Vers une journée de contestation qui paralysera toutes les sociétés de raffinage

ZONE INDUSTRIELLE

Vers une journée de contestation qui paralysera toutes les sociétés de raffinage

Le Soir d’Algérie, 7 février 2013

Les contestataires ne comprennent pas pourquoi les nouvelles mesures n’ont pas été renforcées par des moyens plus «évolués » tels que les scanners qui épargneront les longues heures de fouille au corps.
Amel Bentolba – Alger (Le Soir) – Après plusieurs jours de contestation au niveau de la zone industrielle d’Arzew et de Bethioua, où les travailleurs manifestent contre les nouvelles mesures de sécurité appliquées suite aux événements d’In Aménas et constatant que leurs préoccupations n’ont à ce jour pas été prises en charge, l’on apprendra que l’ensemble des travailleurs du complexe de production de la zone industrielle d’Arzew ont décidé d’une journée de protestation, la semaine prochaine, pour dénoncer les perturbations enregistrées à la suite de l’application de ces nouvelles mesures de sécurité. Ce qui entraînera inévitablement la paralysie de toutes les sociétés de la raffinerie, la date sera fixée après concertation entre les travailleurs. Ce que ne cessent de dénoncer les travailleurs, ce sont les conditions d’accès à la zone qui leur sont devenues difficiles, causant une lenteur qui se répercute sur le travail au niveau de toutes les unités. Les contestataires ne comprennent pas pourquoi ces nouvelles mesures n’ont pas été renforcées par des moyens plus «évolués» tels que les scanners qui épargneront les longues heures de fouille au corps. Le point dit P1 connaît depuis une dizaine de jours une cadence dense dans la circulation, dès lors que les travailleurs sont déposés à l’entrée pour y subir une fouille de corps avant d’être acheminés à bord de bus vers leur lieu de travail, alors que les employés qui effectuent le système du quart sont obligés de laisser leurs véhicules à l’entrée principale de la zone. D’ailleurs, c’est à ce niveau-là que les travailleurs ont bloqué la route de la zone entre le P1 et le P3. «Si nous avons eu recours à cette forme de contestation, c’est pour que nos responsables comprennent la difficulté dans laquelle nous nous engouffrons depuis l’instauration de ce nouveau système de sécurité, nous perdons chaque jour deux heures (une à l’arrivée devant la zone et une autre à la fin du travail). Le matin nous prenons le bus et nous devons descendre une fois arrivés devant le post de garde, de là nous devons marcher une centaine de mètres pour prendre un autre bus, sans oublier qu’entre-temps, nous sommes soumis à une autre fouille puis il faut “prier” pour qu’il y ait de la place dans les bus que nous reprenons à pied pour rejoindre nos unités sinon il faudra marcher. Trouvez-vous ces mesures logiques et évoluées ?» A propos des bus, leurs conducteurs se plaignent également du volume de travail en plus qu’ils doivent assurer depuis l’instauration des nouvelles mesures de sécurité. Ainsi la pression est maintenue par les travailleurs qui espèrent faire réagir leur tutelle durant la journée de grève qu’ils comptent entamer la semaine prochaine, si toutefois rien n’est décidé à partir «d’Alger» durant ce week-end.
Amel Bentolba