Hausse des salaires, syndicats: Les patrons posent leurs conditions

Hausse des salaires, syndicats: Les patrons posent leurs conditions

par M. Mehdi, Le Quotidien d’Oran, 25 septembre 2011

La Confédération algérienne du patronat (CAP) n’est pas contre le relèvement du SNMG, les conventions collectives au sein du secteur privé, ni contre la création de syndicats des travailleurs, a déclaré le président de cette organisation patronale lors d’une conférence de presse organisée hier à l’hôtel Aurassi.

A condition, explique Boualem Merakech, d’améliorer le quotidien des entreprises et d’instaurer des indices économiques, une définition des postes d’emploi et une grille salariale, et de ne pas imposer aux travailleurs le choix d’un syndicat.

La CAP ira avec «5 propositions» à la prochaine Tripartite du 29 septembre 2011. Parmi ces propositions figure la revendication de créer un «observatoire» pour le suivi de l’environnement des entreprises afin de «lutter aussi bien contre le favoritisme et les passe-droits» que «la fraude» pouvant émaner des sociétés privées.

La seconde proposition concerne la «mise en place d’un Conseil de stratégie nationale» pour élaborer des politiques de développement de l’entreprise algérienne. A titre d’illustration, le patron de la CAP s’étonne que dans le comité de mise à niveau «les organisations patronales ne soient pas représentées».

La CAP proposera également l’instauration d’«un comité d’éthique» pour «sanctionner les entreprises qui ne respectent pas la réglementation».

Concernant le Pacte national économique et social (PNES), le président de la Confédération s’est dit étonner que le gouvernement prévoit de proposer de le modifier. «Nous demandons que l’ancien Pacte soit appliqué à 100%, et qu’il soit prévu des sanctions à l’encontre de toute partie qui ne respecte pas ses dispositions», affirme Merakech.

Interrogé sur sa position concernant le relèvement du SNMG, le président de la CAP affirme que son organisation «n’est pas contre le principe», à condition d’améliorer l’environnement de l’entreprise algérienne, notamment en ce qui concerne les blocages administratifs. «Mettons aussi des normes de travail pour estimer les salaires, et des indices pour calculer le coût de la vie et paramétrer (le SNMG)».

A propos des conventions collectives dans le secteur privé, la CAP est également «favorable à condition que les salaires soient en rapport avec le niveau de qualification de chacun, et non pas d’accorder des hausses générales». «Il faut, affirme également le président de la Confédération, définir les postes de travail et créer des classements», une sorte de grille salariale pour permettre l’évolution des employés du secteur privé.

La CAP est-elle contre les syndicats des travailleurs au sein des entreprises privées, une idée qui sera défendue par l’UGTA au sein de la Tripartite ? «On ne peut pas être contre quelque chose qui est permise par la loi. Nous disons simplement que si à ce jour il n’y a pas de syndicats dans le privé, c’est que les travailleurs ne se sentent pas concernés», affirme Merakech. Et «Il ne faut pas qu’on impose aux travailleurs le choix d’un syndicat au sein des entreprises», dit-il encore.

A la question de savoir si la CAP est favorable à la participation des syndicats autonomes à la Tripartie, Boualem Merakech s’est dit «pas concerné».