’a eu lieu. Il y est également rappelé la position connue de la tutelle quant au traitement de ce dossier. L’accès à la fonction d’enseignant est régie par des dispositions législatives, notamment l’ordonnance n° 06-03 du 15 juillet 2006 portant statut général de la fonction publique, rappelle le communiqué. «Tous les concours de recrutement aux différents corps de l’éducation nationale sont ouverts à tout Algérien remplissant les conditions statutaires d’accès à ces postes selon le principe de l’égal accès aux emplois publics», peut-on y lire. Pour sa part, M. Mebarki a fait part de contacts avec des responsables au niveau du ministère «pour tenter de sauvegarder les intérêts moraux des élèves», mais que «la rencontre effective avec le secrétaire général n’a pu avoir lieu.». Le président d’honneur de l’Union nationale des associations des parents d’élèves, voulant «régler ce problème entre Algériens», allusion faite à l’ensemble des réactions et de soutien aux grévistes de la faim émanant de l’extérieur du pays, a vainement tenté par le passé une médiation entre les grévistes de la faim et la tutelle.
M. Mourad Tchico, du Snapap, a quant à lui manifesté sa désolation et sa déception devant l’intransigeance de la tutelle, «après une volonté manifeste d’ouvrir le dialogue», et ce avec la tentative des médiateurs quant à «désamorcer la crise» en se rapprochant de l’Administration. Le responsable du Snapap a promis une «rentré sociale chaude» avec un éventuel boycott de la rentrée scolaire. Dans ce contexte, les enseignants contractuels, «déterminés à aller jusqu’au bout» de leur mouvement, maintiennent leur grève de la faim, avec toutes les conséquences que cela suppose après 37 jours, de même que le sit-in décidé pour aujourd’hui devant la présidence de la République. Au sujet de l’état de santé des grévistes, qui continue de se dégrader, le rapport de M. Houari Kaddour, président du Conseil national de santé publique (CNSP), fait état d’un ensemble de symptômes dûment constatés, comme des troubles de l’appareil urinaire, des douleurs et crampes musculaires, un état d’incapacité à toute activité physique, un amaigrissement avec des chutes de poids très importantes, des difficultés respiratoires aigues, des hypoglycémies et, enfin, une incapacité à communication entre eux, ce qui les confine à plus d’isolement. Il convient de souligner que deux enseignants ont été placés sous alimentation artificielle. N. B.